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Quine Chevalier – ensorcelées sous le soleil


 

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Ensorcelées sous le soleil
les ombres sont féroces

l’aube sans voix décline ses miroirs
et le vent dans tout ça
qui palabre
violente.

Ensemble nous marchons
dans nos creux
soulevant
l’herbe des secrets

que nous buvons le soir
dans la lampe qui brûle.

Quel hameau a quitté
l’enfant de nos désirs
sur quel arbre d’oubli
a-t-il planté ses rêves ?

La main n’est plus qu’un nid
l’ombre se repose
les yeux ardent la plaine

où passe le gerfaut.


Mokhtar El Amraoui – miroirs


Image associée

 

sculpture Gloria Freedman

Miroirs
A ces songes de la mer dont les vagues colportent la rumeur

Ô miroirs !
Engloutissez, donc, ma mémoire,
Dans vos veines de tain et de lumière.
Là-bas,
Dans le jardin des échos,
Arrosé des plaintes des vagues,
Je dévalerai la plaine de l’oubli
Où j’ai laissé fleurir un coquelicot,
Pour ma muse
Qu’un peintre agonisant a étranglée.
D’elle, me parvient
Le parfum ensanglanté
De toiles inachevées.
C’est dans le lait de ses rêves
Qu’ont fleuri le cube et la sphère.
Ô interstices du monde !
Laissez-moi donc percer
Ses inaudibles secrets !

©Mokhtar El Amraoui


Quine Chevalier – ensorcelées sous le soleil


Toto      worobiek   voiture  abandonnee .jpg

photo:          Toto Worobiek

                                                         –

Pour Annie Estèves

 

Ensorcelées sous le soleil
les ombres sont féroces

l’aube sans voix décline ses miroirs
et le vent dans tout ça
qui palabre
violente.

Ensemble nous marchons
dans nos creux
soulevant
l’herbe des secrets

que nous buvons le soir
dans la lampe qui brûle.

Quel hameau a quitté
l’enfant de nos désirs
sur quel arbre d’oubli
a-t-il planté ses rêves ?

La main n’est plus qu’un nid
l’ombre se repose
les yeux ardent la plaine

où passe le gerfaut.


Mokhtar El Amraoui – Miroirs


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A ces songes de la mer dont les vagues colportent la rumeur

Ô miroirs !
Engloutissez, donc, ma mémoire,
Dans vos veines de tain et de lumière.
Là-bas,
Dans le jardin des échos,
Arrosé des plaintes des vagues,
Je dévalerai la plaine de l’oubli
Où j’ai laissé fleurir un coquelicot,
Pour ma muse
Qu’un peintre agonisant a étranglée.
D’elle, me parvient
Le parfum ensanglanté
De toiles inachevées.
C’est dans le lait de ses rêves
Qu’ont fleuri le cube et la sphère.
Ô interstices du monde !
Laissez-moi donc percer
Ses inaudibles secrets !

©Mokhtar El Amraoui


Autochtone – ( RC )


rechab 2e.jpgImage :: création perso   2005

 


On peut s’égarer dans la forêt,
Si tu ne connais pas bien le chemin,
et tourner jusqu’au lendemain,
– On n’en connait pas bien les secrets  .

Tu peux te guider aux petits bruits
Les déplacements subtils
des yeux de la nuit
Le glissement des reptiles

qui te surveillent,
l’ombre taciturne,
éloignée du soleil,
les oiseaux nocturnes

cachés dans les frondaisons
mènent leur vie tranquille
comme sur une île
séparée de l’horizon.

Imagine-toi en Afrique
où les singes se répondent,
alors que tu vagabondes
dans un lieu typique

qui t’éloigne quelque peu
des sentiers balisés :
pas de Champs Elysées,
mais un autre milieu :

une jungle épaisse
qui s’auto-multiplie
et où jamais elle ne te laisse
faire un safari .

Tu vas tenter de te guider
avec ces bruits furtifs :
Voila ce que c’est de se balader
dans ce parcours évolutif.

