voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “monde

Tristan Tzara – vide matelas


montage RC

Vide matelas
pour ne pas dormir
ni rire ni rêver
le froid aux entrailles
le fer dans la neige
brûlant dans la gorge

qu’avez-vous fait qu’avez-vous fait
des mains chaudes de tendresse
avez-vous perdu le ciel
dans la tête par le monde
dans la pierre dans le vent
l’amitié et le sourire
comme les chiens à l’abandon
comme des chiens


Guillevic / Dubuffet – Les murs –


.

.

.
.


.
.



Gerard Pfister – Sur un chemin sans bord (extraits)


Anna Eva Bergman – Astre –

La beauté est ce soleil couchant,

ce ciel d’hiver, rien qu’un espace blanc,

lumineux à l’horizon

de formes dérobées, cela

qui dans l’instant du plus fébrile

attachement nous sort

de l’étau, nous délivre de nous-mêmes

——

Tu croyais par les mots venir à bout du monde

        mais à présent sais-tu

  qu’eux-mêmes sont le monde

       et que c’est peine déjà

        de n’accroître l’illusion





Sur un chemin sans bord
Collection Terre de Poésie 

Ingeborg Bachmann – Le monde est vaste et nombreux sont les chemins –


ARKHIP KUINDZHI – Field-

Le monde est vaste et nombreux sont les chemins de

    pays en pays,

je les ai tous connus, ainsi que les lieux-dits,

de toutes les tours j’ai vu des villes,

les êtres qui viendront et qui déjà s’en vont.

Vastes étaient les champs de soleil et de neige,

entre rails et rues, entre montagne et mer.

Et la bouche du monde était vaste et pleine de voix à

    mon oreille

elle prescrivait, de nuit encore, les chants de la diversité.

D’un trait je bus le vin de cinq gobelets,

quatre vents dans leur maison changeante sèchent mes

   cheveux mouillés.

 

Le voyage est fini,

pourtant je n’en ai fini de rien,

chaque lieu m’a pris un fragment de mon amour,

chaque lumière m’a consumé un œil,

à chaque ombre se sont déchirés mes atours.

 

Le voyage est fini.

À chaque lointain je suis encore enchaînée,

pourtant aucun oiseau ne m’a fait franchir les frontières

pour me sauver, aucune eau, coulant vers l’estuaire,

n’entraîne mon visage, qui regarde vers le bas,

n’entraîne mon sommeil, qui ne veut pas voyager…

Je sais le monde plus proche et silencieux.

 

Derrière le monde il y aura un arbre

aux feuilles de nuages

et à la cime d’azur.

Dans son écorce en ruban rouge de soleil

le vent taille notre cœur

et le rafraîchit de rosée.

 

Derrière le monde il y aura un arbre,

à sa cime un fruit

dans une peau en or.

Regardons de l’autre côté

quand à l’automne du temps,

dans les mains de Dieu il roulera !

 

Die Welt ist weit und die Wege von Land zu Land,

und der Orte sind viele, ich habe alle gekannt,

ich habe von allen Türmen Stadte gesehen,

die Menschen, die kommen werden und die schon gehen.

Weit waren die Felder von Sonne und Schnee,

zwischen Schienen und Straβen, zwischen Berg und See.

Und der Mund der Welt war weit und voll Stimmen an

  meinem Ohr

und schrieb, noch des Nachts, die Gesänge der Vielfalt   

  vor.

Den Wein aus fünf Bechern trank ich in einem Zuge aus,

mein nasses Haar trocknen vier Winde in ihrem

  wechselnden Haus.

 

Die Fahrt ist zu Ende,

doch ich bin mit nichts zu Ende gekommen,

jeder Ort hat ein Stück von meinem Lieben genommen,

jedes Licht hat mir ein Aug verbrannt,

in jedem Schatten zerriβ mein Gewand.

 

Die Fahrt ist zu Ende.

