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Au-delà des sommets – ( RC )


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Le montagnard connaît la rudesse des roches,
          les failles et précipices,
          les forêts qui s’essoufflent,
et finissent par renoncer,
vers les hauteurs…
         le vent glacial,
         l’aspiration vers les cîmes,
(souvent voilées de nuées),
         les pistes incertaines,
         les plaques de neige.

Toutes les chaînes,
dans leur présence pesante,
accrochant encore le jour,
alors que la vallée s’endort….

Le but affiché est de
« conquérir un sommet » ,
              comme si,
         grâce à ce verbe,
on pouvait se l’approprier .
Ce serait plutôt une métaphore,
pour sa propre vie :
       un parcours d’obstacles,
passer au travers d’épreuves,
éviter pièges et dangers:

       Faire de son existence
une progression pénible,
       s’ouvrir de nouvelles voies,
planter un drapeau tout en haut.

Mais il n’y a pas d’autre alternative
que redescendre,
le vent sifflant dans les oreilles,
fourbu et courbatu,
avec le sentiment de revenir
      malgré soi,
( Gros Jean comme devant) ,
>     ne s’étant rien approprié du tout,
devant,        comme à la montée
affronter les éléments .

Et si la vie se concrétise dans la montagne,
quel que soit le sommet
          on voit bien qu’un jour elle s’arrête,
                     et qu’il n’y a rien au-delà    .


RC – oct 2017


Pierre Mhanna – La rue et ses passants


 

 

 

3471866108_c17754237d%2520Fairy%2520of%2520Lakes.jpgMa vie entière est une lettre écrite pour vous dans une langue que seul l’amour peut comprendre.
My whole life is a letter for you written in a language only love can understand.

~

By the candlelight
I loved to read her poems
and gaze, every now and then,
into her eyes,
at the way the flame flickered
and danced upon
the page of her face,
the poem of my life.
À la lueur des bougies
J’aimais lire ses poèmes
et le regard, à chaque instant et puis,
dans ses yeux,
à la façon dont la flamme vacillait
et dansait sur
la page de son visage,
le poème de ma vie.
~

With the patience
of the river
dissolving rocks
and carrying them to the sea
my touch will have her skin
dissolved in poetry.
~

Avec la patience
de la rivière
dissolvant les roches
et les transportant vers la mer
mon contact verra sa peau
dissoute dans la poésie.

 

traduction  RC de cette  toute récente  parution  sur le blog  de Pierre Mhanna  ( english )

 

 


Absorber l’idée même de la nuit – ( RC )


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Les bois se taisent
quand les noces des vents    s’apaisent,
et c’est la nuit
qui emporte tous les bruits …
( mais pas une nuit rêvée,
celle que l’on peut trouver,
quand une partie de la terre,
effacée de la sphère
plonge dans le sommeil,
en absence de soleil ).

Les criquets et les cloches des villages
cessent leurs commérages
à partir du moment où l’obscurité
étend son royaume indompté
dont la noirceur
occupe l’intérieur,
et celui des gouffres
à l’odeur de soufre,
et les grottes cathédrales,
dont le noir total
est un monde à part entière,
se tenant éloigné de la terre.

C’est comme si l’extérieur,
ses joies et ses peurs,
n’avaient jamais existé,
jamais vécu, jamais été,
>    juste une existence
remplie par le silence ,
elle ,  pourtant si proche,
cachée derrière une paroi de roches,
jusqu’à en devenir      une idée d’infini,
absorbant               l’idée même de la nuit .

.

RC –  janv 2016


Nouveaux parcs d’attraction ( sur une peinture de Dirk Bouts ) – ( RC )


                             Peinture:  D  Bouts:  le  chute  des damnés

 

Voila le choeur des réjouissances,
où tout bascule, d’une autre planète.
– Elle frôlerait celle-ci,
et c’est un échange des mondes,
celle où l’attraction aurait raison
du poids des péchés.

Les hommes attirés comme des mouches,
engluées sur leur spirale collante.
Et de petits monstres
– un rien préhistoriques –
comme nés d’entre les roches,
enfantés par
l’imaginaire débridé,
s’en donnent à coeur joie,
échangent les corps blafards,
dans une folle farandole.

