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Articles tagués “pierre

Max Pons – Pierre de caresse


photo: rocher modelé  ( Sardaigne )

Pierre de caresse
Pierre maternelle
Baignée de patience aquatique
Poisson immobile
La nage des eaux t’a modelé.

Tu ouvres tes yeux de taupe secondaire
Quand le carrier jette à la lumière
Tes cents millions d’années
De reclus
La pluie te rend la mémoire
De l’eau première
Et le soleil te redonne
À l’enfance du feu

Le roc s’est ouvert
Cette carrière
Devient chair,
Ici
On se perpétue

Roc bleui à force
De regarder le ciel
Rôti à coups de grand soleil
Tu portes ta charge d’homme
Une tour éblouie du blanc
De la carrière.

[…]


Angkor : la caresse du sourire – ( RC )


Art Khmer, têtes des temple

Art Khmer,         têtes des temples   Angkor

 

 

C’est le sommeil, peut-être,
Qui a clos les paupières  :
Le regard ne voyait      qu’en dedans,
la prolongation du sourire,
Et les lèvres  épaisses , se sont closes,
Dans leur secrètes pensées.

Qui peut dire  que ces figures de pierres,
Ne sont que des œuvres oubliées ?
Lorsque les hommes ont délaissé les lieux,
Et laissé les arbres les enlacer
Jusqu’à les enfouir
sous le fouillis végétal….

C’est leur sommeil, sans doute,
Qui gravite autour  du temps ;
>    Et celui-ci est immobile.
(  La pierre ,  gardant la mémoire,
    du regard intérieur,
Continue de nous contempler,

Avec son sourire   )  ,
Comme  si elle  était    habitée
De l’âme de ceux qui les ont créées,
Dépositaire d’un accord
dont nous ne percevons que la surface   :
Les mains de la pensée,

Caressent encore la sérénité de leur visage   .

RC  –  mai 2015

 

Art Khmer: Musée Guimet . Paris

Art Khmer: Musée Guimet . Paris


Gerrit Kouwenaar – Je n’ai jamais …


photographe non identifié

photographe non identifié

 

 

Je n’ai jamais rien tenté d’autre que :

tirer des pierres la douceur

tirer de l’eau le feu

tirer de la soif la pluie

 

cependant le froid me mordait

le pain était salé ou sucré

le soleil un jour vibrant de guêpes

et blanche d’ignorance la nuit

ou noire comme il se doit

 

parfois, je me confondais avec mon ombre

comme on confond le mot avec le verbe

le squelette avec le corps

jour et nuit étaient souvent de même couleur

sans larmes et sourds

 

mais jamais rien d’autre que :

tirer des pierres la douceur

tirer de l’eau le feu

tirer de la soif la pluie

 

 

 

_

 

 

traduit  du flamand par Lena Westerink


Anne Labruyère – trop tard


photo perso:   spectacle  -  Gérard Gérards-  Le  Bleymard  2014

–                 photo perso:     spectacle – Gérard Gérards- Le Bleymard 2014


Femme, laisse-moi. laisse-moi.
C’est ma musique.
Donne-le moi cet instant de calme.
Demain peut-être sera trop tard.
Entends-tu la terre ?
Vois-tu son sourire ?
C’est le dernier sourire des grands malades.
Déjà la terre enfante
Des mains démentes
Qui élèvent le feu devant l’autel.
Hostie nouvelle.
Déjà le feu hurle par la voix des innocents.
Femme, c’est très grave.
Noé n’avait pas noyé notre tâche originelle.
Les eaux n’étaient pas assez claires.

O, femme, ne t’éloigne pas.
Il fait froid dans ma musique.
Il y a des mains en forme de pierre.
Et des crânes déguisés en remords.
Il fait si froid dans ma musique.
Ne t’éloigne pas, femme.
Déjà, les bourreaux ont pris forme humaine.
Déjà, ils ont volé nos crânes pour notre bien
Et déjà, les hommes ont remis à demain, à trop tard.
Ont remis à jamais leur éveil.
Femme,  tu ne m’écoutes pas.
Ton corps a ce soir l’odeur de la terre brûlée.
Et ton regard est chaud,
Comme le sang des victimes.
Et toi si proche, tu ne m écoutes pas.
Ma parole n’a pas déteint
Sur ton corps silencieux.
Ma parole s’est figée dans son isoloir.
Et personne n’a vu.
Ni entendu la terre ce soir
Parce que c’est si simple…
Pour toi femme
Pour ton sourire et ton amour
Pour un peu de pain
Et de vin
Et de rêve
Et pour ce pauvre rayon de lune
A travers la vitre.
( A maman.)

