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Face aux dentelles de Montmirail ( RC )


photo perso.  Dentelles de Montmirail - octobre 2015

photo perso. Dentelles de Montmirail – octobre 2015

 

Quelque part,
adossé  au corps  de pierre,
La pente offrait
juste un répit,

un souffle,
avant de reprendre,
plus drue,
Plein sud,là où la terre n’a pas accès.

Seuls les arbres
accrochés, on ne sait comment,
dans une  anfractuosité,
Têtus.

C’est une muraille qui se dresse
Une construction gigantesque de clair,
poussée sur un bleu
sans faille,  où elle  s’appuie .

Je la devine
plus que je ne la vois,
– lui tournant le dos –
mais elle  répercute

Comme un miroir
La chaleur  et les embruns solaires.
Embruns  étirés de senteurs  âpres
de romarins  et de buis.

Je suis  assis
devant une parenthèse
— aride  
d’éboulis grisâtres .

On se demande
ce qui retient
ces roches  déchiquetées, mâchées…
de dévaler plus bas  :

Juste  comme  si la montagne
s’ était débarrassée,
en s’élevant,
d’éléments  superflus.

A la manière d’un serpent
abandonnant sa mue:
une enveloppe
devenue inutile.

C’est un jour
où le mistral se repose  :
En automne,
on n’entend plus les cigales

Mais le murmure de la vallée lointaine ;
peut-être un ruisseau,
Le léger bruissement  des feuillages ,
les traits espacés du vol de rares oiseaux.

Au fond, le soleil caresse
des rangées de vignes
soigneusement peignées,
virant sur les jaunes, les orangés.

Peu de champ libre,
avant qu’une nouvelle vague minérale,
s’élève, accélère son mouvement,
jusqu’à ce que chênes et pins abandonnent.

Au pied d’une  grande  couronne de pierres,
sentinelles  verticales,
à la façon de supports de dolmens,
dont il manquerait la table…

Forteresse censée surveiller
une mer disparue,
oublieuse,
bue,   par le basculement  des choses

inscrit dans la roche,
et ainsi de suite jusqu’aux îles
de la Méditerranée attendant un signal
pour se dresser à leur  tour  .


RC oct 2015

 

voir aussi https://ecritscrisdotcom.wordpress.com/2016/03/20/quelques-pas-vers-les-dentelles-1-rc/

 


Mue, temps, mutants ( RC )


art; bas relief de Max Ernst ,    à St Martin d’Ardèche,    et petite intervention perso..

Un

serpent tapi dans un parterre  de fleurs
S’étire dans sa sieste                       coulée
Et laisse accrochée aux ronces son enveloppe
Fossile mou,              en aspect d’avant
Mais si sa métamorphose
Dialoguait avec la nôtre
Je me verrai bien retrouver
Conservés comme des habits d’antan
Autant des peaux de l’adolescent
Et des jeunes enfants
Ayant déposé leur mue
Au placard                du temps.
Autant le cabinet de curiosités
Pour visiteurs d’autres époques
Que sont, les momies de Palerme

RC – 24 septembre 2012

photo: mue de serpent

je viens  également  de trouver  cette poésie  arménienne   très originale: de

Esther Heboyan, qui évoque  également  Max Ernst

: LA VAMP DU TRANSILIEN

rousse ou blonde
s’avère
la vamp du transilien
de Gisors
dans le matin ridé
épiphénomène
post café cartable
lave-vaisselle encastrable
charme péri-parisien
oh !
de la nuit
je n’ai fermé l’œil
dit mascara classique
sans blague
dit l’autre
rousse ou blonde
je t’assure
les cils les yeux
écarquillés
sont maquillés Gemey automne
et quoi donc
                        ton mec
les lèvres d’un gloss fashion seront
tu penses bien
                        que non
non
            une fichue chouette
devant le miroir de sa vie
se poudrant le nez le front
les pommettes
ma pauvre
                        pas de veine
elle s’admire fin prête
pour ce jour et point de mourre
tandis que francilienne comme elle
comme elle
rousse ou blonde
sa jumelle
se vernit les ongles
d’un bleu Santa Fe
écranique
le résille sur cuisses chute
de la parme jupette
aux bottines à pompons
celles-là même
qui manquèrent à la Chancelante
de Max Ernst
ah !
c’est quelque chose
soupire la vamp du transilien
de connivence
rousse ou blonde
Décembre 2009