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Un commentaire de Rubens – ( RC )


devant jugement  dernier  Rubens  musée  discussion.jpg

peinture : Rubens: le jugement  dernier

 

Il se passe beaucoup de choses, dans le cadre doré
Un entremêlement de gens, grandeur nature
Sont le prétexte de la peinture
accrochée, un peu au-dessus du parquet ciré.

           C’est une oeuvre de Rubens,
peuplée d’êtres qui s’entassent,
des dames toujours assez grasses,
          que lui commande un prince…

Ces personnages forment une pyramide
dans une mêlée quelque peu confuse
on distingue même,        si je ne m’abuse
au plus haut niveau,        ceux qui décident.

On a fixé l’instant le plus tragique :
celui où on fait grand tri
( ne pas surpeupler le paradis ,
                                     vous diront les nostalgiques ).

Ceux-ci n’en sont pas revenus,      mais ont évité le pire
a ce qu’il paraît ;    on nous rapporte beaucoup d’histoires
                                            que l’on voudrait nous faire croire ;
on peut prendre le parti d’en rire.

Devant le tableau, quelques visiteurs
se sont arrêtés pour parfaire leur culture  :
                 C’est toujours de bon augure
d’écouter le commentateur .

Va-t-il décrire l’étape suivante
Et sans aucun doute,
          comme pour les matches de foot,
nous faire une analyse savante ?

Nous livrer des statistiques,
                révéler des choses intraduisibles
                contenues dans la Bible
d’un point de vue artistique ?

Bien qu’il se soit écoulé pas mal d’années
depuis qu’elle a été peinte
on pense toujours entendre les plaintes
des âmes damnées .

                      C’est une oeuvre baroque :
On n’y entre pas de plain pied
sans y être convié
              ( et surtout sans habits d’époque ) .

Nos amateurs d’art voudraient peut-être
participer à la mêlée,
                  voir de plus près les êtres ailés
                  et assister à la fête…

Ils peuvent toujours tenter l’escalade
Se faire greffer des ailes,
utiliser une échelle
Ils seront empêchés par le cadre …

Le tableau a beau être immense,
il a aussi des dimensions limitées
On ne vient pas à l’intérieur sans y être invité
et pour entrer dans la danse…

                         La réalité est ingrate :
elle nous ramène toujours à son illusion ;
on ne peut sauter dans cette dimension,
….       la peinture restant obstinément plate.


RC – sept 2016


Deux femmes en chapeau et leur enfant – (RC )


peinture:     Claude Monet,        les coquelicots d’Argenteuil –       1873,       Musée d’Orsay  Paris

–         Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une peinture de Monet

D’une musique légère et virevoltante,

Chasse aux papillons,   parmi les hautes herbes,

Une fenêtre ouverte          sur le beau temps,

Mais rétrécie                      par le cadre lourd,

Des dorures inutiles,

Il fait chaud dans ce musée,

Les gens se pressent,      dans l’exposition,

Les pas résonnent,        sur le parquet verni,

Et sous la verrière,   on voit des nuages gris,

Qui parlent de la ville,

Des immeubles qui se pressent,

Et des rues revêches, et des passants en imperméables.

La fenêtre de l’insouciance,

Ouvre sur la campagne.

Elle est riante, et       tourne le dos,

Aux nouvelles des journaux,

A l’ère industrielle, qui s’étend,

Aux fumées des usines,

Envahissant bientôt l’horizon.

La campagne est riante,

C’est bien sûr le printemps,

Elle sonne ,       comme nostalgie,

D’un paradis perdu,

Oubliant les songes noirs,

Les anges qui blasphèment,

Et les grondements des avions.

Deux femmes en chapeau et leur enfant,

Dans une pente douce….

Il y a une musique légère,           en robes longues

Des pianistes aux jambes fines et doigts d’araignées,

… C’est juste avant la ville,

( Enfin, quand je sors du musée,

Pour reprendre le métro  ).

