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Comme se consument les heures – ( RC )


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peinture: Paul Klee

S’il faut laisser passer les heures ;
ce sont des images  fugitives,
elles se consument,   comme du papier qui brûle,
et il n’en reste rien.
Même pas un peu de cendre.

Alors, justement ,  où est l’empreinte,
d’où peut naître la future lumière ?
Il faut que je la creuse,
que j’y dépose des paroles,

que je sème quelque chose
pour marquer ce qui passerait
pour un désert  :
              fertiliser le temps
d’un poème,          avant que le jour ne s’éteigne .

Certains diront  que je n’ai pas vécu pour rien.

RC   avr  2017


Thierry Metz – Je n’emporte rien


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Je n’emporte rien puisque tout tient dans l’intime et immense espace du regard.
Des instants de ciel sous les pas.

*
Tout ce que je pense n’a peut-être plus d’importance.

On dirait qu’il ne reste plus que les outils – que l’instrument.
Un instrument pour chercher.
Un instrument pour construire.
Mais je suis en direction de ce qu’il n’y a plus à comprendre, pour ainsi le comprendre, y laisser de l’écriture.

 

Extraits de Carnet d’Orphée, éd. Les Deux-Siciles, 2012


Norbert Paganelli / Robert Desnos – Le dernier poème


Gorgone orange (2)

 

 

(Norbert Paganelli / Robert Desnos) LE DERNIER POÈME
J’ai tellement rêvé de toi
J’ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu’il ne me reste plus rien de toi,
Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres
D’être cent fois plus ombre que l’ombre
D’être l’ombre qui viendra et reviendra
Dans ta vie ensoleillée.

 

( et sa version en langue corse )

 

T’aghju sunniatu cusì forti
Aghju tantu marchjatu, tantu parlatu,
Tantu amatu la to ombra,
Ch’ùn mi ferma più nudda di tè,
Mi tocca à essa l’ombra mezu à l’ombri
D’essa centu volti più ombra chè l’ombra
D’essa l’ombra chi vianara è rivinarà
In la to vita assuliata.

 

 

Voir aussi beaucoup d’autres textes, orientés principalement  sur la poésie  d’origine corse ( mais pas que)..  dans Voxpoesi.

 


Claude Esteban – Je prendrai une pierre


sculpture :                Eugene Dodeigne

Je prendrai une

pierre.


Celle qui vient. Celle

qui pèse

dans son nom de pierre.


J’effacerai tout le dehors.


Je donnerai
mon sang à cette pierre.


Pour rien. Pour

retenir son nom. Pour apprendre

jour après jour


son corps de pierre.


Claude Esteban


 


Rien, et si peu (RC)


Photo S Expilly

 

 

On est un rien, et si peu de chose
Aux pétales engourdis, mon amie la rose.

Au froid qui pénètre ta demeure
Les saisons ont basculé leur heure

Et semblé oublier jusqu'au souvenir d'été
Et voilà figé en liberté

Le buisson de fleurs qui fane
Mais dont l'odeur encore émane

A mordre la griffe du destin
C'est attendre le lendemain

Les fruits de l'aubépine
Graines de nouveau, sans épines

Qui guettent par essence
De meilleurs temps, la renaissance.

Tu n'es rien, mais , tout, hors de la glace
Volant toujours, avec le vent en face

A ta chanson , à ton refrain
C'est du printemps attendu, le regain,

Dont je me fais porteur, léger décalage
A tes rimes, parfums de roses - et davantage (s).

 

–RC   le 31/01/2012

 

en écho  à

http://pantherspirit.centerblog.net/91-Juste-une-Chanson–Juste-un-Refrain

 

gravure: Jacques Villon