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Qui chante là-bas ? – ( RC )


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image  extraite  du film « qui chante là-bas » de Slobodan Sijan

 

 

Je me souviens de l’ex-Yougoslavie
des plaines,             de la nostalgie,
de la chanson d’un violon navigant dans le ciel,
et les airs de danse traditionnels.

–        Il y a des airs que l’on n’apprend pas,
ils traversent les saisons,
et à travers leurs chansons,
on se demande :          » qui chante là-bas ? « .

C’est une musique qui traverse les hivers,
passant outre massacres horreurs
elle triomphe de la mort
et des taches sombres de la guerre

Passant sans encombre par-dessus les frontières .
Entends-tu encore la mélodie ?
celle qui nous dit que la vie
continuera , par-delà les tombes et les cimetières .

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RC – aout 2018


Un chemin tracé entre les étoiles – ( RC )


photo Ile Vaadhoo   des Maldives:  provenance

 

Il y a une musique,
dont je ne connais pas l’origine ,
elle me vient du vent,            sans doute.
Elle m’entoure parfois     de son écume,
comme si j’étais une île,
et qu’il suffise d’avoir les yeux ouverts  ,
pour recevoir la brise
et comprendre la chanson .

Alors je suis poreux,
comme peut l’être une éponge,
          mais elle boit les mots
qui me viennent à l’esprit.

Au loin des navires passent,     indifférents ;
de toute façon
           ils ne sauraient traduire
le poème qui s’écrit par ma main ,
ni le souffle qui gonfle les voiles :
Dans un autre sens ,
          c’est peut-être trouver un chemin
tracé entre les étoiles .


RC – mai 2017


Miquel Marti I Pol – Un jour, je serai mort …


.

peinture: Marsden Hartley

peinture: Marsden Hartley

 

 

Un jour, je serai mort
et encore dans l’après-midi
dans la paix des routes,
dans les champs verts,
parmi les oiseaux et au milieu de l’air
tranquillement en ami
et de passage parmi ces hommes
Je ne sais pas et je t’aime.

Un jour,      je serai mort
et encore dans l’après-midi
dans les yeux des femmes
qui viennent et qui m’embrassent,
dans la musique ancienne
toute mise au point,
ou même dans un objet,
le plus intime et le plus clair
ou peut-être dans mes vers.

Dites-moi quel prodige
rend le soir si doux
et si intense à la fois,
et à quel champ ou à quel nuage
dois-je attribuer ma joie;

parce que je sais supporter
tout de mon entourage,
et que je sais que quelqu’un, plus tard,
saura préserver ma mémoire.

Les paroles au vent

 

 

 

Miquel Marti I Pol


Sylvia Mincès – Andante de poussière


 

jonquille   2017 -    07.JPG

 

photo perso  2017

 

Un limbe de musique s’unit à ma peau ;         cette greffe sonore m’hypnotise,
le temps d’un fa bécarre éternel,      pour m’habiller en grain de sable ou de pollen.
Fécondée, je deviens fleur       et puis sentir, de toute la couleur
de mes pétales étonnés, ces sarabandes de tierces bleues
qu’éclaboussent des quintes d’or.
Sur mes feuilles, coule un torrent de notes évadées
d’une sonate en rien majeur tandis que mes racines
sourient à des accords aigus, cueillis près d’un clavier
que caressent de fantomatiques églantines.
Je me désintègre alors en atomes d’extase puis me dissous
dans un néant traîtreusement  féerique
où les larmes ne sont que sucre la haine froissement de miel.


