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Herberto Helder – Maudit soit celui qui a jeté la pomme dans l’autre monde


1915  Marc Chagall  N'importe ou hors du monde  Huile sur carton, maroufle sur Toile  61x47.3 cm  Takasaki, Gumma Museum of Modern Art.jpg

 

peinture: Marc Chagall:  N’importe ou hors du monde

 

S’il y avait des escaliers sur la terre et des anneaux dans le ciel
Je gravirais les escaliers et aux anneaux, je me pendrais
Dans le ciel je pourrais tisser un nuage noir
et qu’il neige, qu’il pleuve et qu’il y ait de la lumière sur les montagnes
et qu’à la porte de mon amour l’or s’accumule

J’ai embrassé une bouche rouge et ma bouche s’est teintée
J’ai porté un mouchoir à ma bouche et le mouchoir a rougi
Je suis allé le laver à la rivière et la rivière est devenue rouge
Et la frange de la mer, et le milieu de la mer
Et rouges les ailes de l’aigle
Descendu boire
Et la moitié du soleil et la lune entière sont devenues rouges

Maudit soit celui qui a jeté la pomme dans l’autre monde
Une pomme, une mantille d’or et une épée d’argent
Les garçons ont couru après l’épée d’argent
Et les filles ont couru après de la mantille d’or
Et les enfants ont couru, ont couru après la pomme.

 


Jean Magalhaes – Dans le ventre du loup


19352631576                                                             artiste non  identifié

 

je suis

celui qui dort dans un mouchoir de poche

qui s’est toujours excusé

celui qui a des mains d’enfant

 

je suis

celui qui fait l’amour avec les ombres

qui court après les mots

n’attrape que le vent

 

je suis

celui qui fait tous les rêves

qui parle aux pierres

celui qui dort

 

dans le ventre du loup

( tiré d’un recueil portant le même nom  » dans le ventre du loup » : petite édition manuelle parue aux ateliers du hanneton, dans la Drôme )


ValentineMoon – Le chemin dans la forêt


IMGP2946Photo perso: peupliers d’automne vers Mirabeau
Il n’y a pas de chant, pas de bruissement d’herbe, pas de trace du cerf sur le sol
il a plu pourtant et si je me baisse je peux sentir l’humidité de la terre
je sais que tu es passé là
Il n’y a pas d’oiseau, pas de regard à croiser subrepticement entre les buissons
je serre un mouchoir entre mes mains
ta voix me manque comme un battement de cœur en moins
à chaque fois: la vie étrécie.
Et toi tu me laisses tout à deviner .
Valentine Moon tient  le blog « l’or des jours« ,
et auparavant celui de   » le blog de la vieille dame indigne« 

Semé aux quatre vents – ( RC )


installation - Van Breedam :   Five past seven 1989  ( fer  )Ostende

installation – Van Breedam : Five past seven 1989 ( fer )-   Ostende

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Semé aux quatre vents,

descendre sur les toits,

dilapidée la joie,

perdu les esprits, renoncé à sa foi,

perdu pour toujours, et faire avec ce qu’il reste,

un chemin incertain,

 

une mémoire de l’oubli,

la tête dans un mouchoir,

suivre son étoile, de celle qui scintille,

à celle qui s’affole,

guidé vers l’inaccessible,

ou précipité dans les abysses,

 

je ne sais plus ce que je dois,

et dessiner le moi, –    enfin celui qui m ‘habite,

ou me précède,                      et me dicte sa loi.

RC   – 4 juillet  2013


Elégie à la République Espagnole (RC)


En hommage  au célèbre Guernica de Picasso,  aux portraits  de la  « femme  en pleurs »,  qui ont précédé ce grand tableau, et plus récemment  aux  « élégies à la République Espagnole », de Robert  Motherwell. (expressioniste abstrait américain)

peinture: – P PIcasso portrait de la femme en pleurs – 1937


L’âme nue,                                    coquillage brisé

Les yeux                                                        chavirés
Dans un                                       mouchoir de peau

Les mains tout                                          en angles

S ’accrochant                                               au visage

Au cœur lacéré d’                           algues violettes

Un trou dans la vie,                       la coupe noire

Des avions croisés, écrasant                   Guernica

 

La valse des innocents, les éclairs  des bombes

Les façades qui explosent, Les fards  du défunt

Le  rire des fascistes ,leur  parfum       de mort,

Dans le ciel d’                                Espagne de Pablo


L’enfant rouge avale                           un rasoir

Le bras à l’épée,                  crispé  sur  la fleur

D’un dernier                                                vol ivre

Alors que                                                  se  déchire

La colombe de la paix, et         la  République

Et que son portrait                                se lacère

Aux élégies de                                     Motherwell .

 

The naked soul,           like a broken shell

Eyes rolled back
Into a tissue                    of skin

the hands                full of angles

Clings to the face

Lacerate the heart                              with purple algaes

A hole inthe  life,                                    the black bowl

Aircraft crossed,                                    crushing Guernica

Waltz of the innocent,                  lightning of the bombs

The facades that explode,      the makeup of the deceased

The laughter of the fascists,          their scent of death,

In the sky of Pablo’s Spain

The red child   eats a  razor

The arm with the sword,            clenched on the flower

From a least drunk flight

While rips

The dove of peace,         and the Republic

And its lacerating portrait

To the Motherwell’s elegies.

 

RC   5 avril 2012

peinture:                  Robert Motherwell, –                 élégie à la république espagnole – 1953