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une épaisse nuit à l’intérieur de la terre ( RC )


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mains négatives: grotte  de Roucadour

 

Sous nos pieds,
à l’intérieur de la terre,
de l’épaisse nuit
ce sont peut-être des regrets teintés de noir,
où ,       dans les profondeurs souterraines
les cavernes se font,
creusant le silence d’une paix de ténèbres .

Et la roche suinte
d’un goutte à goutte lent, régulier,
marquant l’éternité du temps,
qui finit par la dissoudre,
en faire des cathédrales
aux statues pétrifiées,
ignorant celles des saints .

Personne n’y prie
et appelle de soupirs .
Pas d’âmes affligées
pleurant d’anciens amours,
et pourtant jaillissent
des larmes en cristaux
durcies par l’attente.

Il est loin aussi,      le temps
où les hommes se rassemblaient
à l’abri des grottes,
autour de braises fumantes,
espérant survivre aux lendemains,
en peignant sur les parois
l’espoir des trophées de chasse .

Ils ont prolongé leur présence,
traversé des millénaires,
et toujours en silence,
leurs mains négatives
tâtonnent ,      inscrites sur la roche
à l’obscurité sans écho
qui se prolonge jusqu’à nous .

 

RC –  juin  2018


Jacques Ancet – l’heure de cendre


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Ecoute-moi, simplement
sans cesser tes gestes quotidiens : écrire une lettre, faire chauffer la soupe, mettre le couvert, que sais-je
l’eau qui coule les bruits ne me gêneront pas : le tintement des cuillers, le froissement bleu des flammes du gaz, l’eau qui coule du robinet, et
même si tu ne comprends pas tout, si tu oublies de m’écouter, tant pis, tu seras là, encore un peu
je saurai qu’il me suffit presque de tendre la main pour sentir ta chaleur.

Mais les mots me suffisent   l’espace de ta présence que je sens, même si je ne te vois pas avec la nuit
tout ce qui fait cet instant si différent des autres malgré l’angoisse – ou peut-être à cause d’elle        transparence noire où brillerait chaque éclat de la vie


Laisse-moi m’approcher un peu plus, avec ces mots que je cherche
de longues heures nous séparent du matin. Traversons-les ensem
ble

 

J A  1980


une forme douce et un sourire – ( RC )


peinture: Jeremy Annear

 

 

J’ai commencé
par une forme douce et indéfinie,
un peu ovale, mais sans bords,
que j’ai remplie d’un sourire
que je ne peux décrire.

Un sourire,
dont tu es l’ombre portée ,
qui s’étend lentement,
sans avoir de centre.

La couleur est apparue,
lente et dense
mais semblant sourdre de l’intérieur.

Il est difficile de l’expliquer
et encore d’en transmettre une image,
que l’oeil pourrait saisir.

Il suffit de se laisser envahir par sa présence,
s’en laisser traverser,
( enfin s’éprendre de ce désir,
qu’on ne peut même pas qualifier ) .


Rentré dans la nuit, en négatif – ( RC )


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Je suis rentré dans la nuit
en négatif:
la lampe posée sur mon bureau
n’émet que du noir,
et absorbe un peu plus
à chaque instant
les parties saillantes;

les ombres, au contraire
vont vers une clarté trompeuse :
c’est ce qu’il reste
de la présence des choses .

Le jour s’est enfui,
absorbé par ce trou de lumière,
comme si c’était un puits
où j’allais tomber
dans l’infini
la tête la première .


RC – sept 2017


Alejandra Pijarnik – 5 très courts


Réponses Photo N 186 - Septembre 2007.-- _17 - 4  .jpg

embrassant ton ombre dans un rêve
mes os ployaient comme des fleurs

*


le rebord silencieux des choses
le tu qui parcourt la présence des choses

*


ces yeux
ne s’ouvrent que
pour évaluer l’absence

*


qui m’a perdue
dans le silence fantôme des mots ?

*


des pas dans le brouillard
du jardin de lilas
le cœur retourne
à sa lumière noire

*


Beatrice Douvre – présence d’un visage


 

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Son chemin la terre jointe
Sa voix cette lampe droite
Ce qui tremble
Plus haut
Comme qui eut froid
De précéder le jour

Poids de celui qui parle
Et veut se perdre loin

Sa lumière file devant
On se souvient
D’une ombre digitale
C’est qu’une main portait
Nos lampes

Béatrice Douvre


Ta silhouette habite l’invisible – ( RC )


Photo Annie Bonnet

Photo Annie Bonnet

 

 

 

 

 

 

Toi, encore présente,

 

Tout a été effacé,               pourtant,

Comme le vent dispersant les cendres,

une fois éteintes les braises du foyer .