Jean-Pierre Paulhac – Une voix


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Une voix
Comme un sourire
Une voix
Comme un soleil
D’océan indien
Une voix
Comme un horizon bleuté
Vers lequel voguent mes mots
Aspirés d’espoir
J’entends
Des rires de palmiers qui se tordent de musique
Des pas de danse qu’invente une plage espiègle
Des chants qui montent sur des braseros ivres
Des crustacés qui crépitent leur saveur pimentée
Ici
C’est le silence gris des bétons déprimés
C’est la glace qui saisit tous les masques
C’est un jadis souriant embrumé d’ombre
C’est l’ennui qui ne sait que recommencer
J’entends
Des guitares rastas aux cris de parfum hâlé
Des bras nus de désir qui dégrafent la lune
Des hanches insatiables que dessoudent la salsa
Des nuits secrètes aux folles sueurs de soufre
Ici
C’est le mutisme morne des grimaces polies
C’est la morgue soyeuse des cravates policées
C’est la cadrature étroite des cercles vicieux
Qui soumet à ses ordres la horde quadrillée
J’entends
Mes souvenirs marins d’aurores océanes
Mes remords nomades de dunes vives
Ma mémoire exilée qui déborde en vain
De tant d’hivers que la chaleur a bafoués
Ici
Le temps se tait s’étire et se désespère
Le temps n’est plus une chimère bleue
Le temps se meurt de mourir de rien
Et chaque ride compte un bonheur perdu
J’entends
Un rêve qui papillonne son corail osé
Un rêve qui murmure un refrain salé
Un rêve qui soupire son souffle de sable
Sur l’éternel instant d’un été sans fin
Une voix
Comme un sourire
Une voix
Comme un soleil
D’océan indien
Une voix
Comme un horizon bleuté
Vers lequel voguent mes mots
Aspirés d’espoir

 


Clarice Lispector – Prends ma main


 

19365 16134087030.jpg

 

Prends ma main…

Je vais à l’instant te conter

Comment je suis entrée dans l’ineffable
Qui a toujours été ma quête insaisissable et secrète
Comment je suis entrée dans l’interstice

unissant les numéros un et deux
Comment j’ai connu la frontière qui sépare mystère et feu
Combien souterraine est cette frontière

Entre deux notes de musique vibre une autre note

Entre deux maintenants de vie se glisse un autre maintenant de vie
Et deux grains de sable même inséparablement liés
Sont partagés par un espace infime
Entre deux sentiments se loge un autre sentiment
Et dans toute matière se love un espace
Qui est respiration du monde.

Et cette incessante respiration du monde
N’est autre que ce que nous entendons
N’est autre que le silence.


Jacques Ancet – l’orage


ANGRY NATURE Twister Tornado Debris Disaster Rotating Air Phenomenon Dust Imagenuage d'orage de tornade Wallpaper

 

Tu arrives de plus loin.

On ne sait pas d’où tu es

ni quel visage tu as.

On entend une musique

sous le silence. On voudrait

la garder trouver un nom

pour la dire. Mais on n’a pas

de bouche, pas de main

pour l’écrire. Seul de feu

du désir. L’orage vient


Un fil tendu dans le silence – ( RC )


Environnement plat,  ( à peu près  ),…
…brume,
–       peupliers.
Le tout  défile.

S’il fallait prendre la photo,
D’abord descendre la glace,
L’air humide  tout à coup engouffré,
Et le flou de mouvement.

Une vallée          paresseuse,
Bien pâle en ce novembre,
Et juste        les ailes coassantes
des corbeaux.

La voiture progresse,
mange les kilomètres,
pour un paysage         semblable
ou presque .

Une musique pulse,
C’est une chanson
à la radio
qui rape

La caisse fonce,
Du son plein la tête
Sur le ruban de la route,
luisante.   Flaques.

A la façon d’un coin
Dans l’horizontale  :
– Traversière,
Phares devant

Yeux fixés,
Droit devant,
Etrangement  étrange
– Trait bruyant        ( un fil tendu

Dans le silence . )
La plaine tolère juste
De ses champs gorgés  d’eau
Son passage  éphémère

Se refermant sur elle-même,
Lentement,
Le bruit   s’efface          comme il est venu.
Les corbeaux reprennent leur vol.

RC – sept  2015


Epaisseur d’une musique blanche – ( RC )


Les branches se tordent,
et cherchent leur chemin,
dans la musique blanche,

où même le silence
pèse d’une neige dense
son épaisseur de solitude.

 

RC   – dec 2016


T.S. Eliot – Les mots bougent


Les mots bougent, la musique se déplace
Seulement dans le temps;          Mais seulement ce qui est vivant
Peut seulement mourir.       Les mots, après le discours,se fondent
Dans le silence.                       Ce n’est que par la forme, le motif,
Que les mots ou la musique peuvent atteindre
Le silence,                comme un vase chinois immobile
Remue perpétuellement             dans son immobilité.

