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Pierre Garnier – Jean-Louis Rambour – Ce monde qui était deux


img779 -Still life  with omega paper flowers.jpg

 

peinture  Duncan Grant –       Still life with omega paper flowers

Chacun portait sa croix, laissait sa croix,
la table était couverte de fenêtres qui donnaient
sur d’autres parties du monde –
l’idée que se faisait du monde l’escargot
n’était pas la même que celle d’une huître
« autant de coquilles, autant de monde », pensait l’enfant.
nous, les enfants de la guerre, quand nous
écrivions un poème
c’était avec le compas,
nous enfoncions la pointe sèche dans la chair,
et la mine douce, dont nous pouvions effacer le
trait,
faisait la carte du ciel où elle ne marquait que
les étoiles
nous, les enfants de la guerre, nous avons vécu
en papillons
pour échapper aux bombes le mieux était encore
d’être papillon,
et nous laissions notre écriture en grandes
taches blanches sur les feuilles

notre écriture était de nature
celle du poème
qui est vague feuille fleur grenouille,
notre écriture se déposait :
écailles des ailes de papillon et pollen

quand nous écrivions le poème sur une feuille,
ce que nous marquions c’étaient nos doigts,
notre main, notre poing,

c’était ce point acéré, dur, aigu, percé
qui marquait le centre du monde

nous, les enfants de la guerre, avons échangé
l’homme et sa mort
contre la vie des moules et des huîtres
et nous sommes restés dans la mer

notre écriture, ce fut longtemps de la craie sur les doigts.

 

texte paru aux éditions  des vanneaux


Parfois les choses durent – ( RC )


R Papillon - grosse main rec.jpg

Parfois les choses durent
autant qu’elles le peuvent :
– C’est comme la preuve
de ce qu’elles endurent .

Il y avait quelques traits,
ceux de ton écriture,
posés dans le carnet,
avec désinvolture :

Comme ils m’étaient dédiés
ils sont restés,
au coeur même du papier :
on les dirait incrustés

unissant les paroles d’hier,
comme celles du temps qui passe
et se dépose sur la matière
avec une légère trace .

  •   C’était un échantillon
    de la brillance de l’été :
    – Souviens-toi du papillon
    qui s’était frotté

sur la page :
avant qu’il ne s’en aille
pour un autre voyage :
– Il a laissé quelques écailles

qui brillent encore :
des pensées oubliées
– Comme un trésor
au fond de l’être aimé .


RC – avr 2017

( à partir des « cahiers du déluge »  « constat #17 ) de Marlen Sauvage


Cathy Garcia – Printemps Païen


Afficher l'image d'origine

Papillotes bleues qui dansent,
Papillons heureux qui s’élancent
Dans le vaste le ciel
Mouillé de pastel !
Clochettes qui vont par les chemins,
Porteuses de bonnes nouvelles,
Froissant leurs ailes sur les herbes
Parfumées.
Cortège étincelant,Vibrionnant de soleil !

Clavecins huilés
Qui bruissent
Dans les champs d’azur !
Corolles lisses, touches
De blanc pur,
Si fragiles
Et maintes fois déflorées
Par un doux et vigoureux
Bourdon déluré.

Bat le tambour de la terre,
Cœur de mésange chaud et palpitant
Et dansent les filles légères,
Leur robe en fleurs !
Sonnent les fifres,
Chantent les alouettes,
Les rats des champs
Sortent en guinguette!

Les nuages pompeux
Entrent dans la danse
Et tournent,
Tournent de plus en plus vite !
Ils enflent, s’assombrissent
Jusqu’à se brouiller entre eux
Et moi qui dansais avec eux,
Le nez en l’air,
Le cul par terre,
J’entends le crépitement
De leur rage qui ruisselle
Sur ma pauvre pomme
Inondée de joie !

 

 


Patrizia Valduga – Cette neige


photo Luis Fernandez – Toronto

 

XVI.

Sur le blanc du givre en lents flocons

se perd un peu de neige silencieuse,

tu avais une ombre noire au front,    

chaque jour t’enlevait quelque chose…

Il fait si froid, je couvre tes jambes

tu suis ton ombre mystérieuse,

ce papillon noir vif t’afflige

tu ne l’as même pas vue, cette neige.

 

 

Cet écrit est issu  du beau site   » une  autre poésie  Italienne »


Pierre Mhanna – Amour et silence .


image  - montage  perso  2012

image – montage perso 2012 à partir de document  de serguei Ivanov

 

Amour & Silence

( 12 petits textes  comme des haÏkai de Pierre Mhanna)… consultables  dans la langue  d’origine, sur son site…

————-

Silence cristallin,
au cœur d’une goutte de rosée
la fusion dans le ciel.

