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Mike Stern – la marche du danseur


spectacle de Lucinda Childs

 

 

La marche du danseur
J’adore voir un danseur marcher
sur une surface ordinaire
hors scène et hors service
Gracieux même quand il pousse un caddy
le corps spontanément
devient si détendu si léger
que la pesante loi de gravité
semble n’être qu’une rumeur
La terre tourne sous les pieds du danseur
La lune et autres satellites
ajustent leurs orbites
Tout cherche sa place de nuit
Le danseur, de retour chez lui,
coupe des tomates en tranches et fait frire des oignons
debout dans la cuisine
comme un héron faisant une pause entre le rivage
et le soleil couchant.

 


François Corvol – Il dort


photo- montage

photo- montage  Gilbert Garcin

 

 

 

Qu’est-ce que mon cœur sinon
un tintement entre quatre murs
un abri-bus un terrain vague où des inconnues viennent bavarder
j’ai tant ri la nuit que je ne veux plus voir le jour
j’ai tant ri que je ne veux plus te voir pleurer
une maison même habitée de fantômes n’est plus si esseulée
Où est-il, écrasé par les passants
écrasé par l’ordinaire
et toi aussi tu le foules sans savoir où je suis né
les tambours et les miettes
tout ce qui scintille et parle
est marée montante angoisse du verre brisé
le corps qui passait devant mes yeux dort désormais
il dort comme s’il savait

 

 

 

 

 


Au voyage de la pensée, la concordance des rêves ( RC )


peinture: Couvent st Marc  Florence   Fra Angelico

peinture:           Couvent st Marc Florence                  Fra Angelico

Au voyage de la pensée, la concordance des rêves,

C’est aller vers la surprise, dans un univers clos, entouré de murs,
Prenons une ville ordinaire… laquelle  ne recèle peut-être  à l’intérieur,  que  du fonctionnel et de l’ordinaire  –  ça  peut  suffire …

–  mais  quelquefois  des écrins tapissés de merveilles,
comme le couvent St Marc à Florence, où le frère-Ange a laissé des traces miraculeuses de sa foi…

C’est  comme un fond de roches  rugueuses,  et gris-vert, que rien ne distingue de l’autre à part des formes  approximatives, et un peu biscornues… qui révèlent  en leur  coeur,  une  bulle,  un vide tapissé de cristaux  d’améthystes,  un univers  « privé », dans lequel on ne peut pénétrer  que par  effraction…

Les géodes,dans leur concentration et finitude, échappent, si on les garde intactes, à notre regard, …  on peut même les repousser  du pied ou à coups de pelles-mécaniques, sans  se douter de leurs  parois  d’oublis…
Seul la cassure accidentelle ou volontaire, nous les  révèle…  et les rend objets  de convoitise, de la part des collectionneurs, ou des museums d’histoire naturelle…

J’en reviens aux voyages  de la pensée, qui tapisseraient  de la même  sorte les  têtes–  si les pensées se matérialisaient…  et qu’il faudrait donc  ouvrir en puissance, afin de  pouvoir les lire.

– ( inspiré  de l’article  de P Lieutaghi   » lumière close », dans  « propos de Campagne » (1995)

 

RC –  13 juin  2013