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Autochtone – ( RC )


rechab 2e.jpgImage :: création perso   2005

 


On peut s’égarer dans la forêt,
Si tu ne connais pas bien le chemin,
et tourner jusqu’au lendemain,
– On n’en connait pas bien les secrets  .

Tu peux te guider aux petits bruits
Les déplacements subtils
des yeux de la nuit
Le glissement des reptiles

qui te surveillent,
l’ombre taciturne,
éloignée du soleil,
les oiseaux nocturnes

cachés dans les frondaisons
mènent leur vie tranquille
comme sur une île
séparée de l’horizon.

Imagine-toi en Afrique
où les singes se répondent,
alors que tu vagabondes
dans un lieu typique

qui t’éloigne quelque peu
des sentiers balisés :
pas de Champs Elysées,
mais un autre milieu :

une jungle épaisse
qui s’auto-multiplie
et où jamais elle ne te laisse
faire un safari .

Tu vas tenter de te guider
avec ces bruits furtifs :
Voila ce que c’est de se balader
dans ce parcours évolutif.

Tu vas contourner de larges flaques d’eau,
des rochers de latérite
– des obstacles dans ta visite –
et toi, toujours sac à dos

Quand tout à coup, un bruit t’immobilise
et qui va grandissant :
C’est la démarche imprécise
d’un ce ces habitants :

On les nomme autochtones,
comparés à toi,          l’étranger :
ce ne sont pas des hommes
qui portent le danger ,

mais de ces animaux
qui parcourent avec aisance
de grandes distances
par monts et par vaux :

En voila un            à présent
qui écrase de grands végétaux
comme de vulgaires poireaux
en s’avançant nonchalament.

C’est un peu bizarre
cette rencontre inopinée ,
mais choisissant de se baigner
dans la première mare :

C’est une sorte de colosse gris
qui paraît               immense
et tranquillement s’avance
sans forfanterie

Tu peux voir de trois-quart
l’animal        et son curieux épiderme
maintenant au milieu des nénufars :
c’est un pachyderme

Un de ces géants
pas très discrets
mais qui connait bien la forêt :
tu pourras suivre en son temps

les traces qu’a laissées
négligeamment
le grand éléphant
dans son pas cadencé

pour retrouver en effet
avec les arbres aplatis,
rapidement la sortie
à la façon du petit Poucet

A la place des cailloux,
tu peux remercier ton baigneur
qui fut aussi ton sauveur
et tu rapportes une photo de lui, ( floue ).

RC – oct 2016


Enfance des géants – ( RC )


KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

photo perso –                     gorges du Tarn à St Georges de Lévejac   2015

 

Je ne connais rien de l’enfance des Géants:
Ils sont peut-être nés au coeur d’un volcan,
De l’accouplement hâtif de reptiles    avec un dieu ailé:
Ils ont grandi                          dans les temps reculés

– ( je n’étais pas né et en suis réduit à chercher des indices)-.
Ils se sont allongés sur la terre lisse ;
L’empreinte de leur corps         a laissé des traces en creux,
là,          où l’eau des lacs reflète le sourire des cieux ;
Aux montagnes,        la robe des conifères,
Habillant les pentes aventurières …

On ne sait pas s’ils sont morts,
ou camouflés derrière une prairie en fleurs,
prêts à se relever si leur sang
répond un jour aux appels du printemps…
Car leur rythme cardiaque      ne nous est pas connu:
ils tiennent notre destin      entre leurs mains nues,
et parfois toussotent            des rêves de pierre
qui se traduisent par des phylactères
emportés par les tempêtes et les orages:

On n’arrive pas encore à déchiffrer leurs messages ,
car il faudrait apprendre une nouvelle écriture
dont les signes sont disséminés dans la nature.. ;
On connaît peu de choses des Géants.  ….

Ce sont peut-être encore des enfants
Qui vont pouvoir grandir
Dans une terre en devenir….


