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Zbigniew Herbert – le sel de la terre


 Kupka 1910 Archaická 3318490558.jpg

peinture  F Kupka

 

 

Une femme passe
son foulard tacheté comme un champ
elle serre contre sa poitrine
un petit sac en papier

cela se passe
en plein midi
au plus bel endroit de la ville

c’est ici qu’on montre aux excursions
le parc et son cygne
les villas dans les jardins
la perspective et la rose

Une femme avance
avec la bosse d’un baluchon
– que serrez-vous ainsi grand-mère

elle vient de trébucher
et du sac
sont tombés des cristaux de sucre

la femme se penche
et son expression
n’est rendue
par aucun peintre de cruches brisées

elle ramasse de sa main sombre
sa richesse dissipée
et remet dans le sac
les gouttes claires et la poussière

Elle
reste
si
longtemps
à genoux
comme si elle voulait ramasser
la douceur de la terre
jusqu’au dernier grain

Le quotidien et la vision de ce qui est, au plus profond, deux aspects inséparables. Cet extrait de L’inscription, par exemple :

Je répète un poème que je voudrais
traduire en sanscrit
ou en pyramide :

quand la source des étoiles se tarira
nous éclairerons les nuits

quand le vent deviendra pierre
nous attendrirons l’air


After the gold rush ( RC )


photo jrs de son site

 

 

Au survol du printemps
Finalement, l’aile ouverte,
S’appuyant sur l’atmosphère,
Endolorie,
Ira se fondre
Et saigner dans d’été,

Une halte et un autre virage
peut être conduit au repos
Une ville abandonnée
Aux insignes blanchis ,
Le bois torturé
Au soleil ardent,

Les voitures,aux modèles lourds,
Fantômes rouillés,
immobilisés,
Dans les herbes hautes,
Elles vont à la reconquête
des prairies vides.

Peut-être pour l’oiseau migrateur,
L’occasion de se poser,
Quand le vent agite
Et secoue de vieilles tôles,
De vieilles enseignes,
– grincements –

Et ce qu’il reste de rues,
Poussiéreuses,
Menant plus loin à l’Ouest.
Suivre ainsi ,très loin,
Les routes rectilignes,
sous la course des nuages.

L’or du Far-West,
A filé entre les doigts,
De migrants de tout ordre,
Repartis d’ici, comme ils sont venus,
Incongrus
Poursuivant une richesse improbable,

Toujours ailleurs.

________________________
Flyover spring
Finally, the wing open
Relying on the atmosphere,
sore,
Will go blend
And bleed into summer

A stop and another turn
may be conducted for a relaxing break
An abandoned city
To the bleached insignias
The tortured wood
Under burning sun,

Cars, heavy models
Rusty ghosts
immobilized
In the tall grasses,
They go to the reconquest
Of empty grasslands.

Perhaps for migratory birds,
The opportunity to arise,
When the wind moves
And shakes oldmetal sheets ,
Old signs,
– Grinding –

And what remains of streets,
Dusty,
Leading further to the west.
Follow thus them far,
The straight roads
Under the course of the clouds.

The gold of the Far West
Passing between the fingers,
Of all kinds of migrants,
Left from here, as they came,
Incongruous
Continuing with an unlikely wealth

Elsewhere ,Always .

RC – 3 septembre 2013


Richesse inutile ( RC ) – ( écho à Isabelle Dalbe)


photo perso -  dolmende l'Aumède  Chanac, Lozère

photo perso – dolmen           de l’Aumède     Chanac, Lozère

Aux pays lointains,
Ceux où le soleil s’attarde,
méridiens  d’Afrique,

La Noire

Ne s’imagine
Une couverture blanche,
Que la nudité du silence,

Il recouvrirait
A ce qu’on dit
Des terres  d’abondance,

Forêts  denses,
Rivières clarté,
Mais si loin encore,

Le froid  qui recouvre,
Etendues, et convoitées
D’autant de diamants,

La  blanche

Ce qui reste de cristaux,
Qu’on ne peut emporter,
Richesse inutile.

A portée de mains,
Glacée,
La neige se fond en elle-même.

RC –  25 juillet 2013


La neige

à Laurent Albarracin

La neige noue clepsydre et giboulées.
Elle fleurit la bombe de cet écho.
Dans la nudité de la blancheur
elle existe pour le silence.

La neige continue l’objet convoité.
Elle est le temple de la grêle.
Une poupée de la rosée
à hauteur de la vive allure.

A l’enseigne de nos pas
c’est un loup d’azur.
Tout un temps bâti
pour le huitième jour.

La neige se fond dans la neige.
Mère à-pic baptisée Ẻquilibre.
S’enterre sa racine phénix.
La neige ne s’arrache pas.

I. Dalbe

 

 

également ce texte  de Sophie G Lucas,  qui dit  quelque  chose  d’approchant à ce que j’écris…

 

extrait de  « Se recoudre à la terre »

on n’en fait rien de
la neige
(toute l’épaisseur de
ce monde dans une fenêtre)
tout juste se demande-t-on
comment ce sera une fois
que tout aura fondu
si la vie sera la
même
et si c’est bien la neige
qui bloque les siens
dans le
silence

 


Joconde,Jo-conte (RC)


C’est bien conte de fée,

Ce qu’tu me racontes

Quand on se rencontre

Je sens k’j’vais kiffer

Contre apôtre, contre ta peau

Comtesse reine-sirène

Je sens çà si beau

De notre sans gêne

Qu’à bien s’imbriquer

Et puis se lécher

C’est communiquer

Et sans se lâcher

D’un ptit millimètre

On pourrait même pas glisser

Et même pas peut-être

Ni nous dévisser

Décharge tes bas de laine, vas-y!!!

C’est toute ta richesse, que j’accueille

Cà vaut bien mieux, que sentir le moisi

Sur mon arbre dressé, et aussi ses feuilles