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Miguel Veyrat – derrière ta voix


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peinture : Don Van Vliet

 

—raison qui s’embrase
parmi les rires et les jeux,
dans l’espace
de lumière noire je cherche
À renaître
—ou bien à naître sans mourir,
comme au moment
fragile de ton esprit
où tu me conçus
Et que devint
soudainement chant
la nuit infinie
—ta propre peur, ma propre
crainte de prononcer ton nom.


Miguel Veyrat – tu reviendras


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montage perso  2011

Tu reviendras
novice
et illuminée,
réclamer
le miroir congelé

dans mes pupilles.
Même ma langue

ignorera où se trouve

ma conscience, formulant

à nouveau les questions:
Au-delà
de la limite, par dessus les voix.
Tu viendras. Et tu parleras ma langue.
Et je jouerai avec elle.

À l’angle droit

de mon dernier regard
—impossible
raison,
voûte obscure
des espaces
à l’ombre,
à nouveau
je te regarderai.


Miguel Veyrat – Ouverture


photo: Toni Meneguzzo

 

 

 

 

OUVERTURE

brève aurore ,
parole diaphane
née du silence

Dans une faible lueur
ressuscite mon sommeil
effrayé de la liberté 

Pour  vivre
Je vais te mettre nu
pour écouter ma mort

APERTURA

Brevísima aurora
diáfana palabra
nacida del silencio

En tu débil resplandor
resucita mi dormida
asustada libertad

Para que vivas
te pondré desnuda
a escuchar mi muerte

© Miguel Veyrat ( “La voz de los poetas”/ “Libertad”- “Calima” 2002)

 


Miguel Veyrat – Une falaise,une bougie ( Acantilado A trasluz)


peinture:  Kay Sage - Near the Five Corners  1943

peinture:         Kay Sage –      Near the Five Corners 1943

UNE FALAISE UNE BOUGIE

Si tu brilles
Au matin silencieux
Et commences à frissonner

Un autre silence attend
Que celui de la mer.
Aux dons tranquilles.

Le double Silence
et la mort
d’un midi calciné

Et quand tu te retournes
Le phare de l’âme d’Allan Poe
Une tour de tes rêves

Ce double silence
De la mer et de la plage
D’une double conscience.

traduction perso de ….

ACANTILADO A TRASLUZ

Si alumbra
en silencio la mañana
y enciende el cuerpo al frío

Otro silencio aguarda
que a la mar
la calma otorga

Silencio doble
y a la muerte
calcinado mediodía

Y cuando te enciendes tú
faro del alma de Allan Poe
torre de ensueño

Este doble silencio
mar y playa
Conciencia doble.

© Miguel Veyrat ( “La voz de los poetas”/ Transparencia XIV “Calima” 2002)


Miguel Veyrat – La terre s’ouvre au soleil


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La terre s’ouvre au soleil
Une rivière qui n’en finit pas
La chanson qui brûle dans l’air
s’évapore de larmes
La lumière ne peut brûler
Lorsque ,à l’écart des temples
Vole libre, sans colonnes

Chaque mot nu.

 

© Miguel Veyrat (« Babel sur la Lune » /  » bouche d’ombre «  Calima 2005)

 

 

TIERRA que al Sol se abre
río que nunca acaba
canto que arde en el aire
lágrima que se evapora:
Luz que no puede quemarse
cuando lejos de los templos
libre vuela sin columnas
en cada palabra desnuda.

 

 


Miguel Veyrat – Cartes et épaves


ancienne carte maritime            région de Hyères

Cartes et épaves

Et si vous dessinez une carte de votre propre
corps, sentez comment elle s’intègre
avec l’univers de votre mot. Et aussi
les îles s’obtiendront
seulement par des fleuves de sang
qui ont inondé les forêts, les prairies
et les cieux.         La proue toujours
dans l’inconnu que vous dirigez
sans avoir besoin  de sextant

ou autres instruments.


Mais aucun retour, le capitaine.

Les statues ne seront jamais
de sitôt de retour vers la scène
ou les plages, dans la mesure
progresse, étrangement éclairé,
le mot sur ​​le corps
à la lumière de la raison ,qui n’est pas détruite.
Mais qui sait? Presque personne maintenant

ne sait ensuite
relier  les  épaves  ensemble.

