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Petites pièces (Susanne Derève)


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 Berthe MORISOT  Jardin de roses (1885)

 

 
Pigeons
roucoulements du matin
tendresse

et le sommeil qui fuit
paresse
je reste au lit
                *
Soleil
c’était hier sous l’érable
chaleur    ombre
Mêlées

 

sommeil d’après-midi
bonheur d’été
                *
Roses blanches, roses rouges
auxquelles la chaleur sied
les hortensias bleus ont fané

 

L’orage gronde et rien ne bouge
                *
Mais ce matin
fraicheur et pluie
le bleu a disparu de la palette

 

tout est gris
C’est au loin que  l’orage a fui
               *
Changement de décor
dans mon tout petit monde
que Lodge me pardonne
mes emprunts

 

Ce n’est pas  la brume
qui monte

 

ce sont les vapeurs de la terre
et ses parfums
              *
Un espace un silence
demeurer ainsi
dans l’instant 
vide de sens

 

Espérer que l’éclat du soleil
ne le dérobe pas

 

ni le pas qui s’approche
ni la porte qui s’ouvre et grince
sur ses gonds
sursaut

 

Chercher le silence profond
même la nuit est un fardeau
                *


Zbigniew Herbert – du dernier soupir à l’éternité la plus proche


 

 

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art: tableau de fils  huitchol ( Mexique )

 

Que la route est longue
du dernier soupir
à l’éternité la plus proche

Et lourdes sont les épines de la rose, le long du chemin tracé :

Saint Ignace
blanc et flamboyant
passant près d’une rose
se jeta sur le buisson
et meurtrit sa chair

avec la cloche de son habit noir
il voulait assourdir
la beauté du monde
jaillissant de la terre comme d’une blessure

gisant au fond
du berceau de piquants
il vit
le sang couler de son front
se figer sur ses cils
en forme de rose

et sa main aveugle
cherchant les épines
fut percée
du doux toucher des pétales

le saint dupé pleurait
au milieu des moqueries des fleurs

épines et roses
roses et épines
nous cherchons le bonheur


Gabriela Mistral – complainte


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art: Isabelle Levenez

Tout a pris dans ma bouche
une saveur persistante de larmes;
le repas quotidien, le chant
et jusqu’à la prière.

Je n’ai pas d’autre métier
après celui-ci silencieux de t’aimer,
que cet office de larmes,
que tu m’ as laissé.

Mes yeux serrés
sur de brûlantes larmes!
bouche convulsive et tourmentée
où tout me devient prière !

J’ai une de ces hontes
de vivre de cette façon lâche!
Je ne vais pas à ta recherche
et je ne parviens pas non plus à t’oublier!

Un remords me saigne
de regarder un ciel
que ne voient pas tes yeux,
de toucher des roses
nourries de la chaux de tes os!

Chair de misère,
branche honteuse, morte de fatigue,
qui ne descend pas dormir à ton côté,
et qui se presse, tremblante,
conte le téton impur de la Vie!


Jean Grosjean – Elégie


KBLstill.jpg

 

Quelle épée me partage l’âme, m’ouvre au milieu du cœur ce gouffre d’être séparé de toi
et que tu meures de deuil et que je meure ?

Les roses ont la chair qui se décompose et l’eau pourrit dans les mares mais je crois
que je connais la haine.

Les uhlans, les famines et les trépas foulent ce chemin où tu pleuras doucement notre
jour dont déjà penchait la tête sur les collines à sépulcres.

N’étais-tu pas ma longue lumière d’été au soir de qui, accablé par l’amour, je
sombrais dans un rêve obsédé d’astres ?

Quand le frémissement de ton approche me réveillait avant le chant du coq, n’aurai-je
donc descellé mes paupières que pour me rendormir sur ma naissance ?

La destruction nous profane et son prince nous marche sur les yeux mais c’est en vain
que ses démons me raclent la mémoire sous le crâne où ton nom ne cesse guère.

De quel puits sont sortis sur le monde tant de dieux souterrains avec leur face de
houille et leurs tenailles sans empêcher tes os phosphorescents de traverser ma nuit ?

Certes je me tais mais les phrases en débris murmurent encore à la cime des
trembles ton âme qu’elles cachaient.

 

Jean Grosjean, Élégies [1967]


Personnages de la balustrade – ( RC )


fresque : San Antonio de la Florida :    F Goya

Fresco à San Antonio de la Florida - Tableau 2924


Tout autour de la balustrade ,
sont rassemblés des personnages
comme dans un tribunal:

Ils semblent être dans l’attente
d’un évènement peu banal
qui ne saurait tarder.