Noch bin ich mit jeder Ferne verkettet,

doch kein Vogel hat mich über die Grenzen gerettet,

kein Wasser, das in die Mündung zieht,

treibt mein Gesicht, das nach unten sieht,

treibt meinen Schlaf, der nicht wandern will…

Ich weiβ die Welt näher und still.

 

Hinter der Welt wird ein Baum stehen

mit Blättern aus Wolken

und einer Krone aus Blau.

In seine Rinde aus rotem Sonnenband

schneidet der Wind unser Herz

und kühlt es mit Tau.

 

Hinter der Welt wird ein Baum stehen,

eine Frucht in den Wipfeln,

mit einer Schale aus Gold.

Laβ uns hinübersehen,

wenn sie im Herbst der Zeit

in Gottes Hände rollt !

 

 

Toute personne qui tombe
        a des ailes
Poèmes 1942-1967 
Traduction de l’allemand (Autriche)
par Françoise Rétif
Nrf   Poésie /Gallimard


Laurent Gaudé – Si un jour tu nais


« Si un jour tu nais,
Ne crois pas que le monde se serrera autour de toi,
Pressé de voir ton visage,
Dans une agitation de grands festins.
N’imagine pas qu’on se bousculera,
Que chacun voudra te regarder, te prendre dans ses bras, te recommander aux dieux.
On t’a parlé des cris de joie qu’on pousse à la naissance d’un enfant,
On t’a dit la liesse,
Les coups de feu tirés en l’air,
Les tambours,
La clameur des hommes qui fêtent la vie,
Oublie tout cela.
Si jamais un jour tu nais,
De joie, il n’y en aura pas.
Mais l’inquiétude sur le visage de tous,
Comme toujours, l’inquiétude
Ta venue au monde ne fera naître que cela. »


Le jour passe sa ronde – ( RC )


montage RC

Le jour passe sa ronde,
et cherche sa géographie
sans l’écrire .

Une bulle viendrait crever
à la surface de la vie,
et voilà que ton sourire m’inonde.

Ce serait le clair-obscur des nuits,
où l’attente finit par trouver une issue.

C’est ainsi que je suis né
pour toi,
toi, qui portais le monde sur ton dos,.

Tu as délaissé ton passé,
la grisaille de l’enfance,
pour m’entraîner sur les chemins de l’avenir.

Ces chemins qui se sont ouverts,
avec nos pas,
précédant nos ombres.

Le jour passe sa ronde,
et nous l’avons suivi.

( un écho au texte de S Derève « géographie du silence  » )


Quelques pas de côté – ( RC )


image.png

Quelques pas de côté,
et me voilà, jonglant avec les quatre éléments.
Je m’élève sur un cheval ailé ,
sens le battement de coeur du monde
entre mes mains.

Un petit saut encore,
et je suis au milieu du firmament.
Je tire sur les fils de lumière ,
et ces ciels si changeants,
que je détourne la géométrie du temps.

Je suis parti te chercher,
et voyage encore sur des terres de hasard,
des chemins qui ne mènent nulle part,
et se retournent sur eux-mêmes ,
menaçant la voie lactée …

C’est que ton dessin m’emporte
bien plus loin que je ne pensais,
ton passage a dû s’inscrire dans les refrains
d’une chanson dont j’ignore les couplets.
A chaque pas que je fais, je m’y perds.

Je m’y perds encore.


Haïku d’un crépuscule – ( RC )


Sun,sunset,dark,clouds,orange - free image from needpix.com

au soleil qu’engloutissent les vagues ,
sombrent des couleurs du monde ,
lourds doigts de ténèbres


Ne me dis pas que la terre est infertile – ( RC )


1 cht de la terre  ferier  -1848.jpg

Ne me dis pas que la terre est infertile.
On n’en connaît que la surface,
pas la profondeur.
Il y a des graines qui attendent,
à côté des pierres.

Il y a des galeries souterraines
où l’eau s’engouffre.
Des ossements et des secrets bien enfouis.
Des racines les prolongent
et s’en nourrissent .

