voir l'art autrement – en relation avec les textes

Articles tagués “sac

Zbigniew Herbert – le sel de la terre


 Kupka 1910 Archaická 3318490558.jpg

peinture  F Kupka

 

 

Une femme passe
son foulard tacheté comme un champ
elle serre contre sa poitrine
un petit sac en papier

cela se passe
en plein midi
au plus bel endroit de la ville

c’est ici qu’on montre aux excursions
le parc et son cygne
les villas dans les jardins
la perspective et la rose

Une femme avance
avec la bosse d’un baluchon
– que serrez-vous ainsi grand-mère

elle vient de trébucher
et du sac
sont tombés des cristaux de sucre

la femme se penche
et son expression
n’est rendue
par aucun peintre de cruches brisées

elle ramasse de sa main sombre
sa richesse dissipée
et remet dans le sac
les gouttes claires et la poussière

Elle
reste
si
longtemps
à genoux
comme si elle voulait ramasser
la douceur de la terre
jusqu’au dernier grain

Le quotidien et la vision de ce qui est, au plus profond, deux aspects inséparables. Cet extrait de L’inscription, par exemple :

Je répète un poème que je voudrais
traduire en sanscrit
ou en pyramide :

quand la source des étoiles se tarira
nous éclairerons les nuits

quand le vent deviendra pierre
nous attendrirons l’air


Vagabond des étoiles – ( RC )


Marcheur du ciel- Alfred’s campus New York

Marcheur  du ciel        Alfred’ campus  New York

 

 

C’est tracer un chemin,

Le  doigt posé sur la carte,

Passant de collines en villages,

Puis  décider de le suivre,

Avec de bonnes chaussures,

Juste  avec quelques ronds en poche,

Un carnet de notes,

Un appareil photo en bandoulière.

 

Juste  travailler d’étape en étape,

Pour pouvoir manger,

Et poursuivre sa route ,

A travers le monde,

Sous les azurs et les pluies,

Et faire  d’une cabane sa maison,

Le temps de reposer le corps,

Et continuer la voie choisie.

 

Au dessus passent les avions,

Tirant des traits blancs

A travers le monde,

Ignorant les pierres sur les  sentiers,

Et la glaise collant aux pieds,

Quand on choisit  son passage

Entre deux pentes rocheuses,

Aux lisières des bois,

 

Que  le vent agite les branches,

Et fait ondoyer les champs d’orge.

Les senteurs des foins emplissent les poumons,

Les insectes bruissent et grésillent

La peau se tanne  aux  soleils,

Et croisent  les lunes

Le sac tirant sur les  épaules,

La suée sous les efforts

 

S’attirer la curiosité des oiseaux,

C’est être comme un vagabond,

A continuer jour après jour,

Minuscule et lent déplacement,

Tout au long du pays ,

Les pieds  recouverts  de poussière…

Et s ‘endormir  sous les  étoiles,

 

>   Elles ne sont pas  si loin …

 

 

 

RC- juin  2014