Tu vas contourner de larges flaques d’eau,
des rochers de latérite
– des obstacles dans ta visite –
et toi, toujours sac à dos

Quand tout à coup, un bruit t’immobilise
et qui va grandissant :
C’est la démarche imprécise
d’un ce ces habitants :

On les nomme autochtones,
comparés à toi,          l’étranger :
ce ne sont pas des hommes
qui portent le danger ,

mais de ces animaux
qui parcourent avec aisance
de grandes distances
par monts et par vaux :

En voila un            à présent
qui écrase de grands végétaux
comme de vulgaires poireaux
en s’avançant nonchalament.

C’est un peu bizarre
cette rencontre inopinée ,
mais choisissant de se baigner
dans la première mare :

C’est une sorte de colosse gris
qui paraît               immense
et tranquillement s’avance
sans forfanterie

Tu peux voir de trois-quart
l’animal        et son curieux épiderme
maintenant au milieu des nénufars :
c’est un pachyderme

Un de ces géants
pas très discrets
mais qui connait bien la forêt :
tu pourras suivre en son temps

les traces qu’a laissées
négligeamment
le grand éléphant
dans son pas cadencé

pour retrouver en effet
avec les arbres aplatis,
rapidement la sortie
à la façon du petit Poucet

A la place des cailloux,
tu peux remercier ton baigneur
qui fut aussi ton sauveur
et tu rapportes une photo de lui, ( floue ).

RC – oct 2016


Mokhtar El Amraoui – Miroirs


Harrison3.jpg

 

photo: Robert ParkeHarrison

 
A ces songes de la mer dont les vagues colportent la rumeur

Ô miroirs !
Engloutissez, donc, ma mémoire,
Dans vos veines de tain et de lumière.
Là-bas,
Dans le jardin des échos,
Arrosé des plaintes des vagues,
Je dévalerai la plaine de l’oubli
Où j’ai laissé fleurir un coquelicot,
Pour ma muse
Qu’un peintre agonisant a étranglée.
D’elle, me parvient
Le parfum ensanglanté
De toiles inachevées.
C’est dans le lait de ses rêves
Qu’ont fleuri le cube et la sphère.
Ô interstices du monde !
Laissez-moi donc percer
Ses inaudibles secrets !

©Mokhtar El Amraoui


Armand Robin – Testament dans la nuit


27-bougie- 6--.jpg

image  :montage  RC

 

 

Moi, Constantin, fils de Constantin,
En Espagne nommé maître Ildefonse,
Sans être d’intègre esprit,
J’écris un testament à la lueur des bougies.

Des phalènes sous mes yeux tournent près des bougeoirs
Ils frissonnent et mes doigts ont des frissons ;
Au maître qui créa les bougeoirs je lègue donc
Les nuits de juin avec tous leurs papillons.

Qu’un jour par hasard le traîne le cafard,
Parmi les rues il étendra sa marche le soir,
Sans retard sur les vérandas tourneront les papillons noirs,
Sur le gazon, les boules bleues s’éteindront sans retard.

Il verra les phalènes, visages sur fumée d’or,
Il posera son pas, de mon nom prendra mémoire.
Aux poètes de ces jours et des jours à venir
Je lègue mon poêle de faïence

Avec son intime feu d’idées, de mi-idées,
Autrement dit de bagatelles pas dignes qu’on les allume,
Et je leur lègue mon encrier, cette pleine lune
Que me vendit un marchand tzigane.

Qu’un jour par hasard en des ans différents,
Tel moi-même cette nuit haussant ma voix,
Ils aillent déployant papiers et parchemins
Et sanglotant : « Éterniser la nuit! Comment? »,

C’est moi qui gratterai dans le cri de leurs plumes,
Ce sera moi dans leurs danses, lascivités vers les nuées,
Car dans la nuit j’ai tellement promurmuré, démurmuré
Que je connais jusqu’à l’abîme les partitions de la nuit.

A ma fille Kira, qui danse,
Je lègue le septième firmament
Avec séraphins par tout terzo s’agenouillant,
De très hauts « pas un mot, a, des lueurs sans clarté

Et toute chose naturelle, comme coffre à secrets.
Qu’elle y apprenne ses ballets !
A mon ami Théo, pour quand pleut le crépuscule sur la ville,

Une ruelle pas entamée pour y marmonner
Et même un certain portail du quartier Leazno
Avec un Neptune de fer forgé.

