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Mouloudji – Cache-cache


C’est  de texte  de sa chanson….

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Vous êt’s-vous caché
Un jour de cache-cache
Sous la jupe lâche,
Quoiqu’ intimidé,
Dans l’intimité
D’une dam’ ombrelle
Aux senteurs si blêmes
Strident’s de douceur
L’avez-vous rêvé ?
Ce doux goût de peur
Couleur de péché,
Était-ce inventé ?
Sous la jupe folle,
Vous flairiez la chair
De dame prison
Ell’, dans son émoi

Ouvrait de plus belle
Ses ciseaux femelles
En prison de joie,
Vous étiez ému
Sous la chèr’ ombrelle,
Un soleil diffus
Éclairait tout bas
La tendre bastille
Vous, les yeux béats
La tête levée
Au ciel albinos,
Vous suiviez le vol
D’un corbeau velu
Entre chair et rose
Des cuisses jouflues
Et du pantalon
Comme rêve glauque.


Au delà du fluide murmure de l’eau – ( RC )


peinture: aquarelle d’ Emile Nolde: demi-lune au- dessus de l’eau-

C’est penché par-dessus la barque,
Que je lance la nasse des idées.
Peut-être qu’un poisson me regarde,
Et souhaiterait lire,
Dans mon image,
Dressée,
De l’autre ôté de la surface.

Quelles seraient mes intentions… ?
De la soif et des rêves,
De faire que la pêche soit abondante
Certains diraient, miraculeuse …
Quantité de mots s’ordonneraient,
Certains mats, d’autres brillants,
Et porteurs des sons,

Ceux que l’on n’entend pas,
Si on ne franchit pas la surface,
Pour aller les chercher,
Au delà du fluide murmure de l’eau
Et de son propre reflet…
Un rideau mouvant, déformé
Par le soupir des vagues.

Elles ont leur propre langage,
Il me faut parmi elles,
L’interpréter, pour aller
Chercher mon propre récit,
Remonter le filet,
Me rapprocher de la côte …
Je m’en étais éloigné.

Maintenant, je l’écris.


RC- août 2014


Cristina Campo – que la poésie comme prière


photo perso-  tirage argentique  - gare  de Toulon   - 1978

photo perso- tirage argentique – gare de Toulon – 1978

 

 

 

Moi je n’ai, vraiment, que la poésie comme prière – […]

Et quand la sentirai-je assez vraie (je ne dis pas pure, mais est-ce différent ?)

pour pouvoir la déposer sur cet autel

– dont je ne vois et ne verrai peut-être jamais les marches –

comme un panier de pignes vertes, un coquillage, une grappe ?

Chaque jour je suis de plus en plus persuadée que je n’ai pas d’autre rosaire,

d’autre épée, d’autre livre, d’autre cilice que cela.

Et je ne pars pas de l’amour de Dieu

– je suis dans le noir; pourtant je voudrais faire une chose

qui pour les autres semblera née dans la lumière.

Mais je dois me purifier,

vous n’avez aucune idée de mes péchés, je veux dire de mes crimes


En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/3455248/cristina-campo-la-perfection-de-l-ange-par-zoe-balthus/#8Au7HJqyU63RXss6.99

 


Sur le fil, d’une rencontre invisible ( RC )


cirque de rocs. Montbrun, vallée du Tarn

cirque de rocs. Montbrun,       vallée du Tarn,              photo perso

Je suis  sur le fil,                                         d’un tracé invisible.
Il est  sous mes pieds,                               mais abrité d’ombre
Et de terres,                          croisées sous la coupe de l’hiver.
La mer y a habité,                      pesé de son poids de vagues
Contourné des falaises et des îles
Déposé son lit de calcaire,                              sous des ciels de plomb,
Avant que le sol ne penche,                               et que l’eau ne reflue,
Comme ont reflué les siècles, perdus dans la mémoire du monde…