Ne me dis pas que la terre est infertile,
les fleurs en sont nées
comme les forêts.
Même blessée elle porte le monde.

N’oublie pas que tu marches dessus.


Gérard Titus-Carmel – cet arrière-goût de nuit


 

vieille peinture craquelée mur de béton texture de fond 113478241 ...

 

cet arrière-goût de nuit
a tant dévasté ma langue
qu’il ne m’est plus alliance avec le monde
que dans les seuls mots
ciel et lilas

des mots
dont je me frotte les lèvres
chaque fois que j’observe
les craquelures du mur
où parfois les lézards s’affolent
vers midi


Transporter une partie du monde – ( RC )


Un filet d’encre te relie à ta terre
même au fin fond des mers.

Ce dessin inscrit à même la peau,
tu ne vas pas le cacher :
Tu transportes une partie du monde:
un tatouage de Bretagne, un angelot
en haut du bras
( landes et rochers
te suivent partout où tu vas ):
c’est aussi bien qu’une mappemonde .

Pour ceux qui ne connaissent pas la géographie
tu vas leur indiquer aussi.
chaque partie du corps
qui représente une région
chère à ton coeur,
– on voit que tu as parcouru la France
et que tes errances
t’ont conduit à maints endroits
que tu peux montrer du doigt -.

C’est sans doute mieux que le prénom
du chanteur passé de mode
dont il faut qu’on s’accommode
comme un blason
ou celui de la petite amie
depuis longtemps tombé dans l’oubli,
ou encore le dessin du lion rugissant
qui t’accompagne par tous les temps.

Ta peau a connu les tempêtes
malgré les ans, les tatouages survivent:
ils ont la mémoire abusive
tout à fait tenace
que tu arbores
avec fierté et audace
sur tout ton corps
à l’exception de la tête.

Si on t’examine
de la tête aux pieds
tu pourras sortir le certificat d’origine
quand on voudra te contrôler…
Produit garanti certifié
par lieu de naissance
mis en évidence….
…peut être rapatrié

( même sans carte d’identité )

tattoo pieds monde

 

RC –  mars 2020


René NELLI – Vivre dans les feuilles rondes


 

René NELLI 2

 

 

Vivre dans les feuilles rondes

membranes du soleil

ou voir le monde et le silence

à travers des montagnes d’ombre.

 

sur la place tombe encore

le vent des cascades

dans le marbre rient les membres

de la folie sous le couvert des nuits

 

si je bouge un nuage secoue

les chouettes étouffe les heures

et passe derrière le vent

 

un enfant qui se retourne souvent

pâle  trébuche dans l’écho

et tout ce qui se pense

semble venir de loin.

 

 

René NELLI   Poèmes 


Zbigniew Herbert – Que serait le monde ?


4119616437.jpg

 

que serait le monde
s’il n’était plein
de l’incessant va-et-vient du poète
parmi les pierres et les oiseaux ?


Dyane Léger – faire danser le cœur du monde


Homer, Huntsman & dog.jpg

peinture  Winslow Homer

 

 

Dis-moi,        toi qui sais tenir le monde dans ta main
sans lui faire mal,             sans le faire pleurer,
pourrais-tu m’expliquer, à moi qui suis
à peine capable de transplanter un rosier
sans déchirer ses racines,       à moi qui peux
à peine raconter une histoire sans la déformer,
à moi qui ne peux sourire à un vieillard
et à son chien sans les faire fuir,
          pourrais-tu me dire comment,
si l’on me le demandait,
comment pourrais-je arriver
à faire danser le cœur du monde
sans lui marcher sur les pieds?


le monde a deux visages (Susanne Derève)


  Résultat de recherche d'images pour "Picasso (Femme nue au bonnet turc, détail)"

   Picasso (Femme nue au bonnet turc, détail)

 

 

