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Jean-Michel Sananès – je courais


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Quand j’étais jeune
je ne savais où aller
je courais
après mon père
après ce chat qu’il me fallait apprivoiser
après cet alphabet qu’il me fallait dompter
je courais
après mon âge
et les grands qui partaient à vélo.

Seul, en attente d’être grand
à l’âge du duvet sur les joues
laissant mes mots au vestiaire
je courais après filles
dans l’infortune des timides
je courais les échecs et le spleen
je courais la rime
voulais être Rimbaud
sac au dos, je courais des rêves d’aventure
je courais après la vie
les amis, le travail, une raison de vivre.

Je courais, courais, dans l’odeur des casernes
courais après le temps
après les larmes, l’exil et le chagrin
dans les rayonnages du mot
à frontière de raison
de l’imparfait au futur je courais le verbe être
je courais après le temps
je courais je courais je courais
jusqu’à ce que s’ouvre ce chemin intérieur
où j’ai couru de mois en mois en mois
où j’ai couru de moi à moi

Je ne cours plus
j’ai trouvé de l’encre et du papier
des yeux d’enfants, des yeux de chats
si grands que j’y lis le monde
je ne cours plus
j’ai trouvé des êtres à aimer
plus grands, plus vastes que le champ des étoiles
et toutes les mappemondes du monde
je ne cours plus
je suis enfin arrivé chez moi
pour être, jusqu’à ne plus être.

Maintenant je sais
pour aller à soi
courir est inutile.

 


Miguel Veyrat – derrière ta voix


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peinture : Don Van Vliet

 

—raison qui s’embrase
parmi les rires et les jeux,
dans l’espace
de lumière noire je cherche
À renaître
—ou bien à naître sans mourir,
comme au moment
fragile de ton esprit
où tu me conçus
Et que devint
soudainement chant
la nuit infinie
—ta propre peur, ma propre
crainte de prononcer ton nom.


Irène Assiba d’Almeida – chairs éparpillées


 

 

 

Chairs éparpillées

 

Les dieux ont perdu la parole

Les hommes ont perdu la sagesse

Les femmes ont perdu la raison

Car les enfants ont perdu la vie

Et mes entrailles folles de douleur

Eclatent et s’éparpillent

A chaque fois que meurt

L’enfant-sida

L’enfant-soldat

L’enfant-souffrance

Comment rendre la douleur muette ?

Comment recoudre mes chairs éparpillées

Pour que les dieux retrouvent la parole

Les hommes la sagesse

Les femmes la raison

Et les enfants la vie ?

 

Irène Assiba d’Almeida


Il se pourrait, il suffirait – ( RC )


photo: Andreas Feininger

                                 photo:     Andreas Feininger

Il se pourrait                       que tu regardes
Ce qu’il reste         d’une flamme éteinte,
Un pétale humide, laissant son empreinte,
Dans ce livre aimé, sous la page de garde…

Une trace décolorée,
Un parfum évanoui,
Un sourire enfui,
Une porte dorée….

Il se pourrait            que tu pleures,
Et que tes yeux se lâchent,
Les pages en garderont des taches,
Presque invisibles ,      du coeur…

Changent les saisons,
Le printemps s’est éteint,
Tu as suivi d’autres chemins,
Emportée par les vents, contre la raison…

Il se pourrait                         que tu lises,
D’anciennes lettres, d’anciennes missives,
Egarées sur d’autres rives,
Que c’est loin,         le temps de Venise…

Les détours des ruelles,
Les ponts sur le Rialto
Comme ses palais, notre amour a pris l’eau,
Celui,                        qu’on pensait éternel.

Il se pourrait                    que tu trouves,
Dans toute cette paperasse,
Dans ce qui ne s’est pas dissous, un lien, tenace,
Qui dans ces pages couve…

Pour redonner un espoir
Ressouder les mains,
Et permettre aux lendemains,
De repeindre le soir.

Il suffirait que tu viennes,
Pour redonner des couleurs,
A ces anciennes fleurs,
Si tu es toujours            magicienne.