 

C’est sans doute que tu habites l’invisible,

Quelque part incrustée dans le cœur,

–          Où que tu sois.

 

Au sein du silence et d’un sourire,

tu te révèles pourtant,      avec le soleil,

permettant          de voir la silhouette,

 

modèle mêlé aux ombres d’une vigne vierge,

mouvante,          comme pourrait l’être

ta présence,          sur ma page…

RC – octobre 2015

 

d’après un écrit  de Philippe  Jaccottet

 

Toi cependant,

ou tout à fait effacé
et nous laissant moins de cendres
que feu d’un soir au foyer,

ou invisible habitant l’invisible,

ou graine dans la loge de nos coeurs,

quoiqu’il en soit,

demeure en modèle de patience et de sourire,
tel le soleil dans notre dos encore
qui éclaire la table, et la page, et les raisins.

 

P. Jaccottet


Brigitte Celerier – sur une photo d’August Sander


Je reprends une partie de son article  visible ici,

Qui nous évoque cette  photo d’August Sander :

 »  je ne sais où est conservé ce tirage, juste qu’il est mentionné unemployed man 1928, et que j’ai pensé que cette expression était beaucoup plus forte que notre chômeur.
Parce que ce serait cela, un homme qui n’aurait plus d’existence puisque non employé.
Et pourtant il serait là, présence haute et mince comme l’indique son visage aigu, mais rendue massivement évidente par le volume du court manteau noir, il serait là droit et réservé, les bras appliqués au corps, tenant son chapeau pour occuper ses mains, les maintenir dans cette discrétion sage, et le monde autour de lui s’absenterait dans le flou.
Il serait là avec sa chemise sans col ouverte offrant le fragile cou tendu, le visage si retenu que les lèvres disparaissent, les yeux fixes dans le vide de la rue déserte, absent et disponible.
Il serait là et nous serions passés devant lui, pensant ne pas lui avoir prêté attention, ou ne le montrant pas, faute de pouvoir lui porter aide, désir de ne pas envahir sa sphère, mais pendant que nous nous enfoncions jusqu’à ne plus être que silhouettes dans le flou du lointain, il nous resterait, rodant quelque part à la limite de la conscience, quelques questions silencieuses, à peine pensées, un vague besoin de savoir s’il a le souci inquiet et tendre d’une famille, si, peut-être, volontairement ou par décision extérieure, ce lien a été tranché le laissant à cette solitude, à moins qu’il n’ai jamais connu que cela.
Mais bien sûr, en tournant le coin de la rue, en abordant la vie du boulevard, nous ne penserions plus à lui, et il resterait, là, neutre, planté, n’osant penser, dans le vide de l’espoir, dans le vide de la rue, à l’abri des regards. « 

Confrontés à la matière, même… – ( RC )


 

photo Martin Pierre –                   falaises du Vercors

Confronté à la matière même,
il y a toujours cette  opposition,
ce défi qu’elle  nous propose,
en particulier quand les dimensions font,
qu’il s’agit d’un obstacle.

Comment  traverser  l’obstacle,
comment s’y appuyer,
le palper, en jouer , comment en tirer parti,
pour essayer de surpasser ses propres limites
( les nôtres  et les  siennes ).

Mais la matière est.
Elle  s’impose.
Elle n’est jamais  vaincue,
De par sa continuité, son existence,
de son inertie même.

Qui ,  des navigateurs,    se sont  risqués  sur la mer ,
en tablant sur  des vents calmes,
des oracles  favorables,
n’ont pas oublié les dangers qu’elle  recèle,
et leur sillage       n’a pas  laissé  d’empreinte .

Quand je vois le trapèze hautain de la montagne,
sa face  bleutée parcourue  d’ombres,
striée de troncs d’arbres,
la pente est toujours là .  Elle  s’oppose de le même façon,
même  si je l’ai franchie hier .

Quand  j’établis un itinéraire  sur la carte,
je sais que des détours  s’imposent,
qu’il me faudra contourner les précipices,
et  emprunter obligatoirement, les quelques ponts
jetés  au-dessus  de la rivière.

