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j’ai traduit tes paroles en formant des cercles concentriques – ( RC )


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Sans savoir que ton pied
marche sur l’eau sans s’y enfoncer,
c’était l’image du vent
agitant les saules
et les bras de la nuit
qui repoussent le jour.

Les pierres flottaient sur leur reflet
et c’était l’oeil de la lune,
soudain sorti du lac,
qui décrit ton contour,
sans pour autant
se répandre en mots.

Du récit du silence,
et des feuilles portées
par le mouvement :
un doux clapotis de vagues,
j’ai traduit tes paroles en
formant des cercles concentriques.

 » On m’a dit que les mots
se déposent en cercle
autour des pierres  » .

RC  – janv  2016

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Course recommencée de la rivière ( RC)


aquarelle-  Shay Clanton

A l’abri des saules,
L’ombre  légère  se courbe,
Et effleure le courant,
Où passent  furtifs,
Des  éclairs  d’argent.

Des feuilles  jaunies
D’un calme après-midi,
Suivent à quelque distance,
Le défilé des heures
Qui les portent au loin.

Il n’ y a de bruits,
Que l’envol des oiseaux,
L’écho du bruissement des flots,
Contournant les branches,
Dépassant de l’onde.

A peu de distance de l’île,
Le pêcheur immobile,
Reste debout
Dans ses bottes de cahoutchouc,
Et laisse filer le temps.

Dans un autre univers,
D’ors et de verts
Les points de soleil ricochent,
Autour de quelques roches,
Que les truites contournent.

La lumière invente ses  fins de jours,
Et se pose en détours,
<           Sans se souvenir d’hier,
Ni des poissons, des hameçons,
La course recommencée de la rivière..

Les pieds dans les bottes, humides,
Le pêcheur , son panier vide,
Ne veut pas forcer la chance
Que la ligne se tende  et mouille,
Qu’importe de rentrer bredouille…

RC –  17 juillet  2013


Barque sur le lac ( RC )


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Quelque part sur un lac,
Les rames  se reposent…
S’est arrêtée la barque

Suspendue quelque temps
Entre ciel et eau,
Atmosphère de brume

Que ne cerne aucun repère,
Où,  même situer le matin,
N’est pas utile,

Alors que s’installe le silence,
Sur l’étendue d’eau.

Juste le reflet de la coque
Si je me penche,

Et quelques  herbes visibles
Que l’on devine

Prolonger par dessous
Leur vie aquatique.

De temps à autre, une vaguelette
Vient lécher le bord,
Fait grincer une planche ;

Un chapelet de petites  bulles,
vient  crever à la surface,

Echo peut-être d’une carpe
Dont l’ombre lasse se déplace.

Ainsi lentement le temps passe…
Ou je passe à travers lui,
Quand  doucement je dérive

Et que les  saules penchent
Leur tête par-dessus la barque
En annonçant la rive

Que j’avais oubliée
Un instant où l’immobile
Glisse vers le temps  dilué.

RC-   18  fevrier  2013


Vertiges – de fileuse de lune


photo : H Cartier-Bresson Arbres en Brie

A voir  sur le blog   ( de fileuse de lune) 

Vertiges

éclaboussures

traversées

J’habite ces parages

de peu de densité

où l’éclair d’un regard

chavire l’horizon

Membranes soulevées

sur le dos des fleuves

s’éparpillent en rémiges

en consonnes

brunes et vigoureuses

Se déversent les langues

dans une amphore

se délecte le ciel

d’être à nouveau

en crue

Pour apprivoiser les pinèdes

en maraude

les forêts de silex

il faut tailler son nom

dans le tronc le plus vieux,

habiter son élan

Dans les prairies de l’Homme

je sais un abreuvoir

où se rassemblent troupeaux

de hautes sèves

clameurs de laines

blanches et bouclées

J’y porte l’épaisseur

de mes murs

la lourdeur de mon sang.

Une odeur de suint

ocre et tenace

rassure les ancêtres

Claquante

comme une étreinte

la parole éperonne

les flancs fumants

de ce matin tout neuf

Tourbillon

ivresse pure

je virevolte, à cru,

sur des phrases de sel

m’accouple à leur écorce

et hurle

source vive !

J’ouvre,

dans ma poitrine,

des fenêtres

aux giboulées de grives,

de raisins et d’étoiles,

aux rafales d’ardoises,

aux foules écervelées

des déserts, des pierres

et des jardins

Là, dans cet espace

consenti à l’incandescence,

la bruine déploie

mon feuillage

gâche sa salive

à ma résine

Sur mes berges

calleuses

faseyent quelques saules

Guetter l’exubérance

étirer les limites

de son sang

de sa peau

pour être ampleur

luxuriance

et faire tomber de soi

jusqu’à la moindre

ténèbre

Et puis

se rencogner

dans l’angle juste

de la légèreté,

retrouver sa foulée

d’osier souple et de vent


Après moi, le sommeil ( RC )


-Après moi le sommeil                                       ( à partir  d’un tableau de Max Ernst, qui porte le même nom, et qui est le premier que j’ai connu, de cet artiste )

peinture:            Max Ernst;  » après moi le sommeil », Musée Nat d’Art moderne Paris

Après moi, le sommeil, s’étend
Lorsqu’un oiseau étend  ses ailes,
Je touche       le bord de l’étang
Comme si déjà atteint, … il gèle

Souffrir      d’arrachement
A partager les  rêves
Ni pourquoi, ni comment
Et en phrases brèves

Tu es dans un entre-deux,
Ne plus aimer  qu’en rêve,
Ce qui est assez peu,
Pendant que les pierres se soulèvent.

Il n’y a plus d’écho, plus de froid,
Juste un pont suspendu
Entre toi et moi,
La journée  s’est perdue.

La chevelure       d’un jour automnal,
Emprunte ses couleurs à ma palette,
Ne connaît plus la durée,    et s’étale
Comme  les restes  d’un été  en fête.

Après moi l’étendue cassée, de la ligne droite
Par dessus, la ligne          de ton épaule,
Après toi le déluge,          et ses mains  moites
Sous son poids, les branches  courbées des saules.

De ton souffle, ll n’y a plus d’horizon,
C’est        d’une  nuit avant le réveil,
La confusion des saisons,
Pendant           notre long sommeil

Où nous voyageons,      sans  savoir,
L’enchantement d’heures hivernales,
Quelque temps à l’abri des mémoires
Au fond de la nuit,           son cristal

RC  28 – septembre 2012


Chantier fossile ( RC)


Dans la lumière ruisselante,
Le vent d’un royaume de lumière
Filtre au creux du vallon

Et des pépites de joie scintillent
Entre les barques, et la chevelure des saules
Caressant le printemps du courant

Lilas et espèces légères, s’entrecroisent
De joyeuse croissance, sans peine, sont parvenus
A masquer les panneaux du chantier, laissé au silence

Les engins immobiles, leurs griffes de fer déposées au sol
Voient leurs chenilles empêtrées de ronces,
L’ œil mort d’un phare, les pistons interdits d’action

Le peint qui s’écaille, en plaques jaunes ternes
Où serpente en ponts de rouille,
Une colonie de fourmis qui en fait son domaine.

Les herbes hautes, sont une reconquête,
Le couvert des arbres a bientôt achevé
D’effacer la trace du sentier, …et celle des hommes.

RC   10 mai 2012