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Renée Vivien – Ondine


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Ton rire est clair, ta caresse est profonde,
Tes froids baisers aiment le mal qu’ils font ;
Tes yeux sont bleus comme un lotus sur l’onde,
Et les lys d’eau sont moins purs que ton front.

Ta forme fuit, ta démarche est fluide,
Et tes cheveux sont de légers roseaux ;
Ta voix ruisselle ainsi qu’un flot perfide ;
Tes souples bras sont pareils aux roseaux,

Aux longs roseaux des fleuves, dont l’étreinte
Enlace, étouffe, étrangle savamment,
Au fond des flots, une agonie éteint
Dans un nocturne évanouissement.

 

 

(Études et préludes, 1901)


Bras obscurs et songes flottants – ( RC )


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Le mystère a des bras obscurs,
qui confisquent les formes,
les mélangent ,sans qu’on sache bien comment,
dès que le soir grignote l’espace connu…

Alors l’humidité sourd des plantes,
qui se détendent du jour,
et laisse place aux créatures nocturnes.

Celles que l’on entend, et celles
que l’on imagine, abrités derrière
les paupières fermées des volets de bois,
la lune essayant de se faufiler par les fentes.

On essaie d’oublier ce qui se trame
de l’autre côté des murs,
en allumant l’électricité, dont la fixité rassure.

Mais il suffit d’une panne
pour que le quotidien bascule,
on ressort les chandelles, que l’on dispose ,
pointillés lumineux dans la pièce,

tremblotantes flammes, elles , éphémères,
sans doute effrayées, elles-aussi,
que le mystère de la nuit

envahisse l’intérieur, réagissant
au plus petit mouvement d’air,
– un pressentiment –
comme si celui-ci,

profitant de la plus petite brèche,
s’apprêtait à bondir
de l’autre côté des murs,

une protection si mince,
qu’on pourrait penser qu’ils puissent
se dissoudre aussi,tel un sucre
plongé dans un verre d’eau…

la porte ouverte à tous les possibles,
de ceux dont on n’a d’autre idée
que celle des songes flottants prenant soudain consistance .

RC- sept 2015


Déposer une petite lumière – ( RC )


 

image  Ernst Haeckel:  pollens

image           Ernst Haeckel: pollens

 

 

 

 

Il est un temps, où,
Apprendre à lire, s’accompagne,
De la parole, de celle des autres,
Mais aussi la porte ,     que l’on ouvre
A la sienne ,               sa propre voie(x).

Est ouvert alors l’espace,
Au bout des doigts,
Ceux qui tiennent la plume,
Ou le pinceau,
Ou le chant…

A dire ce que l’on sait,
….                          Ce que l’on ressent,
De ce qui nous modèle,       nous environne,
De l’effleurement       d’un regard,
De la marque         d’une cicatrice .

L’univers au bout des doigts,   touche les couleurs.
Elles sont aussi une rêverie,
Sur les touches d’ivoire       d’un piano…
Ainsi, nait,                         vulnérable,
Une mélodie hésitante,

Une peinture,       un récit,
Une empreinte de chair,
Un trait dansé   sur les nuages,
Ou reliant les étoiles,
Une parole aimante,

Aimée,        parcourue,
Que l’on veut donner,
En échange,               Déposer
Une petite lumière,
Ajoutée         au ciel nocturne.

RC  –  avril 2014
( en relation avec un écrit de Pierre Dhainaut)


Vision nocturne – ( RC )


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peinture  H Füssli-

 

 

Le sommeil a ses reflets,
Le miroir en effet,
De l’armoire à glace,
Située en face
Me regarde dormir,
Et si je ne peux  décrire,

La traversée des secrets,
Et les rêves de craie,
Se dessinent à grands traits,
Racines -pièges, sorties des forêts
Et l’invasion des limaces,
Ne tenant plus en place.