Hélas! il est parti dégoûté de la cité,
Maintenant c’est au ciel un astre apaisé.
A tous les êtres de bonté le charme entier qui a germé

Sur cette terre et, tel un abécédaire,
Les saisons de l’année en doré en argenté,
Les papillons et même les moucherons
Le soir près des acacias en géants buissons,

Une aube, dont nul ne revient, en arrière-fond.
Pour mes poèmes des furies phosphorescentes

Irradiant dans un ravin de ténèbres, de méchanceté.
Pour ma Basanée, ma Svelte, mon Ombrageuse,
mes yeux qui ont pleuré.

(Armand Robin)    (1939)


E.E. Cummings – Puisse mon cœur …


Olivier culmann  récréation     Colchani  Bolivie   1994.JPG

photo extraite de l’ouvrage           « est-ce ainsi que les hommes vivent« …

 

 

puisse mon cœur être toujours ouvert aux petits
oiseaux qui sont les secrets du vivant
quoi qu’ils chantent vaut mieux que savoir
et si les hommes ne devaient les entendre les hommes sont vieux

puisse mon esprit flâner affamé
et sans crainte et assoiffé et souple
et même si c’est dimanche puissé-je avoir tort
car lorsqu’ils ont raison les hommes ne sont pas jeunes

et puisse moi-même ne rien faire utilement
et t’aimer toi-même ainsi plus que vraiment
il n’y jamais eu de tout à fait tel idiot qui puisse faillir
à tirer tout le ciel sur lui d’un unique sourire.
E.E. Cummings, Poèmes choisis, traduction Robert Davreu, José Corti, 2004 ,

———-
may my heart always be open to little
birds who are the secrets of living
whatever they sing is better than to know
and if men should not hear them men are old

may my mind stroll about hungry
and fearless and thirsty and supple
and even if it’s sunday may i be wrong
for whenever men are right there are not young

and may myself do nothing usefully
and love yourself so more than truly
there’s never been quite such a fool who could fail
pulling all the sky over him with one smile


Habillé de ton portrait – ( RC )


 

–                              photographe non identifié

 

Habillée        de brume,
Elle enveloppe      l’air,
Qu’une lueur allume,
C’est tout un mystère,

Si           tu fuis le noir,
Et navigues, en puissance,
Dans le laboratoire,
Avec tes expériences…

Finissons en         du tragique,
Voilà ce qu’il faut que tu crées ,
D’un coup de baguette magique,
En ouvrant le tiroir aux secrets.

Et qu’ensuite, je m’endorme,
Habillé de ton portrait,
( tu vois, j’ai changé de forme ),
En empruntant tes traits.

Il n’est pas besoin d’une messe,
Ni de prier la Vierge
Pour la caresse d’une déesse,
Encore moins, de brûler des cierges .

Juste la promesse,
De ton sourire,
Me redonne une jeunesse,
Que rien ne peut ternir.

 

 

RC- avril  2014

 

masque « sourire du jaguar » art traditionnel mexicain.

Au sujet des masques  mexicains,  que je trouve souvent exceptionnel, grâce à leur inventivité, une page synthétique  de pinterest en donne une  bonne idée…

 


Theo Léger – Le courtisan


photo extraite du film « Ridicule »

 

-LE COURTISAN

 

Pareil à la sculpture indispensable aux palais
à l’architecture d’une salle de bal

Virtuose des redoutes, Cicérone des alcôves de la cour,
tel le voilà! si léger qu’il tourne à tout vent.

Il s’exerce à la danse : art très utile
Aux temps du carnaval
d’un tour de valse il fait tomber dans la disgrâce
des tribus tout entières.

Rompu aux méandres du jeu,
il suffit qu’au moment juste
un nom lui tombe des lèvres entre deux airs,
avant que sa main ne marque la nouvelle cadence
un bouquet de têtes ennemies
déjà s’est fané aux potences.

