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Je perçois de nouvelles esquisses – ( RC )


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Je danse contre le feu,
et l’être se découpe       en contre-jour,
parfois bu de fumées .

Dans la musique, se fondent
les arpèges, le violon,
le sel et la neige.

Je suis une ombre
jetée         face à la lumière,
un tourbillon qui s’oublie

et distribue un corps en bribes .
L’oeil a du mal à en fixer
ses mouvements .

Le rythme les dissout,
ou peut-être      je redistribue
les cartes, je change le jeu

et les couleurs :
je me suspends     à l’invisible,
en modèle une autre existence .

Les traits ne se superposent
pas aux anciens,
On doute de ses traces ,

on se demande quelles sont
les vérités :               Elles s’effacent .
Je perçois de nouvelles esquisses.

 


RC


Rythme, lignes, thème et variations – ( RC )


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peinture             H Matisse-

Une pulsation persiste,
         malgré soi.
C’est un motif répétitif,
comme celle de ces frises
Sur le fronton des temples grecs,
mais qui s’offre quelques  détours .

Le battement d’un coeur
       Que l’on oublie,
Une basse continue
sur laquelle la trame
de la symphonie concertante
prend tout son appui.

Un rythme régulier,
qui se fond dans l’arrière-plan,
–  métronome contrebasse,
   soutenant la cantate,
dont on devinera le centre
en tendant mieux l’oreille.

Un ange parcourt les firmaments,
on peut suivre son échappée,
(  pas le froissement des ailes  ) ,
qui pourtant décrit
l’envolée de ses courbes,
Elles  s’appuient sur le ciel .

Ainsi les arabesques
dessinées dans la couleur,
ou les spirales enroulées,
jouent chacune  de leur accord,
avec l’évidence  d’une  danse
dans les tableaux de Matisse.

Le temps est une aire indéfinie,
qui s’étend sur la toile :
points et surfaces
relient les lignes entre elles….
Thème, fugue et variations,
Mélodie et contrepoint.

Vois comme le coeur
est,  lui-aussi,   une musique  !
Son battement
est celui d’un tempo,
transformé en courant,
en cascades:

Le flux d’un ruisseau,
inscrit ,
en lettres invisibles,
sur chaque page,
de la partition , son rythme
se combine aux autres:

Une grande portée,
la mesure de la vie :
Une passacaille où le sang
donne le sens:
Celui qui permet de mieux respirer
la couleur des choses.

RC-  juin 2015


Diana Der-Hovanessian -Poème ouvert


peinture: artiste américain ( non identifié)

peinture: artiste américain ( non identifié)

la mort se trouve à côté chaque dormeur
ce jour se réveille
guette toutes les étapes
en posant le talon
qui rythme s’accélère à nouveau
et exhale chaque souffle
sauf où l’amour y respire

death lies beside each sleeper
that day wakes up
stalks every step
puts down the heel
that pace picks up again
and exhales every breath
except where love breathes in
ce texte, dont j’ai tenté la traduction,   est extrait du très riche  site  de la poésie  arménienne,  visible  ici.

Philippe Delaveau – Bistrots de Paris


 

 

 

 

 

BISTROTS DE PARIS

 

 

 

 

On est debout devant le zinc et sous l’œil simple

et bleu du patron qui s’active il arbore

une moustache artistique en balai-brosse

tandis que l’ivresse égare un monde incertain

qu’alimente la truelle d’un monologue à son propre rythme

lent parfois pâteux de bâtisseur de mondes ce sont les vignes

venues à Paris déverser leurs vendanges vers le métal

des tubes et des sièges les glaces réfléchissent les visages blancs

la sueur au front qui perle chez ceux qui reconstruisent

patiemment mais le poème est mort et les murs s’écroulent

éclairant par gouttes les fronts rien ne visite les solitudes

ni la bière barbue ni le petit rouge qui danse sur son ballon

ni le blanc sec en renversant la tête ou le café dans son corset d’ébène

 

 

 


Un parcours avec Matisse ( RC )


peinture: Matisse, Capucines à la Danse II,,

Un parcours avec Matisse

« Tout brille , tout chatoie
Tout est lustré, verni « 
Et les couleurs toutes serties
Dansent encore des figures de joie

La danse,      justement,      s’anime,
Traverse la toile       , en spirales
Gerbe de lignes, et trois tons qui s’étalent
Sans décor,      d’aspect anonyme

Bleus et verts s’affrontent, lisses
avec des roses   et orangés,
L’écho des odalisques, allongées
Des intérieurs fleuris, de Matisse

peinture H Matisse: intérieur rouge, intérieur jaune et bleu

Les bocaux de poissons devant la fenêtre
Voisinent des lignes     arabesques,
Azurs teintés de rythmes, presque
Tout est verni, lustré, prêt à naître.

dessin : H Matisse : portrait de Marguerite

Mais aux portraits à la plume,   en séries
Les formes jouent de lumière     offerte
Et dialoguent, du papier blanc, ouvertes.

Le décor des motifs , le même que la tapisserie
Transmet à l’oeil        son doute
Comme s’il faisait fausse route …

Dans les courbes        et dans l’épure
Luxe, calme et volupté, point de lutte
Entre harmonie, enchaînement des volutes
Où         la ligne ondule et s’aventure …

Puis la traversée d’un ciel, par les ciseaux,
Couleurs franches et gouaches découpées,
Savamment associées et groupées
Comme l’aventure migratoire des oiseaux…

Jazz- HM             –

Jazz            ( et rythmes déhanchés),
Bal des feuilles de figuier, détachées
Dans un autre espace ,    s’élance
L’art du peintre,    par excellence.

NB            les deux premiers vers  » Tout brille , tout chatoie Tout est lustré, verni »,
est une citation de H Matisse lui-même.

RC – 29 juin 2012