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Je viens de changer de planète – ( RC )


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Ça commence à l’ombre,
C’est un halètement que j’entends.
La croisée du destin me porte à explorer les choses.
Il n’y a pas d’ouverture visible.
Mais il faut chercher; il faut pousser,
engager sa tête dans un couloir.

Le mouvement est irrévocable.
Peut-être pressé d’arriver quelque part,
en tout cas pressé, par l’enveloppe souple,
qui se tend, un corps avide de délivrance.
Ou bien est-ce moi qui l’appelle ?
On ne sait pas où on va, ce qui nous attend.

Mais je pressens que c’est le moment.
Jusqu’à ce que je perçoive le jour.
Une petite ouverture au bout d’un tunnel.
Et puis çà y est .. je suis dehors.
On ne s’en est même pas aperçu.
Juste saisi par le froid, et une lumière aveuglante.

Les poumons se gonflent malgré eux,
à la façon d’un airbag brutal.
Et c’est un choc.
Et c’est un cri, qui me propulse dans la vie,

sans transition.

Je viens de changer de planète .

RC – janv 2016


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Une ouverture sur l’infini – ( RC )


image-semaine-hitachi  

                                       photo : Hiroki Konda

 

Prends ce morceau de ciel,     emporte-le chez toi,    installe-toi en contre-jour,

et revêts ta tenue d’ange.

Fixé dans un recoin, le temps s’immobilise.         Il se déroule et s’ennuie.

Il faut mettre un terme à l’expérience

car même si le bleu est ta demeure,    il faudra inscrire tes ailes dans l’espace,

et plonger dans l’abîme :

N’aie pas peur,                        regarde les oiseaux.

Ils ignorent le vertige .       Tu les suivras.

Avec la courbe de l’air comme soutien,    sans penser à le posséder :

 

Une ouverture sur l’infini.

 

RC –  nov 2015

 


Les vertus du nettoyage – ( RC )


installation:                 Jean-Pierre Reynaud

La clarté du carrelage heurte les murs.
Une lumière stridente chute en cascade des immeubles voisins.
Reflets des vitres rapprochées des bureaux d’affaires.
Intempestive,                alors que les murs restent muets.
Vides,
Silencieux.
Sans ouverture.
Et développent leur moisissure.
Indifférents.
Une langue étrangère,        opposée au vide       .
Le carrelage blanc.
Nettoyé depuis peu.
Il y a pourtant encore des traces de sang dilué,       incrustées dans les joints.


Il n’y a plus personne ici  .

RC – mars   2014

(  il m’est venu après,  qu’il pouvait y avoir un rapprochement  avec le texte  d’Arthémisa:  » les  conditions  d’un échappement »… — et curieusement  en  y retournant,  j’ai vu qu’elle  avait fait le choix  du même  artiste  pour  l’accompagner…  )

 

-il y a bien entendu aussi  avec l’emploi du terme  « nettoyage », un rapport avec ce mot, employé dans le  « nettoyage  ou « purification  » ethniques »…pratiqué il n’y a pas si longtemps,  et considéré  comme une  « vertu »  dans l’ex-Yougoslavie,  et au Rwanda…