Il est tout agilité, mémoires de balcons secrets,
d’un toucher de prophète si parfait
qu’en te serrant la main
il connaîtra ta place au banquet de l’an prochain.

Il peut si nécessaire (on ne soupçonne les amoureux)
s’éprendre d’une Juliette
traînant tête vide une clameur de ragots
qui lui dira le temps précis d’abandonner des murs branlants
et d’attendre que pâlissent les traces de sang.

Puis, à l’heure où les maîtres nouveaux regardent
écœurés d’ail, obèses de choucroute, nostalgiques
l’île déserte d’un morne trône, le revoilà!

{Théo Léger) (1963)


Vision nocturne – ( RC )


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peinture  H Füssli-

 

 

Le sommeil a ses reflets,
Le miroir en effet,
De l’armoire à glace,
Située en face
Me regarde dormir,
Et si je ne peux  décrire,

La traversée des secrets,
Et les rêves de craie,
Se dessinent à grands traits,
Racines -pièges, sorties des forêts
Et l’invasion des limaces,
Ne tenant plus en place.

C’est à mon réveil,
Seulement, que le soleil,
Repousse les ombres,
–  Que la nuit encombre…

 

… Quand  elle  revient ,        elle  se penche,
Et au-dessus de moi,   de ses formes blanches,
Sitôt la lumière éteinte,
Je retrouve  l’étreinte
Des femmes sorties des nénufars,
Aux longs membres blafards…

Les pensées tanguent, parallèles,
Eléphants aux pattes grêles,
Aux parcours du dormeur,
Sous les draps, sa tiédeur…
Ou, au contraire, prisonniers de la glace
Les yeux ternis des rapaces

Le balancier régulateur,
Défiant la pesée des heures,
Où se joue le complot,
Extrait du tableau.
>   Il n’y a plus de trêve,
Si l’absence s’empare du rêve.

RC  – 13 septembre  2013


Papiers de bouleaux ( RC )


Photo:  site maerchenbilder

Paroles et murmures,

S’inscrivent à l’encre sympathique,

Au dos des feuilles,

–         Papier de soie,

 

Ecorces des bouleaux,

Soumis aux secrets,

De la croissance,

Et même s’enracinant,

 

Dans un terreau lourd,

Où gisent les morts,

qui murmurent peut-être,

A ces écritures debout,

 

Blanches,

 

Gardant aussi,

Jalousement les confidences,

Données aux sentinelles de la plaine.

RC – 3 septembre 2013


Marcel Olscamp – Confidence


photo perso  2006  Mons ( 06), porte oblique

photo perso 2006 Mons ( 06), porte oblique

_

 

Le siècle des passions vient mourir au chevet
d’un langage cassé qui perd jusqu’à mon nom
entre les draps trop blancs d’une chambre scellée
dans une ville éteinte aux rues déshabillées
comme une femme nue sous le regard d’un chat
qui serait mort d’ennui le jour de ma naissance
en lissant son pelage au fond d’un autobus
qui tournerait le coin de la rue pour de bon
Le père se déchire en tenant dans sa main
le chapelet noirci de ses jours de vivant
nous regardons les murs pour ne pas voir le mal
nous glisser sous les yeux de sa voix trébuchante
Mais dites aux coins des rues que je ne viendrai plus
voir mourir les années dans cette chambre blanche
la force m’est venue de porter mon regard
sur le désert de miel entre le monde et moi
la tempête est cassée, le monde est hors de lui
et tous les vieux secrets se déchirent au vent.

une notice biographique  sur l’auteur

 


Il est des paroles précieuses ( RC )


installation:               Michael Heizer

 

Il est                         des paroles précieuses,

De celles qui dessinent un contour inoubliable

A travers l’air, à travers l’espace d’une page.

Il est des voix, qui traversent les époques,

Marquent la peau des mots

De la couleur des choses précieuses,

Et qu’il serait inutile de taire, d’enfermer dans une boîte,

Et de                                      soustraire au monde,

Comme celui qui enfouit son or, sous la terre.

