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Ouvert sur l’infini – ( RC )


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C’est ouvert sur l’infini,
d’une belle transparence ;
il y a le scintillement des étoiles,
une cascade d’astres  ( ils ne tombent pas ) .
Cela ruisselle comme une eau,
à travers un ciel qui n’a pas de limite.
Le regard porte loin, et s’il le faut
on s’aide d’engins perfectionnés.
Des télescopes qui nous font découvrir,
cachés, des mondes palpitant par leurs ondes,
des signaux imperceptibles,
qui font supposer que d’autres mondes
se cachent derrière .

Mais quelles que soient les inventions,
les artifices pour voir plus loin,
plus précisément,          dévoiler le secret des dieux,
on se heurte à des obstacles invisibles,
et qui pourtant n’obscurcissent pas la vue ….
car l’univers n’a pas de bornes,
et ce qui nous est donné à percevoir,
n’est qu’une infime partie ,
physiquement limité par l’étroitesse de la finitude,
qui se confronte à l’inversion des choses,
de la même façon que le concevable
s’oppose à l’inconcevable ,
à l’intérieur même de la pensée .

Et si on parle de vision,
malgré la transparence – que l’on pense acquise
l’image des astres       – que l’on croit immobiles,
et de la lumière            –  son parcours rectiligne,
le regard bute contre le ciel
quelles que soient les distances,
et de quelque façon qu’on les repousse,
qu’on les envisage,              encore :
celui-ci aspire l’âme,
et,    à défaut, devient métaphysique ,
se fondant dans le rêve de l’espace ,
que même la conscience
ne peut conquérir .

RC – août 2017

 

( une tentative  de réponse  au texte  d’ Anna Jouy )

 


Un dessin qui n’a peut-être même pas existé – ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "ligne hasardeuse"

Mon dessin a suivi son chemin:
il n’avait pas le tracé sinueux
des racines, en travers du chemin,
pas l’épaisseur du trait repoussant
les obstacles,           comme mes bottes
dans l’épaisse  couche  de neige.
Je me suis  demandé  comment  il avait commencé.
Je l’ai senti avant de le voir,
avant qu’il apparaisse  sous la mine.
C’était peut-être une opération mentale.
Elle  aurait donné de résultats  semblables,
si j’avais poursuivi la ligne,
les yeux clos.
On pouvait  voir une  ressemblance  
avec quelque chose  de connu, bien que
on n’en soit pas sûr.
Le chat a marché dessus, il n’y a vu aucun sens,
rien qui ne le trompe au point qu’il s’arrête.
C’est juste une interprétation du visible,
une musique  en devenir, et l’esprit
en suit les indices,
comme  si on cherchait la solution
à une  énigme.
L’espace  a continué de se feuilleter , en pages
glacées, un coup de vent  a retourné  la feuille.
                           On ne  voit plus rien.
Peut-être même  qu’il n’a jamais  existé.


RC –  oct  2016


Francis Ponge – les plaisirs de la porte


LES PLAISIRS DE LA PORTE

 

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illustration : Kirill Chelushkin

Les rois ne touchent pas aux portes.
Ils ne connaissent pas ce bonheur : pousser devant soi avec douceur ou rudesse
l’un de ces grands panneaux familiers, se retourner vers lui pour le remettre en place,
— tenir dans ses bras une porte.
… Le bonheur d’empoigner au ventre par son nœud de porcelaine
l’un de ces hauts obstacles
d’une pièce ; ce corps à corps rapide par lequel un instant la marche retenue,
l’œil s’ouvre et le corps tout entier s’accommode à son nouvel appartement.
D’une main amicale il la retient encore, avant de la repousser décidément et s’enclore,
— ce dont le déclic du ressort puissant mais bien huilé agréablement l’assure.

 
Francis PONGE    « Le Parti-pris des Choses >   (Gallimard, 1942)


Spirales adhésives – ( RC )


photo: Francesca Woodman

photo: Francesca Woodman

 

 

 

J’imagine, qu’il y a encore du chemin à parcourir.
Des obstacles  à dépasser, des creux  à contourner,
Des rocs dont les failles  sont autant de pièges,
Sans compter la faune  qui guette, toujours à l’affut.