~ Cadence de silence –
Un troupeau de papillons
Brûlant dans mon âme.

~ Dans ton éclat de simplicité
coule ma vie
toi fleur de jasmin.

~ Silence crépusculaire,
ma vie luisante
dans la première étoile de la soirée.

~ Vaisseau de silence,
Que les cires d’un coeur vide
soient plus étendues que le ciel.

~ Comme l’aube
Cajole la fleur
Votre souffle dans mon coeur

~ Silence résonnant,
La dernière voix du crépuscule
fusion des gouttes de vin dans le ciel.

~ Disparus bientôt
ces nuages mouvants,
crépuscule du silence.

~ Soleil du matin,
chaque goutte de rosée
une fleur.

insouciant le papillon
au milieu des fleurs blanches,
un nuage dans le ciel.

~ ton parfum
Avec la brise de l’aube
M’appelait à la maison

~ Mes yeux
– deux étoiles arrosées
dans la mer de ton feu.

– (tentative de traduction – interprétation : RC )

 

 

LOVE & SILENCE

Crystalline silence,
the heart a dewdrop
melting in the sky.

~

Cadence of silence –
A flock of butterflies
Burning through my soul.

~

In your simple glow
my life flows
you jasmine flower.

~

Twilight silence,
my life shining
in the first evening star.

~

Vessel of silence,
The empty heart waxes
Wider than the sky.

~

As the dawn
Coaxes the flower
Your breath in my heart

~

Resonant stillness,
The last voice of dusk melting
Winedrops in the sky.

~

Soon to vanish
these moving clouds,
twilight silence.

~

Morning sun,
every dewdrop
a flower.

~

Carefree butterfly
amid the white flowers,
one cloud in the sky.

~

Your scent
With the dawn breeze
Calling me home

~

My eyes –
two stars doused
in the sea of Your fire.

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Ce cher Apollon, sur son char, et sa concurrence à Icare – (RC)


photo perso –   champs  de la banlieue  d’Amsterdam

 

Le cher d’Apollon
qui joue au papillon
ne s’appuie en ses sphères
que sur l’atmosphère
On ne sait s’il déménage
Avec tous ses bagages
Et traverse les airs
De son allure autoritaire.


Et peut-être qu’il essuie
D’intempéries, la pluie
Et aussi les présages
De lourds nuages
Pour monter plus haut
Que sur son escabeau
Et voir au-dessus
L’horizon moussu

Le tapis des dieux

Et un temps radieux
Eloigné de terre
Mais c’est solitaire
Que son char avance
Immobile danse
Divin omnibus
(elle le dira, ….Vénus)
Qu’il aurait pu prendre…


– mais faudra attendre
le prochain T E R
çui qui vient derrière
Le train de la passion
Fait toutes les stations
C’était avant Christ
Et sa passion triste
Qui filait tout droit
Vers sa mise en croix
Et resta en tas
Sur le Golgotha.


Apollon invente
De nouvelles sentes
Et va sans pareil
Vers le soleil
Sans solliciter courroux
D’un Jupiter jaloux ,
– A l’instar d’Icare
Qui vécut cauchemar
Et retomba sitôt
Tête première dans l’eau
Réviser sa copie
De la mythologie –

Sauve qui peut !
N’est pas Apollon qui veut !

——–

Article  provoqué  par la réponse  d’Arthémisia  à mon post….

Ainsi que celle  de JoBougon, par rapport à cette même réaction

la chute d’Icare, dessin d’élève de 5è –2010

voir aussi le 22 novembre le nouvel article avec les poésies d’Alice…


Malika Farah – Papillon


papillon azuritis

Deux extraits de l’ensemble de textes intitulé « papillon », de Malika  Farah, visible dans le recueil  « dans tous les sens » ed  La Passe Du Vent   Parution : 17/05/2001

 

Hissez là-haut ! Encore plus de recul !
Portées au-delà de l’ennui, sérénité et lucidité s’élèvent.
Dans ce lieu rêvé, l’âme est en sursis.
Rêve, papillon, de lumière  d’étoiles.
Papillonne au-delà de la simple jungle terrienne et menaçante !
Rien autour  du débordement de la vie,
Que le va et vient du vent
Portant un air de désir inassouvi,
Vole, papillon, les ailes déchirées.
Survole l’horreur,
Survit !  le mal s’enlise seul.
Sous la lumière divine, l’envol est possible.

——————–

Arbre de l’humanité, l’esprit en chacune de tes feuilles.
Quand  le corps  se décompose en une poussière  d’ange.
Plane au-dessus des branches  d’oxygène,
Pour nous pauvres mortels.
L’automne arrive au gré du vent, on vole et se régénère
En des âmes profondes  !