Mapas y pecios

Y si trazas el mapa de tu propio
cuerpo, sentirás cómo coincide
con el universo de tu palabra. Y también
que a las ínsulas se llega
solamente por los ríos de la sangre
que anega las selvas, las praderas
y los cielos. Proa siempre
hacia lo incierto que tú configuras
sin precisar de sextante ni instrumentos.
Pero no hay regreso, capitán. Atrás
quedan las estatuas que nunca
o pronto volverán a la arena
por las playas -en la medida
que progrese, extrañamente encendida,
la palabra sobre el cuerpo
en la luz de la razón que no naufraga.
Mas ¿quién podrá saberlo? Casi nadie ahora
junta pecios para después leerlos

 

Le monde selon Herodote.  Doc Telerama

Le monde selon Herodote. Doc Telerama


Miguel Veyrat – Sans le souvenir du passé


Sans le souvenir du passé, notre avenir restera dans la boue.    ( réflexion du matin)
REFLEXIONES MATINALES.
Sin la memoria del pasado nuestro futuro seguirá en el lodo.
Without memory of the past, our future will remain in the mud.         ( Morning thought)

M Veyrat

peinture: Suzana  Obrecht..  Daphne

peinture:   Suzana Obrecht..                Daphne  1986


Miguel Veyrat – une peur blanche


image: spectacle de la compagnie Luc Amoros:             N’ayez pas peur de la page blanche

 
Une peur blanche

Je suis allé là où la beauté semble être toute nouvelle
pour toujours, et le dernier jour, j’ai trouvé
le premier. Celui qui tombe dans la lumière allumée fauve
nue et douce, avec le son de sa jeunesse
dans l’air.
Belle bien qu’elle cache le bas du visage
dans la première ombre répandue sur la page vierge.
Je me suis retiré vers nulle part
comme un corps  dans l’abîme,
à la recherche d’un  signe pour le copier sur la
première page disparue ce premier jour.
Ainsi l’aube nous ment dans son écriture cachée,
qui n’annule jamais les pas de la nuit en sa première ombre.
Au moment précis où  la beauté se brise en vain
contre le mur du désir qui a effrayé le léopard –
quand nos poitrines se révoltent
en face de la puissance de la Nature
qui règne seulement pour le malheur, et l’ infinie vanité de tout.

trad  RC –

-He ido donde la belleza pareció ser toda nueva
para siempre, y en el último día hallé
el primero. Aquel que cae al fulvo ardor de luz
desnudo y leve, con su juvenil sonido
por el aire. Hermoso aunque se emboce
en la primera sombra derramada sobre la página
en blanco. He retrocedido a ninguna parte
como el salto de un cuerpo en el abismo,
que busca su signo para copiarlo en la página
esfumada de aquel día inaugural. Así nos miente
el alba en la escritura oculta que jamás cancela
los pasos de la noche en su primera sombra.
Momento exacto en que la belleza se estrella
en vano contra el muro del deseo que espantó
a Leopardi —cuando nuestros pechos se amotinan
frente al poder de la Naturaleza que impera
solo para el mal, y la infinita vanidad del Todo.

 


Miguel Veyrat – J’ouvre les yeux et meurs,


DESSCONTdessin extrait d’un catalogue  du musée des Beaux Arts de Lyon

 

 

ABRO los ojos y muero,
memoria que camina miedo
de otro exilio rescatada.
Acaso dios aterrado
como el niño que me mira —vi
da perdida.
(De « La Voz de los poetas », 2002)

 

 

 

 

 

 

 

J’ouvre les yeux et meurs,

mémoire réchappée d’un autre exil

qui parcourt la peur.

Peut-être un dieu atterré

comme l’enfant

qui me regarde

—vie perdue.


Miguel Veyrat – Je n’aurai pas peur de la mort


 

dessin:           Albert Dürer                     le trophée de Bohème.       Vienne

 

 

 

JE N’AURAI PAS PEUR de la mort
lorsque s’achèveront les mots,
car ma voix s’anime
au vent qui donne la vie,
qui s’agite
ou qui brille en sombre majesté,
et qui parfois frémit.
C’est plus fort
que l’amour et que la peur,
et plus fort
que la mort tout entière. (Un coq
chantera lorsque s’achèveront
les mots
—mystère: Moitié rêve
et moitié miroir l’aiguillon, silence).
Je serai enfin réel: je mourrai
en train d’agir, en train de vivre.

 


Miguel Veyrat – Il cache le feu ( à la mémoire de Paul Celan )


 

Il cache le feu  »

Il cache le feu
dans les bassins de la mort récente
Et regarde la voix indiquant
un saut léger
à d’autres seins:
Mémoire d’une l’eau agitée par le vent
souvenir de brûlure,semelles de mémoire , vapeur d’ombre
qui ne laisse pas de sillage,
ou tremblements
dépôt à la mémoire. Voile sanglante
ceux dont la mémoire
ne se rappelle pas
et n’ont jamais choisi d’être catholiques ou juifs:
Mémoire de coquelicots dans la neige.
Feux. Pentes confuses. Zones de tirs.