Je suis  sur le fil,                         d’une rencontre invisible,
Où les pierres se confrontent,        les torrents se ruent,
Et les chemins s’enroulent,      sur les crêtes de vertiges,
Si nous allons de ce pas,                  sur la croupe ouverte,
Où la droite, n’a jamais  de prise, aux chutes des pentes,
De l’Aubrac aux Cévennes,      que parcourent, attentifs,
Beaucoup plus souvent,               vautours que goélands,
Au dessus des lèvres ouvertes,   des méandres du Tarn…

Ce ne sont pas les amours  splendides
Des légendes bretonnes,   marquées de la rage des pluies,
–                         Et des voiles qui claquent,
Au plancher  liquide, d’une mer grise,aux promesses de pêche
Mais le territoire,                      tourmenté de vallées profondes,
>           Disputant ses ombres  à la rudesse du causse,
Où de fermes de pierre,                              en vaisseaux désertés
Sont gardés de ruines  rocheuses,             les lèvres hautaines.

en  « réponse », à un texte  de Xavier Grall

ESCALE EN LEON
A Aline

Dans ma mémoire  blanche, seules chantent les pierres
de faux poètes ont dit mon pays joliment
je le dirai avec l`effarement de l`hiver
Ah les navrances en décembre des rivières et des moles !

Que ragent les pluies dans les carrières stridentes
que battent les vents dans les rades
que hurlent les toits et les pôles !

Nous irons plus haut que les fades
aurons des fureurs de goélands
dans la mouvance des

chantonneurs de la matière bretonne
rengainez vos guitares
les gabarres sur la mer créent des zones de sang

Dans les masures désertées nous prendrons des femmes cruelles
nous dirons les lèvres amères et les amours splendides

Finistère

Ici commence le monde et la musique du monde
les morts du Chili rêvent dans les villages
et crient
Il y a des Orients rêveurs dans les chaumes pourris
Il y a les loch des océans Pacifiques
Il y a des peuples et des nations dans la prairie

gorges du Tan,    photo perso

gorges du Tarn, photo perso


Astrid Waliszek – ludion


petit feu, ludion joueur,

à faire flamber le soir

à jouer avec l’écume

ma lampe de poche

les vaguelettes dansent

sous ton sourd flambeau

au loin le bateau de pêche

te prend pour un phare

petit jeu de nuit

à Trouville sous la pluie

sous les rires d’enfant

feu d’artifice, étoiles filant

minuscule joie, petite étincelle

dialogue sans paroles, un rien

une lame d’eau ondule

une frise se dessine

l’enfant regarde, l’enfant dit

les monstres sont couchés

tu peux t’arrêter, je l’ai vue

ta petite lumière dans ma nuit.

photo    Richard Vantielcke- voir son site


Aran ( RC )


photo perso:                Aran, Inishmore

 

 

Trois petits galets dans l’Atlantique,

Trois vaisseaux  de pierre,

Striés dans leur chair,

Au sol de calcaire

 

Dressent un parcours de murs,

Autour d’une terre maigre,

Et d’herbes arrosées d’eau salée

Lorsque fond un ciel liquide

 

Où le gris, dispute de l’océan, l’indigo

Trois petites îles se suivent

D’un voyage immobile,

Au Connemara,         voisines.

 

Les soeurs sont sentinelles,

Don Aengus est toujours là

A surveiller l’horizon

Depuis les falaises noires,

 

Au choc profond des vagues.

Les maisons blanches adossées aux rocs,

Se font lumière, aux ciels de plomb,

Résistent et s’entêtent

 

Au courroux des tempêtes,

Et aux vents qui les fouettent.

Les îles, échouées sur un socle qui tangue,

Subissent les éléments qui les poussent,

 

Et où bien peu d’arbres, moussent.

Les hommes          qui vivent là,

Aux longues histoires de pêche,

La cicatrice de générations de noyés,

 

Ont le regard      dilué  d’eau fraîche.

Vêtus              en laine de leurs troupeaux,

Laissés pour compte de leurs terres  pauvres,

Ils ont vécu longtemps coupés du monde

 

L »oral        d’un gaëlique  d’antan

………………..Sur les îles  d’Aran.

 

RC – 18 septembre 2012

photo perso:        îles d’Aran