RC – 7 septembre 2013


Visite nocturne au musée ( RC )


  –

visite nocturne au musée (RC)

C’était le reflet furtif, des rais rapides sur le sol
Des points de lumière mouvants, les lucioles épaisses
Qui virevoltaient et s’écrasaient sur les pieds, des visages
Blancs
Blancs d’une vie arrêtée dans la pierre
Noirs d’une vie coulée dans le bronze
Cet enchantement nous décrivait cette balade nocturne,
le blanc, le noir alternativement
et quelquefois un trait de couleur – c’était un doré juxtaposé à un bleu profond
la grâce d’une main retournée, d’un voile soulevé, et d’un visage poupin

Puis les contre-jours mobiles poursuivaient leur quête,
Vaguement inquiets qu’aux gestes suspendus, la vie ne revienne
Derrière leur passage.
Qu’au labyrinthe posé ne se cache le faune.
Et rassurés de la présence lointaine d’autres lucioles
Dans l’enfilée des salles, et du parquet à chevrons qui grince,
et du marbre claquant sous les escarpins.

Sans s’attarder , du neutre cartel explicatif, à une signature pâteuse,
La Diane baroque, suivait notre passage, d’un regard pas tout à fait gris
Peut-être.

L’aube était loin, l’art était une surprise, une marche d’obstacles
Une source close d’étoiles, en élans contenus.
Du solennel en douceur de marbre, j’aurais pu souligner la courbe d’une jambe,
La douceur d’une joue, la rudesse d’une glaise de métal.

Pourtant, de notre passage, il fallait laisser au jour, aux gardiens somnolents,
La pâte fougueuse des Delacroix éteints,
la généalogie des portraits flamands qui chuchotent
En silence, le temps des étoffes précieuses et batailles lointaines.
Aux amateurs indiscrets, les heures sanglantes de Judith à Holopherne
Et la lumière tranchante du Caravage, revenue à la nuit

 

 

 

Que je complète  avec ma variation,  sur

« le musée des moulages »…

 

Au musée des moulages,

les idées n’ont pas d’age,

s’il faut que le regard voyage,

et que la main partage,

les creux et puis les lisses,

les seins et les cuisses,

que plus rien de farde,

au pays du marbre,

des statues de plâtre,

sensations folâtrent…

 

6- 03-2012

art:                                                     Maes :   portrait de femme                 Gand


Lucien Suel – Sombre Ducasse 7 ( suivi de ma « réponse » ) – ( RC )


montage  perso  de deux photos perso:  nature morte aux  sables

montage perso       de deux photos perso:                      nature morte aux sables de la Bléone

Sombre Ducasse (version justifiée) 7

si le point de départ vient à changer

aura-t-on le même point au final ceux

qui utilisent des bandes coulissantes

sur trois magnétophones n’anéantiront

plus le complexe comateux bande bande

bande blue stardust jack off moi j’ai

tout fait j’étouffais alors quel sera

le numéro silence silence silence ces

dispositions hétéroclites ces séances

particulières datent sans doute de 23

ans avant la dernière guerre nous les

détruirons les erreurs surtout celles

qui consistent à croire que les moins

grands sont les plus jeunes ou que le

plus grand est le plus vieux détruire

toute la hiérarchie serait saugrenu à

moins de placer les petits les moyens

les grands contre un mur de manière à

déclencher le feu des fusils à canons

sciés le sens de l’écriture a orienté

tout pour tous de manière ignoble les

maladresses ont été nombreuses il y a

eu trop de ça tout au long des années

des siècles à venir ceci n’allait pas

tout seul il faudra placer des garde-

fous plus rigides sur les limites des

manières de vivre aujourd’hui séparer

mettre à l’écart les cas gênants nous

avons trop peu de renseignements tous

nos souvenirs brillants de la seconde

guerre mondiale s’estompent déjà dans

les vents froids et foireux les vieux

partis au diable vos vers sont séchés

soumis à la question trop souvent ils

ne sont plus que d’anciens modèles de

voitures reproduits sur carte postale

 —-

Le texte  de Lucien Suel,  extrait de « silos »,  est visible directement  sur  cette page…, l’auteur, en m’autorisant à republier  son texte, me  renvoit  aussi à sa version 2, ici