Il n’y a pas de danger,
Pas de risque de drame,
Même,                 à activer la flamme,
…Tu vois,              je n’ai pas changé.

RC – 23 novembre 2013

 


Conjurer la raison et le possible ( RC )


Frederick Prescott          « Down the Boardwalk  »        1993 Sculpture cinétique en acier

Il faudrait un langage particulier, pour conjuguer les saisons:

Mai ne peut être en hiver , novembre au printemps.

Conjuguer les saisons ou les conjurer.

Comme un cri d’appel ferait se joindre ce qui s’oppose, à priori.

Il ne me reste que quelques phrases à assembler, des images ….

Elles seraient puériles, comme une ombre blanche du réel,

si je n’arrivais pas à les recourber…

Et ton âme frôle mes yeux.

L’absence est une déperdition,

Mais je navigue encore à tes côtés.

Déplaçant la raison et le possible ,alors

Comme si je marchais la tête en bas,

Les pieds appuyés sur les nuages.

La pesanteur en anneau,

Autour d’une terre, sans centre de gravité,

Où tu serais partout,

                                                         A la fois.

RC – 14 août 2013

-( que je complète avec « Merci » du blog de la vieilledameindigne..

 »

Que le ciel est beau quand il nous renverse la tête

Comme c’est bon de glisser dans l’échancrure du destin

Si peu de gens connaissent le parfum des bonheurs doux

Le velours des yeux brillant d’un autre matin partagé

Corps embrassés âmes ardentes

Entre toi et moi il n’y a pas de frontière

ta peau est ma peau, ta main est ma main

enfin

il n’y a ni peau ni main

Pour tout cela, merci  « 


Leon Felipe – le poète prométhéen


LE POETE PROMETHEEN

Joseph Marie Thomas Lambeaux (1852-1908) : « Prométhée »

Le poète prométhéen… vient rendre témoignage

de la lumière…
Et la Poésie entière du Monde… il se peut que ce soit la
Lumière…
Je pense que c’est un Vent enflammé et génésique
qui tourne sans cesse tout au long de la grande courbe de
l’Univers…
Quelque chose de si objectif, si matériel et si nécessaire…
comme la Lumière… Peut-être est-ce la Lumière…
La Lumière !
La Lumière dans une dimension que nous-mêmes nous ne connaissons pas encore.

Lumière…

Quand mes larmes t’atteindront
la fonction de mes yeux…
ne sera plus celle de pleurer…
mais de voir… Marin…larmes… larmes… larmes… le nuage… le fleuve… la mer… Là-bas…au-delà de la Merà la fin de mes larmes…se trouve l’île que cherche le navigateur.

Dans quel but nos yeux sont-ils faits pour pleurer et pour voir ?…

Je demande ça, comme ça.
Pour quelle raison, de ces deux œufs petits et blanchâtres
qui se cachent dans nos cavités ténébreuses sous
le front, comme deux nids à l’aine de branches d’arbre,
naissent au même moment et les pleurs et la
clarté resplendissante ?
Je demande, seulement.
Pourquoi dans la goutte amère d’une larme l’enfant voit,
pour la première fois, comment se brise un minuscule rayon
de soleil… et comment en partent, en s’envolant pareils à sept
oiseaux, les sept couleurs de l’arc-en-ciel ?
Je demande simplement.
Dans quel but naît la Lumière… cette pauvre lumière que nous
connaissons… avec la première larme de l’homme ?
Et pourquoi ne doit-elle pas naître, l’autre… la poétique… celle
que nous cherchons… avec la dernière larme du Monde ?

***Le poète prométhéen doit toujours mourir  bafoué et lapidé. Calomnié… crucifié et maudit !Le véritable poète est le Verbe… le Fils.La Poésie est la parole… Mais quand les marchands et les pharisiens du temple l’eurent salie et corrompue en l’utilisant pour vanter leurs marchandises et faire respecter les ordres injustes du Grand Prêtre… le Christ se mit à parler en paraboles… La parabole…n’est pas encore corrompue.La parabole est une façon oblique de parler par périphrases que les marchands ne peuvent utiliser

parce qu’elle ne s’adapte pas au mécanisme éhonté et cynique de leurs transactions.