C’est sans doute la ration quotidienne,
les sortant de l’ennui,
– la grande roue, que l’on aperçoit,
ne suffirait-elle pas ?  –
de quoi aiguiser l’appétit,
et quelques canines,
– mais jamais rassasiés –
leurs petits yeux stupides,
tout à leur tâche,
éternellement recommencée :
( quelles nouveautés nous sont donc données,
avec les derniers damnés ? )

C’est un parc d’attractions .
On viendrait presque, muni d’un ticket,
y réserver une place, pour se faire une frayeur,
comme en empruntant le train fantôme,
se faire balayer le visage,
avec des toiles d’araignées :
–    Il y en a bien qui réservent des places,
pour fréquenter sans risque,
les geôles communistes…
bientôt quelque camp de concentration,
pour le touriste de l’histoire ,
spécialement aménagé.

Indispensables : uniforme et matraque,
pour  » consommer  » quelques émotions fortes .
On demanderait presque,
si c’était possible : – « aux vrais « 
à ceux qui n’en sont pas revenus ,
de participer à une reconstitution,
Télé-réalité oblige :
la cote de l’angoisse et du frisson
monte avec l’audimat .


RC – mars 2016

 

voir aussi ce qu’a  écrit Michel Butor,  par rapport à cette peinture  de Bouts…


Vers où pèse ta lumière ( RC )


dessin:         extrait de dessin personnel  1986 - encre de chine, & lavis

dessin: extrait de dessin personnel                        1986 –                 encre de chine, & lavis

Si tu remontes, les mains ouvertes,

–                    Poussée d’Archimède,

Vers où pèse la lumière,

Et les roches posées,

Toujours prêtes à s’envoler,

Sans scaphandrier…

Si tu déménages,

Dans un coin de ciel,

Tu croiseras peut-être

Le char d’Apollon ,

Déplaçant des colis ,

Pour repousser la nuit.

Et tu m’écriras

.      De longues lettres,

Enfermant un tout petit peu ,

>                De l’air de ta vie,

…  Tu aurais collé un timbre,

.                        Avec ton sourire.

 

 


RC – 22 août 2013


Le béton s’enracine – ( RC )


Le béton, sournois,
S’enracine au plus profond de la terre,
Il y a même,  paraît-t-il des villes entières,
Qui se multiplient, et même s’étendent sous les mers.

Une terre où petit à petit, les immeubles  s’enfoncent,
Et dont  on ne voit  que la pointe,
Tels icebergs qu’on distingue, pointes dures
Aux couchers flamboyants des soleils

Et la courbe croisée des lunes,
Mais en général, invisibles des hommes,
Cachés sous les épaisseurs,
Du béton sournois, digérant les roches,

Recrachant des tunnels, où circulent,
De longs convois, ne connaissant ni le jour, ni la nuit,
Des lombrics de métal, glissant sans obstacle apparent
Mais s’arrêtant pourtant net, face à d’autres murs de béton,

Où les valeurs d’ici n’ont plus cours,
>            Le langage reste barbelé,
Quand se poursuivent , même sous la terre,commune,
Barrières  et frontières.

RC  – 2 août 2013


Course recommencée de la rivière ( RC)


aquarelle-  Shay Clanton

A l’abri des saules,
L’ombre  légère  se courbe,
Et effleure le courant,
Où passent  furtifs,
Des  éclairs  d’argent.

Des feuilles  jaunies
D’un calme après-midi,
Suivent à quelque distance,
Le défilé des heures
Qui les portent au loin.

Il n’ y a de bruits,
Que l’envol des oiseaux,
L’écho du bruissement des flots,
Contournant les branches,
Dépassant de l’onde.

A peu de distance de l’île,
Le pêcheur immobile,
Reste debout
Dans ses bottes de cahoutchouc,
Et laisse filer le temps.

Dans un autre univers,
D’ors et de verts
Les points de soleil ricochent,
Autour de quelques roches,
Que les truites contournent.

La lumière invente ses  fins de jours,
Et se pose en détours,
<           Sans se souvenir d’hier,
Ni des poissons, des hameçons,
La course recommencée de la rivière..

