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Norbert Paganelli – Quien eres


Quien eres                                                ( qui es-tu ? )


nicolas Cotton norbert Paganelli

peinture:   

Nicolas Cotton

 

Moi je n’aurai jamais voulu cela :
cette profusion de chaleur et ces éclats de guerre.
Les affres de la bataille que se livrent les éléments
n’ont jamais acquis ma sympathie profonde.

Je connais, certes, les bruits rapportés des combats
et les plumes recouvrant les casques ciselés.
Ainsi que les armes dont les couleurs de feu m’avaient jadis envouté
mais jamais je n’ai succombé à l’or des trophées

On m’avait dit que le miel était ailleurs et j’ai  fait comme si,
comme si cela devait durer
dans l’éclat sobre d’une grande quiétude.

Il m’est arrivé de ne pas suivre ma propre trace,
ce n’est pas une raison suffisante
pour m’exiler loin de mon serment.

 

 


Leslie Kaplan – livre des ciels


 

Résultat de recherche d'images pour "edredon"

La chambre, notre grand lit plat. En face, l’armoire avec le miroir rigide.
Reflet.
Je suis avec lui, sous l’édredon. L’édredon est épais, à plumes, il ne pèse rien.
Carreaux multicolores, on est dessous, vivants.

Il est à côté de moi. Je vois la peau élastique, les yeux qui cherchent.
Il est là, allongé.

Par la fenêtre, le ciel humide, ses trous et ses volumes.
L’édredon est léger, envahissant comme une déchirure.


Marine Laurent – Femme de papier


 

CA0OEVYP.jpg

peinture: Egon Schiele


Suis une femme de papier
De celui dont on fait les arbres
Et j’ai puisé à leur aubier
Et mangé leurs feuilles vivantes
Arraché l’écorce du fût
Pour tenir debout à ma table

L’hiver sur du papier glacé
Je laisse mes traces effaçables
La sève qui coule des doigts
Trace des mots sans importance
Je flotte au vent car mes racines
Courent à peine sous le sable

Suis une femme de papier
Qui se froisse à moindre risée
Qui brûle à petite flambe
Dans un foyer désaffecté

Mais si l’oiseau à ma fenêtre
Vient poser une plume blanche
Je sens mes folioles renaître
Et la plante à mon encrier

Je partirai sur une branche
Emportée par nuit sans étoile
Et vous dirai dans mon absence
Ce que j’ai laissé sur la toile.


Des desseins laissés inachevés – ( RC )


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Tiré de AAARG

Il y a des desseins que j’ai laissés inachevés ;        

ils me saisissent par le bras,
m’habillent de signes du zodiaque , qui se repèrent sur mes épaules, coude et genoux,
et se mettent à clignoter.
Des nuages qui se forment en un manège duveteux,
sont des licornes, des lions et des serpents. 

Tout le monde a l’air de bien s’entendre ;
ils me convient avec eux , pour partager les restes du buffet,
habiller les piétas de goudron et de plumes,
sortir les balais des sorcières des profondeurs de l’histoire

comme ceux cachés derrière les portes grises des placards des vestiaires ,
remplacer les hommes politiques par des héros bien connus de bandes dessinées:
je désigne aussi Bibi Fricotin, Felix Le Chat , Mandrake comme gagnants des épreuves olympiques
et les télés repeintes en noir mat.

Cela ne trompe pas:             c’est un clin d’oeil du destin    :
–         je vais me présenter à ma propre succession  !       ,
juste avant de me diluer dans un sommeil en deux dimensions
dont je n’apprécie même pas la superficie.
J’ai dû sortir, par inadvertance , de la case prévue à mon intention…

RC – mai 2016


Yannis Ritsos – Sortie de prison ?


Rainbow Fairies, from Monique's Kindergarten, 1996

photo: Michael Kenna

 

Sortie de prison ?

Tout entier livré, abandonné à la plénitude du vide indifférent,
il dépouille ses ailes |
( celles qui l’ont porté jadis au zénith) il les plume une à une
Comme s’il effeuillait une grande marguerite étrangère
devant les petits marchands de chaussons au fromage
aux chaises crasseuses
et les papiers huileux tombent en même temps que les plumes sur la chaussée,
et ils s’emmêlent parfois dans les roues d’un vélo.
Le gardien m’a ouvert la porte. Je suis sorti,
Dans la cour, une cruche, un cerceau, un oiseau.

