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Thomas Pontillo – une langue commune desséchée


extraite du numéro de revue Photo 456

photo Sandra Santos      extraite du numéro de revue Photo 456

Ou peut-être écrivons-nous car la langue commune est desséchée. Commune et courante. Que faire avec ces pauvres mots du quotidien? Nous ne pouvons pas respirer.

Elle n’a pas d’autre horizon qu’elle-même. Or, nous désirons tant les horizons.


Luis Mizon – Caresse-moi de tes doigts


Caresse-moi de tes doigts

Toi qui récoltes les algues

Approche tes mains

Je veux respirer ton rêve

(Poèmes d’eau et de lumière)


Le ciel ne se remplit pas de couleurs, aux fêlures du quotidien – ( RC )


 

 

 

 

A oublier de respirer,

Celui qui poursuit son chemin tranquille,

Ne s’aperçoit pas que, sous ses pas,

Se déroule le vide

Et que la falaise a cédé.

 

L’apprenti soldat, confond la réalité avec les jeux vidéos,

Et l’arme entre ses mains, n’a de différence avec le fusil en plastique

Que son poids, et l’odeur de l’huile

Alors qu’il caresse la gâchette,

Large, froide – vraie

 

A oublier de respirer,

On en oublie de penser

Et le monde a tourné sur lui-même.

Les larmes ont séché sur les visages

Au soleil disparu derrière les collines.

 

Enrôlés de force, les enfants soldats

Qu’on mène au combat

Délaissent la famine,

Pour les champs de mines,

Ont le goût du sang, dans leurs bouches d’enfants.

 

Le ciel ne se remplit pas de couleurs

Aux fêlures du quotidien,

Mais colporte la haine

Dans leurs poings serrés

Sur des branches de douleur.

 

 

RC – 8 février 2013


Marina Poydenot – Le rêve dans le dormeur


peinture: le berceau: Berthe Morisot

 

 

 

 

 

 

provenant de ses vers « libres »…  voila un aspect des créations  de Marina Poydenot

Le rêve dans le dormeur

Parcourant des milliers de comètes,
pieds nus,
le rêve
se change en ascenseur,

étoile dans un boyau noir.Dans un va-et-vient confus
quelqu’un te prend la main,
tu retrouves l’odeur de chlore
qu’il ne fallait pas respirer,
le timbre grave qui te faisait peur
et t’enfantait.Tu t’éveilles plein de voix
dans le silence de la nuit,
à te demander
qui rêve dans le dormeur,
qui parle
à qui,
ensemble séparés
par une mince feuille de temps.