 

Avec une parabole, je veux définir la Poésie et expliquer les trois classes de poètes qui existent

et qui ont existé dans le monde. Avec la parabole du Fils Prodigue. Le Christ, dans les Evangiles, ne rapporte que la première partie…

Mais il y a trois actes… Je vais la raconter ici dans sa totalité…Avec humilité et respect…Il n’y  rien d’hérétique dans ce que je vais dire…

Le Christ raconte cette parabole du Fils Prodigue pour glorifier le Père…

La miséricorde du Père… Quand les pharisiens commençaient à dire de Jésus qu’il s’asseyait à manger avec les prostituées et les publicains…

Mais on peut la raconter aussi pour glorifier l’Esprit…
C’est celle-là, la parabole complète :
En ce temps-là, il y avait un père qui avait de grandes richesses
et de la sagesse… Il avait aussi trois fils… Trois. Et les trois,
un jour, réclamèrent leur héritage et, avec cet héritage
sur l’épaule, chacun d’eux, l’un après l’autre, s’en alla
d’aventure de par le monde.
Le premier… nous le connaissons… il revint à la maison
terrorisé par un nuage noir qui passait… et avec la dernière
caravane du soir…
Le père, plein de pitié, le voyant de retour, fit sacrifier le
veau gras de cette année-là… et il y eut un festin et des
actions de grâce dans le clan car le père était riche et
respectait la loi… et parce qu’il était miséricordieux.
Là s’arrête la parabole évangélique, qui, davantage que la
parabole du fils est la parabole du père, la parabole où on
glorifie le père, la parabole du pardon qui sait parler ainsi :
« Bienheureux les pauvres d’esprit »…
Car il n’était autre qu’un « pauvre d’esprit » ce fils
qui en avait été réduit à n’être, après avoir dilapidé son avoir
avec prodigalité, qu’un gardien de cochons et à dormir dans
une porcherie… Un jour, à bout de force, il était retourné au
foyer paternel porté par les sirènes domestiques. Le père,
lorsqu’il l’avait vu prosterné à genoux sur les dalles de la cour
et arrosant le sol de ses larmes, avait ouvert grands ses bras et
l’avait relevé, miséricordieux… Mais il s’était senti triste et
affligé de son retour.
Le second fils demeura seul et épuisé dans un pays dur  et sec
où ne passaient ni marchands ni voyageurs. Lorsque
la nuit tomba sur cette terre dure, il s’endormit. Il fit un rêve.
Dans ce rêve, un aigle et un serpent se battaient. Le matin,
lorsqu’il s’éveilla, il dit : Je resterai ici. Et à cet endroit, il
planta sa tente. Autour de sa tente grandit une ville puissante.
Il aima et eut sept fils… Sept fils qu’il se prit à élever avec
les sept couleurs de l’arc-en-ciel. Puis il les  éleva encore
avec une flûte. Il fut l’inventeur de la parole, de la peinture
et de la chanson. Il mourut crucifié. On l’enterra parmi les
arbres et il se décomposa sous l’herbe.
Ce fils ne revint jamais… mais le père sut ce qu’il en était
advenu. Quand des marchands étrangers lui apprirent
qu’il était Prince d’une ville lointaine merveilleuse, pour
glorifier son fils, rempli d’allégresse, il ordonna le
sacrifice du veau gras de cette année-là et il y eut festin et
prières d’actions de grâce dans le clan, car le père était
homme riche qui observait la loi et… avait l’orgueil de
sa caste.
Cette parabole, c’est la parabole du fils, la parabole du
Verbe, du Verbe fait chair, de la chair multipliée qui se
plante dans la terre, s’enterre et se décompose dans la terre
pour que l’esprit se libère.
Le père avait su ce qu’il lui était advenu. Il avait écouté
son histoire, bouleversé, mais il s’était senti heureux et
satisfait parce que ce fils-là, vainqueur de la tentation des
sirènes domestiques, avait élevé sa propre maison loin du
clan, de nuit, dans le désert et dans la tempête…
Le père vit avec pitié le retour du premier fils… et avec
orgueil que le second ne soit jamais rentré… qu’il se soit
multiplié sur la terre, que la terre l’ait enseveli et qu’elle
l’ait recouvert comme une graine.
Le troisième fils ne revint pas, lui non plus… mais
c’est celui qui doit venir. Il s’est perdu comme Elie, rabattu
par le Vent sur la route du Soleil (Elie-Hélios)… Il reviendra
au Père quand l’Histoire sera consumée en faisant le tour
du monde et en fermant son cycle par le soleil.