Au-dessus, passent des nuages,
et quelques anges ,     très sages..
dans un paradis de stuc et de rocs .

On ne sait d’où ils s’échappent,
ni ce qui les dérangent
ou les provoquent .

Tout ce monde se déhanche,
en étoffes et effets de manches…-
mais leur attitude se fige :

Eveillés par le moindre bruit,
leurs têtes, d’un même mouvement,
se penchent brusquement …

Leur regard me suit, mécanique ,
de manière insistante et maléfique ,
dès que je me déplace…

Descendus du monde céleste ,
ce sont comme des rapaces ,
épiant chacun de mes gestes…

Un regard de glace ,
qui vous figerait le sang :
immobilisés sur place …

ce qui me ramène pourtant
des siècles en arrière,
quand les trompettes altières

résonnent dans l’arène :
– Voila donc l’aubaine
semblent-ils se dire :

une occasion rarissime
pour convoquer les vampires
et désigner la victime ….

L’imagination accompagne presque
le mouvement des ailes
se détachant de la fresque .

Ils vont trouver un motif
pour aiguiser leurs griffes,
et basculer dans le réel…

Déjà, brillent des yeux noirs,
que j’avais entr-aperçus …
acérés et cruels…

Oui, je n’aurais jamais dû
entrer dans cette chapelle:
une sorte de purgatoire

En ce lieu,
où l’on chercherait vainement Dieu
la porte s’est définitivement close .

– …. c’est ainsi que fanent les roses …

RC mai 2017

 


Alda Merini – j’ai besoin de poésie


Blackmon, Julie (1966- ) - 2012 Olive & Market Street 8640621910.jpg    photo: Julie Blackmon  ( hommage à Balthus : Olive & Market street )

 

Je n’ai pas besoin d’argent.
J’ai besoin de sentiments,
de mots, de mots choisis avec soin,
de fleurs comme des pensées,
de roses comme des présences,
de rêves perchés dans les arbres,
de chansons qui fassent danser les statues,
d’étoiles qui murmurent à l’oreille des amants.

J’ai besoin de poésie,
cette magie qui allège le poids des mots,
qui réveille les émotions et donne des couleurs nouvelles.

 

Alda Merini

Balthus:  le passage  du commerce St André


Marceline Desbordes – Les roses de Saadi


tching    rosegarden.jpg

J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté.         Les roses, envolées

Dans le vent,  à la mer        s’en sont toutes allées,

Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.

Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…

Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

 

 

Marceline DESBORDES-VALMORE « Poésies inédites »


Des manches et des roses – ( RC )


Daido Moriyama Dog and Mesh Tights, 2014-2015 Diaporama de 291 photographies noir et blanc, 25 min Musique de Toshihiro Oshima Conception audiovisuelle : Gérard Chiron Courtesy of the artist / Getsuyosha Limited / Daido Moriyama Photo Foundation

sur une photo de Daido Moriyama – Hands from Dog and Mesh
Tights, 2014-2015

 

Va savoir, si ce sont des soeurs jumelles :
Elles prêtent chacune une manche
Quand l’appareil se déclenche  .
Ce sont deux demoiselles

qui, pour la photo                   se figent ;
Elles ne prêtent qu’une partie de leur corps
A l’envers du décor,
Le temps que les tiges

Developpent leur aube
Pour d’autres lendemains :
Et fleurissent sur les mains
comme sur les robes.

on ne voit pas leurs visages,
situés hors de la vision,
ce qui pose la question
de leur âge…

C’est une longue pose,
qui dure quelques années,
mais pas assez pour faner
les pétales et leurs roses ….

RC – mai 2016

 


Thomas Pontillo – Dans la nuit ( extrait de Incantations )


gravure: Jean Bilquin

gravure: Jean Bilquin

Dans la nuit qu’aucun passant n’arraisonne,
vivre est déjà un chien errant,
parmi les roses de la colère
quelques visages s’ouvrent à l’éblouissant chaos.

Dans la nuit qu’aucun mot n’interroge,
j’entends mes jardins d’enfance écarter l’hiver de leurs branches,
mais où vont nos amis perdus,
vers quelles contrées, pour quel tourment ?

Dans la nuit qu’aucun arbre ne console
il y a un homme agenouillé dans ses paroles,
il mêle le passé au présent et c’est toujours
le même orage à ses tempes.


