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Jean-Paul Chague – Expansion sans profondeur


détail de peinture  ( non identifiée)

détail de peinture ( non identifiée)

 

 

 

 

tant de nos livres sont muets

 

à quoi l’attribuez-vous       des corps

pourtant y passent entre les lignes

 

ni cris ni revendications qui les fassent

se retourner     désir plaisir même

demeurent affaire privée

 

ils passent ce sont des entités

 

ni hoquets ni râles ni murmures

ni douleur à opérer l’organique

nous est une langue étrangère

et tombe de la bouche une mélopée »

Jean-Paul Chague

 

ce texte  est visible  sur le blog  de l’écrivain Claude  Chambard  » un nécessaire  malentendu « 


Luis Cernuda – Je dirai la naissance


photo:  montage perso   avril 2012

photo: montage perso avril 2012

Je dirai la naissance

Je dirai la naissance des plaisirs interdits,

Comme un désir qui naît sur des tours d’épouvante,

Barreaux menaçants, fiel décoloré,

Nuit pétrifiée sous la force des poings,

Devant vous tous, même le plus rebelle,

Qui ne s’épanouir que dans la vie sans murs.

Cuirasse impénétrable, lances ou poignards,

Tout peut servir à déformer un corps ;

Ton désir est de boire à ces feuilles lascives,

Ou dormir dans cette eau caressante.

Qu’importe;

On l’a proclamé : ton esprit est impur.

La pureté, qu’importe, les dons que le destin a portés jusqu’au ciel, de ses mains immortelles ;

Qu’importe la Jeunesse, un rêve plutôt qu’un homme,

Au sourire aussi noble, plage de soie dans le déchaînement

Ces plaisirs interdits, ces planètes terrestres ,

Membres de marbre à la saveur d’été,

Suc des éponges abandonnées par la mer,

Fleurs de métal,    sonores comme la poitrine d’un homme.

Solitudes hautaines,    couronnes renversées,

Libertés mémorables manteau de jeunesses;

Qui insulte ces fruits, ténèbres sur la langue.

Est aussi vil qu’un roi, ou qu’une ombre de roi

Qui se traînerait aux pieds de la terre

Pour ne quémander qu’un lambeau de vie.

Il ignorait les limites dictées.

Limites de métal ou de papier,

Car le hasard lui fit ouvrir les yeux sous un jour si intense

Que n’atteignent pas des réalités vides,

D’immondes lois, des codes, des rues de paysages en ruines,

et si l’on tend alors la main,

On se heurte à des montagnes d’interdits.

Des bois impénétrables qui disent non,

Une mer qui dévore des adolescents rebelles.

Mais si l’opprobre et la mort , la colère et l’outrage ,

Ces dents avides qui attendent leur proie,

Menacent de déchaîner leurs torrents,

Vous autres, en revanche, mes plaisirs interdits,

Orgueil d’airain, ou blasphème qui ne renverse rien,

Vous offrez dans vos mains le mystère.

Un goût qui n’est souillé par nulle amertume,

Un ciel, un ciel chargé d’éclairs dévastateurs.

A bas. statues anonymes,

Ombre de l’ombre, misère, préceptes de brume

Une étincelle de ces plaisirs

Brille en cette heure vengeresse.

Son éclat peut détruire votre monde.

——

extrait de   » Plaisirs interdits »


Redon – les plaisirs , les jours , les ors de Redon ( RC ) – M Proust- Arthemisia


Sans les larmes, les yeux pleins, au regard immobile, le vertige des chevaux peints, passent en demain les belles ors de Redon,

dansent, ma neige, en cercles aériens, tourbillon vertical aux ailes enlacées,

la terre se soulève aux équidés embrassés , point de quotidien qui finit, l’aventure de l’Arc en ciel,

recommence à chaque mouvement des nuées, la terre a sa chaleur d’été, les ombres sont en fumées,

dissoutes dans un bleu inventé, le goût des heures demeure        …. au temps immobile des plaisirs et des jours…

les « plaisirs et des jours » fait bien sûr référence à Marcel Proust

dont voila  l’extrait final de  « les Tuileries » …  un texte très « imagé », qui m’avait fortement marqué en tant que collégien…

photo:

Bernard Legon            Sculpture:                   Coysevox:                  allégorie de la renommée

 

Au bout de la Terrasse, un cavalier de pierre lancé sans changer de place dans un galop fou, les lèvres collées à une trompette joyeuse, incarne toute l’ardeur du Printemps.
Mais le ciel s’est assombri, il va pleuvoir. Les bassins, où nul azur ne brille plus, semblent des yeux vides de regards ou des vases pleins de larmes. L’absurde jet d’eau, fouetté par la brise, élève de plus en plus vite vers le ciel son hymne maintenant dérisoire. L’inutile douceur des lilas est d’une tristesse infinie. Et là-bas, la bride abattue, ses pieds de marbre excitant d’un mouvement immobile et furieux le galop vertigineux et fixé de son cheval, l’inconscient cavalier trompette sans fin sur le ciel noir.