T.S. Eliot, Quatre Quatuors (V)

( tentative de traduction  RC )PH_magazine_22_2012_Page_24  Martin Marcisovsky.jpg

 

 

Words move, music moves
Only in time; but that which is only living
Can only die. Words, after speech, reach
Into silence. Only by the form, the pattern,
Can words or music reach
The stillness, as a Chinese jar still
Moves perpetually in its stillness.

T.S. Eliot, Four Quartets (V)


Jean-Claude Pirotte – tu ne sauras jamais qui je suis


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tu ne sauras jamais qui je suis
dit l’enfant je passe mon chemin
je vais vers les prairies lointaines,
où l’herbe chante à minuit près des saules
qui pleurent car c’est ainsi
que s’ouvre à mon cœur la musique fidèle
et que le monde enfin commence à vivre
et que je commence à mourir
tu ne me verras pas vieillir
ni ne reconnaîtras mon ombre
adossée au talus là où le sentier noir
se perd dans un fouillis d’épines
et les étoiles des compagnons blancs
 
tu as beau regarder sans cesse derrière
toi comme si tu craignais l’orage
et que tu te hâtais poursuivi par l’éclair
jamais tu ne surprendras mon sourire
tendrement cruel comme celui d’un tueur triste

 

in

Veilleurs, Passage des ombres


Une infime parcelle- comme une découpe du ciel – ( RC )


création numérique perso 1999

création numérique perso 1999

A l’extrème limite de la conscience,

une bouche balbutie,

sur une surface horizontale..

une couche de glace,

dont on ne sait encore l’épaisseur,

mais bousculée par les courants de l’intime,

d’une profondeur insondable.

J’imagine le violoncelle de Yoyo-Ma,

Jouant Bach, sur une pellicule de glace,

la pique s’enfonçant peu à peu,

à chaque coup d’archet,

pour retrouver,

une fois la suite achevée,

l’essence même de la musique.

Et , de même la page d’écriture,

Qui se révèle :

une façon de communiquer son sang

à l’encre :

une mémoire magnétique,

venant de régions inconnues

avant que celle-ci ne fige .

Bien sûr, on peut rester

la plume en suspens,

au point de laisser les oiseaux

dessiner, écrire à notre place,

le geste immobilisé,

pour des récits qui resteront

à jamais non écrits …

Faut-il se révéler à soi-même,

Et remonter du lac,

sous nos pieds,

un seau d’eau glacée

dans laquelle nous mirer ?

Reflétant aussi les oiseaux ,

et l’encre transparente du silence …

De toute façon,

ce qui est puisé,

n’est qu’une infime parcelle,

comme le serait la découpe du ciel,

visible dans le seau,

mais il contient une voix,

avant d’être naufragée, gelée …

la nôtre .

_

 

RC- sept 2015

 

( variation sur un texte de Michèle Dujardin, tiré de « Abadôn » elle-même évoquant Henri Thomas avec cet extrait : « Je n’ai le goût de rien exprimer, si ce n’est ce noyau d’obscurité tenace qui est mon être même, ma substance morale et poétique. »
Henri Thomas )


Jean Pérol – À mes côtés


 

Ne donnez plus rien
aux courages lâches
tenez écartées
les fêtes pourries

j’attends que la nuit
tire sur tout sa bâche
et d’autres caresses
que de ses furies

j’attends le dirais-je
les cieux plus légers
sur tous les vergers
la musique en plis

j’attends la lumière
des blancs d’avalanche
les masques tombés
les pardons en pluie

la douceur des mains
des lèvres fidèles
un cœur sans calculs
la farce effacée

un Japon des mers
des chants d’îles mauves
un matin charnel
entrer dans les villes

quand plus rien n’importe
franchir le portique
le démon aux portes
l’ange à mes côtés

 

 

extrait du recueil:

Libre livre

– See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/libre-livre/antoine-de-molesmes#sthash.zOCDeJZ1.dpuf


Alain Borne – Je m’endors et je meurs


 Yan Pei-Ming, Gadhafi’s Corpse – October 20th 2011, 2011                                    peinture: Yan Pei Ming

Je m’endors et je meurs.

Quand je serai mort

vous ne penserez plus à moi

avec moi mourra ma musique.

et si des lèvres vives la chantent encore

ce seront elles que vous aimerez

( en une seule injure )

 


la vibration d’un gong, un arrière plan de toile – ( RC )


 


C’est  comme  la vibration d’un gong  :  cela frissonne,
puis cela frémit, dans un froissement qui monte en puissance,
En s’amplifiant  jusqu’à la parole délivrée  de l’étain.
Un point critique  nait de la  rencontre de la mailloche et  du disque  de métal.
Un germe  du sensible :      Un geste  le précède.

