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Jean-Yves Fick – Nuit / Icaria 43


La main irascible
il aurait tout calciné
des jours et des signes

n’en resteraient plus
au creux de sa paume ouverte
que cendres ténues

il sait ou devine
les tourbillons de l’angoisse
l’effroi de la chute

il lui faudra bien
tôt ou tard c’est imminent
reprendre  son souffle

passages de feu
luisent dans son dos
il s’ouvre son chemin là.

texte de J Y F issu de gammalphabets


Cécile A Holdban – à mesure que j’avance


pastel: Aleksandra Laske

 

A mesure que j’avance et m’éloigne de la source
_____et que je bois ma vie, le fardeau s’allège ou s’alourdit
_____et dans mes paumes je garde
_____un peu d’eau et quelques étoiles.

 

 

extrait de  « l’été »


Bernat Manciet – Je tiens dans les doigts ces quelques grains encore


Red-figured lekythos  depicting Paris and Helen attributed to the Painter of the Frankfort acorn  Gr 481973724.jpgvase grec lekythos Pâris & Hélène

 

XVIII
Je tiens dans les doigts ces quelques grains encore

et de mon pouce naît ce psaume
rare éclaircie de ma journée
mon été tient dans cette paume

je les regarde sans étonnement
et sans plaisir et sans raisonnement
sans nul regret :

ils sont ce qu’ils sont la nuit arrive sérieuse et calme

pourtant je te les donne
pour l’amour du jeune malade
qui m’a guéri d’être un homme accompli

et qui ressemble tellement à ton sommeil
pour le dédain qu’au soir tombant je porte
et pour la honte aussi d’avoir aimé


Georges Séféris – Santorin 01


 

 

Dessin: Gregorio Prieto


Nous nous sommes retrouvés nus sur la pierre ponce
regardant les îles nées des flots,
regardant les îles rouges s’abîmer
dans leur sommeil, dans notre sommeil.
Nous nous sommes retrouvés nus, ici, inclinant
la balance vers l’injustice.

Talon de la vigueur, vouloir sans faille, amour lucide,
desseins qui mûrissent au soleil de midi,
voie du destin au bruit de la jeune paume frappant l’épaule ;
en ce pays qui s’est brisé, qui ne résiste plus,
en ce pays qui jadis fut le nôtre,
rouille et cendre, les îles s’engloutissent.


Marie-Claire Bancquart – Choses passées de notre vie…


 

 

 

 

photo-perso  –   petite  théière  et citron  –  2003

 

 

Mais un citron luit
lune sur la paume
en cette seconde précise, qui n’est passée ni à venir.

Toi qui n’as pas de fruit dans ta mémoire,
serre celui-ci,
cajole,
mords
ce cœur blond.

Multiplie le présent.

Marie-Claire Bancquart

 

 


Prélude à la nuit ( RC )


 

 

photos et montage perso… viaduc de Douvenant,      st Brieuc,    Côtes d’Armor    août 2012

Des verticales rares, fichées au sol,
suivent les partitions lentes,
celles des portées          électriques,
Celles des portées               électives,
Je me souviens, comme elles dansaient
Lorsque le regard restait sur l’horizontale
Et que défilait le paysage du point de vue ferroviaire
Au « Cloc-loc », régulier, des interstices des rails.

Je vois maintenant             le plateau
Caressé             par la lumière du soir
Qui déborde des stries des plantations
Et prend vie des ondulations douces,
Presque un soupir,      au sens musical
Quand la terre reprend         son souffle
Après une journée torride, juste apaisée
Par un léger mouvement des airs.

Il y a l’ombre portée des arbres
Sur le sol, qui s’allonge démesurément.
Il y a encore, plus loin l’étendue qui varie
Et qui d’une autre lumière aussi, se marie
Et qui fait suite, avec ,on s’en doute,
Des transitions brusques, celles, qu’on ne voit pas
Qu’on ne vit pas avec nos yeux,
Car buvant une ombre déja profonde.

Puis, les messagers ailés, tirent des traits
En s’appuyant sur l’air, ne craignent pas la chute
Et encore viennent, virevoltent et volutent
Franchissant             d’élans plus faciles
Espaces et distances que de plus audacieux ouvrages
Appuyés sur le sol, l’épaule des rochers,
Quelque part, au souvenir des courbes et des contours,
En progression obstinée, dans la paume d’ocre,

Le pays, sans doute s’arrondit plus loin
Au vécu tragique, d’un ciel antique
Lorsque le disque solaire
Masqué de temps en temps par les collines
Qui dansent aussi,            à notre trajectoire
Finit par quitter la scène
Et que les oiseaux fuient
Au prélude         à la nuit .

RC –   8 aout 2012

 

 


Bricolage matinal – de Bleu pourpre


Bricolage matinal

L’ultime présence de l’instant est à portée de doigts , ainsi, fouiller l’intime et mettre à jour la palette de mon ample grondement.

Ciel de plomb et pourtant…un regard comme déversé vers l’horizon suffit pour avoir les entrailles épousées par une lasure fine de bleu lavé.

Puis,

La lueur qui s’entête à se défouler derrière les lourdeurs du temps …

Alors… permettre au tourbillon de devenir transparence.

Et défiger l’instant

Il y a une fenêtre, tant que j’aurai  des yeux derrière les tempes, il y aura une fenêtre et un soleil qui joue à taper à ma fenêtre…je l’ouvre ou l’entrouvre, ça dépend du choix du sable.

Il y a du vent , tant que j’aurai des joues offertes, il y aura du vent…avec à sa bouche des mélodies, des symphonies, des fados , des blues et les chorales du diable … ça dépend si je suis rouge ou si je suis bleue.

Du vent qui viendra me souffler les poumons et m’écarquiller devant des horizons à marée haute…

Puis,  sûrement un navire , un trois-mâts aux voilures gigantesques,  perçant la brume opalescente des sorties de nuit … je l’ai construit avec un vieux radeau qui traînait là, que j’ai trouvé dans un élevage de coquillages . C’est un bricolage d’entre deux heures, me le pardonnerez-vous ?


Fuir la perfection et s’adosser à l’inattendu…

 

jacopo ligozzi_ XVIIè s

 

J’ai la paume ouverte au présent .

Ne rien attendre est ma robe de papier de soie.

Ne rien attendre est le jasmin qui s’enroule à mes chevilles.

Une serrure au creux du ventre, l’image est vraie, et étonnante, une serrure, même deux, voyez-vous, j’ai deux serrures au creux du ventre . Je crois avoir cherché les clés, mais des clés qui n’existent pas ou plus…je crois qu’à force d’avoir essayé des clés non – adaptées, j’ai du forcer mes deux serrures, et les laisser béantes d’inaptitude .

Un flot de sang s’en est échappé à mon insu jusqu’à ce que ça m’allonge de force, là, sur une plage blanche et brûlante.

Je suis debout, avec ma robe de papier de soie et mon jasmin odorant autour des chevilles.

Manet - bouquet de violettes

Je suis bien, là…

Parmi les fleurs oranges

 

Et les dunes de chévrefeuilles.

Je laisse mes serrures se recouvrir , je leur offre un tapis vierge qui deviendra un autre trésor intime.

 

La paume ouverte au présent et adossée à l’inattendu du parfum des vents autour, tout autour…

Nathalie 18 aout 2011

 

 

communiqué  grâce  à bleu-pourpre  et sa  « tentative de lumière »  (  elle y parvient) ,              sur son article  –   je l’en remercie