extrait de « Ombres »   -petite  édition  de la  Société des Lettres. Sciences & Arts de la Lozère


Mario Luzi – Nature


peinture: J Dubuffet

peinture: J Dubuffet

 

La terre et à elle accordée la mer
et partout au-dessus, une mer plus joyeuse
à cause de la rapide flamme des moineaux
et du trajet
de la lune reposante, et du sommeil
des doux corps entrouverts à la vie
et à la mort dans un champ ;
à cause aussi de ces voix qui descendent
s’échappant de mystérieuses portes, et bondissent
au-dessus de nous comme des oiseaux fous de revenir
en chantant au-dessus des îles originelles :
ici, se préparent
un grabat de pourpre et un chant qui berce
pour celui qui n’a pu dormir,
si dure était la pierre,
et si tranchant l’amour.

Mario Luzi, La Barque in Prémices du désert, Gallimard, Collection Poésie, 2005, p. 69.


Herta Müller – L’homme est un grand faisan sur terre ——–( petit extrait )


dessin:  Sam Dillemans

                   dessin: Sam Dillemans

 

 

 

 

 

 

 

 

Windisch ferme les yeux. Il sent la courbe de ses yeux entre ses mains. Ses yeux qui n’ont pas de visage.

Avec ses yeux seuls et sa pierre dans la poitrine, Windisch dit à haute voix : « L’homme est un grand faisan sur terre. »

Ce que Windisch entend, ce n’est pas sa voix. Il sent que sa bouche est nue. Ce sont les murs qui ont parlé.

 

Herta Müller  avec  ce  récit  poignant et très imagé, obtient  le Prix Nobel pour « L’homme est un grand faisan sur terre »


Serge Pey – C’était une fois, c’était toujours.


peinture: peinture en trompe-l'oeil sur une porte... Oeuvre visible au château de Chatsworth,  Angleterre

——————————————                                               peinture en trompe-l’oeil sur une porte…                                              Oeuvre visible au château de Chatsworth, Angleterre

 

 

 

 

 

C’était une fois, c’était toujours.

 

La poésie n’est pas
une solution

Aucune solution
n’est une poésie

Une pierre n’est pas
un phénomène optique

Aucun phénomène optique
n’est une pierre

Une chaise n’est pas
un homme assis

Aucun homme assis
n’est une chaise

Ce cerisier n’est pas
un arbre

Aucun arbre
n’est un cerisier

La neige n’est pas
une lumière

Aucune lumière
n’est une neige

La poésie n’est pas
une solution

Aucune solution
n’est une poésie

En chantant
on découpe sans bouger
les lèvres de ce qui nous embrasse
car nous avons faim
d’avoir faim
et nous vengeons notre bouche
d’avoir été mangée

A force de regarder le ciel
nous faisons boiter
l’infini
qui ne s’arrête pas de marcher
comme un mendiant aveugle
La nuit lui donne parfois
sans nous
la monnaie d’une étoile

La beauté qui se perd
nous aime toujours
de nous
avoir perdu

Serge Pey

 


Pentti Holappa – Parole de ruine


photo perso : Loropeni - Burkina Faso  -  2012

photo perso :            Loropeni – Burkina Faso – 2012

 

Parole de ruine

 


Je veux venir près de toi.
Je ne trouve vrais
ni la pierre, ni le monde ni les distances.
Le coup d’aile d’un oiseau dans le ciel de grand gel dure
aussi longtemps que la ville aux murs coulés de béton

Il m’a fallu me briser avant de perdre mes illusions
Aujourd’hui,
je suis certain que tes cellules m’entendent quand je parle
la langue aux mille sens des ruines
en moi-même, mais rien que pour toi en vérité.


