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Un commentaire de Rubens – ( RC )


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peinture : Rubens: le jugement  dernier

 

Il se passe beaucoup de choses, dans le cadre doré
Un entremêlement de gens, grandeur nature
Sont le prétexte de la peinture
accrochée, un peu au-dessus du parquet ciré.

           C’est une oeuvre de Rubens,
peuplée d’êtres qui s’entassent,
des dames toujours assez grasses,
          que lui commande un prince…

Ces personnages forment une pyramide
dans une mêlée quelque peu confuse
on distingue même,        si je ne m’abuse
au plus haut niveau,        ceux qui décident.

On a fixé l’instant le plus tragique :
celui où on fait grand tri
( ne pas surpeupler le paradis ,
                                     vous diront les nostalgiques ).

Ceux-ci n’en sont pas revenus,      mais ont évité le pire
a ce qu’il paraît ;    on nous rapporte beaucoup d’histoires
                                            que l’on voudrait nous faire croire ;
on peut prendre le parti d’en rire.

Devant le tableau, quelques visiteurs
se sont arrêtés pour parfaire leur culture  :
                 C’est toujours de bon augure
d’écouter le commentateur .

Va-t-il décrire l’étape suivante
Et sans aucun doute,
          comme pour les matches de foot,
nous faire une analyse savante ?

Nous livrer des statistiques,
                révéler des choses intraduisibles
                contenues dans la Bible
d’un point de vue artistique ?

Bien qu’il se soit écoulé pas mal d’années
depuis qu’elle a été peinte
on pense toujours entendre les plaintes
des âmes damnées .

                      C’est une oeuvre baroque :
On n’y entre pas de plain pied
sans y être convié
              ( et surtout sans habits d’époque ) .

Nos amateurs d’art voudraient peut-être
participer à la mêlée,
                  voir de plus près les êtres ailés
                  et assister à la fête…

Ils peuvent toujours tenter l’escalade
Se faire greffer des ailes,
utiliser une échelle
Ils seront empêchés par le cadre …

Le tableau a beau être immense,
il a aussi des dimensions limitées
On ne vient pas à l’intérieur sans y être invité
et pour entrer dans la danse…

                         La réalité est ingrate :
elle nous ramène toujours à son illusion ;
on ne peut sauter dans cette dimension,
….       la peinture restant obstinément plate.


RC – sept 2016

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Leopold Sedar Senghor – To a dark girl


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Photo:            Denise Bellon

 

 

Tu as laissé glisser sur moi
L’amitié d’un rayon de lune.
Et tu m’as souri doucement,
Plage au matin éclose en galets blancs.
Elle règne sur mon souvenir, ta peau olive

Où Soleil et Terre se fiancent.
Et ta démarche mélodie
Et tes finesses de bijou sénégalais,
Et ton altière majesté de pyramide,
Princesse !
Dont les yeux chantent la nostalgie
Des splendeurs du Mali sous ses tables ensevelies.


Bernard Dimey – Les enfants de Louxor


sarcophages égyptiens, Musée du Louvre

 

 

Bernard Dimey,  a une belle oeuvre poétique…,

il est l’auteur  de nombreux  textes  dont  des paroles  de chansons,  chantées par les  « célébrités »; par exemple, Juliette Gréco, B Lavilliers,  et aussi Jehan, injustement méconnu… dont je suis grand  amateur,

et qui lui a consacré un album entier   » Jehan chante Dimey »

 

voir  ce site  sur les  auteurs  compositeurs interprètes  de la chanson française en particulier  ( la page Dimey)

 

 

LES ENFANTS DE LOUXOR,

http://www.deezer.com/listen-275073Quand je sens, certains soirs, ma vie qui s’effiloche
Et qu’un vol de vautours s’agite autour de moi,
Pour garder mon sang froid, je tâte dans ma poche
Un caillou ramassé dans la Vallée des Rois.
Si je mourrais demain, j’aurais dans la mémoire
L’impeccable dessin d’un sarcophage d’or
Et pour m’accompagner au long des rives noires
Le sourire éclatant des enfants de Louxor.

À l’intérieur de soi, je sais qu’il faut descendre
À pas lents, dans le noir et sans lâcher le fil,
Calme et silencieux, sans chercher à comprendre,
Au rythme des bateaux qui glissent sur le Nil,
C’est vrai, la vie n’est rien, le songe est trop rapide,
On s’aime, on se déchire, on se montre les dents,
J’aurais aimé pourtant bâtir ma Pyramide
Et que tous mes amis puissent dormir dedans.

(…)

Les enfants de Louxor ont quatre millénaires,
Ils dansent sur les murs et toujours de profil,
Mais savent sans effort se dégager des pierres
À l’heure où le soleil se couche sur le Nil.
Je pense m’en aller sans que nul ne remarque
Ni le bien ni le mal que l’on dira de moi
Mais je déposerai tout au fond de ma barque
Le caillou ramassé dans la Vallée des Rois.

Catégorie Dimey Bernard,

 

 

sculpture tête d'Akhenaton