Mais  le son qui s’en extrait, cache  son envers,  sa mutité,
sa  « face silencieuse », en quelque  sorte , dans l’objet.
Celui -ci pourrait être  joliment  décoratif,
mais sa matière, sa forme, recèle en puissance  le son.
Même lorsqu’il est silencieux.

Et pour une peinture, c’est  parallèlement, la rencontre  des formes,
des couleurs  et des contrastes,  qui révèle
de la toile  « silencieuse », les dialogues  de la lumière  avec l’ombre,
de la matière même  du geste  de peindre,
et ce qui fait la personnalité  de son auteur.

Cet arrière plan de toile, entend les soleils,
écoute les matins blêmes, et retransmet, comme  le gong, dès  qu’on la regarde,
ce frissonnement des éléments « dans un certain ordre agencés ».
Cachée,  elle peut, comme  un instrument  de musique, demeurer muette,
ses potentialités ne  s’éveillent que  sous la caresse du regard.

RC –  avr 2015


Rythme, lignes, thème et variations – ( RC )


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peinture             H Matisse-

Une pulsation persiste,
         malgré soi.
C’est un motif répétitif,
comme celle de ces frises
Sur le fronton des temples grecs,
mais qui s’offre quelques  détours .

Le battement d’un coeur
       Que l’on oublie,
Une basse continue
sur laquelle la trame
de la symphonie concertante
prend tout son appui.

Un rythme régulier,
qui se fond dans l’arrière-plan,
–  métronome contrebasse,
   soutenant la cantate,
dont on devinera le centre
en tendant mieux l’oreille.

Un ange parcourt les firmaments,
on peut suivre son échappée,
(  pas le froissement des ailes  ) ,
qui pourtant décrit
l’envolée de ses courbes,
Elles  s’appuient sur le ciel .

Ainsi les arabesques
dessinées dans la couleur,
ou les spirales enroulées,
jouent chacune  de leur accord,
avec l’évidence  d’une  danse
dans les tableaux de Matisse.

Le temps est une aire indéfinie,
qui s’étend sur la toile :
points et surfaces
relient les lignes entre elles….
Thème, fugue et variations,
Mélodie et contrepoint.

Vois comme le coeur
est,  lui-aussi,   une musique  !
Son battement
est celui d’un tempo,
transformé en courant,
en cascades:

Le flux d’un ruisseau,
inscrit ,
en lettres invisibles,
sur chaque page,
de la partition , son rythme
se combine aux autres:

Une grande portée,
la mesure de la vie :
Une passacaille où le sang
donne le sens:
Celui qui permet de mieux respirer
la couleur des choses.

RC-  juin 2015


Anne Labruyère – trop tard


photo perso:   spectacle  -  Gérard Gérards-  Le  Bleymard  2014

–                 photo perso:     spectacle – Gérard Gérards- Le Bleymard 2014


Femme, laisse-moi. laisse-moi.
C’est ma musique.
Donne-le moi cet instant de calme.
Demain peut-être sera trop tard.
Entends-tu la terre ?
Vois-tu son sourire ?
C’est le dernier sourire des grands malades.
Déjà la terre enfante
Des mains démentes
Qui élèvent le feu devant l’autel.
Hostie nouvelle.
Déjà le feu hurle par la voix des innocents.
Femme, c’est très grave.
Noé n’avait pas noyé notre tâche originelle.
Les eaux n’étaient pas assez claires.

