voir l'art autrement – en relation avec les textes

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Richard Brautigan – étoile du poker


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C’est une étoile qui ressemble à
un jeu de poker au dessus
des montagnes de l’Oregon occidental.
Il y a trois hommes qui jouent.
Tous sont bergers.
L’un d’eux a deux paires,
les autres n’ont rien.

 

It’s a star that looks
like a poker game above   
the mountains of eastern   
   Oregon.
There are three men playing.   
They are all sheepherders.   
One of them has two pair,   
the others have nothing.

 


Richard Brautigan – deux tickets


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Je pensais à toi très fort
en montant dans le bus.

J’ai payé 30 cents
et demandé deux tickets
au conducteur
avant de comprendre
que j’étais tout seul.

 


Richard Brautigan – les choses s’incurvent


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Les choses s’incurvent lentement hors de vue
jusqu’à disparaître tout à fait.

Après ne reste plus
que la courbe.

 


Richard Brautigan – Etoile du Poker


C’est une étoile qui ressemble à
un jeu de poker au dessus
des montagnes de l’Oregon occidental.
Il y a trois hommes qui jouent.
Tous sont bergers.
L’un d’eux a deux paires,
les autres n’ont rien.


Richard Brautigan – 3 novembre


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papier  peint  Rob Wynne

Me voilà assis dans un café
en train de boire un Coca.
Une mouche s’est endormie
sur la serviette en papier.
Il faut que je la réveille
pour essuyer mes lunettes.
Il y a une jolie fille
que j’ai envie de regarder.

.


Richard Brautigan – C’est toi qui a voulu coucher avec elle


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Transformé en flocon de neige comme par
un ours polaire invisible
– pauvre con,
tu te retrouves assis
sur le pare-chocs de ses baisers
alors qu’elle conduit la voiture
jusqu’au coeur de la banquise.


Richard Brautigan – Il pleut en amour – Si tu meurs pour moi


photo perso,  base argentique modifiée par mes soins

photo perso, base argentique modifiée par mes soins

 

 

 

 

 

Si tu meurs pour moi
je meurs pour toi
et nos tombes seront
comme deux amants nettoyant
leurs vêtements ensemble
dans une laverie automatique.
Si tu apportes la lessive
j’apporte l’eau de javel. »

Richard Brautigan, Il pleut en amour,

éditions Le Castor Astral.

 


Richard Brautigan – Un carnet dans la même poche que mon passeport


poème-affiche du site des ArtPenteurs

Les cinq poèmes

que j’ai écrits aujourd’hui,

ils sont dans un carnet

dans la même poche

que mon passeport. C’est

la même chose.

Richard Brautigan, Journal Japonais


Les papiers et le sel ( RC )


Tout à l’heure, en rangeant la vaisselle
J’ai vu la table débarrassée  ( ayant mangé dans un coin)
Le reste occupé, par un tas de papiers

Toujours des choses dont l’urgence attend
Qu’on veuille bien s’occuper d’elles
Ces papiers éparpillés ont même recouvert
Des livres, dont la couverture me rappelle

« La revanche de la pelouse »
Le récit de Brautigan
Dans sa version originale
Avec un cadre vert
Et une fille qui sourit.

Tiens , j’ai laissé le sel
A côté d’une facture.
Il me faut une enveloppe, et un timbre…
Je dois bien avoir ça quelque part,
Dans la pièce à côté…

RC     – 30 janvier 2013


Richard Brautigan -Il y a des vieilles folles dans le bus d’Amérique de nos jours


peinture:            Charles Demuth      1916

 

 

 

 

 

 