Marceline Desbordes- Valmore – Les Roses de Saadi


peinture - Joanna Chrobak

peinture – Joanna Chrobak

.
J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n’ont pu les contenir.
Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées,
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

 


Eclipse et deuil du soir – ( RC )


Bientôt,
la lune est noire,
elle porte le deuil du soir

Sur les pierres du jardin
S’allongent les ombres
de demain

La confusion du ciel
Le semis des comètes
Le pouls des planètes

Ne fera rien  de l’avenir
Que le parfum des roses
A peine  écloses

Saisies de peur
Dans la douceur des choses
Déjà de retour.

RC  – 26 Mai 2012

Soon
the moon is black,
she is in mourning of the evening

Over the garden’s stones
Shadows are getting longer
from tomorrow

The confusion of the sky
The seedling of comets
The pulse of the planets

Will do nothing with the future
Just the scent of roses
Newly hatched

Seized of fear
In the sweetness of things
Back already.


Paul-Jean Toulet – en Arles


photo perso - Arles  octobre 2012

photo perso         – Arles octobre 2012

 

 

 

En Arles

 

 

Dans Arles, où sont les Aliscamps,
Quand l’ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd ;
Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c’est d’amour,
Au bord des tombes.
 
 
 
Paul Jean Toulet (1867-1920)
 
 
 
 

Jacques Charpentreau – L’air en conserve


Art:             Marcel Duchamp  » air de Paris »       1919,         Musée de Philadelphie    (  avec un clin d’oeil à Arthemisia )

_

Dans une boîte, je rapporte
Un peu de l’air de mes vacances
Que j’ai enfermé par prudence.
Je l’ouvre! Fermez bien la porte

Respirez à fond! Quelle force!
La campagne en ma boîte enclose
Nous redonne l’odeur des roses,
Le parfum puissant des écorces,

Les arômes de la forêt…
Mais couvrez-vous bien, je vous prie,
Car la boîte est presque finie:
C’est que le fond de l’air est frais.

(Jacques Charpentreau)


Eclipse et deuil du soir ( RC )


 

 

 

Bientôt,
la lune est noire,
elle porte le deuil du soir

Sur les pierres du jardin
S’allongent les ombres
de demain

La confusion du ciel
Le semis des comètes
Le pouls des planètes

Ne fera rien  de l’avenir
Que le parfum des roses
A peine  écloses

Saisies de peur
Dans la douceur des choses
Déjà de retour.

RC  – 26 Mai 2012

Soon
the moon is black,
she is in mourning of the evening

Over the garden’s stones
Shadows are getting longer
from tomorrow

The confusion of the sky
The seedling of comets
The pulse of the planets

Will do nothing with the future
Just the scent of roses
Newly hatched

Seized of fear
In the sweetness of things
Back already.

 

 


José Gorostiza – mort sans fin – extr 01


 

 

O, quelle joie aveugle,
Quelle soif d’utiliser à fond
L’air que nous respirons,
La bouche, l’oeil, la main.
Quelle démangeaison vive
De dépenser tout de nous-mêmes
En un seul éclat de rire.
O, cette mort impudente, insultante,
Qui nous assassine de très loin,
Par delà le plaisir d’avoir envie à mourir
D’une tasse de thé…
D’une petite caresse.

***

… ce mourir entêté et incessant,
cette mort vivante,
qui te poignarde, ô mon Dieu,
dans ton travail rigoureux,
dans les roses, dans les pierres,
dans les étoiles indomptables,
et dans la chair qui se consume
comme un feu de joie allumé par une chanson,
un rêve,
une nuance de couleur qui attire l’oeil,

… et toi, toi-même,
tu es peut-être mort depuis une éternité, là-bas,
sans que nous le sachions,
nous qui sommes des résidus, des cendres, des fragments de toi ;
toi qui es encore présent,
comme une étoile cachée par sa propre lumière,
une lumière vide sans étoile
qui vient à nous,
camouflant
son désastre infini.

peinture:         A Manessier:        Passion

(Mort sans fin)

 


Boîte à idées – ( RC )


boîte:          Dave McCoy –          The Great Debate (1999)

 

Dans ma boîte à idées, y a tout l’temps des trucs,

L’ombre  d’un grand-duc
Je refais l’monde à l’envers, je mets de l’eau dans les vermicelles,
j’en tire deux bouts d’ficelle…

J’arrête les chutes  d’eau dans leur  élan vertical,
– pourquoi seraient-elles  verticales -?

