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Réfractaire aux laboratoires – ( RC )


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J’ai dû crever l’atmosphère :
des spirales m’entourent,
cristallisant l’univers    :
       il y a des miroirs tout autour,
qui bavardent tous ensemble
dans un grand palais des glaces
dont le centre flambe    :
on dirait qu’on parle à ma place .

Ici, jamais le feu de s’éteint
et au milieu,       je m’égare
      ces discours ne sont pas les miens      :
les reflets captent les regards,
>         la lumière se plie , se déforme      :
trop de gens se confient aux machines,
et portent l’uniforme
(    beaucoup plus que l’on imagine   )

c’est sans doute plus confortable
d’écouter leurs histoires ,
mais je ne suis pas programmable :
          réfractaire aux laboratoires
comme aux puits de science
nourris de méga-octets :
>         je contemple le silence
et me mets en retrait…


RC – fev 2018

 


Ce qu’elle regarde – ( RC )


P1060165

Statue masculine Bembe, Rep Du Congo

 


Ce que la statue regarde  ,
– on ne le sait pas –

( Peut-être est-elle vigilance,
par sa seule présence ).

La vue importe peu.
–    D’ailleurs on a masqué ses yeux
par des surfaces en amande -.

Ce sont peut-être des miroirs
où rebondissent les rayons de lumière.
Les bénéfiques         et ceux qui nuisent.

Ici rien ne pénètre de l’extérieur.
Qu’ils soient ouverts ou clos,
pour ces yeux,         c’est sans d’importance .

           Une force intérieure traverse ces miroirs,
( comme s’ils étaient sans tain ).

La statue reste immobile,
en apparence seulement.
Ce qui l’habite a un champ de vision
des plus étendus…

                                                 Elle veille.


RC – avr 2016


Mokhtar El Amraoui – miroirs


Image associée

 

sculpture Gloria Freedman

Miroirs
A ces songes de la mer dont les vagues colportent la rumeur

Ô miroirs !
Engloutissez, donc, ma mémoire,
Dans vos veines de tain et de lumière.
Là-bas,
Dans le jardin des échos,
Arrosé des plaintes des vagues,
Je dévalerai la plaine de l’oubli
Où j’ai laissé fleurir un coquelicot,
Pour ma muse
Qu’un peintre agonisant a étranglée.
D’elle, me parvient
Le parfum ensanglanté
De toiles inachevées.
C’est dans le lait de ses rêves
Qu’ont fleuri le cube et la sphère.
Ô interstices du monde !
Laissez-moi donc percer
Ses inaudibles secrets !

©Mokhtar El Amraoui


Quine Chevalier – ensorcelées sous le soleil


Toto      worobiek   voiture  abandonnee .jpg

photo:          Toto Worobiek

                                                         –

Pour Annie Estèves

 

Ensorcelées sous le soleil
les ombres sont féroces

l’aube sans voix décline ses miroirs
et le vent dans tout ça
qui palabre
violente.

Ensemble nous marchons
dans nos creux
soulevant
l’herbe des secrets

que nous buvons le soir
dans la lampe qui brûle.

Quel hameau a quitté
l’enfant de nos désirs
sur quel arbre d’oubli
a-t-il planté ses rêves ?

La main n’est plus qu’un nid
l’ombre se repose
les yeux ardent la plaine

où passe le gerfaut.


Mokhtar El Amraoui – Miroirs


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A ces songes de la mer dont les vagues colportent la rumeur

Ô miroirs !
Engloutissez, donc, ma mémoire,
Dans vos veines de tain et de lumière.
Là-bas,
Dans le jardin des échos,
Arrosé des plaintes des vagues,
Je dévalerai la plaine de l’oubli
Où j’ai laissé fleurir un coquelicot,
Pour ma muse
Qu’un peintre agonisant a étranglée.
D’elle, me parvient
Le parfum ensanglanté
De toiles inachevées.
C’est dans le lait de ses rêves
Qu’ont fleuri le cube et la sphère.
Ô interstices du monde !
Laissez-moi donc percer
Ses inaudibles secrets !

©Mokhtar El Amraoui


Colombe, un ange déguisé – ( RC )


picasso-pablo-la-colombe-de-la-paix-2406263[1].jpg

dessin:         P Picasso

 

Une colombe, ou un ange déguisé
– on ne sait pas –
parcourt un ciel chargé,
les nuages       pesant sur les toits.

