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Francis Blanche – Les cloches de Lisbonne –


Lisbonne – photomontage RC –
Les cloches de Lisbonne
Au matin quand c'est dimanche
Se souviennent encore
En voyant les voiles blanches
Qu'elles sonnaient autrefois
Quand un marin du Roi
Quittait la rade immense
Et que les larmes aux yeux
Il entendait l'adieu
Des cloches de Lisbonne

Les barques dans le port
Font des rêves de caravelles
Un jeune matelot
Les yeux clos sourit aux anges
Il voit le drapeau d’or
Des vieux conquistadors
Le frôler de son aile
La grand-voile frissonne
Et c’est pour lui que sonnent
Les cloches de Lisbonne


Les pigeons bleus des églises nichant 
aux creux des clochers
Soudain se sont réveillés

Et vont tournoyer
Dans les pierres grises
Sous le ciel clair et tranquille,
D’un beau printemps portugais
La chanson des campaniles
Montant sur la ville
Fait comme un bouquet

Les cloches de Lisbonne
Au matin quand c’est dimanche
Se souviennent encore
En voyant les voiles blanches
Qu’elles sonnaient autrefois
Quand un marin du Roi
Rapportait dans ses cales
Des horizons nouveaux
Salué par l’écho
Des cloches de Lisbonne

Le jeune matelot
Les yeux clos sourit encore
Il voit le Roi, la Cour
Les velours multicolores
Une Infante aux yeux noirs
Lui paye d’un regard
Les mondes qu'il apporte...

Sa tête tourbillonne 
Et c’est pour lui que sonnent 
Les cloches de Lisbonne

 

 

 

Mon oursin et moi 

Le Castor Astral


			

Boris Pasternak – Peinture fraîche –


Photomontage RC

.

.

« Peinture fraîche. Ne pas toucher. »
Ame, vous n’avez pas pris garde !
Et voici ma mémoire pleine des taches de ses jambes,
De ses joues, de ses bras, de ses lèvres, de ses yeux.

Plus que toutes mes joies, plus que tous mes malheurs.
Je t’aimais, toi qui fais
La jaune lumière du jour
Plus blanche que la céruse.

Et je te jure, mon amie, ô ma brume !
Il lui arrivera de devenir une fois
Plus blanche que le délire, que l’abat-jour,
Plus blanche qu’un blanc pansement sur un front.

.

Trad. Emmanuel Rais et Jacques Robert.)

Boris Pasternak Poètes d’aujourd’hui
par Yves Berger
Pierre SEGHERS Editeur


Ode aux jeunes filles – (Susanne Derève) –


Photomontage RC – Palais Royal –

Les dahlias s’épanouissent dans les jardins

du Palais Royal,

rouge pavois parmi les mauves.

.

Ainsi fleurissez-vous,   jeunes filles,

dans les allées de sable,  tendres appâts,

 papillonnant de l’ombre à la lumière

dans une nuée de rires, de selfies, de dentelles,

d’épaules nues …

.

Vous êtes belles ; sous les tilleuls valsent les confettis

du ciel, la cambrure légère d’une danseuse

à trottinette, le galbe d’un mollet, 

saut , pirouette ,

d’une robe où s’encanaille le vent.

.

Faites la nique aux passants, aux voyeurs

affalés dessus les bancs de bois parmi les fleurs :

vous lorgnent les yeux brillants des hommes.

Ils vous regardent et se déhanchent,

font jouer leurs muscles sous la peau,

de leurs dents blanches, vous dérobent un baiser,

.

 tandis que  le soleil balance son carrousel

de gueules d’amour et de cornets glacés ,

poisse les doigts enlacés des jeunes filles,  

et des garçons en débardeurs ,

.

qui  s’éloignent en chœur, main dans la main,

vers les abords du grand bassin

 et les jardins des Tuileries où leur fantôme

s’évanouit   …  

Photomontage RC


Je n’ai plus de barque où naviguer – (Susanne Derève) –


Photomontage – RC

Je n’ai plus de barque où naviguer
ni de voile pour prendre la mer

La mer habite mon passé
et mon présent est fait de landes
et de tourbières,
de bois, de chants de blés,
et de l’eau glacée des ruisseaux
où le pied heurte les galets

La mer habite mon passé
que noie le chant des cascades

L’écume y est plus blanche
qu’une coiffe empesée,
que la frange des vagues,
ou que les blancs nuages à la dérive
des vents d’Ouest
voguant mollement vers la mer

Elle bat furieusement les terres
du passé et les sables déserts
mais je n’ai plus de barque où naviguer
plus de voiles, ni d’amers


C’est la nuit que je cherche – (Susanne Derève)


Photomontage RC sur Black Snowman (D Shrigley)

Un train traverse la nuit
C’est la nuit que je cherche
dans son manteau de neige
ses éclisses de gel ses quartiers d’ombre
et de lumière
à la lueur des réverbères tremblant
sous les assauts du vent

et toi bonhomme de neige
qui fanfaronne dans les jardins
blanchis de givre
bénis ma bonne fortune :
demain flottera ton chapeau
avec ton frac entre deux eaux

Je n’aurais plus qu’à les pêcher
dans une flaque
Coiffé de mon chapeau claque
j’attraperai le dernier train
pour rejoindre la nuit en habit de satin
et l’épouser sous la lune


Départ – ( Susanne Derève)


BREST – PHOTOMONTAGE RC

 

 

Un ciel de nuit

mais les nuages à l’horizon blanchissent déjà

Tu pars

les lanternes des grues rougissent comme des phares

 

silence   ensommeillé

qui sonne doucement de l’ébranlement des trains

du chuintement régulier des essieux  

de leur halètement sourd 

 

du chant atone des sirènes 

– voix de basse des cornes de brume

émergeant du brouillard

du claquement des toiles   au  vent

 

sonne d’un au revoir  et   d’un baiser mouillé

d’une écharpe qu’on noue

et d’un bonnet serré autour des yeux

 

Sous la  pluie qui noie les lumières de l’aube

Tu pars