Pentti Holappa

 

 


S’il manque quelques mots – ( RC )


 

illustration  A Lacaze

illustration A Lacaze

 

 

S’il manque quelques mots,

Aux idées qui s’enfuient,

J’irai les repêcher plus loin…

Elle auront suivi leurs cours,

Arrêtées en chemin,

Par des branches qui dépassent,

 

Et, au contour des pierres,

Où ma parole s’est ralentie,

Malgré le courant,

Cette phrase est intacte,

Maintenue au frais.

 

Elle est juste un peu plus loin,

En aval.

 

Je la reprendrai telle quelle,

Et si tu n’es plus là,

Je te la garderai ,

… pour une  prochaine fois….

 

 

RC – avril 2014


Ailes sur le sol – ( RC )


photo perso - Lisbonne,  église des Carmes

photo perso – Lisbonne, église des Carmes

 

 

Les ailes des anges,
Eux-même surgis du marbre,

Ont repris le chemin du sol,
Brisées  en mille morceaux.

Ainsi les plumes de la bécasse,
Eparpillées   dans l’herbe,

Ou bien encore      Icare,
Oubliant sa pesanteur.

C’est un rappel à l’ordre,
Pour qui s’affuble du masque

De l’innocence,
Taillé dans la pierre.

L’idée de l’ange pouvait y rester.
Prisonnière,          et le marbre, intouché.

Le destin a courbé les éléments,
Pesé de sa masse sur la voûte,

Aidé de fissures multipliées,
Ainsi les racines d’une plante.

Un frémissement de la terre
A fait le reste.

Il n’y a plus,   de la chapelle,
Que ses murs blessés, et ses arcs.

Ceux-ci osent encore,
Affronter le ciel .

La rosace    n’est plus qu’un cercle,
Où                    le vent se promène.

RC – avril 2014

 

Incitation/dialogue:  un texte  de Laetitia Lisa

 

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Jean Joubert – temps immobile de cette pierre blanche


 

 

 

 

Temps immobile de cette pierre blanche,
si blanche,
où le regard s’enfonce
puis la main,
le bras,
tout le corps

jusqu’au cœur glacé du silence.

 

 


Thomas Duranteau – Pierre lourde


photo Yannick LeGoff - rencontres photo d'Arles

photo Yannick LeGoff –       rencontres photo d’Arles

Pierre lourde
emmaillotée de nos doutes
jetée là
pour mesurer les profondeurs
pour faire vomir le passé

*


la diagonale du sud – (RC )


installation: James Turrell

 

 

L’attente,                        sous le carré du ciel

Faisait glisser des hordes d’images, de nuages

Qui peut-être iront rejoindre

Les lointains qu’attendait aussi         ton pays

 

C’est une main qui tâtonne

Les colonnes solitaires

Les arbres              et moignons de pierre

L’univers emmêlé , des pentes du Larzac

 

Puis les vallées riantes et ordonnées

Et les étoiles allongées des villes,

Et les stries des vignes étagées

Se freinant dans l’espace soluble

 

Des poteaux alignés des parcs salés ,

Alors que veillent toujours sur leur colline

Les gardiens de l’éternité,       qui capteront

– ils en ont le temps-

 

Les fureurs ,          ou chuchotements du vent

Et tu seras là,                     à traduire des embruns

La langue-distance du paysage

Le corps perdu                     de la parole-voyage.

 

RC-  2008

 

Peinture personnelle: la voile rouge Acrylique sur carton 1984

Mario Luzi – Nature


peinture: John Marin

                            peinture:          John Marin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La terre et à elle accordée la mer
et partout au-dessus, une mer plus joyeuse
à cause de la rapide flamme des moineaux
et du trajet
de la lune reposante, et du sommeil
des doux corps entrouverts à la vie
et à la mort dans un champ ;
à cause aussi de ces voix qui descendent
s’échappant de mystérieuses portes, et bondissent
au-dessus de nous comme des oiseaux fous de revenir
en chantant au-dessus des îles originelles :
ici, se préparent
un grabat de pourpre et un chant qui berce
pour celui qui n’a pu dormir,
si dure était la pierre,
et si tranchant l’amour.