Une colombe          ( ou bien… on ne sait ),
est entrée dans la chambre,
S’est donnée aux miroirs ,

est entrée dans l’oeil,
et l’âme,       – peut-être –
tenant dans son bec,
ce qu’il faut d’espoir ,

pour que le regard,
s’échappe au-delà des murs,
accompagne son voyage,

au-delà des orages,
Si loin,           si haut,
que le vent, que la mitraille,
ne peuvent pas s’en saisir .

RC- nov 2015


Albert Samain – Au jardin de l’Infante


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photo:  projet Delingha

 

Mon âme est une infâme en robe de parade,
Dont l’exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d’un vieil Escurial,
Ainsi qu’une galère oubliée en la rade.

 

(Albert Samain, Au Jardin de l’Infante)


Espaces brisés de la salle aux miroirs – ( RC )


 

pris au piège

 

 

Une salle aux miroirs se penche sur moi,
Des rayons de lumière y rebondissent,
Et sont autant de flèches,
Au trou noir de mon souffle,
Perçant la nuit, sans pourtant atteindre,
Au coeur de ta beauté.

Elle concentre l’azur,
Même quand ta voix s’éteint,
Une part d’infini, dans ta main,
Dans ton visage aussi,
Que je ne peux atteindre,
Condamner à errer, après t’avoir trop cherchée.

Je me noie dans un temps,
Et l’idée que j’en ai,
Même parmi les espaces brisés,
Des miroirs enchevêtrés,
Ne me conduisent pas, jusqu’à ta voix,
Aux silences enroués, ni à ton image…

Elle m’est renvoyée , brisée,
Et ne se superpose pas,
A celle du souvenir,
Noyé aussi dans la noirceur,
D’une distance, s’effondrant sur elle-même,
Comme celle d’une étoile déchue.

RC

———– ( c’est  une variation sur le texte  d’un auteur canadien..  que voici)

Il y a dans mes souliers
Des rues inondées
Où je me noie dans ta main
Il y a dans mes yeux
Ta voix qui s’éteint
Cette noirceur dans l’azur
Il n’y a rien d’autre au-delà de toi
Il y a dans la nuit
Des silences enroués
Pour t’avoir trop cherchée

Le temps s’échappe de moi
Déraciné de l’avenir
Pur au coeur de ta beauté
Que je donne à ma peine

Il y a dans mon coeur
Une plaie dans l’air
Un trou noir dans mon souffle
Où tout s’effondre sur moi


Ivan V. Lalic -Lieux que nous aimons


photographe non identifié

photographe non identifié

Les lieux aimés n’existent que par nous,

L’espace détruit n’est qu’apparence dans le temps durable,
Les lieux aimés nous ne pouvons les abandonner,
Les lieux aimés ensemble, ensemble, ensemble.
Et cette chambre est-elle chambre ou caresse,
Et qu’y a-t-il sous la fenêtre : la rue ou les années ?
Et la fenêtre n’est-elle que l’empreinte de la première pluie
Que nous avons comprise, et qui sans cesse se répète ?
Et ce mur n’est-il pas la limite de la chambre, mais peut-être
de la nuit
Où le fils vint dans ton sang endormi,

Le fils comme un papillon de feu dans la chambre de tes miroirs,
La nuit où tu eus peur de ta lumière.

Et cette porte donne sur n’importe quel après-midi

Qui lui servit, à jamais peuplé
de tes simples mouvements, lorsque tu entrais

Dans ma seule mémoire, comme le feu dans le cuivre;

Quand tu es absente, derrière toi l’espace se referme comme l’eau ;

Ne te retourne pas : il n’est rien en dehors de toi,
L’espace n’est que temps visible d’autre manière;

Les lieux aimés nous ne pouvons les abandonner.


Ivan V. LALIC
« Temps, feu, jardins »      (Éd. Saint-Germain-des-Prés, 1973)


Alain Bosquet – Les seins de la reine en bois tourné


 

peinture: R.H. Ives Gammell, Le rêve de Shulamite, 1930

 

 

 

 

