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Bernat Manciet – Sonet – Le matin croît en toute chose


 

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aquarelle  W M Turner

 

 

Le matin croît en toute chose

toute chose déclenche un matin
Toi : un matin aux cris de neige
des mouettes pures sur Ambès

je te reconnus à ton rire
piaffé de ciel et de sel
je te reconnais car c’est notre rire
depuis les talons jusqu’au front net

lorsque blanchirent les rives
jusque dans mes paumes ouvertes
je sus que c’était ton jour

jour de mille paupières
blanches tu m’as trouvé à tâtons
tous lendemains ne sont que ce matin


Jusqu’au silence blanc – ( RC )


 

photo: studio16mmjackinthebooks

 

 

Les pages jaunies des hiers,
Ont gardé la mémoire,
Intacte.
Les rives ont beau être  lointaines,
Elles  s’inscrivent,
Sans  frontière
Au pays où le présent
ne faisait aucun doute.

Peut-on dire  qu’il dérive ?
Qu’il sombrera dans l’oubli,
ou la brume,
qui, avec le lointain,
recouvre toute chose ?

Ce sont plutôt les hiers,
qui s’étiolent en notre mémoire,
comme les rides,
creusant un peu plus nos corps,
Jusqu’au silence blanc.


RC- dec  2014

d’après un texte  d’Isabelle  Debiève   » Présent désarticulé « 


Tu laisses courir l’eau vive – ( RC )


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Tu laisses courir l’eau vive

Et ne peux la retenir d’entre tes bras.

Il y a, au milieu, une barque qui n’attend pas.

Elle s’éloigne lentement des rives ,

 

Sans laisser rien à la surface.

Même le défilé des palais de la mémoire…

S’en rappelle comme les échos du soir –

Et sous les ponts, l’eau passe  ,

 

que l’embarcation, à peine,  ride  ;

Légère,  où la porte le courant…

Juste ce qu’il faut de la course du temps ;

….Et personne ne la guide .

 

Ainsi, de l’eau, les émois…

La rivière se nourrit de pluie .

Il a tant plu,  toi,  que l’oubli

Fait comme l’eau entre tes doigts .

 

Ils ont beau être agiles ;

Les rêves perdent leur consistance.

Il est une barque en partance;

Elle dérive au milieu de tes  îles…

 

RC  – oct 2014


Eric Vuillard – Qu’est-ce que c’est, un fleuve ?


photo: Jan-Joseph Stok

 

 

Qu’est-ce que c’est, un fleuve ? Un peu de boue et beaucoup d’eau.

De l’eau.

Cette chose qui coule.

Il y a, dans un fleuve, une multitude de vies et de morts, de chemins, une multitude de galets, de sable, de rochers, et tout ça se soutenant seul et formant une grande cicatrice où l’eau coule.

Et puis il y a les rives. Au-dessus de ce que nous sommes en secret, il y a les rives, où le fleuve quelquefois déborde, emportant tout ce qu’il peut, mais qui sont d’habitude libres, dans la lumière.

 

extrait de  « Congo »                         voir les  » notes  de lecture »


Du corps j’ai perdu l’empreinte – ( RC )


photo:         Ivar Ivrig

Des brûlures noires,

Aux paroles tendues

Se consument encore

Dans un Styx immobile

Quand la pensée se fige,

Etranger à son propre corps,

Un pays natal, où s’oxyde

Une eau au goût,

Qu’on ne reconnaît plus .

Ou seulement le goût

De la cendre,

A regarder s’éloigner,

Toujours davantage,

La rive,   les champs.

Ils ne sont plus que surfaces ocres,

Et les arbres une masse sombre,

Un crépuscule du désir,

Et les braises éteintes ;

( du corps j’ai perdu l’empreinte ) .

On y distingue même plus,

Les fleurs piétinées,

Le tout sera bientôt,

Recouvert par un rideau de fumée…

RC  – 28 novembre 2013


Xavier Lainé – Que dit ton visage


Photo
-photo:     Jaya Suberg
Que dit ton visage
Lorsqu’en rêves il se concentre
Paupières baissées
Lèvres ouvertes
Sur la source des nuits
Un petit matin frais
S’éparpille en tes cheveux d’ombre
Je te suis sur ces rives perdues
(Xavier Lainé)