 

Celle-ci a beau garder ses secrets,

Sous l’épaisseur nourricière, parcourue de racines,

On y trouve quelquefois des bijoux, et quelques pièces,

Mais surtout des cadavres,          qu’il est plus décent

De cacher aux yeux des vivants,

Et de cacher aussi les crimes,      des mêmes vivants,

En attendant l’oubli,       – à défaut de pardon

Et le retour à la terre…

 

Sous elle, –                       beaucoup de silence,

De la glaise collante         et des pierres lourdes,,

Mais , des pensées et des voix,                point ;

– Elles ont besoin des vivants

Pour continuer leur course,

De bouche en oreilles,              d’écriture en lecture,

–    De pensées en pensées,         comme ricochant

Sans s’arrêter           sur un fleuve devenu très large,

Que chacun alimente,                           à sa façon.

 

Il est des paroles précieuses,

Marquées de la peau des mots,

Qui coulent de source

Et leur couleur importe aussi ,       peu,

Sans jamais les enfouir

Dans son corps

Ou au creux de la terre.

 

— > Il suffit de les écouter.

RC – 22 avril 2013

écrit  en relation avec un texte  précédent:

« manteau de terre »


Denis Heudré – bleu fondu


cityscape     escalator            03

 

 

« Bleu fondu », est paru sur le blog de Denis Heudré

 

j’écris

derrière mes paupières
des soleils éconduits
des clairières refusées

ma plume barbelée
m’enferme
et rancit
mon encre

je secrets
derrière les mots
au fond du bleu
un bleu fondu

 


Claude Chambard & Juliette Thomas – Il dit qu’un homme peut mourir d’une lettre perdue


Au bord de la mer

Je ne me bâtirais pas de maison
(mon bonheur exige même que je n’en possède pas!).

« cabane’,  de Juliette Thomas

Mais s’il fallait que je le fasse,
Si je renonce, la cabane ne sera pas. Si je renonce, je n’aurais nulle part où aller.
Si je renonce, où me coucher le soir, où fermer les yeux pour ne plus voir le monde ou l’absence de monde.

Brindilles, branches, feuillages, paille… petit à petit une cabane gagne un destin… amor fati

. Une petite pièce, une dynamique paisible, détachée du monde, une dynamique polyphonique, très ancienne & très moderne.

Rien de complexe, rien de déconcertant, très peu d’éléments, une main, deux mains.

Répétition du thème, bourdon continu, lumière neuve & accents sombres. Une montée, échelon par échelon

Au bord de la mer

Je ne me bâtirais pas de maison (mon bonheur exige même que je n’en possède pas!).
Mais s’il fallait que je le fasse, je voudrais, comme certains Romains, la bâtir jusque dans la mer il me plairait de partager quelques secrets avec ce beau monstre.

il dit qu’un homme peut mourir d’une lettre perdue
une descente, échelon par échelon, rien de conceptuel, une singulière émotion oui.

Une laisse de mer, un murmure de lecture, une plainte au bord de l’eau.

La cabane & la mer, comme deux pages, face à face, lettre à lettre. Un soupir vers la pliure
Entre les gouttes & le sable, entre le vent & la paille, un  cillement de la mémoire.

Petite rognure de phrase, cerise qui tombe, oursin  ouvert & dégusté sur le rivage, immense océan ou petite larme,
qu’importe : une collection de très petits mouvements.

Les pieds dans l’eau, le crayon dans la bouche, le  papier sur les genoux.
Il dit que le seul secret est qu’un homme peut mourir d’une lettre perdue.

On peut retrouver  l’association Claude Chambard, Juliette  Thomas  dans la revue en ligne   » à la dérive »

revue littéraire  » à la dérive »


Pierre La Paix – Sublime retour


installation              : Sarah Hobbs

Sublime Retour (écho du poème « Sublime Regain »)*
par Pierre La Paix Ndamè, samedi 15 octobre 2011,

Les déserts des bonheurs oubliés,

Si larges, si veufs… si neufs !

J’ai cherché dans la nuit de l’oubli,

Des sourires tiens

Que l’absence avait emportés.

Le silence imprudent de ton départ

A balafré sur les atomes des jours

Les regrets fanés,

Les secrets profanés

Que le temps effaçait mal…

 

Mais à l’espoir tenace de te revoir,

Mon cœur a cru.

