voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “pneus

Un volcan au Havre – ( RC )


photo Elainev -   architecture: Oscar Niemeyer

photo Elainev – architecture: Oscar Niemeyer

 

 

 

 

 

 

 

 

L’esplanade aurait pu continuer,
Indéfiniment.
Il suffisait d’aligner  les plaques  de béton.

Tant que l’espace  le permet ,
Entre les barres  d’immeubles ,
Sans  accroc.

Propice aux courses  folles,
Où viennent voleter
des  sacs  en plastique .

 

Il y a encore les traces de peinture  renversée,
Puis les  arcs  sombres
laissés par les pneus des voitures.

C’est un espace  sec, infertile,
De plaques  préfabriquées,
Où la ville  a  chassé  ses  arbres.

On s’étonne de voir une  frêle  silhouette le traverser.
Incongrue.
Comme un scarabée  sur une  plaque  de cuisson.

Et encore davantage
lorsque le gris uniforme,
Est stoppé  net,

Par les pentes  blanches, abruptes,
D’un Fuji-Yama,
Surgi, là où on l’attendait pas.

Une  envolée de l’esprit,
Prenant ses racines  au sein même  du banal,

Décisive.


RC  –  dec 2014


Suivre ses propres traces ( RC )


photo:        maison-boutique abandonnée Arizona

Le vent habite le village désert,
Les portes  se sont refermées sur le silence,
La vie est partie ailleurs.

Je passe au travers de palissades,
Et de jardins encombrés de broussailles,
Les bassins d’où l’eau s’est évaporée.

Des pompes d’un autre âge, gardent la station service
Végètent d’antiques véhicules
Aux pneus affaissés

Aucun chien errant ne vient plus
Aboyer sur mon passage,
Où les végétaux se referment lentement.

Juste des empreintes de pas,
Conservées dans la boue sèche,
>            Leur taille correspond à la mienne.

RC- 24 juillet  2013

photo provenance

 

tentative de traduction

 

The wind inhabits the deserted village
Doors closed on the silence,
Life has gone elsewhere.

I pass through fences,
And cluttered brush gardens
The Pools  wherefrom water has evaporated.

Pumps of another age, keeping the gas station
Languish antique vehicles
Tires sagged ,

No wandering dog ​​no longer comes
Barking on my way,
Where the plants are closing slowly.

Just footprints,
Kept in dry mud,
>            Their fits are like mine.


Max Jacob – A un filleul de quinze ans


aquarelle perso,  d'après Egon Schiele, portr  d'Erich Lederer,  Bâle  musée  d'Art

aquarelle perso,       d’après Egon Schiele,           portr d’Erich Lederer,          Bâle musée d’Art  – mars 2013

 

 

A UN FILLEUL DE QUINZE ANS.

Tu réprouves ce que je dis,
Tu parais écoeuré de moi,
Tu salues (ô torticolis) !
Et tu souris (ô quel empois)!

Tu méprises un vieux citharède
dans une enjambée de tes pneus.
Le dédain ce n’est pas une aide :
Comprendre c’est aimer un peu.

Tu te crois un très beau jeune homme,
et plus encore intelligent!
tous les romans que tu consommes
moisis, pivotent dans ton sang.

Si c’était blesser que tu souhaites…
mais non!! tu es doux et poli..
vrai Dieu, je te mettrais en boîte
et ficelé comme un colis.

Jean, ta ressemblance m’angoisse
avec mes quinze ans de jadis.
Songe à de futures disgrâces :
J’en suis le miroir aujourd’hui.

 

MAX JACOB. »derniers poèmes »