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Yanka Diaghiléva – Seras-tu ?


Yanka Diaghiléva dont on peut  trouver  les traductions  du russe par Henri Abril, sur son siteVernissage de l'exposition Georges Guye, 200RD10 8089679230.jpg

art:         exposition Georges Guye

 

 

Seras-tu le rayon clair
            qui naît de l’ombre,
Seras-tu l’ombre engendrant le rayon ?
Seras-tu la pluie bleue
            qui tombe sur la neige,
Seras-tu l’un des nuages ?
Ne seras-tu qu’un maillon
            de la chaîne dorée,
Ou bien le marteau qui la forge ?
Seras-tu le sentier à l’horizon
            ou celui qui y marche ?
Seras-tu la plume d’une aile d’aigle
Ou seras-tu l’aigle lui-même ?
Seras-tu une goutte de vin
           ou bien le fond de la cruche ?     

1987


Un éclair, buvant la lumière – ( RC )


 

Il y a eu un éclair,
un soleil rapide et pointu,
qui est passé à quelques centimètres .
On en voit encore sa trace
dans l’impact sur le pare-brise .

Si je m’étais trouvé
sur sa trajectoire,
au rendez-vous exact
de ma mort
je ne pourrai même pas raconter ici

la lumière de son rayon
métallique,
ou au contraire
si cet éclair, buvant la lumière
m’aurait illuminé de noir .


RC – mars 2018


Au rayon d’astre épanouï – ( RC )


Le rayon d’astre épanoui
Même de sa lumière ancienne
Il me reste l’écho – de la tienne ,
Au soleil évanoui

Il y a – si je ne fais pas erreur
De ta chevauchée pacifique
Plein d’images atypiques
Qu’elles sont pour notre saveur

Au-delà  de l’Atlantique   .
De  la face cachée de la terre
Remontent les sons,  les vagues de mer
De la lumière de tes mots   – cantiques

Pour mieux renaître en musc
Les détours de ta plume bleue
Brillant de tous ses jeux
Sans que pourtant je brusque

 Au destrier tes baisers
De vendanges érudites
Le jus des phrases dites
( d’une parole si aisée… )

 

RC – Nov  2011   -(modifié  2014 )


Marie Bauthias – L’ombre des leurres (extraits)


photo: Wolf Suschitzky

photo:    Wolf Suschitzky  1935

 

 

de quoi vivre
ou s’enfuir
le vain soleil des mains
en haleine du corps
de quoi dire
l’ombre qu’il faut
pour autant que l’on vienne
en prendre le rayon

quel ciel achemine
la figure manquante des aurores
lentement lèvres à lèvres
accole l’occident aux épaules
des grands fleuves de notre mémoire


Variation peu crédible, sur des évènements d’antan ( RC )


 

manuscrit         Bodleian Library      Oxford

 

 

 

 

 

 

 
Marie est au bout d’une ficelle, à dépenser idées congèles
C’est un jeu de maux, jeu de vilains qui joint le geste
Aux paroles des étoiles, à compter les pieds, de nez,
Mettant voile et vapeurs, rien n’est sûr, ni le pied marin

Ce qui souffle en rêves coincés, s’étale dans la ruelle
Les murs ont des oreilles, les forêts appellent
Des doigts de velours, et rondement

Les confidences de vieille dame indigneFondements de détours, aux regards hagards
Feuilletant le libre air ( par le plus grand des hasards)
Marre debout, roue dantesque, rien n’avance
Dans un passé, où l’orne hier, restant présent.

Idées congelées et mouvements suspects,
Voici un autre chapitre, qui se dépense
En gestes immobiles, alors qu’autour, tout remue
Madame, derrière son voile

Est assise et médite, sa fenêtre entr’ouverte
Juste un rayon de lumière filtre, d’entre nuages
Il apporte une bonne nouvelle,, — un ange passe
Et d’une flèche, illumine son visage

A cette venue, s’il est bien des mystères,
Il faut peu de choses, parfois
Pour faire parler de soi, sur la terre,
L’annonce aura mission de livrer un garçon!

RC  – 30 septembre 2012

Else Lasker-Schüler – Arrivée


peinture: Andrew Wyeth  -   from   Helga's  suite

peinture: aquarelle -Andrew Wyeth - from Helga's suite

ARRIVÉE
Je suis parvenue au but de mon coeur. Aucun rayon n’ira plus loin.

Derrière moi, je laisse le monde

Et les astres – oiseaux dorés – qui prennent leur envol.
La tour de lune hisse l’obscurité
… Oh, cette tendre mélodie qui doucement
me hante… Mes épaules se soulèvent, coupoles hautaines.


ANKUNFT
Ich bin am Ziel meines Herzens angelangt.
Weiterführt kein Strahl.
Hinter mir lass ich die Welt,
Fliegen die Sterne auf: Goldene Vögel.
Hisst der Mondturm die Dunkelheit –
…O, wie mich leise eine süße Weise betönt…
Aber meine Schultern heben sich, hochmütige Kuppeln.