Miguel Veyrat

Dans ‘ contre-jour» (Onze poèmes à la mémoire de Paul Celan)  –  tentative  de traduction  RC, de

“Se esconde el fuego”

Se esconde el fuego
en las cuencas de los muertos más recientes
y aguarda la voz que indique
el salto leve
hacia otros pechos:
Memoria de agua agitada por el viento
que arde, memoria de soles, vapor de sombra
que no deja estela,
ni trémula
gota a la memoria. Sudario sangriento,
memoria de aquellos
que no recuerdan
haber nunca elegido ser católico o judío:
Memoria de amapolas en la nieve.
Fuego fatuo. Confusas laderas. Zona de tiro.

En “Contraluz” (Once poemas en memoria de Paul Celan)
Ed. Los Cuadernos del Céfiro (Breviarios poéticos) 1996©


Miguel Veyrat – Je me laisserai porter par ton souffle


installation: James Turrell

Je me laisserai porter par ton souffle,
si léger qu’il me conduira
—sans but,
au-dessus des vallées qui précèdent
les bois où tu portes le regard.
Toi, tu vas plus loin que là où
je vois, mais tu me laisses seul
pour que je monte jusqu’à l’abîme.
J’oblique. Je bois ton souffle.
Je me voile la face refusant de voir
le premier reflet
qui m’attend là-bas et qu’à jamais
j’emporterai dans le verre
de mes yeux. Je tomberai donc
vers le haut, en tournoyant
muet et aveugle, transparent.


Miguel Veyrat – J’ouvre les yeux et meurs


photo: Helen Levitt

J’ouvre les yeux et meurs,
mémoire réchappée d’un autre exil
qui parcourt la peur.
Peut-être un dieu atterré
comme l’enfant qui me regarde —vie perdue.

extrait  du « vide du ciel  »   2003

 

 

—  que M Veyrat a complété  avec:

 

Et d’ouvrir nos yeux qui disent :

bloquer les racines plutôt que de croiser

la bouche des élèves alors qu’ils reviennent de la plage

et de les  laisser : déployer au retour  entre actes prétendants et agressions  ,

que nous luttons contre les ombres des scénarios : Cuacuacuacuacuá.

 

Grimper avec Hamlet et les compagnons de la chance,   à travers la forêt et au lever du soleil –

une tempête d’appels et de questions au sujet de son avant-dernière évasion :

pour y revenir et re-penser  – .
Nous  descendons sans épée , en montrant des bouquets d’orties, de violettes et de motifs entre les bras d’Ophélie : l’expérience.

Point de senteur.

 

(M. V. du livre « La voix des poètes, Calima 2002 »)

 

 

Y AL ABRIR los ojos digo:
Se traban más las raíces
que cruzan
de la boca a las pupilas
mientras vienen oscilan
y se marchan:
Regresan
aparentando escenarios
desplegados
entre actos y en asaltos
que luchamos con las sombras:
Cuacuacuacuacuá.
Yo con Hamlet y con Lucky
compañeros
hasta trepar por el bosque
y dar la cara al sol
—tormenta
de llamadas y preguntas
en su penúltima fuga:
Para-atrás-para
-vuelve-piensa.
Bajaremos sin espadas
mostrando
ramos de ortigas
de violetas y razones
entre los brazos de Ofelia:
La experiencia. Punto de aroma.

(M. V. del libro « La Voz de los Poetas, Calima 2002)


Miguel Veyrat – Quand je n’aurai plus d’ombre


 

 

photo: Ion Zupcu papier en arrondi

Miguel Veyrat aime nous faire partager  ses textes, dans  sa  « poésie  sans frontière »

On peut  retrouver plusieurs  ouvrages  édités  en langue espagnole, par exemple « Poniente » …  il diffuse  également   ses écrits

sous  forme  de pdf en plusieurs langues 

dont  est extrait ce poème ci-dessous

 

voila  l’un d’eux

 

Quand je n’aurai plus d’ombre
et que s’envolera vers le nord mon génie
—parmi l’eau et les miroirs,
je viendrai avec le vent te voir.
Ombre noire ou ombre claire
—toujours je serai pour l’autre
un rêve brisé sous le crâne:
Mon double dort avec moi.

 

 

Miguel Veyrat