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Jean-Claude Pinson – En été je préfère me tenir loin des plages


 

Location T4 7 personnes LE TOUQUET PARIS PLAGE 62520 ARCADIA 34

En été je préfère me tenir loin des plages
pourtant si proches pour un peu
j’entendrais leur rumeur
un mélange de vent clair
de cris de vagues au ralenti
je reste dans la chambre
où j’ai fait mon bureau
guettant dans le temps suspendu
la venue incertaine de la fameuse inspiration
en réalité fabriquée avec des livres pillés
des papiers raturés
des allées et venues à la fenêtre
à rêver devant la vacuité des jardins ouvriers
au mois d’août délaissés
je note des petits riens
espérant par la suite
les faire monter en neige
pouvoir les baptiser poèmes
à condition que s’y retrouve
comme un jus concentré
de la vie
et pourquoi pas un goût de plage
sans la plage cocktail de glace,
d’ambre solaire de baisers
sous les pins, ou
quelque chose d’avoisinant .

 

extrait de« J’habite ici »  de Jean-Claude Pinson


Marina Tsvetaieva – mon autographe dans la figure


texte extrait   des  « écrits de Vanves »

 

photographe non identifié

                           photographe non identifié

Partis nulle part, ni toi ni moi

Perdues pour nous toutes les plages.

Propriétaires d’un sou, été brûlant,

Pas dans nos prix les océans,

De la misère – goût toujours sec,            

Tourne la croûte sèche dans la bouche,            

Plat – bord de l’eau, mangé l’été !            

Espace de pauvres, poches retournées.

Anthropophages de Paris

Replets, joufflus, panse luisante

Vous tous, mangeurs de poésie,

Ripailles de graisse, un franc l’entrée

Et pour la bouche, lotions-poèmes,            

Refrains, sonates et versets,            

Voûtes célestes, fronts étoiles.            

Eau de toilette – le chant aux lèvres.  

Mangé l’été, Paris !          Plages sèches !

Pour vous – soyez maudits

Pour vous la honte ! Recevez

Mon autographe dans la figure :

De mes cinq sens – cinq doigts signant,

Meilleurs souvenirs, bons sentiments.

 

 

(Paris- La Favière 1932-1935.)


Miguel Veyrat – Cartes et épaves


ancienne carte maritime            région de Hyères

Cartes et épaves

Et si vous dessinez une carte de votre propre
corps, sentez comment elle s’intègre
avec l’univers de votre mot. Et aussi
les îles s’obtiendront
seulement par des fleuves de sang
qui ont inondé les forêts, les prairies
et les cieux.         La proue toujours
dans l’inconnu que vous dirigez
sans avoir besoin  de sextant

ou autres instruments.


Mais aucun retour, le capitaine.

Les statues ne seront jamais
de sitôt de retour vers la scène
ou les plages, dans la mesure
progresse, étrangement éclairé,
le mot sur ​​le corps
à la lumière de la raison ,qui n’est pas détruite.
Mais qui sait? Presque personne maintenant

ne sait ensuite
relier  les  épaves  ensemble.

Mapas y pecios

Y si trazas el mapa de tu propio
cuerpo, sentirás cómo coincide
con el universo de tu palabra. Y también
que a las ínsulas se llega
solamente por los ríos de la sangre
que anega las selvas, las praderas
y los cielos. Proa siempre
hacia lo incierto que tú configuras
sin precisar de sextante ni instrumentos.
Pero no hay regreso, capitán. Atrás
quedan las estatuas que nunca
o pronto volverán a la arena
por las playas -en la medida
que progrese, extrañamente encendida,
la palabra sobre el cuerpo
en la luz de la razón que no naufraga.
Mas ¿quién podrá saberlo? Casi nadie ahora
junta pecios para después leerlos

 

Le monde selon Herodote.  Doc Telerama

Le monde selon Herodote. Doc Telerama