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Une route perdue – ( RC )


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Au bord du son déjà lointain
De la cloche fêlée
J’ai cheminé sous les brumes
Au bord des étangs remplis de nuages,
Essuyant leur camouflage.

Ce qui avait été une route
Traçait sa voie au milieu des sables
Fougères et terrains instables,
Se morphondait en plaies,
Les dents de cailloux sous la surface.

Cette voie je l’ai suivie
Aussi loin que le regard porte.
Elle se déroule toute droite,
Et absente des cartes…
Censée mener quelque part,
Maintenant plongée dans la forêt :

Une échancrure fine et rectiligne,
Qui pourtant s’essouffle,
Lorsque les îlots d’asphalte
Burinés de sable noir, se font rares,
Mangés par les flaques,
Aux bouches opaques.

Elle se rétrécit encore,
Serpente et se tord,
Et puis se perd,
Bue par la densité du vert,
Comme un vieux langage,
Dont on aurait perdu l’usage.

Transformée en chemin,
Celui-ci s’éteint
Au milieu des pins,
Cédant la place à une impasse,
Un rideau clos,
Un fouillis de végétaux
a reconquis la place,
fermant peu à peu l’espace.

Habitée par les ombres,
Des arbres sans nombre ;
une cabane abandonnée,
Où le chemin m’a mené :

cette petite cabane,
dont les couleurs se fanent
perdant peu à peu ses planches,
Masquée par les branches ,
c’est vers le sol qu’elle s’incline…
le temps lui fait courber l’échine .

.

juillet 2014 – fev 2018


Armand Robin – vieille communiste


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XII

Une femme pas vieille, Mais vieille communiste,
Étendit les bras, cria :
—    Arrachez-moi du corps les haillons du dogme!

Revêtez-moi d’un manteau tout simple !
Elle s’est réveillée, couverte de plaies
Et comme stigmatisée :
Le sang que dans les geôles versent
Ceux qu’assassinent les messieurs des bureaux
Perlait sur ses tempes.
XIII
Ils sont accourus, ils ont braillé :
—    Le communiste ne meurt pas !
Mais il n’est pas encore arrivé qu’un homme ne meure pas

Et plus l’homme a de la valeur,

Plus grande est pour lui la douleur.

Ils sont accourus, ils ont braillé :
—    Dans le socialisme.
Un doigt blessé ne fait pas mal.
Ils se sont blessé un doigt, Ils ont eu mal, Ils ont douté…


Je marche dans l’inconnu – ( RC )


e kelly.jpg

peinture:  Ellsworth Kelly

 

Là où le monde secret des inanimés perd de son mystère ,
en léchant ses plaies de lumière ,
on se tire difficilement du sommeil ,
dans le parcours des heures qu’interromp le réveil .

On a encore dans la tête , mille rêves .
Ils éclatent, comme une bulle crève ,
quand le jour s’élance
l’aube effaçant le silence
du coeur même de la nuit .
On doit reconquérir son esprit ,
ranger l’armoire à nuages ,
se préparer au voyage ,

  •    Aujourd’hui nous attend ;
    il faut plonger dedans ,
    endosser son costume ,
    poser ses pieds sur le bitume .
    Il n’est pas certain qu’il s’ajuste exactement  :
    ce matin ,         je ressens un flottement
    entre hier et aujourd’hui :
    >   pas sûr que ma vie
    me suive à la trace :

à mesure, elle s’efface
sans plus me correspondre :
les minutes et les secondes ,
les années anciennes
ne sont plus les miennes :
le temps est discontinu :
>                   je marche dans l’inconnu.


RC – juill 2017


Armand Robin – XII


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XII

Une femme pas vieille,           Mais vieille communiste,
Étendit les bras,              cria :
—    Arrachez-moi du corps les haillons du dogme!

Revêtez-moi d’un manteau tout simple !

Elle s’est réveillée, couverte de plaies
Et comme stigmatisée :

Le sang que dans les geôles versent
Ceux qu’assassinent les messieurs des bureaux
Perlait sur ses tempes.

 

( tiré des « poèmes pour adultes » )

voir aussi  «  l’homme  qui fit  tous les  tours »

 


Philippe Vallet – mes trop-pleins de mots


peinture perso: Brillance Evans -  au collage oriental 1990

peinture perso:     Brillance Evans – au collage oriental       1990   (  hommage à Bill Evans )

 

et mes trop pleins de mots dansent

le présent jeté au visage

déroule mère-envies

effleurer impossible raison

 

 

*

notre cage matière choc

drames de nos silences

épars le temps se compte

goutte à goutte poreux

 

*

 

tout un échafaudage porte mes bras désarmés

de bord à bord à l’outremer

la mémoire dénommée

plus qu’un poing

une lanière coup frappe

force éperdue où partir

*

 

 

est une ruelle étroite

rigole où nos yeux effarouchés guettent

une odeur où rouler

s’asseoir

*

 

 

nous léchons nos plaies longtemps

elles portent saveurs à nos parvis

*

 

 

peaux vous n’êtes plus anonymes

bourdonne veines visibles

au coeur offert alentour


Là-haut, ici bas – ( RC )


 

 

 

 

 

 

 

Là-haut, ici bas.

Sans limites, se poussent les nuages en épaisseurs  grises
C’est un ciel  d’étains, qui bascule à coups  d’éclairs…
Une  couverture  dont  on ne  connaît pas la lisière
Tandis  que, dans un mélange de clairs et de bruits, la terre  s’enlise.

C’est une  dispute  de géants, à coups de cimeterres
Pour la conquête  d’un territoire immense
Et l’on reçoit ici, les échos  du combat,  en pluie dense
Agrémentée des roulements  du tonnerre.

Les  fanfares  d’Eole  embouchent leurs  trompettes
Les arbres  se secouent  en tout sens
Et mêlent  leurs  membres  de toutes  essences
Quand  s’approche la tempête.

Voila que  gifle une tornade de grêle…
Le sol accepte sans  résistance
Que les dieux bataillent  sans  décence
Et s »envoient  à la figure  leur vaisselle .

Ceux qui connaissent l’endroit se demandent ce qu’il est advenu
Du paysage  riant,  de sa vallée large, maintenant déserte
Des routes emmêlées de troncs, une marée verte
De branches  en tous sens, et du feuillage haché menu…

Il faudra une main large pour écarter les nuages
Et mettre une fin provisoire, aux  hostilités
Déjà, s’amoncèlent  les  dégâts  – une calamité
Pour les habitants d’en bas, comptant leurs dommages.

Une main puissante  qu’on ne puisse pas mordre
Pour  retrouver  le chemin de l’entente, et l’esquisse
D’un début de paix et sérénité, une  armistice
Que certains nommeront le retour à l’ordre.

Pour  fuir la confusion, un peu d’autorité
Que le pays panse ses plaies
Il faut reconstruire,     et sans  délai
Après l’ouragan ,         de la fin de l’été.

 

RC  –  17 octobre  2012

 

( toute similitude  avec les situations politiques  ne serait pas complètement fortuite)