Il est sorti de nuit par la petite porte du jardin et il entrera de jour quand les ombres s’en seront allées par l’escalier principal.

Il a embarqué avec la Lumière… et sur la Lumière il arrivera au Père mais par l’autre côté du Soleil… Il est l’argonaute des grandes promesses et des découvertes stellaires. De la rotondité de la terre, de la sphère et de la quatrième dimension … où il n’existe ni temps ni lieu, où l’on marche en suivant la lumière sans déclivité.

Ceux qui naviguent avec lui perdront un jour la foi, voudront l’assassiner comme ils voulurent assassiner Colomb et l’un d’entre eux ira jusqu’à dire : Tuons le Capitaine qui nous trompe car il n’y a pas d’autre terre ni d’autre monde et parce que l’ombre et les eaux noires n’ont pas de fin… Mais lui, il se sauvera, car il est l’évidence de la lumière.

Le père l’attendra tourné vers le couchant où il s’en était allé, mais il reviendra dans l’aurore, par l’autre côté de la terre. Le père sera de dos et ne le verra pas arriver et quand il se retournera, surpris, pour l’embrasser, le Fils ne s’agenouillera pas, et une colombe blanche scellera leur embrassement.

Alors, et pour glorifier l’Esprit par la grande fête de la Lumière, nous sacrifierons le veau prémicial. Parce que la voilà la parabole de l’Esprit où il est dit que le Fils ne retourne pas à la terre mais au Père, qu’il ne revient pas pour être pardonné par le Père mais pour fusionner amoureusement avec Lui…

Voilà la synthèse du grand processus poétique de l’Esprit qui marche parallèle au processus dialectique de la matière. Parce qu’ils sont trois : Le Père, le Fils et l’Esprit… la Thèse, l’Antithèse et la Synthèse.

Et les poètes sont trois selon cette dialectique spirituelle : Le domestique, le pauvre d’esprit qui reste là tout seul pour glorifier le Père, pour mettre à découvert son côté tendre et miséricordieux, pour faire voir ses entrailles amoureuses.

Une fois de retour et pour toujours dans sa maison, ce poète composera des complaintes et des chansons pour la liturgie orthodoxe en grande pompe rhétorique.

Ce sera un scribe… et un bon citoyen. L’autre, le second, est le Poète Prométhéen… le rebelle, le véritable rebelle… le Verbe… Le Fils. Il est né de l’imagination.

Il est sorti du mythe et des entrailles des livres sacrés… Puis il s’est fait réalité historique… les Grecs l’appelèrent Prométhée… plus tard Œdipe… c’est le Christ… et en Espagne il a pris le nom et la figure grotesque de Don Quichotte de la Manche…Le troisième est la parole lancée dans le Vent… la Lumière dans ses quatre dimensions remplissant l’Univers…

la Poésie, de l’Homme et de tous les Hommes dorénavant, sous toutes les latitudes de l’espace et du temps… la Sagesse amoureuse et musicale… la loi des sphères et de la larve dans le sang de l’homme, tout comme celle de l’instinct et de la grâce…

La synthèse ultime…Mais ce monde n’est pas encore notre monde.Parlons seulement du Poète Prométhéen pour le présent.