Karlovassi, 9. VII 87


Mario Luzi – Que de vie !



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détail d’une peinture de Frida Kahlo
.

« Que de vie ! »
une voix aiguë d’enfant s’élève
là où une foule d’oiseaux
arrachés à leur gazouillement
de branche en branche
s’enfuit dans l’effeuillement du bois
sous le froid contre jour,
trace un sillage de plumes et de cris,
abandonne les phrases brisées
d’un discours qui achoppe, fête
et fuite, tandis que des hommes à l’affût
en préparent le massacre ;
“que de vie !” répètent des derniers,
ces plus lumineux battements d’ailes
sur toute la broussaille entre mer et marais […]

car on ne perçoit jamais la vie
si fort qu’au moment de sa perte.

Mario Luzi, « Du fond des campagnes », L’Incessante Origine, Flammarion, 1985, pp. 112-115.
.

.


Allegra Sérendipité – Vesper


Vesper

 

Publié par

 

Comme des milliers de bougies allumées

Le ciel du soir est étoilé

Parmi tous ces points dorés

Il n’est qu’une flamme à aimer.

Dès cinq heures elle est là

Suivie par d’autres, qui pas à pas,

Jalouses  comme des sirènes

S’agglutinent  aux  voilées siciliennes

N’est-il pas vrai qu’elle laisse un gout amer

Cette étoile que l’on nomme Vesper

Un certain James pense tout autre

Une fois goûtée on ne veut rien d’autre

Ma vie à cette heure cardinale

Irradie  comme ce chant vespéral

Hymne  enchaîné d’un verset mystique

Salué d’un Magnificat Liturgique

Mais la lecture de leurs filantes capitules

Me laissent telle un rameau d’Aspérules

Alanguie dans mon  lit de plumes

Insomnies et  chevauchées de runes

Ô  nuit illuminée, pose magnifique

Sur mes lèvres ce sourire chimérique

Car au matin  de ce moment magique

J’ouvre des yeux d’amnésique.

 


Raymond Farina – Une colombe une autre


 

           Tourterelle « turque »

 

 


 

« De mémoire d’oiseau »

Ton gris te va à merveille
surtout quand vient le spleen du ciel
quand tu te poses sur l’ardoise
que l’averse vient d’effacer

Au milieu du grand tintamarre
tu hasardes ta cantilène
comme un infime flux sphygmique
dans l’énorme corps de la ville

À l’instant où les nappes claquent
tu as vite fait la synthèse
des miettes qu’on éparpille

avant de rejoindre les tiens
qui tout en s’ébrouant s’enfoncent
avec un discret enthousiasme
dans leur douce orgie de poussières

dans leur minuscule désert
qu’ils signeront de quelques plumes
d’empreintes à peine visibles

Cet « article » provient du site des éditions des Vanneaux.

 


Leeli – Comment tu es long


sculpture: couple enlacé, art Khmer, metropolitan mus of Art, NYC

sculpture:  Art indou  – Orissa

Comment tu es long
Et comme je suis loin
Assise entre deux mers
Ici où les fleuves
Poussent comme des pissenlits
Et les draps bien tirés
Font des vagues sous nos dos

Comme je suis longue
Allongée sous ta main
Pas de timbres, pas de plumes
Mais des ondes en cascades
Et un tam tam
Ridicule
Qui tient le temps
Et nous force à aimer.


Rituel de la lame et des voeux ( RC )


lieu aux  sacrifices  - voeux 5201.xnbak

-Bobo Diolasso, vallée sacrée (Dafra) .    Burkina FASO

 

 

A l’ombre d’un arbre dont je ne saurais dire
Ni le nom,                    ni le dessin des feuilles,
Cet homme,                             un être sans âge,
Presque nu,                                           immobile,
–                                            Et peut-être aveugle
Gisant, endormi, sous la voûte des feuillages,
Sur un gros bloc
A l’entrée d’une cathédrale de rochers.