C’est à mon réveil,
Seulement, que le soleil,
Repousse les ombres,
–  Que la nuit encombre…

 

… Quand  elle  revient ,        elle  se penche,
Et au-dessus de moi,   de ses formes blanches,
Sitôt la lumière éteinte,
Je retrouve  l’étreinte
Des femmes sorties des nénufars,
Aux longs membres blafards…

Les pensées tanguent, parallèles,
Eléphants aux pattes grêles,
Aux parcours du dormeur,
Sous les draps, sa tiédeur…
Ou, au contraire, prisonniers de la glace
Les yeux ternis des rapaces

Le balancier régulateur,
Défiant la pesée des heures,
Où se joue le complot,
Extrait du tableau.
>   Il n’y a plus de trêve,
Si l’absence s’empare du rêve.

RC  – 13 septembre  2013


S’il fallait que le jour confisque la nuit ( RC )


Image  ;  Jarek Kubicki

Image ; Jarek Kubicki

S’il fallait que le jour
Confisque la nuit,
Et la maintienne  close
Dans un bocal en verre ,
Il y aurait alors
Tous les rêves du monde,
Ses comètes et ses nocturnes
Que l’on ne verrait plus ,
Car nous serions bus
Par la lumière,
A tourner sans faim
Autour de la terre,
Et nous ignorerions,
Derrière le masque
Des reflets du verre,
—  Dans le bocal, l’obscurité est ,
Demeure tapie;      ….      – Elle patiente là,
Tout le temps  qu’il faudra
>         Et nous attend.

RC – 7 août 2013

photo;         Laura Mexia

 

 

–  et en accompagnement, le beau texte de Michèle Dujardin, visible  sur  Abadôn: « sortir du rêve »

 

appareillage de survie,

dernier sous-sol de l’être – on y ménage une fontaine au bord des cils –

raide et fixe le bleu garde la plaine

de l’insomnie,

et son hygiaphone humide, qui se souvient de nos paroles – nous les rend non ouvertes dans l’enveloppe de salive

ce frisson,

celui-là même qui vient aux petites filles

dès que l’on touche à la mort

et qui dure

toute la vie,

jusqu’à l’espace blanc,

où le satin matelassé de la couche

étreint les épaules –

feuille de chêne,

sa terre d’enfance éparpillée sur la bouche –

tant de fois j’ai dit : sortir du rêve – nous arracherons au rêve ce qui est aimé, l’a été, le sera – nous sortirons du somnambulisme – nous cesserons de n’être que possession, désir de possession – hantise et distraction, tâtonnement – ce vouloir craintif mais vivace, même fissuré par la maladie du doute – nous n’attendrons rien – nous laisserons venir – ce qui vient, comme ce qui ne vient pas – nous cesserons de suivre – regarderons ailleurs – prêterons aux choses l’attention qu’elles méritent : concentrée, patiente – nous fuirons les fantômes bavards, les paroles aux quatre vents aussitôt dispersées – le sommeil debout et ses musiques, ses images – ses faux-semblants – le souvenir qui nous tire en arrière – affaiblie, édentée, la nuit obéira : docile, elle se couchera à nos pieds – nous irons par le visage de la nature, obscur, fermé, réconcilier les contraires – sans trace, irrepérables : car nous saurons nous faire petits, silencieux, immobiles – dans les trous, les creux – nous saurons oublier ce que nous sommes, qui nous sommes, avons été – pour voir les pierres, leur mouvement, les voir bouger dans le flux du monde, tracer leur route

tant de fois mais le corps – puits du rêve, piège

si peu à prendre, ailleurs que dans le corps si peu apprendre – rien, si vide, si peu à choisir si peu à faire, hors le corps, si peu à dire – tant de fois les mains, ces voyages de peau aller simple ces longues courses l’exploration sans fin, cette chasse, cette quête, ce goût sans fin du corps à la bouche à perpétuité une fois goûté cette chair cette faim qui use, qui presse, où dans le tremblement de l’amoureuse fatigue, la marée des rêves bouillonne – menace de nous réduire à une ombre enfiévrée, un îlot d’absence qui tourne sur lui-même, hors temps – existence possible, la plus petite, tout petit espace possible, rétréci – le corps – mais

