voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “nacelle

Au 27 lumineux – ( RC )


Iris, photo personnelle, printemps 2011

Au matin, venu d’une nuit     à gestes longs
J’ai émergé de tes bras     au sourire blond.
Bercé de l’empreinte de ta souche
Venue verser la tendresse de ta louche.

Nous avons joint nos doigts d’écriture
Pour faire des duos fabuleux en lecture
De gestes enveloppants, nuées d’étincelles
Parsemés d’épices, de crème renversée, et de sel.

La nuit aurait pu t’absorber et diluer
Ton image, la chaleur de ton corps se muer
En mirage,   cendre d’imaginaire agacé
Fugace,  illusion       sitôt vue,  sitôt effacée…

Mais  le matin descendit du ciel, comme nacelle
Ton esprit me guide en pensée et au réel,
Toi,        statue sortie des fées électriques
Vœu de Pygmalion fleuri d’authentique.

Mais le temps    (au delà de la nuit)
Peut-il        – dans tout ce bruit
permanent ,         faire que se change
En ombre,           l’empreinte de l’ange ?

 

RC –  2011,      repris  en mai 2014

 

Pygmalionne à l’ancre de tes jets

Aux quatre vents des détroits de l’ouest
J’ai pris ton bras et retourné nos vestes
Il s’agissait avant tout que je peste
Contre les dits de couloirs de nos gestes
Tu m’as tournée contre toi d’un ton leste
Ne t’arrête pas de dessiner ta fresque
Car dans les vents il y a à Lambesc
Autant de joie que de vie ou de liesse.

Carnet privé

 —
  • A Pygmalionne, je fus ta sculpture
    Détaché d »anonymat, d’une belle aventure
    Je prends sens entre tes mains créatrices
    De la terre, de la glaise que tes mains pétrissent
    Contre dits, contre toi, bruits de couloir
    Moulé de tes mains chaudes en laminoir
    Fresque volume en liesse à tes vents
    D’autan en emportent tes gestes savants
    Que je prends vie, soudain, sous tes augures
    Et perds , en passant, mon armure.


Nadia Tueni – En montagne libanaise


photo perso: montagne du plateau de Lassithi ( Crète)... n'étant jamais allé au Liban... mais je suppose qu'il y a - dans la sécheressse, - des points communs

A la découverte  ( en voletant  cueillir  du pollen ), l’abeille  que je suis  découvre « encres du monde », – de Claire-Lise

dont j’extrais ce  beau texte

En montagne libanaise, un poème de Nadia TUENI (Liban)

———

Se souvenir – du bruit du clair de lune,
lorsque la nuit d’été se cogne à la montagne,
et que traîne le vent,
dans la bouche rocheuse des Monts Liban.

Se souvenir – d’un village escarpé,
posé comme une larme au bord d’une paupière ;
on y rencontre un grenadier,
et des fleurs plus sonores
qu’un clavier.

Se souvenir – de la vigne sous le figuier,
des chênes gercés que Septembre abreuve,
des fontaines et des muletiers,
du soleil dissous dans les eaux du fleuve.

Se souvenir – du basilic et du pommier,
du sirop de mûres et des amandiers.

Alors chaque fille était hirondelle,
ses yeux remuaient, comme une nacelle,
sur un bâton de coudrier.

Se souvenir – de l’ermite et du chevrier,
des sentiers qui mènent au bout du nuage,
du chant de l’Islam, des châteaux croisés,
et des cloches folles, du mois de juillet.

Se souvenir – de chacun, de tous,
du conteur, du mage, et du boulanger,
des mots de la fête, de ceux des orages,
de la mer qui brille comme une médaille,
dans le paysage.

Se souvenir – d’un souvenir d’enfant,
d’un secret royaume qui avait notre âge ;
nous ne savions pas lire les présages,
dans ces oiseaux morts au fond de leurs cages,
sur les Monts Liban.


Au 27 lumineux (RC)


Au matin,  venu d’une nuit à gestes longs

J’ai émergé de tes bras au sourire blond.

Bercé de l’empreinte de ta souche

Venue verser la tendresse de ta louche

Nous avons joint nos doigts d’écriture

Pour faire des duos fabuleux en lecture

De gestes enveloppants,   nuées  d’étincelles

Parsemés d’épices, de crème renversée, et de sel.

 

La nuit aurait  pu t’absorber et diluer

Ton image, la chaleur  de ton corps se muer

En mirage, cendre d’imaginaire agacé

Fugace, illusion sitôt vue, sitôt effacée…

Mais le matin descendit du ciel, comme nacelle

Ton esprit me guide en pensée et au réel,

Tu es une statue sortie des fées électroniques

Le vœu de Pygmalion concrétisé d’authentique.

ris, photo personnelle, printemps 2011

 

————–

Mais le temps (au delà de la nuit)

Peut-il – dans tout le bruit

Environnant, faire que change

L’empreinte de l’ange ?

 

(complété de 6 décembre 2011)

i