O, femme, ne t’éloigne pas.
Il fait froid dans ma musique.
Il y a des mains en forme de pierre.
Et des crânes déguisés en remords.
Il fait si froid dans ma musique.
Ne t’éloigne pas, femme.
Déjà, les bourreaux ont pris forme humaine.
Déjà, ils ont volé nos crânes pour notre bien
Et déjà, les hommes ont remis à demain, à trop tard.
Ont remis à jamais leur éveil.
Femme,  tu ne m’écoutes pas.
Ton corps a ce soir l’odeur de la terre brûlée.
Et ton regard est chaud,
Comme le sang des victimes.
Et toi si proche, tu ne m écoutes pas.
Ma parole n’a pas déteint
Sur ton corps silencieux.
Ma parole s’est figée dans son isoloir.
Et personne n’a vu.
Ni entendu la terre ce soir
Parce que c’est si simple…
Pour toi femme
Pour ton sourire et ton amour
Pour un peu de pain
Et de vin
Et de rêve
Et pour ce pauvre rayon de lune
A travers la vitre.
( A maman.)

extrait de « Ombres »   -petite  édition  de la  Société des Lettres. Sciences & Arts de la Lozère


Arthemisia – le néant blanc


Giorgio_Morandi_-_Natura_morta_-_1956

 

                  Peinture: G Morandi  1956
Je ne suis plus  dans l’avant, le pendant ou même l’après.
Je fraternise avec les objets, m’accroche au pinceau qui colore ma joue, me liquéfie dans l’alcool qui chauffe mes veines, me laisse pénétrer par la musique qui m’ensorcelle, et m’enroule autour de l’oreiller qui me câline.
Je suis posée, plantée dans ma terre rouge et humide. Je ne bouge plus. Rien ne bouge.
Le silence frémit dans les branches du laurier. C’est lui le vainqueur.
 
Amour, je ne suis plus dans ton temps.
Où suis-je ?
Dans un néant blanc.
 
Amour, j’étais si bien hier dans ta bouche.
 
Copyright © Arthémisia- janvier 2008
Cet article  est extrait du blog  d’Arthemisia.

La cathédrale – ( RC )


La Cathédrale: Rodin, Musée Rodin

La Cathédrale:              Rodin,        Musée Rodin  Paris

 

Croise les mains au-dessus  du cœur,
Il faut protéger le feu,
Et des orages  et des brisures,
Une cathédrale de chair, où même
Les mots  n’ont plus de prise,
Assoupis à la naissance des eaux .
Seule  s’élève la musique,
Entre les doigts des voûtes,
Avant  qu’elle ne retombe,
Et tienne à distance,
Toute la cacophonie du monde,
Où les bruits se heurtent.

Il y a si peu de temps à vivre.

RC- juillet  2014


L’Ave Maria – ( RC )


 

Cello -piano  schu

 

 

Le ruban de musique
Se déroule
Au fil de l’archet.
Ce sont des couleurs amples,
Qui sentent le bois mûr,
Où les cordes chantent,
Et les doigts dansent.

Un chant s’élève,       doux,
Au contre-bas d’amour,
En arpèges          se posent,
Comme les vagues le portent,
Ouvrant de futurs horizons,
S’arrondissant comme galets,
Aux accords du piano.

L’offrande se donne,
Aux envols des notes ;
C’est toujours un poème,
Que l’on reçoit,
Les oreilles attentives,
Les mains ouvertes,
Avec l’Ave Maria

De Franz Schubert

 

 

RC- mars  2014


Stabat Mater – ( RC )


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C’est une voix intérieure,
Dont je peine à dessiner la forme,
Puisqu’elle est cachée dans l’âme,
Et le regard de celui
Qui la fait vibrer ,
Trempée dans celle de la musique,
Et ses couleurs en contre-jour,
Inscrite en dentelles d’encre,
Sur une ancienne partition,
… Notre oreille en ignore,
les passages soulignés de crayon.

Une parenthèse ardente,
Celle de la Passion,
Où l’invisible des sons,
Se transmet de nuit aux jours,
En plusieurs siècles au fil,
Quand se donne le chant,
Jusqu’aujourd’hui,
Et bien plus encore,
D’une émotion palpable,
Partagée en frissons,
Et portée par les accords…

Une colonne s’élève ,
Se sépare en volutes,
Peut-être vers un plafond à fresques,
Dessiné par les voix,
Se détachant des portées,
Emplissant tout l’espace,
Puis fuyant sous les voûtes,
Pour que renaisse le souffle,
S’appuyant sur le silence,
Remplacé bientôt par
le tapis dense d’instruments anciens.