Malika  FARAH

 


Erica Jong – Tapisserie (à licorne)


dessin - bestiaire oriental: licorne  chinoise

dessin –         bestiaire oriental:       licorne chinoise   ( plutôt que de mettre la « dame à la licorne)

L’objet de notre quête
évidemment n’existait pas
cette tapisserie intitulée Matin
sous les nuées tissées de haute laine
où des oiseaux invraisemblables
très incroyablement célébraient par leurs chants
des fables.

Un papillon de nuit parmi les dents du lion
yodlait comme le rossignol de Keats
et les trochées chantaient parmi les iambes,
tandis qu’en fraise frisotée et gilet de brocart
tu penchais ton sourire
sur l’herbe revêtue de sa soie de soleil,
où couchée dans les flots de ruchés en folie
je pressais sur le sol une oreille attentive,
dans l’espoir d’entendre, au galop des sabots,
la licorne éveiller les échos de la terre.

Elle parut, environnée d’un incendie
de broderies de feu, regard d’agathe,
corne d’ivoire et d’infâme légende,
hennissant haut des concerti baroques
et croyant l’avoir capturée pour de vrai,
nous festoyâmes de vin blanc et de brioche
en échangeant devant témoins
d’impossibles serments.

La suite, vous la connaissez:
dans l’humidité vénéneuse et spongieuse du soir,
où les amants se tournent et retournent,
toussent et se tiennent discours
épaissis de sommeil,
dans la longue nuit d’hiver du mariage
sans bruit la licorne s’enfuit
et, tel un cauchemar d’insomniaque, l’amour
finalement n’est plus
qu’un moindre mal.

Parfois elle revient, caracolant
parmi les sombres tapisseries de la nuit,
arrachant bras, jambes et literies
et menus écheveaux de poil et de cheveu.
mais pas plus que ne survit l’esprit de la quête,
nous ne reconnaissons la bête,
ou bien alors nous lui donnons
un autre nom.

Erica Jong


camisole ( RC )


Ouvre donc ces portes  , que le vent  s’engouffre

Qu’un peu d’air glisse  sur  ces carreaux lisses  !!

Que je sente  un peu du dehors  les bruits qui frappent  !!

Un peu au mur de la vie, celle qui est à l’écart…

 

Ouvrez donc un peu, que mon regard  franchisse

La salle, et les couloirs,  et les carreaux blancs encore,

Il y a trop de monde dans ma tête qui se heurtent à ces murs blancs.

 

A ce monde préservé, sans aménité.

C’est d’un neutre,  cette absence, en blanc,

Cette perte de fantaisie, de vie, de chaleur

 

C’est peut-être  tout ce blanc, pour mieux  repérer mes cris, la solitude  qui se blesse aux arrondis de chromes.

Qui se répercute aux fenêtres hautes, garnies de grillage fin,

pour l’oiseau en cage.

C’est aussi pour me maintenir là,

Sur place, immobile,  maintenue par des épingles  sur  un socle, comme les papillons.

 

Les échos des voix des infirmiers  me rendent plus atone que leurs piqûres, et les grands  couloirs.

Récurés journellement  à renfort de  désinfectant.

Drôle  de vie que celle, empêtrée dans  du blanc, du blues blanc plein les dents,

 

Et ma tête qui cogne, si loin de cet endroit, où seules les hirondelles  me font signe,

Rayant la fenêtre haute, à coup de liberté.

Isolée dans ma camisole.

 

 

RC  – 4  juillet  2012

 

 


Papillon ( RC)


Au bonheur  éphémère

Le papillon s’est envolé

Il a laissé aux vents, à l’amer

Sa chrysalide, abandonnée..

 

 

RC      22 octobre 2011

 

 

Auquel je joins une  « variation libre »

mais assez proche  tout de même…

 

du texte  de la chanson de Jimi Hendrix   « Little Wing », dont j’ai  trouvé  une belle  version acoustique… je  recommande aussi celle  du bassiste  Jonas Hellborg, qui figure  dans son  album  « elegant punk »…

 

Vole, petite aile…

Marchant au travers des nuages

Avec l’esprit fantasque

Qui librement. Court avec

Papillons, zèbres et rayons de lune

Des contes de fée

 

Il est une  seule  chose à laquelle elle pense…

C’est chevaucher le vent

Quand je suis triste, elle vient vers moi

Qu’avec mille sourires elle me donne gracieusement

Tout va bien, elle me dit,

Tout va pour le mieux

Prends de moi, tout ce que tu veux tout

Et

Vole, petite aile

 

 


Le temps retrouvé (RC)


photo provenant de marc solari - (photos macro de nature,)

Point n’est besoin de mots,pour décrire
L’avril colportant ses échantillons…

Et se croisent au regard, maints papillons
Des giboulées caprices, sans les maudire

Au tic-tac du carillon sa mécanique glacée
L’été n’est pas encore là,il se laisse intimider

Réciter des poèmes, et s’en agacer
Il est , du silence, les fils à dévider

Les saisons hésitent et préparent en douce
Un souffle végétal reposé, qui repousse

Sous un ciel qui grimace et tousse,
Pierre qui roule n’amasse pas mousse

Du temps retrouvé de Proust, c’est toujours
En le lisant, » les plaisirs et les jours« .