RC- mai 2016

 


locataires de l’hostile ( RC )


Il n’y a plus d’empreintes sur le sable
Que de dessin d’un monde meilleur
L’angle de la peur, de la souffrance

Ne concerne pas les voyageurs
Mais les reptiles,
Locataires de l’hostile

Et les plantes à épines…
Les êtres tapis au creux de la terre
La bouche collée, sous le sol

Qui chuchotent leur exil,
Aux peaux craquelées, comme leur terre-mère
De boue sous un soleil impitoyable

Découpent les ombres au fer rouge
Si ombre il y a – et leurs mains tendues
Vers l’ailleurs d’un peut-être …

RC   – 11 juillet 2012

photo extraite des  dragons d’Asgard


Retrouver le chemin ( RC )


Même  s’il fait jour, quelque part, c’est une  fête nocturne
Un frôlement de gestes, des bonds discrets, et des yeux  habitués  à l’obscurité.
On a laissé au loin         , le bruit et la fureur,  le crépitement  du soleil sur les  chaumes
Pour  la cathédrale  de pénombre,

Où se glissent  de temps  à autre les bourdonnements  têtus d’avions,                             bien au-delà.
Il faut s’habituer  au rideau des bois, à la chevelure  mouvante, qui ondule au moindre vent, et
…  retrouver  ses repères.

Quand  tout  se  ressemble un peu, qu’il faut contourner les corps couchés d’ancêtres  écroulés,
Ecarter  des rideaux  de fougères, s’extraire  des pièges de ronces, la progression est lente.
Personne n’a jalonné le terrain,  n’a semé de temps en temps  des cailloux blancs, qui guideraient les pas.
Celui-ci et le suivant. La distance ( dont on ne peut dire  qu’elle  s’étire ), ne connaît pas la ligne  droite.
Le pied prend  appui sur ce qui n’est pas,  le terrain s’accidente et se heurte de temps à autre à des rochers instables,
suivis de pentes glissantes.

En attendant me voila progresser dans la fange, les mousses  cédant du terrain vers  l’humide.,sous les caquetages faciles
des oiseaux  exotiques, dont on ne distingue  qu’un passage  furtif,
La voûte de la forêt est une  explosion que l’on suppose verte,

Une  cloche végétale, fourmillant d’insectes, où chacun travaille  à sa survie.
Je dois  agiter  les  bras  en tous sens, pour tenter  d’échapper  aux moustiques, intéressés par ma présence insolite.
…en d’autres lieux  j’aurais pu croiser les corps écailleux  de reptiles en attente…

Mais ,             – je vois une  éclaircie  soudaine,                     un sillon clair partage la futaie….

j’ai  retrouvé  le  chemin.

RC –   7  octobre 2012

Ceiba_pentandra le kapokier fromager

 

Que je complète  avec l’article  de Lambert Savigneux: visible dans  « les vents  de l’inspire « 

 

ploie le temps ce qu’il en reste (remnants)

 

si l’ ours et l’humus des hêtraies

grise face de pierre polie et vingt sentiers  font une taïga d’hiver

vers une douce pas trop rude quand pas de plume

cree grogne ni rend shoshone



dans la huitième nuit blême bleue de loutre et mer

pluie que trois pour une soupe

j’outre

ni crire  ni rire même des crocs moins  que d’accrocs un  clos de cache à l’eau des brins d’ilots

mais ronger une branche sèche si bois sec l’eau crisse  fendue une coulée loir pousse de sève perce  dans le sens oblique

longue robe  libidinale

orignal ou nihil à ni male ni feu mêle ne leurre

et secoue s’en pour sang au  coude à coude comme si pioche mais  nickel dans les rockeuse bluese

une tête d’ourse s’entête à lever le paw à

l’émergence du soleil

car hiboux n’est pas putois ni castor une peau de daim affamée court pâmée

le poing levé au sol hérisse de poils pour luire

je dis  tranquillement s’ébrouer à la voix tachetée