Les pieds dans les bottes, humides,
Le pêcheur , son panier vide,
Ne veut pas forcer la chance
Que la ligne se tende  et mouille,
Qu’importe de rentrer bredouille…

RC –  17 juillet  2013


Poème des rosées ( en réponse à Xavier Lainé)- RC


peinture: Nesch Rolf  oiseau tombant   1939

peinture: Nesch Rolf               oiseau tombant           1939

Il est ainsi ton chant d’oiseau,
Qu’il parcourt les espaces,
Et sans deviner sa trace,
Particules de poussières et mots

Tu traverses frondaisons obscures,
Verticales de béton,
Hautes collines et monts,
Et roches les plus dures,

A venir, aux esprits déposées,
Un message, un poème
Exposé, sans théorèmes,
Dans la fraîche vapeur des rosées.

RC   – 2 juillet 2013

–  en réponse  à Xavier  Lainé: dans ses  chroniques  de la poésie

et que je pourrais  compléter  aussi par cet extrait de Marie-José THÉRIAULT,

Sur le papier tes lignes bleues formaient des mots que je n’ai pas compris très vite tant ils dansaient, des oiseaux ont chanté, je ne les avais jamais entendus, l’un d’eux secouait même de très belles plumes, ce n’était pas encore tout à fait ça mais on aurait presque juré que se levait un matin jaune.


THÉRIAULT, Marie-José, Invariance suivi de Célébration du prince, Le Noroît, 1982.


Ta voix franchit l’épaisseur de la nuit ( RC )


photographe non identifié: lieu abandonné

photographe non identifié: lieu abandonné

>             Pourtant marchant dans une vallée d’ombre
Où aucune chose ne m’atteignait , cette vibration en moi,
L’onde de ta parole,       toi que personne n’écoutait,        et n’entendait

Je l’ai entendue,          au  travers de ta poésie torturée,
Les cris                         franchirent l’épaisseur  de ta nuit,
L’oppression des vagues,

Sous leur fracas contre les roches
Noyant le sentiment  commun,   fermant les yeux à chacun,
>      Mais pas ta voix…

Elle  s’élève  ,         au-dessus de la masse indistincte,
Comme un point lumineux,     clignotant,       fragile,
Mais têtue, …   tel un phare vers lequel je me dirige .


RC –  20 mai 2013


Corps du paysage et évasions secrètes ( RC )


photo perso - avril 2013  - Cham des Bondons  -Cévennes

photo perso – avril 2013 –           Cham des Bondons –     Cévennes

Devant l’espace,                                    l’évidence déployée de la beauté,

La couleur,         lentement                                            se métamorphose

Au gré des heures,                                                         épelant la lumière

Accordée        aux ciels changeants,                     des nuages voyageurs,

Des pans entiers des collines,                                   basculent de l’ombre

A l’étreinte solaire,              toujours présents, et chaque fois différents,

Accord majeur,         sous l’arc                            de l’horizon des causses,

Mes évasions secrètes,

           Pas à pas comme une attente

                 Naissant à elle même,

                       Et qui lit,                      dans ma présence,

Autre chose,                                  que la couleur, même,

Autre chose ,

                Encore,                                    que les pentes,

Fatiguées              de leur poids de roches et de forêts,

Mais                                       le corps même de la terre,

                             Allongé,

                                 Et présent en moi.

RC – 28 avril 2013


Rabah Belamri – Cette nuit


 

image            Jozsef Rippl Ronai

 

1
cette nuit
la mer manque de tendresse
horizon de roches
afflux de rouille dans les membres
le pêcheur s’épuise à capter son visage
si près de l’abîme
2
les terrasses du sommeil basculent
l’écume se fait banquise
je reviens néanmoins contre ta hanche
dénudé par la rumeur de l’aube
3
même le ciel des prophètes prend feu
à ta crinière
ô Boraq de désir
tes ailes bleuies d’audace
inversent l’oeil de la mort
4
ce matin
l’île penche sous son poids de lumière
une fillette court sur la dalle des prières
je reçois les embruns de son rire

 

 

Rabah BELAMRI