Supposons  que je doive franchir un désert,
c’est  toute une stratégie à mettre en place,
pour qu’on puisse s’assurer de subsister
matériellement,       pas seulement question climat,
mais en anticipant sur l’imprévisible…

Quelles  que soient les heures et moments,
ce qui a été  hier, est encore là aujourd’hui.
Ce n’est pas une  vue  de l’esprit,
Et justement,         par son essence même,
la matière impose sa masse par rapport  à l’abstraction.

C’est un corps,  un vrai corps,…. sur lequel on habite.
Il se manifeste de toutes façons,
Même  de la façon la moins perceptible
Comme  s’il déguisait, selon les  circonstances,
Sa façon d’être…

Il affirme  obstinément sa présence.
Ce corps  est matière, et se rappelle  à nous.
C’est  en quelque  sorte une partie  de notre existence  .

RC-  juin 2015

(  texte  né  de la  confrontation  avec des  écrits  de Claude Dourguin,  dont  voici  deux  courts  extraits ).

Les pins reviennent, clairsemés, avec leurs branches irrégulières, mal fournies, leur port un peu bancal qui
témoigne assez de ce qu’ils endurent. Nul tragique, pourtant, ne marque le paysage, entre conte et épopée
plutôt la singularité des lieux soumis à des lois moins communes que les nôtres, obligés à un autre ordre.

Chaque arbre tient à son pied, qui s’allonge démesurée et filiforme son ombre claire, grise sur la neige. Ces grands peuplements muets et fragiles d’ombres légères comme des esprits, le voyageur septentrional les connaît bien, une affection le lie à eux. Il traverse sans bruit leur lignes immatérielles dans le souvenir vague, qui les fait éprouver importunes, grossières, de la densité, de la fraîcheur, de l’odeur terrestre ailleurs, sur quelque planète perdue.

La contemplation de la montagne implique une intériorité plus grande que celle de la mer…. /…

C’est toute une trame narrative, avec ses anecdotes en sus, le passage d’un bateau de pêche, l’apparition d’une  voile là-bas, le train des nuages au ciel, qui se met en place. La montagne, elle, souvent déserte, immobile ne connaît que les modifications de la lumière, beaucoup moins rapides sous les climats qui sont les siens.


De l’image, son retour permanent – ( RC )


sculpture:          La Dame d’ Elche, Huerto del Cura, Elche, Espagne

 

Ce texte  est une variation  » réponse »,  sur celui de Jean Malrieu  ( qui suit )

 

D’avril à  novembre,
De Novembre à avril,
Je tisse à l’endroit, à l’envers,
Des mailles pour que je contourne l’hiver .

J’écris toujours, à la lumière de tes feux  :
Et ceux-ci sont un don.
Une présence  faisant s’ouvrir      mes yeux,
Même aveuglé    par la pluie  fine des jours .

Ceux ci passent et,       même changeants,
Sont un retour permanent  .
Et si les sillons  du temps,
Laissent leur empreinte sur ma peau…

Ton image  est        un miroir,
Suspendu quelque part,
Impalpable       et lisse,

Au delà du tain  .
Chaque  chose est nouvelle,
Et toi,       vivante,   au défilé des heures.


RC – nov  2014


.
Je suis devant toi comme un enfant,
plein de pluie et de ravage,
ai cour d’un automne de silence
comme au centre d’une place assiégée
par l’herbe brûlée.

Je t’écris pour alléger le temps.
Cette page que je griffonne est un miroir.
D’elle va surgir un destin inattendu.
Car ma lutte contre le temps est ancienne.
J’écris toujours la même chose :
elle est nouvelle.
Que je lise à l’envers, à l’endroit,
l’inquiétude est éclairée

Je n’y peux rien.
Les années passent, me révèlent.
Mon visage s’affirme sous la pluie fine des jours
qui vient vers nous sur ses milliers, de pas agiles.
J’écris pour être avec toi
dans la paille douce et chaude de la vie.

Jean Malrieu


Présence en lumière- ( RC )


sun  &  tapis.jpg

 

Tu viens  faire ce dessin ,
C’est un rectangle de lumière,
Il se pose  sur le sol,
Et lentement se déplace,
Avale une partie de la pièce,
Monte sur le lit, et
Réchauffe la pièce,
Quelquefois strié des traits souples
Des branches, et du passage
Des oiseaux.


C’est maintenant un losange,
Ondulant doucement
Aux vagues des draps…
Je pourrais attendre,
Des heures durant,
Ton ombre se glissant,
A travers les nuages,
Mais tu n’es pas l’ombre,
Tu n’es que lumière,
Et chaque jour,


Je ressens ta présence.

