voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “pot

Joseph Brodsky – le cadeau béni, pour l’athée


Résultat de recherche d'images pour "marmite lentilles"

Dans les villages,
Dieu ne vit pas dans les coins
comme pensent les sceptiques.
Il est partout.
Il bénit le toit,     il bénit les plats,
il tient ouvertes à moitié les doubles portes . 

Il est surabondant. 

Dans le pot de fer ,  là.
Cuisinant les lentilles le samedi.
Il se dandine doucement et fait des craquements dans le feu,
il me fait un clin d’oeil, son témoin.
Il assemble une clôture, il marie la douceur du coeur au bûcheron.
Ensuite, pour faire une blague, il fait tomber le garde-champêtre juste à côté de chaque tireur ciblant un canard qui passe.
La chance de regarder tout cela de près,
tandis que l’automne siffle dans la brume,    c’est, pour l’athée,
le seul cadeau béni qu’il y ait dans les villages .

 

tentative de traduction  ( RC )

 

In villages God does not live in corners as skeptics think.

He’s everywhere.

He blesses the roof, he blesses the dishes,

he holds his half of the double doors.

He’s plentiful.

 

In the iron pot there.

Cooking the lentils on Saturday.

He sleepily jigs and bops in the fire,

he winks at me, his witness.

He assembles a fence,

he marries some sweetheart off to the woodsman.

Then for a joke he makes the warden’s every potshot

fall just short of a passing duck.

The chance to watch all this up close,

while autumn’s whistling in the mist,

is the only blessed gift there is in villages,    for the atheist.


Les gourmandises de Wayne Thiebaud ( RC)


Les  écrits  qui me touchent  s’accompagnent volontiers  de parcours  en art.   Je  suis très attaché  à l’expressionisme abstrait, mais aussi  à certaines figures  du pop américain  ( Oldenburg, Larry Rivers….)

j’ai choisi  aujourd’hui  de composer  « en direct »,  par  rapport  à des  oeuvres  de l’artiste  peu connu -pour nous, européens -, mais  aux  délicieuses  idées:  Wayne Thiebaud

Les  vitrines des boutiques

Sont  toujours prolifiques

En notre période d’abondance

Se préparent fêtes  et bombances

 

Dindes et marrons glacés

Sucreries malaxées

Des gâteaux, la pente

Suivent, dégoulinantes

 

Confitures et glaces

Appâts de la face

Beurres et crèmes

Parcours d’érythèmes

 

Cependant que famine

Résidus et vermine

Sont ce qui reste

De la fête indigeste

 

A ceux du désespoir

Dont vitrines font miroir

Du visage  en creux

Des plus miséreux

 

Les couleurs bien tentantes

Des pâtisseries fondantes

Où le ventre se vautre

Seront pour les autres.

 

17 dec 2011

peinture :           Wayne Thiebaud –       les pots peints  1990

%d blogueurs aiment cette page :