 

Je ne suis pas là, je ne pourrai pas t’accompagner

dans la course, et découper le temps avec des

ciseaux,ainsi la musique se déroule, et les chevilles se coulent,

sans hiérarchie, sur la piste, il y a le parquet qui brille, les passages le frottement de la lumière,

et la musique de Coltrane, my favourite things, qui me rappelle, mais j’ai vérifié, c’était autre chose,

le film de Pierre Etaix,Yoyo… j’ai encore dans les yeux la fumée des usines qui rentre dans les cheminées, plutôt que d’en sortir, tu vois, j’ai sans doute égaré bien des souvenirs, en route, en semant trop de cailloux blancs – pour écouter le silence

je me suis un peu perdu, sur des chemins qui s’égarent.

Oui, j’aurais eu besoin de garde-fous, enfin, si on veut, si on parle de fous,

car justement, ce sont des voix d’hiver ( diverses), qui permettent de trouver la sienne,

les chemins de traverse, comment se repérer faire que sa voie soit la sienne et sa voix personnelle…

J’ai traversé des tableaux sépia , croisé Francis Bacon à Paris,

pianoté un peu, et caressé la lumière qui se posait sur mes toiles.

Les vers séchés ( comme les lombrics égarés après une forte pluie), composent mes poèmes,

que je triture volontiers, en sautillant à cloche pied, varier les appuis, les cases de la marelle

pour aboutir à la case « ciel », j’écoute les voix diverses, je m’enrichis de ta voix…

et finalement j’ai laissé tourner les bandes magnétiques, laissé les ciseaux à d’autres,

mon univers est de la couleur et de l’argenté.

Passent  d’anciens modèles  de voiture reproduits sur les magazines….

RC  14 décembre 2012


Robert Piccamiglio – Smith & Wesson


peinture-serigraphie: Andy Warhol – Dracula

Je viens de me faire deux meurtres

au Smith et Wesson calibre 35

Trois balles chacun dans la tête

de la cervelle plein les murs

des petits os plein le parquet

 

Ensuite je prends les corps

je les enveloppe dans le tapis

j’attache le tout

avec la ficelle qui sert à tirer

les rideaux du salon

J’oublie pas non plus d’effacer

mes empreintes

de tirer la chasse d’eau

du cabinet de toilette

après avoir essuyé le parquet

avec des serviettes en papier

 

Ensuite je redescends les escaliers

les deux meurtres

c’était au deuxième

que çà se passait

Je repasse devant la loge de la concierge

je lui décroche un vache de sourire

en soulevant mon chapeau

 

Arrivé à ce stade de l’histoire

je me dis que moi aussi

pourquoi pas dans le fond

n’écrirai-je pas des romans

policiers pour faire du fric

et rouler dans de chouettes

bagnoles décapotables

avec sur le siège de gauche

une poule super vison de chez Cardin

négligemment posé sur l’épaule

 

Alors je reprends tout

comme Chase au début

je viens de me faire deux meurtres

au Smith et Wesson calibre 35

de la cervelle partout

des morceaux d’os pareil

éparpillés sur le parquet


le bal des Ménines – (RC)


Manolo Valdès

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Au pas  dansé  des Ménines

Dans les salons  ampoulés

Les admirateurs unanimes

Dans leurs plastrons moulés

 

Ont oublié  sur la toile les traces

Des pas  des  vieux parquets grinçants

D’un bal que Picasso efface

Au  profit d’un Mondrian

 

D’un salon aux sombres accents

Les miroirs incertains grisent

La servante, et les jeux  d’enfants

De la peinture, pleine maîtrise

 

Nous parviennent  des échos  d’Ibérie

Des collages  de papiers déchirés

Trois  siècles  après, à Paris

D’instants somptueux chavirés.

 

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RCh         10 dec – 2011

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le texte  est accompagné d’oeuvres  de l’artiste Manolo Valdès,  qui a  décliné  toute une  série  d’oeuvres

( et particulièrement  de sculptures ) ,  autour  d’oeuvres  espagnoles  marquantes,  dont les  célèbres Ménines.

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