Richard Brautigan, « Il y a des vieilles folles dans le bus d’Amérique de nos jours »
À l’instant même, il y en a une, assise derrière moi. Elle porte un vieux chapeau décoré de fruits en plastique, et ses yeux zigzaguent à toute allure dans son visage comme des mouches sur des fruits.
L’homme qui est assis à côté d’elle fait semblant d’être mort.
La vieille femme lui parle et le souffle verbal ininterrompu qui sort de sa bouche évoque la frénésie des pistes de bowling, un samedi soir, avec des millions de quilles qui lui tombent des dents.
L’homme qui est assis près d’elle est un vieux Chinois tout petit, et qui porte des vêtements d’adolescent. Sa veste, son pantalon, ses chaussures et sa casquette son ceux d’un garçon de quinze ans. J’ai vu des tas de vieux chinois habillés comme des adolescents. Ça doit faire drôle quand ils vont s’acheter des vêtements dans les magasins.
Le Chinois s’est recroquevillé contre la fenêtre, et on ne peut même pas dire s’il respire. Elle s’en fiche pas mal de savoir s’il est mort ou vivant.
Il était vivant quand elle est venue s’asseoir à côté de lui et qu’elle s’est mise à lui parler de ses enfants qui sont devenus des bons à rien, son mari qui est alcoolique, et la fuite dans le toit de la foutue bagnole qu’il ne trouve même pas le moyen de réparer puisqu’il est toujours saoul – le salaud – et elle, elle est trop fatiguée pour faire quoi que ce soit parce qu ‘elle travaille toute la journée dans un café – et je dois être la serveuse la plus vieille du monde – et ses pieds ne le supportent plus, et son fils est en taule, et sa fille vit avec un chauffeur de camion alcoolique et ils ont trois mioches qui fichent la pagaille dans la maison, et elle aimerait avoir un poste de télévision parce qu’elle ne peut plus écouter la radio.
Elle a cessé d’écouter la radio il y a dix ans, parce qu’elle n’arrivait pas à trouver d’émissions. Il n’y a plus que de la musique et des informations maintenant – et je n’aime pas la musique, et je ne comprends pas les informations – et elle s’en fiche pas mal de savoir si ce putain de Chinetoque est mort ou vivant.
Elle a mangé de la cuisine chinoise il y a vingt-trois ans à Sacramento, et elle a eu la chiasse pendant cinq jours, et tout ce qu’elle voit, c’est une oreille en face de sa bouche.
L’oreille ressemble à un petit cornet jaune, mort.

 


Richard Brautigan – 3 novembre


 

3 novembre

Me voilà assis dans un café
en train de boire un Coca.
Une mouche s’est endormie
sur la serviette en papier.
Il faut que je la réveille
pour essuyer mes lunettes.
Il y a une jolie fille
que j’ai envie de regarder.

.

 

 


Richard Brautigan – Il pleut quelque part


photo: Edouard Boubat; Nazare Portugal 1956

 

 

 

 

Il pleut quelque part,
ça fabrique des fleurs
et ça rend les escargots heureux.

(Richard Brautigan)


Richard Brautigan – la courbe des choses oubliées


 

 

sculpture: Ellsworth Kelly: Carré d’art Nîmes – photo personnelle – 2010

 

 

Les choses s’incurvent lentement hors de vue
jusqu’à disparaître tout à fait.

Après ne reste plus
que la courbe.

(Richard Brautigan)


Richard Brautigan – journal japonais


peinture: Dave McKean

journal japonais extrait découpé - marcelle sable extrait de poème de Richard Brautigan, "Floating Chandeliers ", traduit par Nicolas Richard in journal japonais 10/18 éd bilingue

En voiture sur l’autoroute 
entre Tokyo et Osaka

Je regarde par la vitre
à 100 kilomètres à l’heure
      (62 miles)
et j’aperçois entre les rizières
un homme à bicyclette, qui roule
avec d’infinies précautions sur un
      étroit sentier.
En quelques secondes, le voilà disparu.
Il ne reste plus que son souvenir, maintenant.
Il vient d’être transformé
en impression à l’encre
d’un souvenir à 100 kilomètres à l’heure.

Extrait de Journal japonais,

——-

Malgré son dégoût des voyages,Brautiganl y écrira son Journal japonais, plus recueil que journal, dans lequel il déposera ses impressions, croquées par de petits haïkus en hommage à ses poètes favoris, mais également par des poèmes plus « occidentaux ».