Le monde a deux visages 

Le monde en a-t-il deux ou trois

Des visages coupés en ces milliers de toi

De moi, de fois

En autant de profils et de faces

Qu’il n’y a de conquêtes

Ou de disgrâces …      

                                                                                          

 

Et  je cherche  la clé

De celui qui m’ira

Que je revêtirai comme un costume

D’apparat, un décor de ballet

Un habit de gala …

 

Le monde a des profils ingrats

 

Parfois l’œil des tombes

Annonce  le trépas

 

Parfois c’est une bouche

Qui nous donne le la

Pour l’avaler ou pour le tordre

 

 

Et j’avoue que je ne sais pas

Si les dents s’y montrent

Pour mordre

Ou pour y grincer d’effroi

 

                                                                                                   

S’il vaudrait mieux pleurer de honte

Ou si l’on doit tendre les bras

En chantant que la terre est ronde

 

 

Je ne sais pas si mes deux mains

Pourront se rejoindre au matin

 

Ne me retiens pas  si je tombe

 

 


Sophie G.Lucas – toute l’épaisseur de ce monde


Résultat de recherche d'images pour "snow impressionist painting"

peinture:        A Sisley 1874

on n’en fait rien de
la neige
( toute l’épaisseur de
ce monde dans une fenêtre )
tout juste se demande-t-on
comment ce sera une fois
que tout aura fondu
si la vie sera la
même
et si c’est bien la neige
qui bloque les siens
dans le
silence

#

 

en rapport :« épaisseur  d’une musique blanche « 


Emily Dickinson – lettre


This is my letter to

the world

that never wrote to me.

E Dickinson letter

Ceci est ma lettre

au monde

qui ne m’a jamais été écrite.

 

Em Dickinson


Danser hors de la surface des choses – ( RC )


Aldara  Ortega           sous l'eau  05.jpg

photo : Aldara  Ortega

 
Changer de monde,
et danser hors de la surface des
choses.
Trouver son souffle en soi-même,
plonger en apnée illimitée…
Le silence épais plaqué aux oreilles,
tu t’opposes à l’inertie de la matière ,
présente et que tu ne peux saisir.
Tous les gestes en sont ralentis.
La robe de mariée se défera lentement,
sur un champ où les fleurs ne
poussent pas, où il n’y a pas de vent,
et où la lumière hésite à franchir le
plafond…


RC – mai 2017


Dominique Sampiero – je retrouve mes larmes


Josef Sima - 8 soleil_chaud_1960.jpg

peinture: Josef Sima

 

Je retrouve mes larmes comme mes propres enfants,  le plus fragile de moi-même
ne m’effraie plus, au contraire, je me laisse envahir, et la pluie, au-dedans comme
au-dehors, lave ce que je ne sais ni de moi ni du monde, et qui me brûlait le cœur.

Dominique Sampiero


Denis Scheubel – le réveil


 

Sur ma tempe

Une haleine

Brûlante

Electrique

Il n’y a que le

Réveil pour ressembler

Autant à la fin du monde


Jean Guéhenno – l’orange de Noël


Afficher l'image d'origine.

Noël, dans mon enfance, c’était le JOUR ou on me donnait une orange et c’était un grand événement

Sous la forme de cette pomme d’or, parfaite et brillante, ]e pensais tenir dans mes mains le bonheur du monde

Je regardais ma belle orange , ma mère la tirait de son papier de soie ,

tous deux, nous en admirions la grosseur, la rondeur, l’éclat ,

]e prenais dans le buffet un de ces beaux verres a pied en cristal qu’on achetait alors dans les foires Je le renversais, le mettais à droite, au bout de la cheminée, et ma mère posait dessus la belle orange

Pendant des mois, elle nous assurait par ses belles couleurs, que le bonheur et la beauté étaient de ce monde

Quelquefois, je la palpais, Je la tâtais

II m’arrivait d’insinuer qu’elle serait bientôt mûre

— Attendons encore ! répondait ma mère,

quand nous l’aurons mangée, qu’est-ce qui nous restera ! ( )

Jean GUÉHENNO          « Changer la vie »                        (ed Grasset et Fasquelle)


Philippe Delaveau – Les monts bleus


Afficher l'image d'origine

                  peinture   :     Morgan Ralston

 

 

Les monts bleus et le ciel songeur.
Toi
Dont les yeux ardents sont
L’abri du ciel et des monts.

