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Tes mots revenus – ( RC )


 

 

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J’ai emporté les mots que tu m’as glissé à l’oreille,

je les ai confiés aux ,
afin qu’ils voyagent,
et qu’ils les racontent à leur façon…

Je suis le passeur des phrases, celles qui sont dites,
et celles qui ne le sont pas.
Un jour, comme je l’ai vu,
( ou plutôt, comme je les ai entendus,

les mésanges sont venues frapper à ma fenêtre ) :
c’est qu’elles avaient sans doute
une réponse à me donner, et le récit de ton voyage .
J’ai essayé de l’interpéter à ma façon,

et les mots pensés,
ont ainsi continué leur voyage,
dans ma tête peut-être,
en donnant naissance à d’autres écrits .

C’est que tu parles un peu en moi…


RC – avr 2017

 

(  réponse à Anna Jouy : voir les mots partis )


Esther Tellermann – Choucas


egl romane JANAILHAC  sud Limoges  fresques   06.jpg

photo perso fresque  de l’église de JANAILHAC

 

 Ils sont tiens
les choucas
les Dieux peints
les tissus refroidis
la sueur
et la grille
Ils sont tiens
les lits durs
les goûts de paille
l’usure
des soulèvements

***
Car
rien ne donne la réponse
ni dômes surgis
ni masques de terre
Pistes s’égrènent en copeaux
en nuits balayées par les torches
Etions accoutrés d’os
faisant commerce de braise

***

 


Wislawa Szymborska – Certains aiment la poésie


document: galerie Angle  St Paul trois Châteaux

document:             galerie Angle — St Paul trois Châteaux

Certains –
donc pas tout le monde.
Même pas la majorité de tout le monde, au contraire.
Et sans compter les écoles, où on est bien obligé,
ainsi que les poètes eux-mêmes,
on n’arrivera pas à plus de deux sur mille.

Aiment –
mais on aime aussi le petit salé aux lentilles,
on aime les compliments, et la couleur bleue,
on aime cette vieille écharpe,
on aime imposer ses vues,
on aime caresser le chien.

La poésie –
seulement qu’est ce que ça peut bien être.
Plus d’une réponse vacillante
fut donnée à cette question.
Et moi-même je ne sais pas, et je ne sais pas, et je m’y accroche
comme à une rampe salutaire.


Luis Cernuda – langue étrangère


photo:   F’kir Eldercake

 

 

LANGUE ETRANGERE.. (.Extrait )

« Il ne disait mot
Il approchait solitaire d’un corps qui interrogeait
Ignorant que le désir est une interrogation
Dont la réponse n’existe pas,
Une feuille dont la branche n’existe pas,
Un monde dont le ciel n’existe pas.

L’angoisse se fraye un passage entre les os
Remonte par les veines
Et vient éclore dans la peau,
Jaillissement de rêves faits chair
Interrogeant à nouveau les nuages.

Un frôlement qui passe,
Un regard fugace entre les ombres,
Suffisent pour que le corps s’ouvre en deux
Avide de recevoir en lui-même
Un autre corps qui rêve ;
Demi et demi, songe et songe, chair et chair,
Egales en forme, en amour, en désir.

Même si ce n’est qu’un espoir
Car le désir est une question dont nul ne sait la réponse. »

 

 

Luis Cernuda.

 

 


Oslo Deauville Ailleurs mathématiques – 2 voix


photo-               Michaël David André

 

 

 

Oslo Deauville          Ailleurs mathématiques – 2 voix

Cette bouche (close):
un son (antérieur) peut-être.

Sur cette pente,
sur ces mains,
un corps dans un temps qui se meurt.

Il coule dans l’interstice de nos visions,
exulte de lenteur.

(Problème)

Sachant que nous sommes ici,
(si)tue moi dans cet espace aux prismes (in)définis,

à la croisée des champs audibles.
(Démonstration)      le v(i)oleur ne veut plus de moi.

Un corps (en dé)coule, une inclinaison.
Il (dé)laisse ma personne vidée de tout bruit,
sur cette pente, ailleurs.

(Réponse)

Je suis ailleurs

publié par le collectif dixit:


Le monde des possibles – (RC )


montage perso…2011                   Tournus 71

le monde des possibles

Je chuchote sur la voix basse
Des secrets, que l’on confie entre amis
C’est un peu la peau de l’enfance
Qui brûle ,         –  de l’inaccompli

Grand est le corps ,        de l’inconnu
Qui nous parle ,         l’avenir
C’est un monde de tous les possibles
Où nous risquons nos premiers pas

Une forêt profonde      où l’on s’enfonce seul
J’emporte quelques pierres dans mes poches
C’est pour retrouver mon chemin,
Mais,            on ne va jamais en arrière

Je voyage avec l’espoir muet ..
Il y a parait-il une  clairière
Bien au – delà des légendes
Que je pourrai confier aux enfants.

Je ne l’ai pas  rencontrée
Et continue à marcher
Sur ce chemin si étroit
Qui ne va pas tout droit.

Pourtant j’ai senti une chaleur,
Comme dans  ce jeu
Où çà chauffe ou tiédit
Si l’on approche  la réponse

Ou si on s’en éloigne….  c’est donc
Peut-être la bonne direction,  celle
Qu’ils appellent   « trouver sa voie »
…..    elle  était en moi.

RC        – 22 octobre 2012

dans le même  esprit on peut  lire  le poème de Pierre Silvain « les chiens du vent »

dessin: Paul Klee : Animaux sous la pleine lune.