Et y a l’homme à la  valise, sur le quai de la gare,- l’oncle et son neveu

la femme  qu’est partie  d’un au-revoir pluvieux,
Le tout  sous le regard des anges  ( je les avais convoqués) – parfait
Ca  valait l’coup d’être écrit,                                  et ben voila  c’est fait.


Maintenant y a aussi les blessures  et les  drames, qui sont au catalogue,
Je vais bien leur faire  fête,            et composer  ma chanson,en dialogues
Je reprends le manuel, je connais la musique, c’est l’coup blues du mardi soir
Qui vaut désespoir,

et puis  seaux  d’eaux;
J’vais remettre les Platters, on dansera  le slow.

T’en fais pas, ma jolie, j’ai encore plein de choses,
Dans ma boîte à idées , des crayons, et puis des roses…

 

 

RC   – 11 septembre 2012

 


furtif caressé par les roses (RC)


 

photo  Brookenshaden

 

 

 

 

 

Au bonjour furtif caressé par les roses
Courbant les flammes des chandelles
Peut-être diras-tu fantôme ou esprit

Celui-ci est le reflet d’une attente
Tant prolongée et désirée
Que les ailes de l’oiseau de nuit

Se heurtent aux vitres des fenêtres closes
Attiré par le courbe de ton profil
Dessiné de profil en contre-jour .

Cet hématome de désir, brisant le silence
S’éclatant sur le verre, à te savoir si proche
D’une épaisseur d’air, et pourtant inaccessible

Ce n’est pas un ciel de combat
Que la vie distante où chacun ressent
L’absence , et de la vie, le manque !

 

 

14 mai 2012

 


Anna Akhmatova – tromperie


 

TROMPERIE

1
Printemps. Le matin est ivre de soleil,
Plus net le parfum des roses sur la terrasse,
Le ciel a plus d’éclat qu’une faïence bleue.
Le cahier est relié en maroquin très souple,
J’y lis des stances et des élégies,
Qui furent écrites pour ma grand-mère.

Je vois le chemin jusqu’à la grille, les bornes
Se détachent en blanc sur l’émeraude du gazon.
Oh! ce coeur est plein d’un amour exquis, aveugle.
Et quelle joie! ces couleurs, dans les massifs,
Et dans le ciel le cri aigu du corbeau noir,
La voûte du cellier au profond de l’allée.

2
Le vent souffle chaud, étouffant.
Le soleil brûle les mains.
La voûte de l’air sur la tête,
On dirait un verre bleu.

Odeur sèche des immortelles
Dans ma tresse qui se défait.
Sur le tronc rugueux du sapin
Une route pour les fourmis.

Reflets paresseux sur l’étang.
Vie légère, comme jamais…
Aujourd’hui j’ai cru voir quelqu’un
(Mais qui?) dans le hamac léger.

3
Soir bleu. Les vents sont apaisés,
La lumière veut que je rentre.
Qui est là? Devine… un fiancé?
Et pourquoi pas mon fiancé ?…

Sur la terrasse une silhouette familière,
On parle, mais très doucement.
Oh, je n’avais jamais éprouvé jusqu’ici
Une langueur si séduisante.

Les peupliers frémissent d’inquiétude,
Visités par des rêves de tendresse
Le ciel est couleur d’acier bruni,
La pâleur des étoiles est mate.

Je tiens un bouquet de giroflées blanches.
Elles cachent un feu secret, pour brûler
Celui qui les prendra de mes mains timides,
En effleurant ma paume tiède.

4
J’ai écrit des mots
Que longtemps je n’ai pas osé dire.
Le mal de tête m’engourdit,
Mon corps est comme insensible.

Le cor au loin s’est tu, mon coeur
Ressasse les mêmes énigmes,
Une légère neige d’automne
A recouvert le terrain de croquet.

Les feuilles bientôt ne frémiront plus !
La pensée bientôt oubliera ses tourments.
Je ne voulais pas être une gêne
Pour ceux dont le devoir est de se divertir.

J’ai pardonné à ces lèvres rouges
Leur cruelle plaisanterie…
Vous viendrez nous voir demain
En foulant aux pieds la première neige.

On allumera des bougies,
De jour leur éclat est plus doux,
On apportera un bouquet
De roses cueillies dans l’orangerie.