Mario Luzi, La Barque in Prémices du désert, Gallimard, Collection Poésie


Alain Fabre-Catalan – Où demeurent les sources


peinture: Zoran Music, paysage dalmate, gouache sur papier,1953

 

J’ai lancé ma pierre dans l’inconnu
contre les vitres de la nuit, dans le jardin des mots
plus affûtés que l’herbe sous la rosée des larmes
offertes au néant. J’ai connu la parade des corps amoureux
et caressé la vague claire qui dépose à brassée
ses paroles légères comme braise d’un feu
qui n’en finit pas de s’éteindre à l’approche des matins.

J’ai vu le dos luisant des rêves échoués comme blocs
erratiques dans le courant qui marque le passage
de la nuit au jour, sitôt dispersées les eaux profondes
du sommeil dans un flot d’images muettes.

 

Du site  « recours au poème »

 

 

– See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/alain-fabre-catalan/o%C3%B9-demeurent-les-sources#sthash.KlWO8SQe.dpuf


Vahagn Davtian – Pierre sculptée avec croix


photo perso-          Croix sculptée,     Vallée du Lot,        Lozère

photo perso- Croix sculptée, Vallée du Lot, Lozère

Pierre sculptée avec croix



 

Dans les épines,
dans les rochers,
dans le vent,
dans les tempêtes,
à travers les neiges
à travers le grillage
inamovible
têtu
l’effritement
droit
indéchiffrable
simple,
seul et modeste
contre le ciel
contre le soleil
un pilier de la douleur
une colonne de conscience
contre le temps
, comme la beauté
crucifiée.

 

Stone Carved with Crosses
Vahagn Davtian

In the thorns,
in the rocks,
in the wind,
in the storms,
through the snows
through the scorch
unmovable
stubborn
crumbling
straight
undeciphered
simple,
alone and modest
against the sky
against the sun
a pillar of grief
a column of conscience
against time
like beauty
crucified.


L’assaut du lierre ( RC )


la légende de Nabuchodonosor

 

– Le corps construit,

Sous le noeud des racines,

Abandonné sur pied, scrute les yeux vides,

L’horizon gelé, Les bras de long du corps,

Une épée à la main.

 

Aux rosées des matins,

De petites flaques s’endorment dans les creux,

Et peu à peu les mousses s’enhardissent,

Les lichens dessinent leur géographie orange,

Sur une bonne portion du buste et du visage,

 

 

Tentaculaires.

L’attente se prolonge, aux rires des oiseaux,

Si le nez se fendille,

Et que les racines se glissent

Sous les membres de pierre,

Etendant leur emprise,

 

….Profitant du dégel,

Dans les fissures,

Au point qu’un jour,

Une main se détache,

Et avec elle,  suit,

L’épée qui se brise.

 

Les morceaux parsèment le sol,

Ou roulent dans le lierre,

Reparti à l’assaut,

De la statue guerrière…

Relatant des combats

Dont on ne se souvient pas.

 

La sculpture du parc parlait de victoire,

Et au sang qui fut versé,

Celui du corps de pierre,

L’a depuis longtemps, déserté.

Triomphe du végétal,

Sur l’immobilité.

 

A l’assaut du lierre,…  forteresse de pierre,

Même la légende du socle s’est effacée.

 

– RC – 9 octobre  2013 – ——

 

 

j’ai trouvé  en rapport  ce poème de J M de Heredia:

La mousse fut pieuse en fermant ses yeux mornes ; car, dans ce bois inculte,……   –

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photo  sculpture   parc de Bomarzo, Italie


Fleurs d’air et d’eau. Brisures passagères ( RC )




Et la masse                         lentement glisse,
Retenue par la terre,
Canalisée                  par le creux des roches,
La coulée tranquille du fleuve,
              Reflétant les moustiques, 
Coléoptères haineux,
Hélicoptères, brisant le ciel
De leurs pales,                      momentanément,

La fleur de l'air              se referme immédiatement,
Dès qu'ils s'éloignent,

Comme l'eau du fleuve,         justement, 
Le lancer d'une  pierre ,
         Après le choc,                                l'avalant
                    Inexorablement,
Brisure momentanée d'une quiétude
-    Qui prend tout son temps.
>         De son éternité liquide,            et renouvelée.

-

RC -2 octobre 2013

*  l’expression « fleur de l’air » est de René Char ( de la « parole en archipel » ):

René Char

L’homme n’est qu’une fleur de l’air tenue par la terre, maudite par les astres, respirée par la mort ; le souffle et l’ombre de cette coalition, certaines fois, le surélèvent.