RC-  décembre  2013


Nous cherchons en nous nos destinations – ( RC )


dessin: Hiroyuki Doi

dessin:           Hiroyuki Doi

Il y a de l’aventure ,                  –       la suite d’un voyage,
Il commence ,  …. et nous nous retrouvons dans une barque.
Elle dérive silencieuse.
C’est un lac,               une rivière,            un océan.
La mer est immense pour deux amis assis dans leur regard,
Les draps mouillés de soleil, emportent nos paroles,
Elles se dissolvent dans l’air,         et les mains se tiennent;
> Nous cherchons en nous nos destinations,
Le vent coule autour de nous,             le monde nous ignore.
Les matins peuvent se succéder,
Nous survolons les abîmes,                    aux siècles d’histoire,
L’eau nous porte, et le baiser du jour naissant nous enveloppe,
–         Il y a longtemps que nous parlons en nous taisant.
Dans un mouvement d’heures,          nous ne les comptons pas,
La barque, adossée à un mur de brume,   poursuit son chemin,
Et peut-être un chemin immobile,    cela n’a pas d’importance.
Rien ne nous indique un lieu,
Et peut-être n’y en a-t-il simplement pas,
… Les yeux seraient-ils perdus dans le vide,
Que nous nous y retrouverions,
Le juste goût du fruit de notre présence,
Et ce moment qui s’étire ,                                nu.


RC – 4 novembre 2013


Dominique Boudou – L’homme qui marche – 1


Mel Drucker – sculpture en fil métallique: homme marchant avec chiens , 

L’homme qui marche #1

Midi peut-être a sonné
Il faudrait souffler comme les autres hommes
A cette pause qui n’a pas de présence
Dans laquelle je m’oublierais pourtant
S’il n’y avait pas tous ces mystères
Sous nos pas

La tentation du jardin encore
Qui miroite au fond de tes yeux
Deux chaises intemporelles
Autour des cercles de l’eau
La grille qui grincerait
Comme elle grinçait tu t’en souviens
Le parfum de la terre
Dont nous savions le partage
Allons sois raisonnable
Je ne veux pas pleurer

Un autre enfant passe
Qu’on n’a pas remarqué
Qui connaît tout du chemin
Un enfant qui n’a pas d’enfance


Une barque sur l’océan, que j’habite au reflet des étoiles (RC )


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Une barque                    sur l’océan,
Que j’habite au reflet des étoiles,
Bercées               par les heures diluées,
Lorsqu’ aucun vent ne gonfle les voiles.

L’avenir serait en ces îles
Posées sur la brume,   dos d’espadon
Qu’un parcours immobile
Détache de l’horizon.

Orphelines d’une terre noire,
Ayant perdu sa mémoire,
Ou peut-être encore si loin,
Qu’on en oublie ses jardins.

Tant de liquide, au gré de l’immense
Si je fais du sur-place
Amplifie,      de conscience,      ta distance
L’esprit noyé,                   de trop d’espace,

Le baiser des pensées s’accompagne,
Des hasards        de l’existence,
Quand         jamais ne s’éloigne,
L’ombre                  de ta présence.


RC  – 5 août 2013


Corps du paysage et évasions secrètes ( RC )


photo perso - avril 2013  - Cham des Bondons  -Cévennes

photo perso – avril 2013 –           Cham des Bondons –     Cévennes

Devant l’espace,                                    l’évidence déployée de la beauté,

La couleur,         lentement                                            se métamorphose

Au gré des heures,                                                         épelant la lumière

Accordée        aux ciels changeants,                     des nuages voyageurs,

Des pans entiers des collines,                                   basculent de l’ombre

A l’étreinte solaire,              toujours présents, et chaque fois différents,

Accord majeur,         sous l’arc                            de l’horizon des causses,

Mes évasions secrètes,

           Pas à pas comme une attente

                 Naissant à elle même,

                       Et qui lit,                      dans ma présence,

Autre chose,                                  que la couleur, même,

Autre chose ,

                Encore,                                    que les pentes,

Fatiguées              de leur poids de roches et de forêts,

Mais                                       le corps même de la terre,

                             Allongé,

                                 Et présent en moi.

RC – 28 avril 2013


Thierry Metz – Le drap déplié


montage perso à partir de corps et graphie

 

LE DRAP DÉPLIÉ     (extraits)

 

 

N’être plus qu’un silence
caché
dans la voix
ou ici
parmi les traces
de la roue
être celui
qui retrouve un visage
pour lui donner
de l’eau.