Des lianes pendaient dans l’ombre végétale,
Et m’habituant à elle, je la perçus moins obscure,
>                      Accompagnée du frêle murmure,
D’une eau,                     s’écoulant , paresseuse,
De bassins                        en vasques naturelles.
Dans cette espère ce château creux,    inversé,
habité de relents lourds,    gras,      écoeurants,
Ne devant rien à la profusion végétale.

Il n’y avait      pas d’idole incrustées dans les parois,
>           Pas de sphinx de pierre, dans ce lieu reclus,
Isolé d’un ciel ,                       qui claque sous le soleil,
Mais un sol presqu’entièrement couvert de plumes,
Et progresser                       parmi le chaos rocheux,
N’était possible,                     qu’en foulant aux pieds
De multiples ossements
S’affaissant sous mon poids.

Peut-être étais-je habité par le non-savoir,
Enfui trop vite                de la lumière,
>                      Vers ces profondeurs
Où le ruissellement    d’une eau rare
S’associant     aux rituels millénaires
Où l’amour et le vivant,        meurent
Tranchés,     par la lame de l’officiant,
>     Le sang se mêlant à l’eau lente…

Peut-être,      n’ai-je pas dans l’esprit,
–                Celui de faire un voeu
Quand on lit l’avenir
Selon ,        que la bête sacrifiée
Prolonge ou non       son agonie
Sur le ventre               ou le dos,
Et ,         que se vide son corps
Palpitant encore, au milieu des pierres.

Mais ,                        l’homme endormi,
Au pied des carcasses suspendues,
>                   Et des toisons dépecées
Rêvait peut-être  de la vie qui s’enfuit,
Et du murmure indéfinissable,
–                    Des   dieux primitifs,
Offrant,          dans ce lieu reclus,
Des promesses    de prospérité.


RC –  26 janvier 2013

photo perso  -repos de l'officiant - Bobo Diolasso, vallée sacrée. Burkina FASO

photo perso                                                                                                                   -repos de l’officiant – Bobo Diolasso, vallée sacrée. Burkina FASO

 

 

A noter  qu’à Dafra, le cours d’eau se continue  en mares, où vivent d’énormes poissons chats ( silures), nourris avec les restes des animaux  sacrifiés:  voir photo de Brad 177:


Marie Hurtrel – gelures au bord de l’étang


givre sur plantes –      photo perso  – Bretagne

L’heure est aux gelures des bords des étangs incrustés de lune.
Là,
entre un silence et le souffle des monstres brennous,
les plumes s’agitent,
les mots tombent,

et la magie n’existe plus que dans l’eau rouge des veines.

Dans l’antre ouverte de l’outre âge :
Il est temps,
où le temps sourd.

Il crime,
de l’autre côté de la terre ;
la mort a l’odeur des baptêmes intégristes.

Le sens broie où les os craquent,
quand la patience cure ses canines occidentales.

© Marie Hurtrel

 

 


J’aide à sourire le réel – ( RC )


montage perso – sirene sur torse avril 2012

J’aide  à sourire  le réel
En plaçant des étoiles
Aux quatre coins  du firmament
sans demander la permission

Je lance des atomes à la pelle
Envoie des mots, peins les toiles
Mâche du fictif, aux cinq continents
Et fais non -sens aux obligations.

J’associe, l’impossible, et le concevable,
Funambule des phrases, je danse,
En parfumant d’essences
Des temps  qui courent, de souffles  nouveaux ;

S’il faut bousculer les idées stables,
je prends la plume, sans arrogance
Et des couleurs   en transe
Comme les plumes, des oiseaux.

J’ai la tête à l’envers
(  ça n’se fait plus  d’écrire en vers)
En démontant moultes idées  reçues
(  çà, on s’en était aperçu).

Le réel était  un cauchemar  ?
Laissez moi faire,….. je me marre !
Coquecigrues  et billevesées
C’est ma tasse de thé, je vais en abuser.

RC-  10 octobre 2012


Ulysse – la voix


peinture: Raphael- madone – détail – ( the Norton Simon collection )

La voix

Il manquera toujours une voix à nos plumes
Un timbre une musique vibrante qui allume
Des feux de la Saint Jean aux buchers de nos nuits
Et disperse les ombres des regrets infinis.

