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Garous Abdolmalekian – Esquisse 1


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Esquisse  1
 
Même l’envol 
N’était plus le rêve de cet oiseau
 
Une à une il a arraché ses plumes
Pour que sur cet oreiller
Il puisse faire un autre rêve

extrait de « Nos poings sous la table »


Li-Young Lee – Oreiller


 

art: détail de peinture de  Peter Vanderlyn  1730

art:     détail de peinture  de           Peter Vanderlyn       1730

 

 

 

Oreiller

Rien
que je ne puisse trouver là-dessous.
Des voix dans les arbres.
Les pages manquantes de la mer.
Tout
sauf le sommeil.

Et la nuit est une rivière
reliant les rivages du dire
à ceux de l’écoute.
Une forteresse
inviolée,
indéfendue.

Rien
qui ne puisse y être contenu :
fontaines obstruées
de boue et de feuilles,
habitacles de l’enfance.

Et la nuit commence
avec les doigts de ma mère
délaissant les fils noués
et dénoués
pour effleurer les motifs de notre histoire
à vif.

La nuit est l’ombre allongée
des mains de mon père
réglant l’horloge
pour la ressusciter.
Ou alors celle
de la pendule disloquée,
et des chiffres qui s’envolent.

Rien qui n’y ait trouvé sa place :
plumes élimées,
chaussures orphelines,
un alphabet en miettes.
Tout
sauf le sommeil.

Et la nuit commence
avec la première décapitation
du jasmin.
Son parfum captif débarrassé enfin
de la parure du deuil.


Pillow

There’s nothing I can’t find under there.
Voices in the trees.
The missing pages of the sea.
Everything but sleep.

And night is a river
bridging the speaking
and the listening banks.
A fortress,
undefended and
inviolate.

There’s nothing that
won’t fit under it :
fountains clogged with
mud and leaves.
The houses of my chilhood.

And night begins when
my mother’s fingers
let go of the thread
they have been tying and
untying
to touch toward our
fraying story’s hem.

Night is the shadow of
my father’s hands
setting the clock for
resurrection.
Or is it the clock
unraveled, the numbers
flown ?


Parfum & image – (RC )


photographe non identifié

photographe non identifié

Virevolte au travers de la chambre,

Une senteur, habillant ta présence,

Qui n’est plus qu’un petit creux,

Sur l’oreiller, et parmi les draps

-Un peu froissés., il y a un ou deux,

Fils d’or – tes cheveux…

Tu n’es plus là, et même,

Si lentement, le parfum, se dissipe…

De l’absence il n’est plus distance-

Quand les nuits persistent,

A remplir d’ivresse, ton image.

Elle envahit tout l’espace,

Sans rumeur ni tapage,

Et revient , équilibriste

Sur la pointe des pieds,

En attendant, ton retour.

RC –  17 septembre 2013


Flottements – (ombrecontrevents)


Adeline,  dans  son blog , nous fait partager  ses publications  et écrits,  que je  découvre de façon très récente,  et qui m’autorise à republier qq uns de ses posts,  en voila un..

 

peinture - John Rogers Cox, The Gray and Gold, 1942.

Flottements

 

Tu t’insistes

Décalques pour rester  ne pas t’oublier

tu aimes tes assuétudes tes désuétudes  tes solitudes

papillonnes à travers des paysages  toujours les mêmes

tu as si peur de t’égarer

 

Tes berceaux flottent en souvenirs d’inconsistance

je crois que tu aimais ces barreaux bleus en  rais de ciel

 

Tu t’envolais

cachais  sous ton oreiller des fleurs de rêve

pour assurance

 

Tu t’éveillais

te grisais de la lumière  en traits rayés

qui dansait  à travers le vert des volets

 

Parfois encore  tu te berces  de droite à gauche

te perds  un peu

 

Tu t’es rapprochée des soleils  des vents d’été

tu le  sais enfin  ce pays où tu es bien

Il s’est fixé sous tes paupières

 

Alors pourquoi  flotter encore…

 

Sans doute parce que tu as lu  la dernière page

Depuis si longtemps

 

Tu sais…