Le Poète Prométhéen est l’antithèse toujours … Le Fils, celui qui s’oppose à son Père, ce qui est la première 

affirmation créatrice, cruelle et non-miséricordieuse.

Il représente l’amour contre le froncement de sourcil menaçant de Jéhovah dans la Bible…

Et l’amour chez Prométhée contre la dictature capricieuse de Jupiter chez les Grecs…

Et l’amour chez Œdipe contre les ombres préhistoriques et subconscientes…

Et l’amour passionné et fou de l’Espagne chez Don Quichotte contre la raison absolutiste et froide de

l’Europe de la Renaissance.


Philippe Vallet – mes trop-pleins de mots


peinture perso: Brillance Evans -  au collage oriental 1990

peinture perso:     Brillance Evans – au collage oriental       1990   (  hommage à Bill Evans )

 

et mes trop pleins de mots dansent

le présent jeté au visage

déroule mère-envies

effleurer impossible raison

 

 

*

notre cage matière choc

drames de nos silences

épars le temps se compte

goutte à goutte poreux

 

*

 

tout un échafaudage porte mes bras désarmés

de bord à bord à l’outremer

la mémoire dénommée

plus qu’un poing

une lanière coup frappe

force éperdue où partir

*

 

 

est une ruelle étroite

rigole où nos yeux effarouchés guettent

une odeur où rouler

s’asseoir

*

 

 

nous léchons nos plaies longtemps

elles portent saveurs à nos parvis

*

 

 

peaux vous n’êtes plus anonymes

bourdonne veines visibles

au coeur offert alentour


passager des saisons ( RC )


art médiéval,       tête en relief de reliure            de livre évangéliaire

 

 

 

 

 

 

passager des saisons ( RC )

 

 

Il y a des routes croisées de pluie

l’avancée immobile des saisons,

tes pas , de mémoire ,  et de raison,

Des falaises,de la roche,    les abris

 

Et l’odeur des rideaux de buis

Lorsque je m’accorde, attentif

A ton      regard cascade, si vif

Et cette larme,      que  j’essuie.

 

J’ai parcouru des mers, et des îles,

Routes et distances considérables

Des plaines vertes,à la main aimable

Au travers des printemps fragiles.

 

Et les saisons passent,            animées

Produisant mille fruits

Mais tu danses encore dans mes nuits

En moi, la jointure de tes lèvres,    imprimée,

 

Et le douceur de ta peau de soie,

L’obscur de ton verger

Dont je suis passager

… reste près de moi…

 

 

RC   – 17 septembre 2012


Marie Hurtrel – Parole recluse


sculpture: tombe du cimetière de Vérone

Pourtant, tu avais un écho, et le silence baignait seulement une note plus bleue que le soleil des anciens décembres.

Sous la neige sans consistance où l’hiver s’était perdu… à jamais perdu. Il poussait des fleurs.

Quand de raison qui déraisonne, les notes se sont mises à tomber d’un ciel déchu, c’est comme si ce soleil s’était éteint.

S’est-il éteint…

S’éteint-il…

L’obscurité marque son armure[1] et la portée[2] tremble.

Quand les mots manquaient de lettres, dans l’avant et l’été attendu, les rêves buvaient la tasse d’encre, et se noyaient les pupilles du doute dans leur inconsistance.

Pourquoi ces jours brisés boivent-ils maintenant le plomb et la parole recluse scelle-t-elle nos tombes…

Pourquoi l’intransigeance du voyage ferme-t-elle la bouche sur un pardon exclu, une larme tue, et l’été qui s’en va avant la saison…

Faut-il au sang d’égorger les hirondelles pour parer de peines la porte déjà trop lourde des cimetières ?

© Marie Hurtrel

 

 

[1] Armure : en musique, altérations réunies à la clef

[2] Portée : les cinq lignes permettant de représenter les hauteurs des notes