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Le tout orchestré, dans quelques centimètres carrés – ( RC )


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peinture :  détail de peinture  1992    RC

 

 

Un peu de peinture frottée,
quelques touches posées,
         et que sourde la lumière
inventée par la mer,
et les ors se répandent
jusque dans les lavandes :

tu as rêvé d’un soleil
traversant le sommeil
de la toile :
le chuchotement des étoiles
émergeant peu à peu
de tout ce bleu :
la grande épure
des blés mûrs :

Le grand accord
donné à leurs ors .
La mer jaune des mimosas
et des champs de colza ,
la chanson secrète
          – les couleurs de la palette –
qui, sous l’été, crépitent
         – un espace sans limite –
( le tout orchestré
dans quelques centimètres carrés )


RC – mai 2017


L’alphabet des métaphores – ( RC )


photo: D Erard

photo: D Erard

 
Ecoute le tressage des abeilles
Le bourdonnement  de la ruche,
L’alphabet des métaphores…
Je dois contempler la lumière ,
M’agenouiller  pour regarder
Les gouttes  d’étoiles prisonnières d’une toile d’araignée,

Après  avoir suivi des cours d’eau
Leur course étalée comme les doigts
Ou les nervures d’une feuille sur le sol,
La palette du ciel abrite toutes les nuances du vent

C’est un haut clocher,
On ne peut pas l’atteindre  sans  s’arracher au sol
Et les strates empilées des terres  et rochers

Une colline est une voix à l’intérieur ,
Les arbres essaient  d’en saisir les mystères,
En creusant plus profond encore,
Et dialoguent  avec l’appel des saisons.
Peut-être  y a-t-il beaucoup à lire,
Sous l’écorce de la matière,
Les nuances de l’écriture qui y est cachée,
Passent  de l’anthracite à l’ivoire,
En ne négligeant aucune  couleur de l’arc-en-ciel.

RC- mars 2015


Ciels amnésiques – ( RC )


photo nb provenance flickR auteur inconnu

Quel regard oubliera
les ciels amnésiques
oublieux des brillances
Et du partage  de la lumière ?

Quel cœur ne regretterait pas l’émotion  de la  palette délaissée
D’ un peintre au baroque monochrome
Qui n’aurait de symphonie
Qu’un gris  ayant éteint toutes les couleurs

En dehors des saisons,
En dehors d’un avenir de lumière et fulgurance
Si aujourd’hui est semblable à demain…?
Comment  continuer, à clore les yeux  et l’âme

Sans l’exhaltation des possibles
Qui portent ce pas et le suivant  *
La nuit juste avant la clairière
Vers de meilleurs lendemains?

RC    8 juin 2012

*  ( ce pas  et le suivant, est la titre d’un ouvrage  de Pierre Bergounioux).

–  sur l’incitation  du  regard  sur l’automne,  de H Soris-

Marie Hurtrel, dont je viens de visiter  les  écrits,  , nous communique un de ses textes, qui présente quelques affintés…

L’ivre livre

par Marie Hurtrel, lundi 12 mars 2012,

Il y avait trois mots qui voulaient se perdre

entre un ciel inutile

et la terre roulant ses étreintes

 

Comme revient une hirondelle

quand le vent se lève sur l’horizon

c’est parce que j’ai vu tes sommets sous les nuages

que son vol couche la saison

 

Et dans le lit des doutes se relie la route

près de là-bas

par ce sol qui m’enterre à m’attendre

la route au désert

et la source entre ses pages

c’est un livre qui attend

 

D’une terre un ancrage

il y a demain de là

une ode rouge entre les veines

et mon sang sans arrimage

au silence recompose la voie

 

© Marie Hurtrel

 

Une Réponse

  1. Emma /Mj

    Très beau poème pour cette symphonie en gris .


Après moi, le sommeil ( RC )


-Après moi le sommeil                                       ( à partir  d’un tableau de Max Ernst, qui porte le même nom, et qui est le premier que j’ai connu, de cet artiste )

peinture:            Max Ernst;  » après moi le sommeil », Musée Nat d’Art moderne Paris

Après moi, le sommeil, s’étend
Lorsqu’un oiseau étend  ses ailes,
Je touche       le bord de l’étang
Comme si déjà atteint, … il gèle

Souffrir      d’arrachement
A partager les  rêves
Ni pourquoi, ni comment
Et en phrases brèves

Tu es dans un entre-deux,
Ne plus aimer  qu’en rêve,
Ce qui est assez peu,
Pendant que les pierres se soulèvent.

Il n’y a plus d’écho, plus de froid,
Juste un pont suspendu
Entre toi et moi,
La journée  s’est perdue.

La chevelure       d’un jour automnal,
Emprunte ses couleurs à ma palette,
Ne connaît plus la durée,    et s’étale
Comme  les restes  d’un été  en fête.

Après moi l’étendue cassée, de la ligne droite
Par dessus, la ligne          de ton épaule,
Après toi le déluge,          et ses mains  moites
Sous son poids, les branches  courbées des saules.

De ton souffle, ll n’y a plus d’horizon,
C’est        d’une  nuit avant le réveil,
La confusion des saisons,
Pendant           notre long sommeil

Où nous voyageons,      sans  savoir,
L’enchantement d’heures hivernales,
Quelque temps à l’abri des mémoires
Au fond de la nuit,           son cristal

RC  28 – septembre 2012


Futurs en flaques , déviations au même endroit (RC)


peinture S Dali :Dalì à 6 ans, quand il pensait d’être une fille qui soulevait avec précaution la peau de la mer pour voir un chien endormi au-dessous de l’ombre de l’eau, 1950

Je prends les flaques, à l’envers, en plaques, modèle l’impensable et découpe de l’ombre, la tienne, et celle qui me vient de l’obscurité des jours.

Un bon coup d’éponge, et j’efface, de ton visage, la météo des orages qui se préparent.. je déforme l’incassable, l’impossible distance qui sépare le soleil de son ombre.

A portée du futur , à portée demain, la palette du passé, porte en son sein les fleurs fanées qu’une gorgée d’espoir ne peut ressusciter.

C’est alors en tous sens, que j’inverse la course des sans interdits dans la course de l’espace, et la faille de ta naissance, bordée de fronces ( aux fruits dans les ronces ).

Y a –t-il de portée plus lointaine, qu’il faille que je renonce, et que la source de ta lumière ne m’atteigne, aux jours de la semaine, en en multipliant les dimanches ?

La ligne d’horizon, que je recourbe, me fait sans cesse repasser à tes côtés, au même endroit.

RC –  15 juin 2012

en écho à lutin avec « le  ‘regard du ciel »


Ombre et contrevents – Je te peindrai des ciels


peinture; Eugène Boudin: figures sur la plage 1886

Du blog  et de l’écriture  d’Adeline  chez  « Ombre et contrevents »

Je te peindrai des ciels

rien que des ciels

avec  parfois

un arbre nu

ou quelques mâts

pour dessiner des lignes

des lettres floues

tu y liras ce que  je crois

entendre

sans doute

un écho déjà  lointain

le vent rougira  mes joues et mes pensées

un nuage  d’anthracite  sera lourd de regrets

ou d’inquiétude

Mais si tu viens

pour un seul de tes sourires ébauchés

je reprendrai  la palette pour ajouter un soleil

A éblouir la mer