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Galette des bois – ( RC )


Gravure: Odilon Redon

 

 

C’est sans doute la fête,
car chaque soir
surgit dans le noir
de la lune, la galette

On la distingue à travers les bois
qui s’envole comme un phylactère
au dessus de la terre
toute à sa joie

de monde solitaire
satellite dégarni
nouvelle épiphanie :
Reine des déserts

observatrice nyctalope
de nos mystères,
divine commère
à l’oeil de cyclope .

RC – avr 2017


L’alphabet des métaphores – ( RC )


photo: D Erard

photo: D Erard

 
Ecoute le tressage des abeilles
Le bourdonnement  de la ruche,
L’alphabet des métaphores…
Je dois contempler la lumière ,
M’agenouiller  pour regarder
Les gouttes  d’étoiles prisonnières d’une toile d’araignée,

Après  avoir suivi des cours d’eau
Leur course étalée comme les doigts
Ou les nervures d’une feuille sur le sol,
La palette du ciel abrite toutes les nuances du vent

C’est un haut clocher,
On ne peut pas l’atteindre  sans  s’arracher au sol
Et les strates empilées des terres  et rochers

Une colline est une voix à l’intérieur ,
Les arbres essaient  d’en saisir les mystères,
En creusant plus profond encore,
Et dialoguent  avec l’appel des saisons.
Peut-être  y a-t-il beaucoup à lire,
Sous l’écorce de la matière,
Les nuances de l’écriture qui y est cachée,
Passent  de l’anthracite à l’ivoire,
En ne négligeant aucune  couleur de l’arc-en-ciel.

RC- mars 2015


Dominique Boudou – L’homme qui marche – 1


Mel Drucker – sculpture en fil métallique: homme marchant avec chiens , 

L’homme qui marche #1

Midi peut-être a sonné
Il faudrait souffler comme les autres hommes
A cette pause qui n’a pas de présence
Dans laquelle je m’oublierais pourtant
S’il n’y avait pas tous ces mystères
Sous nos pas

La tentation du jardin encore
Qui miroite au fond de tes yeux
Deux chaises intemporelles
Autour des cercles de l’eau
La grille qui grincerait
Comme elle grinçait tu t’en souviens
Le parfum de la terre
Dont nous savions le partage
Allons sois raisonnable
Je ne veux pas pleurer

Un autre enfant passe
Qu’on n’a pas remarqué
Qui connaît tout du chemin
Un enfant qui n’a pas d’enfance


Variation peu crédible, sur des évènements d’antan ( RC )


 

manuscrit         Bodleian Library      Oxford

 

 

 

 

 

 

 
Marie est au bout d’une ficelle, à dépenser idées congèles
C’est un jeu de maux, jeu de vilains qui joint le geste
Aux paroles des étoiles, à compter les pieds, de nez,
Mettant voile et vapeurs, rien n’est sûr, ni le pied marin

Ce qui souffle en rêves coincés, s’étale dans la ruelle
Les murs ont des oreilles, les forêts appellent
Des doigts de velours, et rondement

Les confidences de vieille dame indigneFondements de détours, aux regards hagards
Feuilletant le libre air ( par le plus grand des hasards)
Marre debout, roue dantesque, rien n’avance
Dans un passé, où l’orne hier, restant présent.

Idées congelées et mouvements suspects,
Voici un autre chapitre, qui se dépense
En gestes immobiles, alors qu’autour, tout remue
Madame, derrière son voile

Est assise et médite, sa fenêtre entr’ouverte
Juste un rayon de lumière filtre, d’entre nuages
Il apporte une bonne nouvelle,, — un ange passe
Et d’une flèche, illumine son visage

A cette venue, s’il est bien des mystères,
Il faut peu de choses, parfois
Pour faire parler de soi, sur la terre,
L’annonce aura mission de livrer un garçon!

RC  – 30 septembre 2012

Ramah Zeraï – dès que tu laisses tomber ton voile noir


 

 
 

Toi, dès  que tu laisses  tomber ton voile noir, les fantômes se réveillent et les mystères grandissent.
Il y en a qui partent la nuit, discrètement, comme pour ne pas déranger, d’autres arrivent à l’aurore.
Dans le désert, à la lueur  de la lune, nous avançons dans le silence.

Le crissement du sable sous nos pieds. L’allure est lente et régulière. Quand nous prenons un peu de repos,  les conteurs évoquent les esprits.

 

photo: Robert Doisneau Sur les Quais_ Juin