Source, frisson, tristesse, joie.
Je baiserai de ma langueur
Ta bouche.

Je vois les mots se former
Dans tes pupilles, sur tes lèvres.
Et je respire ton haleine.

Je me raccroche à la vie,
Je sais l’existence du monde
Lorsque je tiens ta main.

in  (Le Veilleur amoureux)


Émily Dickinson – une lettre au monde


This is my letter to

the world

that never wrote to me.

E Dickinson letter

Ceci est ma lettre

au monde

que personne ne m’a écrit.

 

Em Dickinson


L’en-faille – ( RC )


peinture: Andrew Wyeth - Black Water 1978

peinture: Andrew Wyeth – Black Water 1978

 

Pourquoi taire l’amour,
pour que l’amour se terre?
Tant, se soulève,         mystère,
Cette  terre que je laboure…

En dessous,         un feu qui gronde
On perçoit les braises de la faille ,
Terre nourricière,          une entaille,
Prête à donner naissance au monde  …

RC –  sept  2015

 


Emma Lazarus – Le nouveau colosse


————–

Le Nouveau Colosse

Pas comme ce géant d’airain de la renommée grecque
Dont le talon conquérant enjambait les mers
Ici, aux portes du soleil couchant, battues par les flots se tiendra
Une femme puissante avec une torche, dont la flamme
Est l’éclair emprisonné, et son nom est
Mère des Exilés. Son flambeau
Rougeoie la bienvenue au monde entier ; son doux regard couvre
Le port relié par des ponts suspendus qui encadre les cités jumelles.

« Garde, Vieux Monde, tes fastes d’un autre âge ! » proclame-t-elle
De ses lèvres closes. « Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Tes masses innombrables aspirant à vivre libres,
Le rebut de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte
Je dresse ma lumière au-dessus de la porte d’or !« 

( ces dernières lignes  rappelleront une  actualité des déshérités de la migration subie  )

le texte original:

Not like the brazen giant of Greek fame
With conquering limbs astride from land to land;
Here at our sea-washed, sunset gates shall stand
A mighty woman with a torch, whose flame
Is the imprisoned lightning, and her name
Mother of Exiles. From her beacon-hand
Glows world-wide welcome; her mild eyes command
The air-bridged harbor that twin cities frame,
« Keep, ancient lands, your storied pomp! » cries she
With silent lips. « Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore,
Send these, the homeless, tempest-tost to me,
I lift my lamp beside the golden door!« 

————————

C’est  ce poème  qui est gravé sur une plaque  fixée  dans le socle  de la Statue de la Liberté.


Seyhmus Dagtekin – Au fond de ma barque


photo: Silviu and Irina Székely

photo:        Silviu and Irina Székely

.

 
Quand tu te retires du monde
Le monde ne s’arrête pas pour autant
Ne se retire pas
Quand tu vas dans le vaste monde
Tu ne deviens pas vaste pour autant
Quand tu te prives de la multitude
Tu n’occupes pas pour autant ta solitude
Tu ne l’élargis pas
Quand tu te chasses du bruit
Tu ne découvres pas pour autant le silence
Quand tu te coupes les branches
Tu n’augmentes pas pour autant
La sève qui irrigue ton front.

 

 

S D

 


Samuel Beckett – sans ce monde sans visage ,sans questions


peinture Mischa  Rezka

peinture Mischa Rezka

 

 

 

que ferais-je sans ce monde
sans visage sans questions
où être ne dure qu’un instant
où chaque instant
verse dans le vide
dans l’oubli d’avoir été

Samuel Beckett