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S’arracher au sol – ( RC )



photo Parc des Cevennes

La tête à l’envers,

Montée sur l’échelle,

quelque part sur la terre,

Au delà du ciel,

crevant les nuages

Après l’ascension lente,

que rien ne décourage,

Même pas les pentes,

D’abruptes avancées,

de rochers branlants

Aux horizons fermés

leurs glaciers luisants

comme des mâts de cocagne,

plantés comme un défi,

au milieu de la campagne,

– caprices de topographie…

Alors , il est bien tentant,

De s’arracher au sol

Combattre la pesanteur en la bravant

Pour prendre son envol.

Il est tombé, le soir,

Sur le Mont Aigoual,

Tu vas mieux pouvoir

observer les étoiles,

Que depuis son observatoire

croiser les satellites

Dans la nuit noire,

d’un espace sans limites

Les cheveux de couleur

des aurores boréales,

feront ton bonheur,

d’un vol sans escale

En chevauchant Pégase,

ses ailes ,sur l’air,appuyées ,

ignorant les cases,

des jeux de société.

Tu iras bercer les lunes

dans tes bras blancs

survoler les dunes,

les soleils aveuglants.

et les pays lointains,

dont tu rêvais,

Seront à portée de main,

et même si près,

que la planète te semble

bien petite , ma foi,

Même si elle tremble,

encore, et aussi de froid

pour les habitants de la terre,

Il serait aussi, passé de mode,

de se faire la guerre,

jusque aux antipodes….

Fini le temps des nations,

Des bains de sang,

de la désunion,

Tu auras bien le temps

de faire un petit tour et revenir,

Accrochée à une étincelle

le temps d’un soupir,

Et d’un coup d’aile….


Pégase – (Susanne Derève)


 

1087px-Albert_Pinkham_Ryder_-_Pegasus_Departing_-_1929.6.105_-_Smithsonian_American_Art_Museum

Albert Pinkham Ryder – Pégasus

 

 

Gorgone aux yeux  de pierre

je  regardais s’enfuir  le temps exsangue

 

 

Pégase,   auréolé des nuits de gel    

qui déployais tes ailes blanches

en bordure des chemins grêlés de vent     

 

sur les rameaux légers du jour  naissant     

enrubannés de sève

 

Les nuages tendaient au ciel des bannières

d’argent

 

Les neiges de printemps sous ton sabot délié

fondaient en sources claires

 

Pégase

qui piétinais l’hiver et terrassais

la gangue bleue de  mes chimères