Et au clair des lunes sans toi,

J’ai souvent chanté le refrain

Unique qui finissait nos serments.

Fou, j’ai rédigé

«Dans le murmure de toi »

Le psaume accompli

Qui confirmait l’adieu douloureux.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts

Dis-tu ?

Mais celle de mes yeux réclame encore

Le frou-frou de tes joues câlines

A l’insu des muets matins,

L’aube toute affolée de toi

T’a ramenée revivre

Le printemps heureux

Qui nous manquait tous deux.

Tremblants sous l’effet du retour,

Refusant d’accepter l’impossible

Nous avons redessiné Cupidon

Avec les doigts d’Aphrodite

Et sa flèche sans douleur nous a piqués.

Reste avec moi cette nuit…

Reste avec moi cette vie…

Pierre La Paix

 

Profondes clameurs 2011

* vous pouvez retrouver « sublime regain » à ce lien 

http://www.facebook.com/note.php?note_id=255307977835321

 


Brigitte Tosi – Les mains griffées


gravure main colossale 1835-        Monuments d’Egypte et de Nubie

 

 

 

 

Les mains griffées

 

De tous ces mots, là-bas, jetés au bord du monde,

Du verbe inachevé au point figé du bleu,

Du rêve inabouti noyé dans l’eau dormante,

Ne restent que nos mains emprisonnées de ronces

Gravant l’espoir aux murs de nos jardins secrets.

 

© B. Tosi

 


Ombres contrevents – silence en demi-teinte


C’est  du blog  d’Adeline,  dont, je crois  que c’estla première fois  que je transmets  son écriture…  (visible  sur  ombres contrevents) ici avec

Silence en demi-teinte

 

peinture: Julio Larraz:              armed & dangerous

 

 

 

 

 

J’entendais ses regards.

et je fermais les yeux

pour mieux enfermer  sa présence

 

J’entendais sa tristesse

et je le regardais pour parler fort et en silence

pour dire de rien le reflet

de sa détresse

partager un recoin de sa vie

 

Nous étions si proches alors

isolés dans  le souffle bruyant  de nos secrets

Cette guerre sans armes

muette

je voulus la tracer

de quelques couleurs  échappées

de nos cœurs vides sans résonance

 

En voici l’huile bouillonnante

craquelée de sanglots perdus

fixés à tout jamais sur une trame grise

où dorment les fleurs de nos vies

 

 


Pierre Etienne – signes sur l’eau


 

eau mouvante – Venise

 

 

Si du bout de mes doigts
je trace des signes sur l’eau
les mots traversent l’étang
reliant l’une à l’autre rive

Là-bas nul récipiendaire
ne recevra le message
les carpes m’ont assuré
du silence des secrets

Les arbres captent des reflets
telle l’image mal réglée
d’un téléviseur folâtre

Avant de connaître l’étang
j’ignorais que tant d’avions
détruisent le calme du ciel

Pierre Etienne /   extrait  de  « Quarante quatre sonnets approximatifs »

 


Disposant sur ma toile, des couleurs habitées (RC)


Cette  peinture,  que  j’avais  commentée  sur  art-encore

 

peinture perso 1998

A fait l’objet d’une  variation poétique  de Jean-Jacques Dorio,dans  ses  « correspondances« ,

et d’un article  de Libellus dans  « sa  vue de la fenêtre dans la nuit ».,

 

J’ai fait mon propre  écho poétique  à celui  de Jean-Jacques, avec le texte ci-dessous, en me rappelant la région des Pouilles,  et particulièrement Polignano-a Mare  ( au sud  de Bari)

 

 

La fenêtre s’ouvre sur nos voyages secrets

Buées du vacarme salin des rafles sur l’espace

Ce qui nous tient éveillés, et rend sagaces

Sous cet après-midi luxueusement malaxés,

 

L’ajout et le reflux, matières minières

À laisser la mer nous envahir d’hier :

Le petit carré d’ocre résiste sans pensées

Mais en couleurs seulement dépensées

 