Un peu de terre et de ciel
dans le regard
dans ce que je dois garder
à la lisière d’un mot

d’ici je le vois
de là où je travaille
sur un sol que je retourne
vers cette main
que je retrouve

mais rien ne sera dit
sans ta présence.

Je n’écris que dehors
une écriture    un pas
fluide

entre les orties parmi les chênes
les hêtres
la paume entaillée
ouverte comme un buisson
je reçois l’eau
la lumière

je ne suis que l’âtre
d’un visage.

 

Thierry Metz, Le Drap déplié, L’Arrière-Pays, 1995,         pp. 47-49-50.

 


Cesar Moro – Le monde illustre


photo – reportage auteur inconnu

 

 

LE MONDE ILLUSTRE

Semblable à ta fenêtre qui n’existe pas
Comme une ombre de main sur un instrument fantasme
Semblable aux veines et au parcours intense de ton sang
Avec la même similitude avec la continuité précieuse que
M’assure idéalement ton existence
A une distance
A la distance
Malgré la distance
Avec ta face et ton visage
Et toute ta présence sans fermer les yeux
Et le paysage qui bourgeonne en ta présence quand la ville
N’était pas je ne pouvais être que le reflet inutile de ta présence d’hécatombe
Pour mieux mouiller les plumes des oiseaux
Cette pluie tombe de très haut
Et m’enferme dans toi moi seulement
Dans et loin de toi
Comme un chemin qui se perd sur un autre continent

EL MUNDO ILUSTRADO

Igual que tu ventana que no existe
Como una sombra de mano en un instrumento fantasma
Igual que las venas y el recorrido intenso de tu sangre
Con la misma igualdad con la continuidad preciosa que me
asegura idealmente tu existencia
A una distancia
A la distancia
A pesar de la distancia
Con tu frente y tu rostro
Y toda tu presencia sin cerrar los ojos
Y el paisaje que brota de tu presencia cuando la ciudad no
era no podía ser sino el reflejo inútil de tu presencia de hecatombe
Para mejor mojar las plumas de las aves
Cae esta lluvia de muy alto
Y me encierra dentro de ti a mí solo
Dentro y lejos de ti
Como un camino que se pierde en otro continente

Extrait de    » la tortuga ecuestre »

photo: auteur inconnu

 

César Moro est né à Lima en 1903. Encore jeune, il décide d’immigrer (1924) en pensant vivre de ses peintures.
Il choisit la FRANCE, découvre le mouvement surréaliste et sa nouvelle vocation pour la poésie. C’est en français qu’il choisit d’écrire ses poèmes.
Après huit années passées et une participation active dans le groupe surréaliste 1928/1933, il retourne au Pérou où il se lie d’amitié avec E.A.WESTPHALEN avec lequel il partage ses idées, et font découvrir le surréalisme en Amérique Latine.
Il part au Mexique en 1938 où il retrouve ses amis parisiens. C’est la période la plus productive de sa vie et (l’exception confirmant la règle), il écrira cette fois-ci en espagnol:  » La tortuga ecuestre « . De même, sous la direction d’André Breton, il organisera avec Wolfgang PAALEN, l’Exposition Internationale du Surréalisme en 1940 qui a lieu au Mexique

 


Au matin – la trace du temps dans le givre – (RC)


                        pierre scandinave: – de väskinde-rosace-VIè s

 

 

 

–C’était au matin, l’horloge du temps
Déplaçait ses aiguilles dans le givre

C’étaient les ombres,                et elles  étaient  blanches
C’étaient des fantômes                    allongés sur le sol

La trace figée des arbres  debout,               en patience
Qui attendent la lumière                      au sortir de la nuit

Et je t’imagine ainsi, en présence
Car pour moi tu es l’ identique en image,     toujours

Je  t’imagine aussi                         en absence
A susciter mon écriture sur la page blanche

Comme              les aiguilles  du temps       que déroule
leur fuite,    ta fuite      ….et tout ce qu’il y (a) entre

—–

RC      1er dec 2011

J’ai aussi trouvé le poème  de Vesna Parun, qui nous conte des évènements parallèles

(voir aussi les deux publications  récentes  que j’ai fait des textes  de V Parun)…

———

Murmure des ailes et murmure de l’eau

Le monde qui vient à notre rencontre nous murmure les contours
des arbres qui bruissent à l’horizon
et grandissent des ombres courbées.

Assieds-toi sur le seuil
et attends
que le soir se déplace…

(Vesna Parun)