Il manquera toujours, une main à nos rimes
Posée sur une épaule quand la vie nous abime
Pour vibrer du désir d’une nouvelle aurore
Et forcer les bourgeons qui refusent d’éclore

Il manquera toujours un regard à nos vers
Pour dire sa tendresse quand tout va de travers
Essuyer une larme d’un trop plein de bonheur
Recevoir un sourire comme on cueille une fleur.

Il manquera toujours la douceur d’un visage
Sur la page où s’écrit le plus fou des voyages
Quand le vent de l’amour souffle d’imaginaires
Evasions   sans retour tout au bout de la terre.

Ulysse – 3 juillet 2012


Cesar Moro – Le monde illustre


photo – reportage auteur inconnu

 

 

LE MONDE ILLUSTRE

Semblable à ta fenêtre qui n’existe pas
Comme une ombre de main sur un instrument fantasme
Semblable aux veines et au parcours intense de ton sang
Avec la même similitude avec la continuité précieuse que
M’assure idéalement ton existence
A une distance
A la distance
Malgré la distance
Avec ta face et ton visage
Et toute ta présence sans fermer les yeux
Et le paysage qui bourgeonne en ta présence quand la ville
N’était pas je ne pouvais être que le reflet inutile de ta présence d’hécatombe
Pour mieux mouiller les plumes des oiseaux
Cette pluie tombe de très haut
Et m’enferme dans toi moi seulement
Dans et loin de toi
Comme un chemin qui se perd sur un autre continent

EL MUNDO ILUSTRADO

Igual que tu ventana que no existe
Como una sombra de mano en un instrumento fantasma
Igual que las venas y el recorrido intenso de tu sangre
Con la misma igualdad con la continuidad preciosa que me
asegura idealmente tu existencia
A una distancia
A la distancia
A pesar de la distancia
Con tu frente y tu rostro
Y toda tu presencia sin cerrar los ojos
Y el paisaje que brota de tu presencia cuando la ciudad no
era no podía ser sino el reflejo inútil de tu presencia de hecatombe
Para mejor mojar las plumas de las aves
Cae esta lluvia de muy alto
Y me encierra dentro de ti a mí solo
Dentro y lejos de ti
Como un camino que se pierde en otro continente

Extrait de    » la tortuga ecuestre »

photo: auteur inconnu

 

César Moro est né à Lima en 1903. Encore jeune, il décide d’immigrer (1924) en pensant vivre de ses peintures.
Il choisit la FRANCE, découvre le mouvement surréaliste et sa nouvelle vocation pour la poésie. C’est en français qu’il choisit d’écrire ses poèmes.
Après huit années passées et une participation active dans le groupe surréaliste 1928/1933, il retourne au Pérou où il se lie d’amitié avec E.A.WESTPHALEN avec lequel il partage ses idées, et font découvrir le surréalisme en Amérique Latine.
Il part au Mexique en 1938 où il retrouve ses amis parisiens. C’est la période la plus productive de sa vie et (l’exception confirmant la règle), il écrira cette fois-ci en espagnol:  » La tortuga ecuestre « . De même, sous la direction d’André Breton, il organisera avec Wolfgang PAALEN, l’Exposition Internationale du Surréalisme en 1940 qui a lieu au Mexique

 


Cribas: Fausse signature…(J.I 35)


A la pêche aux  anciens  écrits  de Cribas…  j’ai  remonté des profondeurs..

Cribas: Fausse signature…(J.I 35)

Par Cribas le dimanche 17 décembre 2006, 19:04 – Cribas 2006Lien permanent

 

photo: Lars Tunbjork Nepal 1996

L’incursion de mon existence, en pleine vie, ce n’est pas une mince affaire.

Et pourtant…

Je supporte plus facilement ma plume lorsqu’elle est en vie, que ma vie qui me vole dans les plumes.

Je me moque de la vie, et de sa poésie contestable, c’est à n’y plus rien comprendre !

D’ailleurs, je n’ai jamais rien compris !

Je me suis donné, comme un don !

J’aime bien l’automne et ses vitres troublées.

J’aime bien la ramener, ma grande gueule pour pas un rond.

J’aime les tains sordides sur mes doubles fonds.

