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Main-mise de la sécheresse – ( RC )


photo perso -  route de Ouazazate Maroc

photo perso –                  route de Ouazazate                   Maroc

Je suis des yeux le mince ruban d’un chemin

Il progresse lentement entre les pierres,

Un convoi laisse sa trace, en ruban de poussière

Derrière on ne distingue pas encore les engins,

La main-mise de la sécheresse est partout,

Elle a mis à nu les pentes rousses,

Où aucune plante ne pousse,

Et aucun arbre n’est debout.

En s’aventurant dans les creux,

Des maisons d’argile se dressent,

La fantaisie les délaisse,

Elles se distinguent à peine du sol rocheux.

Au pied de pentes raides,

Quelques palmiers      survivent,

Bordée de roches coupantes, la rive

A peine humide,          de l’oued…

Le regard des enfants a l’éclat de la fièvre,

Il n’y a pas d’herbes,  mais un sol orange.

On se demande        ce que mangent,

Les quelques troupeaux de chèvres…

Tu as le visage cuivré au grand air,

Buriné de rides,

Cuit au soleil de l ‘aride,

Offrant du cuir, plutôt que de la chair.

L’astre du jour monte en puissance,

Tant, que l’éblouissement prolifère,

Et           la mince croûte de terre,

S’ouvre en béances,

Sans ombre protectrice,

Ce sont d’abord   quelques fissures

Puis sol se lézarde  en brisures,

Aux plaies du sacrifice.

Sous l’abri des tentes berbères  ;

Le thé à la menthe …..

Et les heures passent,       lentes,

Aux portes du désert…

RC – 17 novembre  2013

 

photo perso - Maroc   octobre 2013

photo perso –                       Maroc octobre 2013

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Vases sacrés de sacrifice ( RC )


photo                 Lukas Jackson,        agence Reuters

Enroulé  autour  d’une pierre,
Je possède la terre,

Et les ruisseaux plombent
Aux échancrures des combes,

Et la mer cravache d’écumes,
Sous des ciels d’enclume,

Quand l’horizon se déchire,
Il faut s’attendre  au pire,

Le brasier ocre de cruauté,
Confisque  l’éternité

Au soleil tacheté d’ombres épaisses,
– Cela vaut bien une messe  –

S’étend le froid polaire,
Hérissé de tessons de verre,

Soudé de couches de glace…
Aucun été  ne l’efface,

Pourtant, au plus profond,
Elle  trépide  et fond,

Fin de léthargie, fin de sieste,
Enfin, la planète proteste,

Et je sens sous mes mains des cascades,
Se ruant en cavalcades,

Et au passage des flots,
Se fomente un complot,

Protestations, murmures et révolte,
sous l’oppression, voila ce qu’on récolte…

Ainsi mijotent  ruptures  et schismes,
Fractures  et séismes,

A des distances de là, les  esclaves,
Se libèrent  en ruées  de lave,

Se frayant une  route,
A travers la croûte,

Et puissamment jaillissent,
Du creux des abysses,

Eructent éruptions,
Spasmes et convulsions,

Les volcans  s’ouvrent les  veines,
Ejaculent en chaîne,

Vases  sacrés de  sacrifice,
Allumés, les feux  d’artifice….

Le feu côtoie la glace,
Il faut qu’elle  cède la place,

Elle ne peut plus attendre,
Sous un ciel de cendres,

La froidure libère ses eaux sarabande,
Et dentelle les contours d’Islande.

RC  – 25 août  2013