LES SEINS DE LA REINE EN BOIS TOURNÉ

Les mains de la reine enduites de saindoux
Les oreilles de la reine bouchées de coton
Dans la bouche de la reine un dentier en plâtre
Les seins de la reine en bois tourné
Et moi j’ai apporté ici ma langue chauffée par le vin
Dans ma bouche la salive qui bruit et mousse
Les seins de la reine en bois tourné
Dans la demeure de la reine un cierge jaune se fane
Dans le lit de la reine une bouillotte refroidit
Les miroirs de la reine sont recouverts d’une bâche
Dans le verre de la reine se rouille une seringue
Et moi j’ai apporté ici mon jeune ventre tendu
Mes dents offertes comme des instruments
Les seins de la reine en bois tourné
Des cheveux de la reine tombent les feuilles
Des yeux de la reine tombe une toile d’araignée
Le cœur de la reine éclaté en un sifflement sourd
Le souffle de la reine jaunit sur la vitre
Et moi j’apporte ici une colombe dans une corbeille
Tout un bouquet de ballons dorés
Des cheveux de la reine tombent les feuilles

{Alain Bosquet)    (1962)

 

sculpture mediévale: Tilman Riemenschneider, Mary Magdalene entouée  d’anges1490-95,   Bayerisches Nationalmuseum, Munich


Miguel Veyrat – Quand je n’aurai plus d’ombre


 

 

photo: Ion Zupcu papier en arrondi

Miguel Veyrat aime nous faire partager  ses textes, dans  sa  « poésie  sans frontière »

On peut  retrouver plusieurs  ouvrages  édités  en langue espagnole, par exemple « Poniente » …  il diffuse  également   ses écrits

sous  forme  de pdf en plusieurs langues 

dont  est extrait ce poème ci-dessous

 

voila  l’un d’eux

 

Quand je n’aurai plus d’ombre
et que s’envolera vers le nord mon génie
—parmi l’eau et les miroirs,
je viendrai avec le vent te voir.
Ombre noire ou ombre claire
—toujours je serai pour l’autre
un rêve brisé sous le crâne:
Mon double dort avec moi.

 

 

Miguel Veyrat

 


Ame dessinatrice ( RC)


 

Dessin-peinture perso: acrylique: auto-portrait de dos, mai 2011

 

Elle  sort ses crayons,  et en un tournemain

M’a pris pour modèle, moi,  son corps,  sa chose…

Et me voila figé,  en une éternelle pose,

à la course graphique de son dessin.

 

Comment se dessiner soi-même, vu  de dos ?

C’est une question, qu’on pourrait poser, pour savoir…

Traverser son corps, sans l’aide de miroirs…

Je vais réfléchir  et vous  dire  le vrai  …  ou le faux

 

Peut-être faut-il d’abord se toiser

Questionner son âme, pour un peu renaître

Comme,  de savoir  ouverte,    une  autre fenêtre ….

 

Et puis aussi, s’apprivoiser .

 

RC  17 avril 2012

 


Mercredi dans les Alpes (RC)


photo perso: lumière du matin dans les Cévennes ( St Cirgues en Montagne)

——–

Pourquoi j’ai choisi ce titre ?

Hein,  -sans doute parce que

Cà sonne comme un jour  changeant ,

Et les sonnailles du bétail dispersé.

 

Le lendemain, transforme le monde,

Les murailles  gris bleu sont maintenant orange

En tournant la tête, je déchire   quelques  nuages

Cavalcade  de quelques bouquetins en  éboulis

 

Le lendemain est aussi tout à l’heure

L’épaule suspendue  de la montagne

Se teinte  d’éclairages  d’hiver et la fantaisie

d’oiseaux de Magritte englués dans le roc

 

Sages tracés de remontées mécaniques

striant les pentes de lignes mobiles

Ruches bourdonnantes d’immeubles agglutinés

Comme d’excroissances vénéneuses.

 

Le lendemain changeant me dit le pays voisin

Transformant la parole, en langage étranger

Mon père disait  » mâcher de la paille »

En absence – Prévert -de passage- muraille

 

Et de tunnels routiers audacieux

Et les spirales des voies ferrées d’antan

Forant des kilomètres  rocheux

Et jouant    des ponts si  improbables

 

C’est vers Tende, je me souviens

Me rappeler pourquoi, avant la mer

Les pentes  sont  encore les Alpes

Les replis gardant de petits  lacs miroirs

 

Autant de joyaux liquides

Aux balcons des pentes velours

Le lendemain qui transforme le monde

Attend en silence le départ de l’ombre

 

Le rideau de lumière, combattant la nuit

Après avoir happé les  crêtes,

Peu à peu lui grignote une part de jour

En allégeant son triangle- c’était en rosé

 

Le lendemain est aujourd’hui, posé

L’aube a relégué mercredi

D’un  éclairage nouveau le haut fantasme

de glaces                      construit le jeudi.

—-

RC

5 fev 2012

Peinture: René Magritte