( en hommage à la restitution des musiques du passé,
et ici particulièrement dédié à Gérard Lesne,
dans son interprétaton du « Stabat Mater  » de Pergolèse)

RC –  10 novembre 2013


Deux femmes en chapeau et leur enfant – (RC )


peinture:     Claude Monet,        les coquelicots d’Argenteuil –       1873,       Musée d’Orsay  Paris

–         Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une peinture de Monet

D’une musique légère et virevoltante,

Chasse aux papillons,   parmi les hautes herbes,

Une fenêtre ouverte          sur le beau temps,

Mais rétrécie                      par le cadre lourd,

Des dorures inutiles,

Il fait chaud dans ce musée,

Les gens se pressent,      dans l’exposition,

Les pas résonnent,        sur le parquet verni,

Et sous la verrière,   on voit des nuages gris,

Qui parlent de la ville,

Des immeubles qui se pressent,

Et des rues revêches, et des passants en imperméables.

La fenêtre de l’insouciance,

Ouvre sur la campagne.

Elle est riante, et       tourne le dos,

Aux nouvelles des journaux,

A l’ère industrielle, qui s’étend,

Aux fumées des usines,

Envahissant bientôt l’horizon.

La campagne est riante,

C’est bien sûr le printemps,

Elle sonne ,       comme nostalgie,

D’un paradis perdu,

Oubliant les songes noirs,

Les anges qui blasphèment,

Et les grondements des avions.

Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une pente douce….

Il y a une musique légère,           en robes longues

Des pianistes aux jambes fines et doigts d’araignées,

… C’est juste avant la ville,

( Enfin, quand je sors du musée,

Pour reprendre le métro  ).

RC – 7 septembre 2013


Ca n’ vaut pas un concert – ( RC )


photo:     Christophe Alary

Bien, — ça n’ vaut pas un concert,

Avec plein de guitares,

Un orchestre et un synthé ,

– Mais y en a pas ce soir –

Avec un son d’enfer,

Un micro nasillard,

Les amplis esquintés,

La voix de bluesmen noirs.

Ou la chanteuse d’opéra,

La dame aux camélias

Ses hautes vocalises,

Et puis … plusieurs rappels,

Projecteurs et caméras,

Vases de fleurs et dalhias,

Quand, au sortir de l’église

Résonnent encore gospels…

Elle va préférer le pop,

Et même le hard,

Avec tenue cloutée,

Et les clubs enfumés,

C’est sans doute le top,

Appuyée sur la rambarde,

Quand elle va écouter,

Les rockers allumés.

Dans le jukebox, rempli de disques

Tu peux aussi, glisser la monnaie,

Au boulevard des hits,

A côté du comptoir,

Et dans la salle, tu confisques,

Le silence, pour de vrai,

En vrai parasite,

De l’autre côté du bar,

Les succès de toujours,

«  Allez, venez, milord »

A convoquer les vedettes,

Avec le blanc-cass

Une chanson d’amour,

Qui fait vibrer le corps

Et trotte dans la tête,

  • quand c’est fini, ça passe –

Allongé, sur ton canapé,

Devant la télévision,

Tu peux monter le son,

Trompettes et saxophones,

Tu as failli zapper,

La jam-session,

Piano et percussions,

Sur le thème d’Ellington…

Les doigts rivés sur le clavier,

Fais défiler la musique,

Et choisis ton menu,

Pour la soirée,

Car, vont tanguer les pieds,

Alors, pris de panique,

—- Afin qu’ils remuent,

ça va bientôt démarrer.

RC  – 11 août 2013

photo extraite du film de           M Haneke: la pianiste


Marie-Claire Bancquart – Absence


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volume: Martin Puryear

 

 

Un sourd qui essaierait de toucher la musique

S’interrogeant

Avec ses doigts

Sur la courbe des notes

L’absence coeur déteint

La table même a l’air fragile

Dans les rêves vient une horloge

Qui broute du brouillard                                                          

Inhabitable

Le corps où dépareille

Un sang que l’on croyait jumeau d’un autre

On aimerait tuer l’espace.

 


Zeno Bianu – Chet Baker – déploration


photo: Michael Bailey  – Chet Baker –      ( site allaboutjazz  )

 

 

CHET BAKER (DÉPLORATION)

je joue au bord du silence chaque note a sa pesanteur son apesanteur particulière je ne bavarde jamais
je n’aime pas le brio le brio c’est toujours l’égo et ses vieilles lunes je préfère jouer vers autrui vers l’autre
tendre sereinement mon cœur oui ma musique s’envole vers autrui c’est un art de l’envol quoi d’autre .

ZENO BIANU .