J’aime les couleurs

En l’occurrence sur mes réseaux.

J’aime être à fleur

J’aime courir après mon souriceau.

J’ai des idées noires

Sur mon tableau blanc

Et j’efface tous mes souvenirs

Avec la craie chaque soir

Je me vérifie

En hurlant que j’écris pour l’à venir.

L’incursion de mon existence

Inversée dans le fond

A l’extérieur sur mon tableau noir.

Moi je sais monsieur

Je calcule avec un bandeau sur les yeux

Les plus-values de ma destination.

Mourir ?

Même pas peur !

Je vis ma rancœur

Insipide dans le pire !

Et je prends des rides

Et mon visage sa vigueur,

Ma sale gueule à la rigueur

Mais toujours mon regard moins vide !

L’excursion de mes insistances

Ouvre ma fenêtre en brisant les vitres

Du cœur sordide de mes nonchalances.

Non sans résistance

Sur mon tableau blanc

J’ai encore mes idées noires…

J’aime bien vivre en hiver

Pleurer dans le silence

Et à double tour.

J’aime bien vivre en enfer.

Et dans l’insignifiance

Insulter encore ma mère !

Je montre du doigt

Toutes mes petites colères

Et ça se voit

Sur le train-train de mes radiateurs

Ça se règle ça se ressent

Mon besoin de chaleur.

Il fait « trop » bon chez moi

Comme à la maison dis

Moi que tu même…

Et je tenterais avec « mais si »

De te rendre la pareille !

J’entends les cloches de mon village

Et les sirènes sur ma ville

J’ai un peu perdu le surnom de mon gage

Et l’innocent règne sur mes sourcils.

J’ai le regard amorphe

Mon tableau blanc

Et mes idées noires dans le coffre

Je fonce à la même vitesse

Que les fausses signatures fières

Tendues solitaires, à ma maîtresse.

J’aime bien vivre en enfer !

Mais je prends des rides

Et mon visage sa rigueur !

Dans le grand froid

Des sudations de mes peurs…

 


Salomé aux mains douces (RC)


peinture: Lukas Cranach : Salomé & la tête de St Jean Baptiste

Salomé aux mains  douces

En chevelure rousse

Joue peut-être les vautours

En habits de velours

 

Son visage est bien rose

Le tout, sans ecchymoses

Rose sans pétales

Et St Jean est pâle

 

Enfin, juste  sa tête…

C’est après la fête

On s’est rempli la panse

Et la Salomé danse

 

Presque en transes, danse

Et…… mérite récompense

Afin que rien ne prive

Du spectacle , les convives

 

Et contribue        à la fête

On amène    le prophète…

Elle obtient la tête de Jean

Sur un plateau d’argent

 

Posée  délicatement

Et presque joliment

A la manière d’un saucisson

( c’est la décollation)

 

L’opération est simple, elle consiste à séparer

Le corps de la partie supérieure, qui permet de penser

Bien sûr il y a quelques  éclaboussures ,et c’est assez

Impressionnant, mais plus propre que de scalper…

 

Le peintre nous rapporte   avec délices

Des instants inscrits en histoire– ce  supplice…

Qui sont  toujours délicats

Mais rendus en couleurs, en habits d’apparat

 

…..       Aurait-elle tué le prisonnier

S’il n’avait eu les mains liées ?

Sa veste matelassée

En aurait été froissée !!

 

Ce qui serait dommage pour l’aventure

Et aussi, pour la peinture

Cà aurait fait un couac

…Même chez Cranach

 

St Jean est une  « chose »

De celles  qu’on dépose

Avec les gâteaux

Le tout sur un plateau…

 

Salomé en tailleur

A le regard  ailleurs

Et semble bien encombrée

Par la lourde épée

 

Comme marteau et enclume

(avec son chapeau à plumes)

Calée dans  son cadre

Comme à la parade

 

Un peu dégrisée

Son regard rusé

Qu’on voit au musée

N’a rien d’aiguisé..

 

Au jeu des horreurs

On y voit la mort

Venir rôder par ici

Et suivre les prophéties

Mais la peinture fascine

La foule jubile et assassine

Pâmoison, sensations, et  adoration

En grandes files,pour voir l’exposition.

RC   2 avril 2012