Sans paroles, et sans la moiteur intruse des terres d’été

En cet instant unique, à l’ombre évasive des oliviers,

Témoins millénaires de l’Italie proche de Sicile,

Du monde en regard mythologique, et en îles…

 

Immobile encore, sous les saccades du vent

Témoin de notre passage et notre instant

Sans pour autant me risquer à convier l’éternité

Disposant sur ma toile, des couleurs habitées…

en tentant une  traduction ;toute interprétation ( meilleure, ou différente ) sera bienvenue…

The window opens on our secret travels

Mist of saline uproar raids on the space

What keeps us awake and makes us sagacious

Under this afternoon luxuriously blended,

 

The addition and ebb, mineral materials

To leave the sea , invade us of yesterday:

The small square of ocher resists , without thoughts

But in colors, only expended

 

Without words, without wetness intruse of summer lands

Evasive shade of olive trees, in this unique moment,

Witnesses of thousand years, of Italy close to Sicily

A look,put in mythological world, and islands …

 

Still yet, under the wind jerks

Witness of our way,  and our instant

Without risking me to invite eternity

Arranging on my canvas, colors inhabited ….

 

 

NB: pour  ceux  qui apprécient Nicolas de Staël,  bien que ma peinture ne se situe  pas dans le même  état  d’esprit,   j’ai retenu sa citation,  qui me semble  chez lui, résumer  beaucoup de choses, ainsi que  chez un grand nombre d’artistes  utilisant la peinture…:

L’espace pictural est un mur, tous les oiseaux du monde y volent librement, à toutes profondeurs.

Nicolas de Staël, Lettre à Pierre Lecuire, 1949


Au bouquet de l’âme (RC)


image perso retravaillée numériquement

 

 

 

 

 

Aux bouquets, de ceux qui parfument

J’hume

Au bouquet de l’âme, je repêche à la surface

Les fleurs éparpillées par le vent de glace

 

Nos étoiles, sont deux parallèles  de regard, qui se croisent

Sont deux langues qui s’additionnent ( et dégoisent)

 

Aux bouquets,  de ceux qu’on croise

J’écrirai encore sur ton ardoise

Des secrets de craie  si nacrés

Qu’ils portent, animals, leur sucré

 

affiche de cinema ancienne


Disposant sur ma toile, des couleurs habitées ( RC)


texte publié sur l’anthologie poétique de JJ Dorio: JJ Dorio ayant lui-même écrit qq chose sur cette peinture,

———

 

 

La fenêtre s’ouvre sur nos voyages secrets

Buées du vacarme salin des rafles sur l’espace

Ce qui nous tient éveillés, et rend sagaces

Sous cet après-midi luxueusement malaxés,

L’ajout et le reflux, matières minières

À laisser la mer nous envahir d’hier :

Le petit carré d’ocre résiste sans pensées

Mais en couleurs seulement dépensées

en revenant sur la grande bleue ( peinture perso)

————-

Sans paroles, et sans la moiteur intruse des terres d’été

En cet instant unique, à l’ombre évasive des oliviers,

Témoins millénaires de l’Italie proche de Sicile,

Du monde en regard mythologique, et en îles…

 

Immobile encore, sous les saccades du vent

Témoin de notre passage et notre instant

Sans pour autant me risquer à convier l’éternité

Disposant sur ma toile, des couleurs habitées…

la peinture jointe, bien que datant de 2000, précède ce texte qui lui fait écho, notamment aux couleurs de l’Italie du Sud, – Polignano a Mare ( Pouilles)

———

Et le texte est un écho à celui de Jean-Jacques Dorio;
sur un coin de table la grande bleue

sur l’aire des poudroiements

quand se déploie la liberté

d’interpréter le monde

tel jour telle heure en telle année

la fenêtre s’ouvre sur nos voyages secrets
ceci cela en somme qui nous tient éveillés

flux et reflux matières manières
de laisser la mer nous imaginer :

sans pensées et sans paroles
nous aurons été en cet instant unique
ce petit carré d’ocre et de bleu…

et pour l’éternité

——- que l’on trouve ici ( dans « Correspondances » )