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Ce que n’ont pas vu les oiseaux …SD+RC


Entre tilleul et cerisier,
J’ouvre une parenthèse:
mains, peau, émois, éveil, ….

Quelques éclats de soleil
nous caressent à notre insu.

Ce que les oiseaux ont vu,
je ne le dirai pas…

Dirai-je ce qu’ils n’ont pas vu :
la valse tendre de nos doigts
dans l’ombre du feuillage,
les étoffes froissées,

dansant,
ton corps léger , flottant dans l’air,
sous la lumière complice,
baignant le couvert de petites parcelles d’or
que tu n’as pas saisies.

C’est qu’ils n’ont pas surpris
la douce chanson du désir…

L’été s’est installé
dans un soupir…

SD-RC août 2020


Caballero – Susanne Derève


 

fona ona & fd barq -- vert

  René Chabrière – photomontage

 

 

 

 

Te souviens-tu ?

 

En cette  fin d’après-midi d’été

De  l’air brûlant comme une lame

Et sous le cintre des platanes  

Cernée par un muret de pierre                                

La fontaine de marbre usé      

Plaça Constitucio

A Soller             

En Juillet

 

Te souviens-tu ?

 

A l’angle de la Plaça Constitucio

A Soller

En juillet

Les rails du vieux tramway

Filaient droit vers le ciel

Coincés entre les murs chaulés

Les jardins et les  treilles

Et les haies de lauriers.

 

Tombaient déjà sur nous les voiles roses

Du crépuscule

Mais ils filaient tout droit

Vers les derniers arpents du jour

Alors que la nuit nous talonnait déjà                          

Filaient droit vers le ciel

D’un  bleu vert sidéral

Filaient devant  la nuit.

 

Alors  j’ai aperçu le caballero

Chevauchant l’ombre promise.

Je l’ai vu caracolant sur son étalon noir

Une fleur de sang étoilant sa chemise.

 

Là-haut, la gitane aux yeux verts,

Cœur de velours et de cendre

Se penchait au balcon de fer.

 

De sa robe luisait la moire.

Sous  la mantille de dentelle

Sa prunelle de jaspe vert                               

Brillait d’amour pour le rebelle .      

                 

Sous la lune piaffaient les chevaux

Impatients de ravir la belle

Eprise du caballero.

 

Te souviens-tu ?

 

De la Plaça Constitucio

A Soller

En Juillet

Et des rails du vieux tramway

Qui filaient  droit vers le ciel  ?

 

 

 

Mais bien sur

Tu ne l’as pas vu

Tu n’as pas vu le caballero,

Et tu ne l’as pas vue

La gitane aux yeux verts

Tu ne les a pas vus

Caballero.

 

 

 


L’enfer est un jardin de roses – Susanne Derève


 

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   Les roses du Styx René Chabrière   (ce que disent les images )

 

 

 

L’enfer est un jardin de roses aux confins de l’hiver

dont le parfum flétrit entre des portes closes

 

et le regard  s’il ose s’étendre vers la mer

n’y  croise  que les berges obscures des rivières

où le  Cerbère monte la garde

 

L’enfer est un jardin de roses aux épines amères

dont la robe s’étiole aux franges  du désert

 

et  les Parques une à une cueillent les roses noires

pour y fleurir l’enfer

 

 

Toutes Les roses du Styx  de  René,  fleuries,  fanées, en noir

ou en couleur sont à découvrir dans  ce que disent les images 

 

 

 

 

 

 

 


Jean-Claude Pirotte – leçons de solfège


touneur de page

  René Chabrière – Tourneur de pages

 

 

nous avons connu la province

         les volets clos les sourds

appels du soir les parlers lourds

         et les portes qui grincent

 

on croit que ça dure toujours

         cette chanson qui pince

un peu le cœur écho si mince

         et presque sans retour

 

or cette voix comme une neige

au bord tremblant des nuits

c’était celle du doux ennui

       des leçons de solfège

 

 

Veilleurs 

Ajoie

Poésie/ Gallimard