voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “odyssée

Pénélope – (Susanne Derève)


 

 

 

Helene Schjerfbeck Portrait de femme

                                    Hélène Schjerfbeck – Portrait de femme

 

 

Le temps  avale la pelote

et patiemment je détricote

le fil  ainsi fit Pénélope

dévidant la nuit son ouvrage

 

 

(le temps abolit son veuvage

avait-elle entendu  le vent

qui poussait Ulysse au rivage)

 

 

Araignée qui tisse sa toile

si je démêle l’écheveau

parfois la lueur d’un falot

suffit à déchirer le voile

 

 

Si la coque devient radeau

qu’il vienne à rompre les amarres

qu’importe où l’entraine le flot

 

 

 

(Mars 2018)


Une éternelle Odyssée – ( RC )


Velickovic             soleil noir   1996

peinture:V  Velickovic             soleil noir   1996

 

 

Ce sont des tranches de vie,
égrainant leur retour :
Il n’y a pas de répit
dans le défilé des jours;

L’un après l’autre, se succèdent,
ceux qui se déguisent.
Des heures belles ou laides,
sur lesquelles on n’a pas de prise

C’est cette âme en peine,
voulant atteindre les sommets,
et que le destin enchaîne,
au toujours et au jamais.

Voir la légende de Sysiphe,
portant son rocher,
destin de l’éternel sportif
n’ayant qu’ à recommencer.

( Les exploits de la veille
ne sont plus d’actualité.
Plongés dans le sommeil
Ils n’ont plus existé ).

Ainsi on atteint à peine le solstice,
que, d’un parcours inexorable
on plonge dans les abysses,
pour renaître semblable.

La marée va et vient,
Le soleil s’efface dans le noir
on ne se souvient de rien,
et c’est une autre histoire :

Pourtant rien n’a changé ,
On est plongé dans la nuit,
( celle de tous les dangers)
et l’on connaît l’ennui.

Ce n’est même pas la mémoire,
qui nous joue des tours,
mais du dévidoir,
l’éternel labour,

Revenant sur chaque sillon,
exactement au même endroit,
dont nous nous rappelons
à chaque tour de courroie.

Jamais elle ne se casse :
Tu as voulu l’étérnité,
– plus jamais le temps ne passe –
et tout est banalité .

Aucune place à l’accidentel
Tu as déjà parcouru les chemins,
d’un retour sempiternel,
qui ne porte plus le nom de destin.

C’est pourtant toi qui l’as voulu :
échapper à la trajectoire mortelle :
la quête d’absolu
t’as fait client de l’habituel

de la gravité terrestre, échappé
tu es comme un satellite
qui s’est drapé,
dans son orbite.

Ne viens pas te plaindre :
tes désirs ont étés exaucés;
Tu as pu atteindre
cette nouvelle Odyssée.

Tu auras des choses à dire,
beaucoup d’aventures dans ton poème,
mais à bien les parcourir,
on comprendra que ce sont toujours les mêmes.


G M C – Anvers by night


-Antwerpen

du blog de gmc

ANVERS BY NIGHT

 

Chacun son odyssée

De dédale en bohème

Un surf sur les yeux

Distraction de passant

 

Nul besoin d’une trace

Sur l’épaule veillent

Les corbeaux impassibles

Et la noirceur de leur chant

 

Tout paysage est intime

Quel qu’en soit le commentateur

Tout ruisselle sur la scène

Comme une rivière de diamants