 

 


Hélène Lanscotte – portraits sauvages ( extrait )


 

création Fr Robert

 

 

 

 

Mes doigts jouent avec une petite pierre. Je lui dis que, quand j’en trouverai une qui lui ressemble, je la glisserai dans ma poche. Son rire fait plusieurs fois le tour d’elle-même avant qu’elle ne parvienne à dire qu’elle n’est pas une pierre, qu’elle ne veut pas que je la prenne dans mes mains, ni être dans mes poches. Et moi qui en ai toujours, des rêches et des coupantes qui entaillent la peau en laissant des cicatrices, je lui dis que je saurai laquelle elle sera ; peut-être même que je les réunirai toutes dans une poche tandis qu’elle sera seule dans l’autre. Mais si jamais elle me fait du mal, je la lancerai droit vers le ciel.
Elle me répond que je vais devenir tout tordu et qu’un jour ma poche percera.
Cela m’est bien égal d’être tordu à cause d’elle ; si c’est ça penser très fort à quelqu’un, être plus lourd d’une épaule et plus léger du cœur
.

Extrait de « Portraits sauvages »

 


Cécile Odartchenko – Le dit renaît


peinture: J Sorolla - orangers d'Alcira

peinture: J Sorolla – orangers d’Alcira

Cécile Odartchenko, À l’ami Moreu
« le dit renaît »

Tu marches peu,
mais tu marches quand même dans le labyrinthe de ton jardin.
À terre, les pierres plates,
les creux et les bosses
qu’avec le temps
ont façonnés les poids des corps
se mesurant à la résistance des chemins.
Tu sais la terre,
tu sais la pierre, tu sais la craie et le gravier
et chaque racine qui prend le sable dans son bouquet
et le tient en place.
Tu connais le buis et le rosier,
les bordures, les touffes,
les feuilles douces, les feuilles lisses,
les piquants, les épines, les orties.
Tu es l’ami
de celui dont le visage plein de rides
est une campagne à lui tout seul
ou dont la main est plus rugueuse que la patte de l’éléphant
pour avoir tenu les outils de jardin depuis des millénaires,
vieux visages, vielles mains,
corps usés, rétamés,
de corne et de peau, plissés.

du site  des éditions des vanneaux

 


Théo Léger – Perdu dans la Montagne un soir de novembre


 

 

 

 

peinture: Marsden hartley

peinture: Marsden Hartley

Perdu dans la Montagne un soir de novembre

 

 

Amples demeures des morts. La sourde. L’endormie.

J’entends se déchirer la caresse des branches

contre sa pierre énorme

j’entends la violente larme des torrents.

Je rôde sur une rive de fumée.

J’éveille une barque l’eau neutre les roseaux.

Je trouble à peine leur silence.

Je passe et ne laisse aucune ombre.

Chemin perdu, j’appelle.

A peine un écho me répond

un vent d’hiver.

Où sont les anciens voyageurs ?

Où sont mes camarades mes frères ?

Où sont ils ?

Soupir innombrable des pins contre une pente obscure.

 

 


Neige sur le dos de pierres – (RC )



Le dos de pierres
Courbé dessous
Le tas de cendres,
Et puis l’été,
Et puis la colline,

Vautrée sous le passage de l’orage.
Demeurent, parmi les restes de murs,
De la petite ruine,
Les éclats d’ardoise,
Que le feu a révélés…

Les mauvaises herbes, en tas,
Agressives,
Avaient pris possession des lieux,
Et les orties, étaient chez elles.
Sur le dos de pierres,  de la voûte écroulée,

–          C’était il y a longtemps,
.        Et déjà le feu,
.             La rumeur de la guerre,
Les maisons abandonnées,
A l’étrange été de neige sale,

Une neige de cendre,
Qui recouvrit
Aussi,
La table bleue,
>         Elle n’avait pas sa place,

Sur la charrette…

 

RC –  18 août 2013


Claude Esteban – Ne crie pas


affiche  d'expo: Reinhard Klessinger   video

 –                       affiche d’expo: Reinhard Klessinger   video  2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne crie pas, non, ne
crie pas, si tu cries, quelque chose

va mourir, peut-être un arbre ou le souvenir
du soleil

un après-midi d’été sur une pierre
et ta main, juste au bord

se réchauffant, si tu cries, c’est
un insecte en moins

dans l’herbe jaune, la peur qui s’insinue
partout, le cri

comme un poignard, forçant
la gorge.