tant de fois j’ai dit : sortir du rêve –

mais le navire,

portant toute sa voilure vient à nous,

illuminé

d’un grand cri électrique,

plus bleu que l’effraie barbelée de pare-brise

dans le sang des phares –

vient à nous enfin, le navire,

rompant de la proue le béton des chapes –

monde flasque,

retourné contre le ventre amnésique,

visages loin de leurs baisers

sans octroi ni dédicataire

confinés dans l’indifférence

de lèvres froides,

navire les déloge, navire les délivre –

écho, froid,

temps de pauvreté

dans le chanvre et l’huile,

entre les piliers de soutènement

ce box matriculé de gris,

épiderme lacéré du sommeil

qui ne retient plus rien,

navire le délivre –

plainte qui tremble de dire le seul dire qu’elle possède,

qu’elle ne parle pas,

auquel elle n’entend rien,

qui fait juste surface

comme un sel

sur les paupières,

navire la délivre –

ceci est le navire, en son approche,

ceci est mon corps,

ceci est la nuit où que je me tourne,

et leurs images de mort

où l’on aime –

tant de fois j’ai dit : sortir du rêve, mais là, toujours, le seuil vacille, recule

le rêve tarde à tomber du corps à moins que

le corps

ne tarde à quitter ce rêve

alourdi de navire, cri et sang, corps et bouches braillant dans les langes de la mort, cet incorrigible, tout ce que fortifie la nuit avec à l’arrière un préavis de naufrage dans ces vibrations de l’espace tendu à craquer : l’incandescence du vouloir couler, extrêmement blanche, appelant vers les sables sourds, vers les madrépores des derniers paysages, pensée libre, étonnée

entre-deux,

au dernier sous-sol de l’être,

sortir est un mot difficile –

un peu de couleur,

un reste, là, qui cherche son obscurité,

fait signe

 

 

© Michèle Dujardin _ 3 juillet 2011

 


Sentinelle de la plaine – ( RC )


cloitre ste Trophime  - chapiteau       - 005

photo perso:    sculpture de chapiteau du cloître Ste Trophime Arles 2012

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Photo perso:   Inscription au dessus  du cloître de Ste Trophime      Arles  2012

Grégoire  Alexandre       - 003

photo Grégoire Alexandre, exposée lors des rencontres photographiques d’ Arles 2012

Arles       jeu d'arbre   pano  01

montage de photos perso Arles novembre 2011

IMGP4084

photo perso:    Arles bords de Rhône

Les Alpilles, sont une  série de dents
Une série de barrières
D’ascensions calcaires
Sous le soleil ardent

Qui en prend à ses aises
Suivant      la route des oliviers
Au mistral,           rien à envier
Attendant qu’il s’apaise

Au milieu des jaunes
Comme s’apaisent les pentes
Le fleuve         portant l’eau lente
De       ses bras  de Rhône…

Il faut que je vous parle
De la ville  sereine,
Sentinelle de la plaine
— l’antique cité d’Arles

Au parcours de l’histoire
A capter le soleil
A nulle  autre pareille
Dressée dans le soir,

Prise            dans les filets,
Attrapée   comme une mouche
Lorsque le soleil se couche
….D’eaux,  l’arrose de reflets

Quand elle reprend haleine,
Ses maisons s’animent,
Les ruelles intimes
Aux pourtours des arènes

Aux lanternes, l’éclairage
Comme l’étape souterraine,
La vieille dame, de l’histoire romaine
….ne dit pas son age…

Arles  bas rel   remploi romain   face   ecole nat photo

Puis son monologue
S’habille de parures
Que fait la peinture
De Vincent Van Gogh

Il dit,         le taciturne
Au rayons de son art,
Les platanes des boulevards
Et le ciel nocturne.

La nuit étoilée
Aux parlers chantants
Les cyprès délirants,
Des Alyscamps, les allées,

Comme la Camargue est peinte
En touches serrées
Végétaux  acérés
Dont on garde l’empreinte.

Arles se détend,
et lance des défis
A la photographie

Et …prend le ciel nocturne pour amant.

