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Murmures et clapotis ( RC )


photo                 » l’oeil du courlis »

 

 

Comme le lac et la pluie
le monde attend, et l’autour
est haché d’obliques,
Rebondissent sur la barque
et dessinent, des yeux,
En surface.
Qui s’ajoutent, se recouvrent,
et pleurent des paroles légères.
Murmures et clapotis…

Il y a dessous, des êtres vivants,
Des ombres, furtives
Rôdant sous les nénufars.
– Comment voient-ils,
ces cercles posés là,
comme phylactères,
qui se croisent,
et comment lisent-ils
les messages des nuées ?

Les ajoncs penchés sur la berge,
Ont perdu leur reflet,
La piste est de boue,
Les escargots s’enhardissent,
Et un gris dense
s’est étendu sur le ciel,
des mots libres flottent….
Autant de présages,
Déchiffrés par les grenouilles.

 

RC – 5 juillet 2013

 


Le sommeil des nénufars ( RC )


peinture:             P Mondrian.      Night landscape  1907-08

Sous les branches tombées à notre insu, un parterre
d’ocre,  si bien aussi  qu’à plat sur la surface gelée  de l’étang
on pourrait marcher

Contourner les nénufars, surpris  dans leur  sommeil,
comme au bord  d’un temps,
Qu’ils avaient oublié
Fragiles coques, lestées de mémoire
Qui les retiennent par le fond
Tandis  que, en ombres
Les carpes évoluent silencieusement,
dessous,  ignorant les nuages,
Et la neige,
Qui coiffe les sommets  des collines.

Il n’y a pas trop de nuits, pour attendre
Que revienne la tiédeur,
Et les sauts des grenouilles….

RC  – 29 novembre 2012

inspiré par François Cheng  ‘ »Fumées »


Si l’envers était endroit ( RC )


aquatic world ou Russell Blackwood

Si l’envers était endroit

Et le sommeil liquide, le reflet du monde, et celui des plus proches, les sombres forêts moussues, en sentinelles.

Et les algues, au milieu de la matière glauque d’un en-dessus de ciel…
La mémoire porterait le souvenir d’un monde terrestre,
Quelque part, comme en réminiscences.

Plus de pesanteur terrestre pour ta chevelure, que seuls les courants mouleraient de leurs doigts.
Plus de pesanteur pour ta robe,  en cloche  comme une méduse habitée de toi.

Plus de distance de paroles, même la bouche ouverte, où viendrait parfois s’interposer, l’ombre d’une carpe.
L’ange de l’étang ne montrera pas ses larmes, puisque mêlées aux ondulations des tiges têtues des nénufars.aux parapluies étalés au regard d’un autre monde, collé à la lumière.

Seules les grenouilles  en traduiraient l’existence, et , dans leur prophétie, nous diraient les  sources, et les orages.
Silence cependant des eaux  étales, juste piquetées, en surface, de temps en temps  par des points de pluie, ces seules notes de musique d’un piano mouvant, accompagné  d’éclairs furtifs…

Et nous serions  dressés, à l’horizontale, ou tête bêche,
-peu importe – , à la pliure du monde,  la vie  traversière….

RC  –  23 juin 2012