There is no need of wordsn  to describe
April peddling his samples …

Many butterflies  crosses each over, in the look’s eye
Vagaries of showers,       without cursing them

At the ticking of its mechanical iced chimes
Summer is not here yet, he has been  intimidated

Recite poems, and be annoyed with
They are, from the silence, yarns to unwind

Seasons are reluctant ,  and prepare softly
A rested vegetal breath, that re-grows

Under a sky that grimaces,  and coughs,
A rolling stone gathers no moss

Proust’s Time Refounded, it is always
Reading it  , « the pleasures and the days ».

 


Branko Čegec – Syntaxe de la peau, syntaxe du clair de lune


image: montage  perso  à partie  de  corps  et graphie janv 2012

Branko Čegec  ( auteur croate) – sintaksa koze, sintaksa mjesečine

Syntaxe de la peau, syntaxe du clair de lune

Le triomphe des chiffres descend de l’écran.
Je recule, impuissant et muet.

 Comme si j’étais renouvelé
dans la philosophie tardive de la langue et du vin

 j’accepte tout
slalom pathétique

 même si la fille du cadran
s’est endormie dans les bras des nuits blanches

 et des reproches de pêcheurs
d’où s’écoule visqueuse
l’histoire idyllique de la littérature.

 L’essai , c'est ensuite
le cercle imperméable des périls:

 de nouvelles explications parviennent
pour des mots usés, pour des images éculées
et des cadres de films empruntés:

 le grondement des avions et la poussière des souterrains
sont la rencontre marquée sur ta paume humide:

 belle, joyeuse, docile, tu t’es glissée encore
une fois dans l’odeur de ma peau,

 la colle solaire et sensuelle
d’où il n’y a pas de retour, où personne ne se ressemble,

ni qu’on trouve dans des journaux,

et la reddition des papillons égarés

 à la fenêtre qui disparaît
dans les ténèbres profondes, trop profondes.

 Je te dis: entre dans mon miroir
et reçois-moi dans la mémoire glaciale

 pour que je me réchauffe, pour que je m’endorme souriant
comme si j’étais l’oubli,

 la mer calme et Polić Kamov
à la loterie de Barcelone.

 Je suis salué par les bateaux et les femmes pianistes
aux jambes longues et aux doigts laser

 comme dans toute entreprise

d’innovation et de mort:

 et seul le rythme de ton toucher gronde en stéréo,
suivi par l’éclat timide de la peau au clair de lune

 près de la digue, au printemps,
quand les vents sont encore tout jeunes,

 et que la nuit ne cesse pas, l’écriture non plus,
en écrivant l’ellipse du l minuscule

jusqu’à l’infini.

1992 

d'autres  textes  de cet auteur sont  disponibles, en français sur ce site

-
montage perso,  même  source  que  le 1er document  ; Corps  et graphie

montage perso, même source que le 1er document ; Corps et graphie, à partir de photo de spectacle de Marie-Claude Pietragalla


Défaut d’insectes … ( RC )


photo: coléoptère sur fleur jaune

( en réponse au   » plein  » de JoBougon... )

çà c’est ben vrai ma brav dame…
ces petites bêtes à gratter
sont d’une ingratt titude
que ç’en devient habitude
aussi plutôt qu’en faire un drame
Mieux vaut l’ voyage aux tropiques
même s’il, faut se frotter
les animaux qui sont typiques
nous font dégoiser
à défaut d’être sympathiques
ou alors faut les apprivoiser

quant à ta punaise
y en a qui trouvent  solution
en prennent à leur aise
comme une punition
s’en servir et les encadrer
pour permettre aux papillons
de mieux chatoyer
cloués, déposés au mur
pour mieux parader
avec et sans futur

Et  ta petite boîte
Formant une maison
Certes très étroite
Comme une prison
Bouchon de réservoir
Un abri fortuit
Confortable dortoir
Epargne les produits

Alignés sur l’ étagère
Les insecticides
Attirail de ménagère
Donnant  l’odeur acide
Du placard à balais
Où les serpillères
Prennent le relai
Des capsules de bière
De  l’été dernier
Que l’hiver affecte
Le tout dans le panier

A défaut d’insectes

RCh:  16-01-2012