RC  – 10 décembre 2012

voir  également le  texte  de Xavier Lainé:
et ma « lecture des Alpilles en Crau »    ( écrit de janvier 2012 )

peinture: V Van Gogh: paysage  avec maison

peinture: V Van Gogh: paysage avec maison

peinture: Van Gogh,  Cleveland museum of Art  USA

peinture: Van Gogh, Cleveland museum of Art USA


Retrouver le chemin ( RC )


Même  s’il fait jour, quelque part, c’est une  fête nocturne
Un frôlement de gestes, des bonds discrets, et des yeux  habitués  à l’obscurité.
On a laissé au loin         , le bruit et la fureur,  le crépitement  du soleil sur les  chaumes
Pour  la cathédrale  de pénombre,

Où se glissent  de temps  à autre les bourdonnements  têtus d’avions,                             bien au-delà.
Il faut s’habituer  au rideau des bois, à la chevelure  mouvante, qui ondule au moindre vent, et
…  retrouver  ses repères.

Quand  tout  se  ressemble un peu, qu’il faut contourner les corps couchés d’ancêtres  écroulés,
Ecarter  des rideaux  de fougères, s’extraire  des pièges de ronces, la progression est lente.
Personne n’a jalonné le terrain,  n’a semé de temps en temps  des cailloux blancs, qui guideraient les pas.
Celui-ci et le suivant. La distance ( dont on ne peut dire  qu’elle  s’étire ), ne connaît pas la ligne  droite.
Le pied prend  appui sur ce qui n’est pas,  le terrain s’accidente et se heurte de temps à autre à des rochers instables,
suivis de pentes glissantes.

En attendant me voila progresser dans la fange, les mousses  cédant du terrain vers  l’humide.,sous les caquetages faciles
des oiseaux  exotiques, dont on ne distingue  qu’un passage  furtif,
La voûte de la forêt est une  explosion que l’on suppose verte,

Une  cloche végétale, fourmillant d’insectes, où chacun travaille  à sa survie.
Je dois  agiter  les  bras  en tous sens, pour tenter  d’échapper  aux moustiques, intéressés par ma présence insolite.
…en d’autres lieux  j’aurais pu croiser les corps écailleux  de reptiles en attente…

Mais ,             – je vois une  éclaircie  soudaine,                     un sillon clair partage la futaie….

j’ai  retrouvé  le  chemin.

RC –   7  octobre 2012

Ceiba_pentandra le kapokier fromager

 

Que je complète  avec l’article  de Lambert Savigneux: visible dans  « les vents  de l’inspire « 

 

ploie le temps ce qu’il en reste (remnants)

 

si l’ ours et l’humus des hêtraies

grise face de pierre polie et vingt sentiers  font une taïga d’hiver

vers une douce pas trop rude quand pas de plume

cree grogne ni rend shoshone



dans la huitième nuit blême bleue de loutre et mer

pluie que trois pour une soupe

j’outre

ni crire  ni rire même des crocs moins  que d’accrocs un  clos de cache à l’eau des brins d’ilots

mais ronger une branche sèche si bois sec l’eau crisse  fendue une coulée loir pousse de sève perce  dans le sens oblique

longue robe  libidinale

orignal ou nihil à ni male ni feu mêle ne leurre

et secoue s’en pour sang au  coude à coude comme si pioche mais  nickel dans les rockeuse bluese

une tête d’ourse s’entête à lever le paw à

l’émergence du soleil

car hiboux n’est pas putois ni castor une peau de daim affamée court pâmée

le poing levé au sol hérisse de poils pour luire

je dis  tranquillement s’ébrouer à la voix tachetée

 


Antonella Anedda – Avant le dîner


photo reportage: Weegee

Antonella Anedda         ( Prima di cena )

Avant le dîner, avant que les lampes ne chauffent les lits 
et que le feuillage des arbres ne devienne vert-noir et la nuit déserte.
 Dans le court espace du crépuscule défilent des saisons entières et méconnues;
 le ciel alors se charge de nuages, de courants qui soulèvent bûches et ronces. 
Contre les vitres de la fenêtre bat l’ombre d’une tempête mystérieuse.
 L’eau renverse les buissons, les bêtes chancellent sur les feuilles mouillées.
 L’ombre des pins s’abat sur les planchers; l’eau est gelée, de la forêt. 
Le temps s’arrête, disparaît.
Soudainement, dans le calme solennel des allées, dans le vide des fontaines,
dans les pavillons éclairés toute la nuit, l’hôpital resplendit
 tel une résidence de Saint-Pétersbourg en hiver.