(Anna Akhmatova)


Patti Smith – Roses brûlantes


image; montage perso juin 2011

Patti Smith,

la  star punk-rock,  est connue  aussi pour ses recueils  de poésie…

voila  l’une  d’entre elle,  dont j’ai un peu modifié ( peut-être à tort), ce qui nous  est donné à lire  sur  cette page

ROSES BRULANTES

Mon Père, je brûle les roses
Mon Père, seul Dieu saura
ce que le coeur secret révèle
des danses antiques avec la biche

Père je l’ai blessée  profondément
Père je ne la blesserai plus
j’ai valsé au milieu des épines
où  les roses brûlaient sur le sol

ma fille puissiez-vous  en rire un jour,
une bougie rêve une bougie dessine
le coeur qui a brûlé
brûlera pour toujours
puissiez-vous ,vous retourner,  pendant que les roses tombent

BURNING ROSES

Father I am burning roses
Father only God shall know
what the secret heart discloses
the ancient dances with the doe

Father I have sorely wounded
father I shall wound no more
I have waltzed amongst the thorns
where roses burn upon the floor

Daughter may you turn in laughter
a candle dreams a candle draws
the heart that burns
shall burn thereafter
may you turn as roses fall

Patti SMITH


Amal Donqol – fleurs dans une chambre d’hopital


peinture: John Singer Sargent: chambre d'hôtel 1907

Amal Donqol (Egypte)

Par Claire-Lise dans Poésie arabe
( Claire-Lise, mène  avec bonheur  son blog  « encres du monde’ , que je vous invite à visiter )
———–

Et les paniers de roses

Je les entrevois dans ma torpeur

Une carte sur chaque bouquet

Au nom de celui qui l’a offert

 

Les belles fleurs me disent

Que leurs yeux se sont écarquillés de stupeur

Quand elles ont été cueillies

Quand elles ont été rompues

 

Quand elles ont été anéanties dans leur jardin

Elles me disent

Qu’elles sont tombées de leur trône

Pour être exposées dans une vitrine

 

Ou portées par des marchands ambulants

Avant d’être achetées par un généreux passant

Elles me racontent comment elles sont arrivées jusqu’à moi

(Leur tristesse royale redresse leurs longs cous verts)

 

Pour me souhaiter longue vie

En exhalant leurs derniers soupirs

Chaque bouquet

Entre torpeur et éveil

 

Respire péniblement, comme moi, seconde après seconde

Tout content de porter sur sa poitrine

Une carte au nom de son assassin.

 

Sur le poète égyptien,  cette page vous en dit un peu plus…

peinture : J S Sargent; - roses 1886


Jean-Jacques Dorio et son hommage à Mirò – 2 – LE CREPUSCULE AUX DOIGTS DE ROSE


Miro, Constellation 21
Le crépuscule rose caresse les femmes et les oiseaux

LE CREPUSCULE AUX DOIGTS DE ROSE

LE CRÉPUSCULE ROSE CARESSE LES FEMMES ET LES OISEAUX
Les oiseaux sont des flammes qui raniment le printemps
Le printemps en hiver sous l’amandier sans fleurs
Cent fleurs et mille épines qui déchirent nos vies
Nos vies à l’eau de rose à l’eau de purin à l’eau de vie
L’eau de vie où la part des anges n’est pas faite pour les chiens
Les chiens qui lèchent nos arpèges et nos mains que caressent le concert des Constellations
quand le crépuscule est rose
et caresse d’un geste auroral
les femmes et les oiseaux

du blog poétique  et inspiré d’art  de Jean-Jacques: 


Else Lasker-Schüler.- UN CHANT D AMOUR


UN CHANT D AMOUR

 

D’un souffle d’or

Les cieux nous ont créés.

Oh, comme nous nous aimons..

.

Les oiseaux – bourgeons sur les branches, Les roses prennent leur envol.

Sans cesse, je recherche tes lèvres Derrière mille baisers.

Une nuit d’or,

Des étoiles en nuit…

Nul ne nous voit.

Paraissent la lumière et le vert, Nous somnolons;

Seules nos épaules papillonnent.

 

Andrew Wyeth - Helga agenouillée - esquisse aquarelle

EIN LIEBESLIED

 

Aus goldenem Odem

Erschufen uns Himmel. 0, wie wir uns lieben…

Vögel werden Knospen an den Ästen,

Und Rosen flattern auf.

Immer suche ich nach deinen Lippen

Hinter tausend Küssen.

Eine Nacht aus Gold,

Sterne aus Nacht…

Niemand sieht uns.

Kommt das Licht mit dem Grün,

Schlummern wir;

Nur unsere Schultern spielen noch wie Falter.