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Vêtement de glaise – ( RC )


Soffio 6 (Souffle 6) - Centre Pompidou
oeuvre de G Penone ( empreinte de corps dans la glaise – grandeur nature )

S’il faut s’extraire de bourbiers,
en soulevant des plaques de ciment,
tu préfères leur densité
cernant les plaques de fonte,
en tenant ta joie
du bout des doigts.
Le ciel est si pesant,
et les pierres obtuses,
qu’un orage probable te colle au regard,
pendant que tu glisses
sur ton reflet.

Changeant, il se disperse aux premières gouttes,
plus loin la terre soupire,
de joie aussi, et c’est cette saveur amère
qui promet de nouvelles floraisons.
C’est là ton berceau,
cet habit spongieux
qui te ramène à tes origines,
lorsque tes yeux n’étaient pas ouverts.
Ton corps sans froidure
portait ce vêtement de glaise,
et tu engloutissais les nuits,

Maintenant que tu marches,
tu connais le poids exagéré du temps.
Tu récoltes sur le chemin
de petits cailloux,
avant que le vent recouvre de sable ton ombre,
et que du bourbier,
scintillent des éclats de strass et de mica,


Chúc Mừng Năm Mới – Bonne année (Susanne Derève)


 

NGUYEN NAM SON Paysannes du Tonkin

      Nguyen Nam Son – Paysannes

 

 

                    ORIGINES

 

 

Je pars rejoindre le pays des origines

Doux pays de fleuves et de rizières

Aux petits matins de brumes légères

 

Je pars, je rejoins le pays du Levant

Ses  barques de bambou ses jonques ses rivières

Ses fleurs de lotus roses fleurs altières

 

Ses chemins de terre de poussière et de pluie

Le vert tendre du riz les mains agiles les mains fières

Qui repiquent sans fin le dos courbé à terre

 

Je pars rejoindre le pays de mes racines

Ses digues ses ruelles serpentant au hasard

Des champs et des villages ses buffles paresseux

 

La pluie chaude et le vent, le cycle des moussons

Rouges  tamariniers et le fruit du dragon

A la chair fade et veloutée

 

Je pars rejoindre le pays de ma naissance

Ses gongs ses pagodes ses bonzes ses reliques

Ses enfants aux yeux sages  ses filles aux longs cheveux

 

Les rues embouteillées la cohue et le bruit

Marchandes ambulantes porteuses de palanches

Aux lourds plateaux chargés de fruits

 

Je pars rejoindre les rives du lac Hoan Kiem

Dans la douceur du soir sous le feu des lampions

Je pars rejoindre Hanoi, Hanoi est ma maison

 

Les restaurants de rue et les marchés couverts

Le Pho brulant et le thé vert

Et la maison de mes amis et mes amis si loin d’ici

 

Je pars rejoindre le pays du Têt

Les fruits d’or et les pêchers en fleurs

Le riz gluant et le bonheur

 

Je pars rejoindre mes racines

Le pays de mes origines