Assez original par sa forme de recueil, Journal japonais est aussi déstabilisant par son contenu : Les courts textes sont de petits instantanés de situations, d’impressions auxquelles il est difficile parfois de s’accrocher. Des références personnelles ponctuent les textes, les mots sont mis à nu, ils ont pour fonction première de rappeler un détail, une situation à celui qui les écrit. Les poèmes sont subtils, dépouillés et humbles, mettant en avant l’impression première du voyageur dans sa simplicité. Nul besoin de description, c’est le sentiment dans sa pureté qui est noté. C’est ce sentiment de trop, de tant qui ressort dans ce livre. Tous les sens en éveil, le voyeur s’oblige presque à se concentrer sur de petits détails qui peuvent être dits sans perdre trop de temps. On retrouve également l’impression que Brautigan se concentre pour croquer ses textes rapidement, pour ne pas perdre le fil de la vie japonaise qui continue de passer à côté de lui.

Certains poèmes ont été terminés après son retour aux États-Unis, ce qui renforce cette idée. Brautigan a pris le parti d’écrire pendant son voyage, mais pour ne rien louper, il écrit clair, il écrit juste. Droit au but. Seulement l’important ; le reste, il peut le voir et le vivre.

Citation de Jim Harrison (Légendes d’automne, Entre Chiens et Loup,

———-

même Richard a de la "vague" à l'âme

Richard Brautigan
extrait de l’introduction du Journal Japonais–  le suite ici…

Mon oncle Edward est mort avant sa trentième année, et il est mort indirectement à cause de la bombe que le peuple japonais a larguée sur lui et rien dans ce monde, aucun pouvoir ni aucune prière ne nous le rendra jamais. Il est mort. Il est parti pour toujours. Ceci est une bien curieuse manière d’introduire un recueil de poésie censé exprimer mon profond attachement au peuple japonais, mais je tenais à évoquer tout ceci en tant que l’une des pièces du puzzle qui m’a amené au Japon et à l’écriture de ce livre. Je souhaiterais passer en revue d’autres éléments du puzzle qui m’ont conduit au Japon à la fin du printemps 1976 et à ces poèmes. Les Japonais, je les ai détestés tout au long de la guerre. Ils m’apparaissaient comme de diaboliques créatures infra-humaines qu’il fallait détruire, de façon que la civilisation puisse s’épanouir dans la liberté et la justice pour tous. Les dessins humoristiques des journaux les montraient comme des singes à dents de lapins.

— Naturellement  ce n’est pas par  hasard, que je place cet hommage à la suite  du « roman Japonais  »  de Robert Piccamiglio, qui comme  je l’ai fait observer  dans  « Midlands 03 », connaît et apprécie R Brautigan..


Richard Brautigan – « Le Silence de la langue »


photo-polaraïd   exposition à Draguignan

polaroid carton d’expo Draguignan

Richard Brautigan   c’est cet écrivain américain de la  « beat generation »,  qui  a fait toutes  sortes d’écrits et petits textes, un peu étranges,  à la façon haïku  américanisée  (  d’ailleurs  il se réfère souvent au Japon)…

« Le Silence de la langue »

Je suis assis ici maladroitement seul dans un bar avec un réalisateur de cinéma japonais très intelligent qui ne parle pas anglais ni moi le japonais.

Nous le savons les uns les autres, mais il n’y a personne ici pour faire la traduction.

Nous avons parlé auparavant.

Maintenant on fait semblant de s’intéresser à d’autres choses.

Il écoute de la musique sur le phonographe, les yeux fermés.

Je le couche sur le papier. Il est temps de rentrer à la maison. Il me quitte  le premier.

——-

R Brautigan  est l’auteur, entre autres  de  « Tokyo-Montana  express »,

« Sucre de pastèque »

« La pêche  à la truite en amérique »

« l’Avortement »

« Willard  et ses trophées au bowling »

« La  revanche de la pelouse »

c’est  sans  conteste  un de mes  favoris