La chevelure se confond avec celle des lianes,
Et il y a toujours une nuée  d’insectes volants,
Ils  semblent te suivre… une proie bien tentante,
Ils se sont extraits  du plâtre?

Une génération spontanée – comme on disait,
Qui s’inscrit en biais  des jointures de faïence.
Le chemin est d’autant plus long,
Que c’est un dédale  de pièces, refermées sur elles-mêmes.

Un moment  d’inattention, et ce sont des rubans,
Qui t’enveloppent à ton insu, tout droit descendus du plafond,
Déjà, ils ont fini par occulter complètement les fenêtres,
Et se dévident en spirales adhésives,  dès que tu t’arrêtes.


RC- oct 2014


De l’ascension, à la mobilité des lunes – ( RC )


photographe non identifié

photographe   non identifié

Les efforts                           d’une ascension,
Où notre propre poids,     nous tire en arrière,
Enfin couronnés de succès,

Lorsque le sentier s’aplanit,
Hésite entre des rochers,
S’enfonce dans les bois,

Alors que                le ciel se raye,
Au dessus de ma tête,
De la trace blanche d’un avion,

En pointillé         entre les nuages,
Et tirant des géométries,
Ignorant obstacles et reliefs.

….  A encore haleter,
De l’air coupant de la montée,
S’il faut encore savoir,

Où poser les pieds,
Entre les pierres,
Et quelquefois les flaques,

Je peux guetter,
A quelque distance,
L’abrupt        d’une crête,

Couronnée d’une tour.
C’est sans aucun doute
Un  point de vue remarquable .

>     Un promontoire  ,
Qui est comme promesse,
Une balise ,                            posée là,

Accrochée        à mi-chemin du ciel,
Probablement     avant la descente,
Et le retour vers des zones,

Plus hospitalières.
……             Un panorama,         où le regard
Planerait lentement     au-dessus des vallées.

Mais arrivé à cet endroit,        – Juste des falaises,
dépassant d’une masse cotonneuse,
D’un paysage nappé d’épaisses brumes.

Le silence alors,       s’étendant,                  nu,
Et                        sans l’aimable courbe des vallées,
attendue,

Renvoyant                    à la mobilité des lunes.


RC –  février  2014


Château les rêves , alphabets de pierre ( RC )


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photo:  St Julien du Tournel  –  au pied  du mont Lozère

 

Un château de rêve

Suspendu dans la brume

Navigue lentement

Lourd volatile au milieu des aigles

Alphabet de pierres

Assoiffées de l’onde

Les cristaux du poème.

Les peintures de Magritte

Chimériques

Echappées des rocs

Issues de l’esprit

Comme vagabondent

De l’âme et du monde

Mots en fantaisie.

Château des esprits

Vaisseau des écrits

Traversent les obstacles

Annulent les distances

Comme les ailes frôlent

De leurs plumes,            paroles,

Et les tours rondes   des songes.

peinture: René Magritte: le château des Pyrénnées

peinture: René Magritte: le château des Pyrénnées

Comment créer vraiment

Ce qui n’est pas encore

Et lui donner corps ?

Corps à penser, corps à rire,

Coeur à corps et à cris…

Même si c’est murmures

Aux furies du vent…

Château des écrits

D’édifices fragiles,

Cristaux de papier,

Traversent aussi le temps,

Espaces et nations,

Vertiges et vestiges,

Siècles et révolutions.

Une vue de l’esprit ?

Aux déserts,      mirages,

Qui persistent     et signent

En ouvrant paupières,

Même en coeur  de nuit noire,

….Au trente-sixième dessous,

Le rêve n’est pas dissous.

RC – 29 mai 2013

L’expression  « Alphabet de pierres »  est issue  d’un des poèmes  de Henri-Etienne Dayssol, auteur  de « Voxpoesi »,- plus exactement  l’expression « alphabets des pierres », nous rappelle-t-il… et qui anime le site poétique – du même nom…