le même cavalier  ( le Renommée, du sculpteur Coysevox ), par un temps différent,  montage perso

le même cavalier (  la  » Renommée »,      du sculpteur Coysevox ),    par un temps différent,                 montage perso

—-

et Arthemisia, dans  son post  » Finir bien« …   « me répondit »

 

https://ecritscrisdotcom.files.wordpress.com/2012/12/73a97-redon2ble2bchar2bdu2bsoleil.jpg

 peinture: – Odilon REDON  Le Char d’Apollon   Vers 1910

Ce cavalier là avait les yeux pleins. Ils repoussaient la pluie, appelaient le soleil, et même quand il s’éloigna, ils laissèrent sur la terre une couleur nouvelle, inconnue, hors de l’arc en ciel, qui donna du goût aux heures, et le courage d’aller vers soi.

Dans l’habitat du quotidien, ils offraient la force des lendemains. Des autrement.

Cela aurait pu être le début de l’histoire. Ce fut son dernier chapitre.

Il fallait bien finir.

Il fallait finir bien.

© Arthémisia – 05/2011


Le temps retrouvé (RC)


photo provenant de marc solari - (photos macro de nature,)

Point n’est besoin de mots,pour décrire
L’avril colportant ses échantillons…

Et se croisent au regard, maints papillons
Des giboulées caprices, sans les maudire

Au tic-tac du carillon sa mécanique glacée
L’été n’est pas encore là,il se laisse intimider

Réciter des poèmes, et s’en agacer
Il est , du silence, les fils à dévider

Les saisons hésitent et préparent en douce
Un souffle végétal reposé, qui repousse

Sous un ciel qui grimace et tousse,
Pierre qui roule n’amasse pas mousse

Du temps retrouvé de Proust, c’est toujours
En le lisant, » les plaisirs et les jours« .

There is no need of wordsn  to describe
April peddling his samples …

Many butterflies  crosses each over, in the look’s eye
Vagaries of showers,       without cursing them

At the ticking of its mechanical iced chimes
Summer is not here yet, he has been  intimidated

Recite poems, and be annoyed with
They are, from the silence, yarns to unwind

Seasons are reluctant ,  and prepare softly
A rested vegetal breath, that re-grows

Under a sky that grimaces,  and coughs,
A rolling stone gathers no moss

Proust’s Time Refounded, it is always
Reading it  , « the pleasures and the days ».

 


« L’encre versée sur les amours – (RC)


L’encre versée sur les amours, – on sait à quel point on s’attache….
Peu disent ,            des amants,         que cela fait tache…
Et puis de cette encre,          de ces plaisirs, et cris
On peut en retrouver la trace,              les écrits..

On dit bien que si les paroles s’envolent,  les écrits restent
Ils sont alors moins volatils           et impriment nos gestes
Aussi… à faire venir cette encre              par litres
Et à réécrire l’histoire, c’est             par chapitres

Qu’on la parcourt            en toute saison
Et qu’on emménage         en tous horizons
Au creux de son épaule, à l’image de ton visage
Aux sensations de ses mains, c’est déjà un voyage

Qu’un printemps fait éclore par dessus les frontières
Aussi bien aujourd’hui , qu’on écrira l’hier
Du visible, en sensible, encres sympathiques
Je dessine, -mots et images- un portrait magnifique..

RC
5 avril 2012

— petit commentaire perso:  — »  au creux  de ton épaule, pour ligne  d’horizon » ,  est extrait du texte  d’une  superbe chanson interprétée par Catherine leForestier   » au pays de ton corps »

Ce à quoi répondit Manouchka…

Manouchka
5 avril 2012 at 17 h 01 min

Une Larme versée,
Coule sur ton cou d’Ocre,
Comme une Huile parfumée,
Sur nos Vies médiocres…

Par delà la Lumière,…

…  suite visible  dans les  commentaires  à « Messager de l’art »

Accompagnement pictural:  Andrew Wyeth,  peintre américain au style réaliste très particulier,

qui est un des grands maîtres  de l’aquarelle,                             dont je montre  deux  exemplaires, extraits du

livre  « la Suite Helga »  (  toute une  série  étant consacrée à sa compagne, Helga ), au physique un peu « rude »

mais par rapport à laquelle, le peintre  arrive  vraiment  à nous transmettre une sensualité impressionnante..

d’autres  accompagnements  dans mes posts  précédents  montrant d’autres  oeuvres  de la suite Helga …., par exemple  trois  posts  avec des textes  de  l’écrivaine  Else Lasker-Schüler..., ou bien ici