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Ecrire – (Susanne Derève)


 

robert rauschenberg estate

            Robert Rauschenberg, Estate, 1963

 

Serait-ce une vie à écrire ?

 

Avant de déposer les mots

et les regrets y sont de trop

faudrait-il sur un quai de gare

écourter le temps des adieux

sous prétexte que le train part

 

Cette année passée à vau-l’eau

et la nouvelle qui commence

à  rêver aux ors de Byzance

dans le métro

 

Était-ce une vie à écrire ?

 

Il aurait fallu réciter

le Pater le Maria l’Ave

de nos fougues et de nos ivraies

J’aurais voulu pouvoir en rire

de cette vie de camelot

 

un quai de gare pour tout empire

ton pas sonnant comme l’écho

dans les décombres de Palmyre

plutôt qu’en porter le fardeau

 

Mais m’aurais-tu laissé l’écrire ?

 

 

 

 

 

 

 

 


Guy Goffette – le jardin d’enfance


 

 

 

IMGP2700  Christophe Manguet.jpg

 

dessin – association du clos du Nid, Lozère

 

 

Peuplé de voix et de couleurs,

le jardin d’enfance persiste en nous,

royal malgré la chute et l’exil du roi ;

il rafraîchit les déserts traversés de l’âge,

rattrape l’aveugle dans la musique,

le sourd dans la contemplation.

Toujours ce qui manque à nos vies,

cet innommable vide tout à coup derrière la nuque,

qui nous remplit de regrets, de remords,

de nostalgie, toujours a la forme d’un jardin.


Est-ce un homme qui pleure ? – ( RC )


marque-page-kosha-or-bleu-livre.jpg

en « réponse »  au texte  précédent, de Susanne  Derève

 

Est-ce un témoignage d’amour,
cette plume qui est
le marque page
de notre livre ?

Est-ce que nos vies
sont liées
par ce serment écrit ,
avec cette plume, justement ?

Mais les pages se sont tournées,
avec les années :
il n’y a plus
que les miettes du passé .

Si la tendresse se conjugue maintenant
à l’imparfait,
faut-il regretter d’avoir dit,
 » je t’aimais ? « 

J’ai connu d’autres chapitres    ;
l’oiseau de l’amour
est revenu reprendre sa plume, et s’est envolé 
mais je n’ai pas de regrets .

RC

 


M2L – Roses des sables


desert roses -

photo-  montage  perso

 
Entendez-vous les flots de larmes dans le désert ?
Roses des sables qui fleurissaient à la nuit,
Mon rêve à la rosée du matin s’est enfui.
Vous me laissez ainsi,
Meurtri,
Flétri.
Sans vie.

Baignez-vous dans l’eau de mes douleurs amères.
Les yeux vers l’infini, effeuillant les années,
Je flotte sur les larmes de l’ espérance envolée.
Et moi qui reste ainsi,
Meurtri,
Flétri.
Sans vie.

Je suis misérable, sans arme, à découvert !
Roses des sables qui dansaient la lune venue,
Je ne puis revivre les joies de l’enfance perdue
Vous me laissez ainsi,
Meurtri,
Flétri.
Sans vie.

Roses des sables, vieillissant le cœur ouvert
J’ai tant espéré d’une vie remplie d’éternité.
Fleurs du désert, j’embrasse la fatalité
Et comprends aujourd’hui
Le cœur meurtri,
Flétri,
Ce qu’est, à l’aube de ma nuit, le sens de la vie.

Ecoutez le chant des regrets dans le désert.

———

Sand Roses
~ © M2L

Do you hear floods of tears in the desert ?
Sand roses that flourished in the night,
My dream in the morning dew ran away.
You let me so,
Bruised,
Withered.
Without life.

Take bath in the water of my bitter pain.
Eyes toward infinity, picking off years,
I float on the tears of expectancies flown away.
And me which thus remains,
Bruised,
Withered.
Without life.

I am miserable, unarmed, uncovered!
Sand roses that danced at moon coming
I can not relive the joys of childhood lost
You let me so,
Bruised,
Withered.
Without life.

Sand roses, aging open heart
I so hoped a life filled with eternity.
Desert flowers, I embrace the fatality
And understand today
The bruised heart,
Withered,
What is, at the dawn of my night, the meaning of life.

Hear the song of regrets in the desert.

—-

voir le blog  de M2L « Vertige  de l’oiseau »


Cathy Garcia – Serre-gorge


peinture Philps Wouwermans, cheval blanc, et vieil homme  avec fagots  XVIIè siècle

peinture Philps Wouwermans, cheval blanc, et vieil homme avec fagots          XVIIè siècle

La pluie laisse des copeaux
au creux des abreuvoirs
Les yeux des oiseaux le disent
le ciel devient trop noir

Octobre enragé déchire les arbres
cochés de rouge les crapauds pleurent
sur la vieille margelle

tu le sais
jamais tu ne retourneras
sur tes pas
ou ceux d’un autre

et ta main lasse
s’entrouvre
pour laisser couler
la miellée

les regrets se laissent compter
un par un
à ton serre-gorge

tu sais
le sang
l’aube
la fêlure du regard
où s’engouffre
la lumière

et sur le trou sur le
manque
tu poses la première syllabe
d’un nouveau cycle
de sable

tu sais
tu sais la roue qui
éparpille
dissout
tu sais l’alternance
la vanité

puis tu oublies
et courbée sur l’enclume
commences à forger
ton prochain
serre-gorge

————