Château les rêves , alphabets de pierre ( RC )


Résultat de recherche d'images pour "st julien du tournel"

photo:  St Julien du Tournel  –  au pied  du mont Lozère

 

Un château de rêve

Suspendu dans la brume

Navigue lentement

Lourd volatile au milieu des aigles

Alphabet de pierres

Assoiffées de l’onde

Les cristaux du poème.

Les peintures de Magritte

Chimériques

Echappées des rocs

Issues de l’esprit

Comme vagabondent

De l’âme et du monde

Mots en fantaisie.

Château des esprits

Vaisseau des écrits

Traversent les obstacles

Annulent les distances

Comme les ailes frôlent

De leurs plumes,            paroles,

Et les tours rondes   des songes.

peinture: René Magritte: le château des Pyrénnées

peinture: René Magritte: le château des Pyrénnées

Comment créer vraiment

Ce qui n’est pas encore

Et lui donner corps ?

Corps à penser, corps à rire,

Coeur à corps et à cris…

Même si c’est murmures

Aux furies du vent…

Château des écrits

D’édifices fragiles,

Cristaux de papier,

Traversent aussi le temps,

Espaces et nations,

Vertiges et vestiges,

Siècles et révolutions.

Une vue de l’esprit ?

Aux déserts,      mirages,

Qui persistent     et signent

En ouvrant paupières,

Même en coeur  de nuit noire,

….Au trente-sixième dessous,

Le rêve n’est pas dissous.

RC – 29 mai 2013

L’expression  « Alphabet de pierres »  est issue  d’un des poèmes  de Henri-Etienne Dayssol, auteur  de « Voxpoesi »,- plus exactement  l’expression « alphabets des pierres », nous rappelle-t-il… et qui anime le site poétique – du même nom…


Feuilleter le recueil des causses ( RC )


Texte  en rapport avec « A la mer retirée »

Causse Méjean – reliefs et neige   –          ( toutes  photos présentes ici :  perso  – me contacter pour une réutilisation éventuelle  )

Des bouffées de lumière,
décrivent ,mieux que je ne ferais,
le recueil des causses.

Encore striés sous les neiges,
piquetés d’impatientes pousses, et de bruns.

A chaque  détour, le savoir lire ,
du vent de l’ivresse,
épouse les accidents des collines,
chapeautées de bois sombres.

Le dialogue menu des eaux, serpentant dociles,
puis, rassemblées, mugissantes,
De chants clairs cascadeurs,
et résurgences vertes.

Le pied des pentes abruptes,
surplombées de témoins sévères, verticaux

Une route mince, s’essaie à contourner
ces vases de pierre,
Pour plonger dans  une vallée étroite,
encore habitée par l’obscur,

Dispensée des lignes orgueilleuses,
des ponts de béton.

Et le silence matinal, n’est habité
que de spirales lentes
Des vautours, glissant sous des écharpes
blanches, effilochées ,portées par la brise.

Peu importe la route
Ses dévers et sa course,
Soumise au caprice de la rivière,
Ou lancée sur les plateaux.

La constance du roc
Ou le moelleux des terres.
Le paysage reste une porte
Feuilletant le passé calcaire

D’un océan, son souvenir
Enfui

RC  – 19 mai 2013

Causse Méjean – restes  de neige

Causse Méjean – restes  de neige

Causse Méjean – restes  de neige

Causse de Sauveterre, vers Montmirat

Vallée du Tarn au dessus  de St Chély

Arbre illuminé entre rocs  St Chély-du-Tarn

« couple »:  rochers ruiniformes vallée  du Tarn

Sainte Enimie, Vallée du Tarn, résurgence de la Burle

Sainte Enimie, Vallée du Tarn

Causse de Sauveterre,  environs de Champerboux

Causse de Sauveterre,  environs de Champerboux

Article  visible aussi  sur  mon site de photos des  causses  .