Il y aura un cauchemar pire
entrouvert entre les feuilles des jours
aucune porte ne claquera
et les clous plantés au commencement de la vie
plieront à peine.
Il y aura un assassin étendu sur le palier
son visage dans les draps, l’arme à ses côtés.
Lentement la cuisine s’entrouvrira
sans le bruit des vitres brisées
dans le silence d’un après-midi d’hiver.
Ce ne sera pas l’amertume, ni la rancune, seule
- pour un instant – la vaisselle
deviendra immense d’une splendeur marine.

Alors il faudra s’approcher, monter peut-être
là où le futur s’étrécit 
à l’étagère remplie de pots
à l’air renversé de la cour
au vol sans déploiement de l’oie,
avec la mélancolie du patineur nocturne
qui d’un coup connaît
le sens du corps et de la glace
se tourner à peine,
s’en aller.
Traduit par Francis Catalano et Antonella D’Agostino
Prima di cena, prima che le lampade scaldino i letti e il fogliame degli alberi sia verde-buio e la notte deserta. Nel breve spazio del crepuscolo passano intere sconosciute stagioni; allora il cielo si carica di nubi, di correnti che sollevano ceppi e rovi. Contro i vetri della finestra batte l’ombra di una misteriosa bufera. L’acqua rovescia i cespugli, le bestie barcollano sulle foglie bagnate. L’ombra dei pini si abbatte sui pavimenti; l’acqua è gelata, di foresta. Il tempo sosta, dilegua. Di colpo, nella quiete solenne dei viali, nel vuoto delle fontane, nei padiglioni illuminati per tutta la notte, l’ospedale ha lo sfolgorio di una pietroburghese residenza invernale.
Ci sarà un incubo peggiore
socchiuso tra i fogli dei giorni 
non sbatterà nessuna porta
e i chiodi piantati all’inizio della vita 
si piegheranno appena.
Ci sarà un assassino disteso sul ballatoio
il viso tra le lenzuola, l’arma posata di lato.
Lentamente si schiuderà la cucina
senza fragore di vetri infranti
nel silenzio del pomeriggio invernale.
Non sarà l’amarezza, né il rancore, solo
- per un attimo - le stoviglie 
si faranno immense di splendore marino.

Allora occorrerà avvicinarsi, forse salire
là dove il futuro si restringe 
alla mensola fitta di vasi
all’aria rovesciata del cortile
al volo senza slargo dell’oca,
con la malinconia del pattinatore notturno
che a un tratto conosce
il verso del corpo e del ghiaccio
voltarsi appena,
andare.

1992

-

On peut trouver d'autres textes  de Antonella A, sur ce site, 
ainsi que de nombreux auteurs de poésie italienne



Hope there’ll been someone. (RC)


En espérant qu’il y aura quelqu’un …(   Hope there’ll been someone..)

(d’après le titre éponyme  de « Anthony & the Johnsons)

photo de spectacle Anthony & the Johnsons

Où poser ma tête, avec ce fantôme à l’horizon de mes jours ?
Comment pourrais-je dormir encore et suivre la nuit ?

Dans ce no man’s land, de l’étendue nocturne
Survivre aussi, entre la lumière et le vide

Je ne veux pas être celui qui sera laissé là
Laissé pour compte, à la seule attente.

Si je tombe aux pieds du prêtre, du mage,
Afin qu’il puisse me donner la lueur d’un jour d’espoir

Acceptera-t-il que ma tête se repose ?
Et vienne m’offrir de la guérison, -le refuge ?

Alors me voici, espérant ne pas me noyer
Ou être paralysé dans la lumière soudaine..

Et, non d’un chien je ne veux pas aller
Jouer au funambule, sur le fil du temps

Il y a encore des jours, qui succéderont aux nuits
Et le parcours, peut être encore accompli , sans l’ennui

RC 12 mai 2012

( à partir de la traduction de la chanson de Anthony & the Johnsons, Hope  there’ll been someone..)

A noter une  superbe version du Perfect Day de Lou Reed  ( avec LouReed.)


Jules Supervielle: – Encore frissonnant


Encore frissonnant

Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,

photographie : S Ivanow

Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.